Poissons de France

Voici des années que j'avais accumulé des informations et images sur les Poissons de France. J'ai tout particulièrement rassemblé les textes et images concernant les Poissons marins. J'y ai ajouté les espèces d'eau douce pour mémoire, ainsi que quelques notes au sujet de certaines d'entre eux.

Le tout est disponible dans le n°58 des Histoires Naturelles.

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Deliry C. 2019 - Poissons de France. - Histoires Naturelles n°58. - PDF

Anax porte-selle version 2019

L'Anax porte-selle (Hemianax ephippiger) s'est montré de manière exceptionnelle dans certains secteurs d'Europe en 2009


Il est clairement parvenu en Belgique et aux Pays Bas en grand nombre où le contexte suggère de multiples cas de développement larvaire estival sur place. On trouve encore des mentions au sein de la Pologne, moindres en Allemagne, sur les côtes anglaises, l'espèce étant montéer jusqu'en Ecosse (11 juillet 2019) et très localement dans le sud de la Scandinavie notamment dans le sud de la Suède. En situation extrême l'Anax porte-selle a été observé en Lituanie le 16 octobre 2019.

Arjan Kop prépare un article sur la venue d'Hemianax ephippiger (= Anax ephippiger) en Europe en 2019.

Les mentions en France, sont moins denses qu'au Bénélux et concernent comme traditionnellement deux vagues : l'une au printemps pour des individus en provenance d'Afrique et l'autre en fin d'été et en automne concernant alors plus probablement des individus dont la larve s'est développée dans le Bassin méditerranéen (notamment en Camargue et en Languedoc) au cours de la saison 2019 après des pontes printanières dans le Midi et qui migrent alors vers le Nord. Cette seconde volée est plus nombreuse et concerne un plus grand nombre de localités éparses sur le pays. De manière plus générale la saison est globalement assez normale pour le Sud de la France, néanmoins on notera bon nombre de données sur le continent qui relèvent d'une phase d'invasion. Un phénomène cul de sac semble concerner le Bénelux où les indications de Zadellibel, nom local de notre Anax, se sont accumulées. Les données françaises concernent des extrêmités comme les îles du Finistère tel Ouessant, les côtes bretonnes. On a très peu d'indication dans le Bassin Parisien et les montées ne semblent guère dépasser le département de l'Ain ou de la Loire. Comme nous l'avons dit la situation dans le Midi (Roussillon, Languedoc ou Provence) ou en Corse paraîtra assez normale. Il y a néanmoins un artéfact sur les Alpes-Maritimes où les indications sont très nombreuses.
Notons que les mentions du Roussilon, de Corse et une partie des indications isolées de l'ouest de la France ont été printanières, quant aux autres mentions qui concernent l'ensemble des territoires décrits plus haut ils concernent l'été et l'automne 2019. On notera en automne et en contraste, un déficit des indications en Roussillon et Languedoc. On voit encore voler l'espèce le 24 octobre 2019 à Ouessant alors qu'en Ardèche l'espèce est en train de pondre très tardivement. Notons par ailleurs que les mentions se poursuivent en Bretagne fin octobre et que le nord de cette région est concernée pour la première fois par cette espèce, enfin presque puisqu'en 2015 il y en avait déjà eu.

On trouve en Poitou-Charentes diverses observations dans les marais littoraux et d'arrière atlantique en Charente Maritime et en Vendée méridionale.

Comme d'habitude c'est l'Ardèche qui en Rhône-Alpes rapporte de loin de plus de mentions. Elles sont pour une seule année particulièrement nombreuses dans la Loire, l'Ain et l'Isère, multiples dans la Drôme qui jusque là n'avait recueilli que quelques données. On notera dans le département de l'Ardèche le premier cas de ponte jamais enregistré sur ce département, ce, à une date particulièrement tardive.

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©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles - Cartographie simplifiée de la présence d'Hemianax ephippiger en France en 2019
En jaune : période printanière (mars-avril) - en rouge : période tardi estivale et automnale (août-octobre)

Une originalité de cette invasion d'Anax porte-selle est la répétition d'observations à des altitudes record, la cote des 2000 m est dépassée à neuf reprises dans les Alpes-Maritimes et dans un cas dans les Hautes-Alpes ; record vers 2200 m. Dans le détail nettement plus de la moitié des informations se situent près du niveau de la mer, une très grande majorité ne dépassent pas les 600 m, on trouve encore une trentaine de mentions autour des 1000 m et de nouveau une quinzaine, à chaque fois après un hiatus entre 1800 et 2200 m d'altitude. Ces dernières indications tout à fait exceptionnelles concernent pour l'essentiel de département des Alpes-Maritimes.

Enfin notons que les indices de reproduction raportés sont très limités dans le pays à la différences d'autres états européens comme les Pays Bas par exemple. En effet le seul cas de reproduction avéré concerne le département de l'Ain fin septembre 2019 (exuvies), quelques rares tandems et plus exceptionnellement exemples de ponte sont rapportés.

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© Pierre Juliand (Groupe Sympetrum) - Ardèche, Lanas le 24 octobre 2019 - Ponte

En conclusion si la situation est relativement normale dans le Midi de la France, l'invasion de 2019 est plus remarquable ailleurs en France notamment dans le sud-est, sur la façade Atlantique, Charente-Maritime, Vendée, Finistère et Ouessant. Elle se caractérise par un important afflux dans les Alpes-Maritimes qui voit tomber des records d'altitude dépassant les 2000 m, la faiblesse des cas de reproduction (exuvies seulement dans l'Ain, fin septembre) et des observations tardives de ponte (fin octobre en Ardèche). Le printemps a principalement concerné le Roussilon et le Languedoc ainsi que la Corse, secteurs peu visités par l'Anax lors de la seconde période de présence en 2019. En tant que migrateur obligé, il est possible que les secteurs occupés au printemps soient des gîtes de reproduction d'où les individus sont partis pour visité pour partie du reste du pays.


Voir aussi - Un Anax porte-selle à Noirmoutier en novembre 2019
Sources - Faune de France (2019), Groupe Sympetrum, Courriers, WoW

La Faune des Bouches-du-Rhône

La Faune des Bouches-du-Rhône devrait paraître en fin de mois de novembre 2019



Faisant suite à la Flore remarquable des Bouches-du-Rhône sortie en septembre 2018, la Faune des Bouches-du-Rhône bientôt sous presse devrait être éditée chez Biotope en fin de mois de novembre 2019.

Comme chacun le sait, ce département concerne des pôles de Biodiversité de la faune exceptionnels, dont certains sont uniques en France comme la Camargue ou la Crau. Cet ouvrage deviendra de toute évidence une références pour ceux qui s'intéressent à la faune méditerranéenne.

Johanet A. & Kabouche B. (à paraître 2019) - La faune des Bouches-du-Rhône. - Biotope éditions.

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Parc National des Forêts : c'est nouveau

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Ce sera un Parc Naturel à cheval entre la Bourgogne et la Champagne et le huitième en France métropolitaine. Il doit être officiellement créé début novembre 2019. Il aura fallu une dizaine d'années entre le projet en 2008 et la fondation du Parc National des Forêts.

Jeudi 7 novembre 2019 : c'est fait le décret de création du Parc Naturel des Forpets de Champagne-Bourgogne est publié.

Situé sur le Plateau de Langre entre les départements de la Haute-Marne et de la Côte-d'Or, il va s'étendre sur 2500 km2. Si la plupart des Pacs nationaux français sont en montagne (Pyrénées, Cévennes, Vanoise, Ecrins, Mercantour) ou comme ceux des Calanques ou de Port-Cros dévoués à la protecton des zones maritimes, il n'y avait pas encore en France de parc consacré à un espace naturel situé en plaine. Notons que trois autres Parcs Nationaux se trouvent en France, mais Outre-Mer : La Réunion, Gaudeloupe et Guyane. Ce sont 127 communes qui seront concernées occupées par 28.000 habitants. Il s'agit d'une zone essentiellement forestière occupée par les Forêts d'Arc-Châteauvillain, d'Arc-Carrefour, de La Chaume, de Châtillon ou d'Auberive.

Le Parc est habité par le Chat sauvage, la Cigogne noire (5-6 couples), la Chouette de Tengmalm ainsi que par des plantes exceptionnelles dans cette région de France comme le Sabot de Vénus ou le Narcisse des Poètes. Il comprends en outre une forte proportions d'essences forestières très âgées. Ce sont surtout des Hêtres, mais aussi des Chênes ou des Trembles qui sont concernés.
Abbayes, anciennes forges ou divers vestiges archéologiques vont aussi faire partie du patrimoine protégé.
On y trouve des sources tufeuses ou vauclusiennes remarquables. La Réserve Naturelle de Chalmessin est incluse.

Comme à l'habitude le monde des agriculteurs, des exploitants forestiers ou celui de la chasse en cas de création de nouveaux espaces protégés, ceci ne fait pas que des heureux. Certains craignent les restrictions ou les réglementations, voire les pertes financières au niveau de leurs activités. On considère toutefois un apport touristique local notamment issu d'un public venant de l'assez proche région parisienne.

A l'instar d'autres Parc nationaux, l'emprise comprendra un coeur (seulement 550 km2, voire 766 km2 selon les sources) et une zone périphérique. On y trouvera une Réserve naturelle intégrale de 3.100 ha de la forêt sera laissée en liberté. Le Parc national aurra pour mission de protéger l'environnement, d'étudier les milieux naturels et d'accueillir le public afin de le sensibiliser aux enjeux écologiques.

Notons que ce site a aussi pour ambition de devenir le centre de recherche européen sur la forêt.

> Site Internet du Parc National des Forêts de Champagne et Bourgogne
> Le Parc National des Forêts sur le site des Parcs Nationaux de France

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Sous-bois de la Forêt domaniale d'Arc-en-Barrois (Haute-Marne)

Vers une disparition des Insectes

Plus de 40% des espèces d'Insectes seraient en définitive menacées d'extinction


La Biodiversité des Insectes est menacée dans le Monde entier. Si l'étude des Vertébrés a été privilégiée depuis des années, celle de l'entomofaune est restée un peu en reste.

Les Lépidoptères, Hyménoptères et Coléoptères disparaissent de nos campagnes. Nous sommes nombreux à avoir constaté qu'il n'y a plus beaucoup de Papillons. Des espèces aquatiques sont aussi concernées : Odonates, Plécoptères, Trichoptères et Ephémères. Le principal facteur envisagé est la perte d'habitats naturels, liés à la conversion agricole intensive. A ceci s'ajoutent, notamment en Europe, les polluants agrochimiques, l'installation d'espèces envahissantes et les changements climatiques.

Des chercheurs se sont basés sur 73 rapports historiques sur le déclin des Insectes à traver le monde (Sánchez Bao & Wyckhuys 2019). Ce ne sont pas 40% des espèces qui seraient en déclin avec 40% alors menacées d'extinction au cours des prochaines décennies. Notons que si les déclins liés aux changements climatiques concerne une minorité d'espèces de nos régions liées au climats froids ou des zones de montagne, ce facteur paraît très important dans les régions tropicales.

Il paraît en conséquence urgent de repenser les pratiques agricoles actuelles, de réduire sérieusement l'utilisation des pesticipes et de les remplacer par des pratiques plus durables et écologiques. Des actions améliorées de l'assainissement des eaux est nécessaire en outre afin d'agir dans les secteurs les plus pollués ou au niveau des zones urbaines.

Pour ne choisir que quelques exemples, Halmann & al. (2017) avaient montré dans le cadre une étude basée sur un suivi réalisé sur 27 ans que 76% des Insectes volants avaient disparu de certaines régions d'Allemagne ce qui représente près de 3% de perte de la biomasse des Insectes en moyenne par an. Par ailleurs, parmi 269 espèces de Macrolépidoptères suivis depuis 50 ans en Suède, 45% sont en déclin et 159, ce qui est un chiffre considérable, n'ont pas été revus en 2004 (Franzén & Johannesson 2007).

Selon Sánchez & Wyckhuys (2019), chez les Trichoptères on enregistre globalement un taux d'espèces en déclin de 68% dont 63% sont considérées comme menacées, on a les chiffres de 37% chez les Odonates pour 13% d'espèces menacées globalement. Les taux d'extinction calculés, soit le risque de disparition complète en près de 50 ans, sont proche de 6 à 7% pour ces deux groupes d'Insectes. On peut les comparer au cas des Oiseaux chez qui on a 26% d'espèces en déclin, dont 13% sont identifiées comme menacées. On est à un taux d'extinction limité à un peu moins de 1% pour ces Vertébrés.

Les résultats donnés par ces deux chercheurs ont été parfois fortement critiqués par leurs collègues. Ainsi Cardodo & al. (2019) font-ils une note critiquant en particulier la valeur - exacte - des résultats. Mais le problème est-il à ce niveau ? Ce ne sont pas les détails des résultats ou la capacité ou nom d'avoir un échantillon globablement valable pour réaliser des calculs.

Ce sont les faits qui comptent et qui sont indiscutables sur trop d'exemples. Notre faune entomologique est en train de régresser, c'est un fait, son déclin est important, c'est un autre fait et le taux d'extinction local des espèces est significatif et démontré dans bien des exemples. Quant au poids des facteurs s'il peut être discuté, il convient d'agir avec force sur ceux qui sont d'ores et déjà, et dans divers cas, bien identifiés.

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Chacun a pu constater sans difficulté, la grande propreté de son pare brise de voiture lors de grands déplacements. Je me souviens pourtant que quand je descendais en Camargue depuis la région de Grenoble il y a 20 ou 30 ans, je devais m'arrêter plusieurs fois pour laver manuellement mes vitres avant et les cadavres d'Insectes s'y écrasaient à profusion en passant dans certains secteurs. Par ailleurs, il y a bien longtemps que je ne me suis pas fait plaisir dans une prairie au milieux des Papillons. Alors où sont passés nos Insectes ? Il n'y en presque plus dirait-on ! Et si je me trompe : tant mieux…

Trop d'alerte pourrait tuer l'importance de l'alerte, certes ! Mais je crains franchement qu'on soit en dessous de tout ce qui est dit : nos Insectes disparaissent, c'est un fait indubitable.


Références citées
Cardoso P. & al. 2019 - Can we really predict a castrophic worldwide declin of entomofauna and its drivers ? - Global Ecology and Conservation, 20, octobre 2019. - ONLINE
Halmann C.A. & al. 2017 - More than 75 percent décline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas. - Plos Ons, 12 (2017). - ONLINE
Franzén M. & Johannesson M. 2007
- Predicting extinction risk of butterflies and moths (Macrolepidoptera) from distribution patterns and species caracteristic. - J. Insect Conserv., 11 (2007) : 367-390.
Sánchez-Bayo F. & Wyckhuys K.A. 2019 - Worldwide décline of the entomofauna : A review of its drivers. - Biological Conservation, 232 : 8-27. - ONLINE

Cyrille Deliry, Niort le 7 novembre 2019

Un nouveau volet pour l'Atlas national des Mammifères, le volume 3

La Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifères a mis en chantier avec ses collaborateurs, un nouvel Atlas des Mammifères sauvages de France tant en Métropole qu'en Outre-mer. Celui-ci fera suite aux deux premiers volumes qui concernent les Mammifère marins (2016) ainsi que les Ongulés et Lagomorphes (en préparation depuis 2015 - PDF). Ce troisième volume s'intéressera aux Carnivores et aux Primates.

> Télécharger le document de présentation (PDF)

Savouré-Soubelet A. & al. P. 2016 - Atlas des Mammifères sauvages de France. Volume 1 : Mammifères marins. - MNHN, Paris : 480 pp.

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Base Entre Amis (2019)

Remise en ligne des pages sur la Base Entre Amis


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