{"id":13567,"date":"2026-08-22T11:28:08","date_gmt":"2026-08-22T11:28:08","guid":{"rendered":"https:\/\/deliry.com\/?p=13567"},"modified":"2026-08-22T14:43:57","modified_gmt":"2026-08-22T14:43:57","slug":"le-genre-holarctique-cordulia-que-sait-on-de-ses-limites-specifiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/deliry.com\/?p=13567","title":{"rendered":"Le genre holarctique <i>Cordulia<\/i> : que sait-on de ses limites sp\u00e9cifiques ?"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 <\/strong>&#8211; La d\u00e9limitation sp\u00e9cifique au sein du genre holarctique <em>Cordulia<\/em> Leach <em>in<\/em> Brewster, 1815 demeure discut\u00e9e. Trois mod\u00e8les sont ici confront\u00e9s : (H1) une seule esp\u00e8ce holarctique, <em>Cordulia aenea sensu latissimo<\/em> ; (H2) deux esp\u00e8ces, <em>C. aenea sensu lato<\/em> en Eurasie et <em>C. shurtleffii<\/em> en Am\u00e9rique du Nord ; (H3) trois esp\u00e8ces, <em>C. aenea<\/em>, <em>C. amurensis<\/em> et <em>C. shurtleffii<\/em>. Les donn\u00e9es nomenclaturales, biog\u00e9ographiques, morphologiques et mol\u00e9culaires sont examin\u00e9es conjointement. La structuration nucl\u00e9aire ITS1 soutient H3, tandis que l\u2019allopatrie, la variabilit\u00e9 morphologique et la discordance des donn\u00e9es mitochondriales invitent \u00e0 la prudence. Un examen comparatif exploratoire des appendices anaux m\u00e2les fait toutefois appara\u00eetre des diff\u00e9rences r\u00e9currentes entre les trois taxons, qui demandent \u00e0 \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9es sur des s\u00e9ries repr\u00e9sentatives. En l\u2019\u00e9tat des connaissances, H3 appara\u00eet comme l\u2019hypoth\u00e8se la mieux soutenue, H2 demeurant une alternative s\u00e9rieuse.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background:linear-gradient(300deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%);font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">Introduction<\/p>\n\n\n\n<p>Le genre <em>Cordulia<\/em> Leach <em>in <\/em>Brewster, 1815 a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli par William Elford Leach dans son article \u00ab Entomology \u00bb publi\u00e9 en 1815 dans <em>The Edinburgh Encyclopaedia<\/em> dirig\u00e9e par David Brewster. Cette pr\u00e9cision bibliographique, souvent simplifi\u00e9e dans la litt\u00e9rature odonatologique sous la forme <em>Cordulia<\/em> Leach, 1815, m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre conserv\u00e9e : le nom g\u00e9n\u00e9rique appara\u00eet bien dans une contribution de Leach ins\u00e9r\u00e9e dans l&rsquo;ouvrage de Brewster<sup data-fn=\"5a1f41db-b13f-4b63-a49f-69288bb7f35b\" class=\"fn\"><a href=\"#5a1f41db-b13f-4b63-a49f-69288bb7f35b\" id=\"5a1f41db-b13f-4b63-a49f-69288bb7f35b-link\">1<\/a><\/sup>. Leach y distingue <em>Cordulia<\/em> du vaste genre linn\u00e9en <em>Libellula<\/em> et n&rsquo;y place qu&rsquo;une seule esp\u00e8ce, <em>Cordulia aenea<\/em>, fond\u00e9e sur <em>Libellula aenea<\/em> Linnaeus, 1758. Le concept initial de <em>Cordulia<\/em> est donc, de fait, construit autour d&rsquo;<em>aenea<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de <em>Cordulia aenea<\/em>, seule esp\u00e8ce incluse par Leach dans son nouveau genre, la question des limites sp\u00e9cifiques de <em>Cordulia<\/em> s&rsquo;est progressivement d\u00e9plac\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de l&rsquo;Holarctique. L&rsquo;exploration de l&rsquo;Eurasie puis de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord a en effet r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des populations morphologiquement tr\u00e8s proches de l&rsquo;esp\u00e8ce europ\u00e9enne, dont les diff\u00e9rences ont re\u00e7u des interpr\u00e9tations taxonomiques variables, depuis la simple variation g\u00e9ographique jusqu&rsquo;au rang sp\u00e9cifique. Trois entit\u00e9s se trouvent aujourd&rsquo;hui au centre de cette discussion : <em>Cordulia aenea<\/em> (Linnaeus, 1758), largement distribu\u00e9e dans le Pal\u00e9arctique occidental et sib\u00e9rien ; <em>Cordulia amurensis<\/em> de Selys Longchamps, 1887, d\u00e9crite de la r\u00e9gion de l&rsquo;Amour et alternativement consid\u00e9r\u00e9e comme vari\u00e9t\u00e9, sous-esp\u00e8ce, esp\u00e8ce ou synonyme d&rsquo;<em>aenea<\/em> et <em>Cordulia shurtleffii<\/em> Scudder, 1866, son vicariant n\u00e9arctique traditionnellement reconnu comme esp\u00e8ce. Leur remarquable proximit\u00e9 morphologique, confront\u00e9e \u00e0 leur diff\u00e9renciation g\u00e9ographique et g\u00e9n\u00e9tique, conduit ainsi \u00e0 la question centrale de cette \u00e9tude : avons-nous affaire aux composantes g\u00e9ographiques d&rsquo;une seule esp\u00e8ce holarctique, \u00e0 deux esp\u00e8ces dont l&rsquo;une serait structur\u00e9e \u00e0 travers l&rsquo;Eurasie, ou \u00e0 trois esp\u00e8ces distinctes ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le contraste est remarquable : ces formes occupent ensemble une aire immense, de l&rsquo;Europe \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord en passant par la Sib\u00e9rie et l&rsquo;Extr\u00eame-Orient, tout en conservant une forte similitude morphologique. Leur statut pose ainsi une question classique de taxonomie \u00e9volutive : \u00e0 partir de quel degr\u00e9 de diff\u00e9renciation g\u00e9ographique, morphologique et g\u00e9n\u00e9tique convient-il de reconna\u00eetre des esp\u00e8ces distinctes ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie de cette question se trouve \u00e9galement <em>Corduliochlora borisi<\/em> (Marinov, 2001), esp\u00e8ce balkanique initialement d\u00e9crite dans <em>Somatochlora<\/em>. Sa proximit\u00e9 morphologique avec plusieurs Corduliinae, dont <em>Cordulia<\/em>, a rendu sa position g\u00e9n\u00e9rique probl\u00e9matique. Les donn\u00e9es morphologiques, cytog\u00e9n\u00e9tiques puis phylog\u00e9nomiques disponibles soutiennent d\u00e9sormais son maintien dans le genre distinct <em>Corduliochlora<\/em> Marinov &amp; Seidenbuch, 2007. Ce cas constitue n\u00e9anmoins un utile point de comparaison externe pour appr\u00e9cier ce que recouvrent les limites du genre <em>Cordulia<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>La question principale examin\u00e9e ici concerne donc le complexe holarctique <em>aenea \/ amurensis \/ shurtleffii<\/em>. Trois interpr\u00e9tations peuvent \u00eatre confront\u00e9es : une seule esp\u00e8ce holarctique g\u00e9ographiquement structur\u00e9e ; deux esp\u00e8ces, avec <em>Cordulia aenea<\/em> <em><span style=\"text-decoration: underline;\">sensu lato<\/span><\/em> en Eurasie et <em>Cordulia shurtleffii<\/em> en Am\u00e9rique du Nord ; ou trois esp\u00e8ces distinctes, <em>Cordulia aenea<\/em>, <em>C. amurensis<\/em> et <em>C. shurtleffii<\/em>. Leur \u00e9valuation n\u00e9cessite de confronter histoire nomenclaturale, morphologie, biog\u00e9ographie et donn\u00e9es mol\u00e9culaires plut\u00f4t que de privil\u00e9gier <em>a priori<\/em> un seul crit\u00e8re de d\u00e9limitation sp\u00e9cifique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table aligncenter is-style-stripes\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Trois noms sont donc particuli\u00e8rement importants ici :<br>\u2022&nbsp;<em>Cordulia aenea<\/em> (Linnaeus, 1758), taxon nominal d&rsquo;origine europ\u00e9enne ;<br>\u2022&nbsp;<em>Cordulia amurensis<\/em> de Selys Longchamps, 1887, d\u00e9crit de la r\u00e9gion de l&rsquo;Amour ;<br>\u2022 <em>Cordulia shurtleffii<\/em> Scudder, 1866, d\u00e9crit d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord.<\/td><\/tr><tr><td><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>La difficult\u00e9 vient du contraste entre une remarquable homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 morphologique, comportementale et \u00e9cologique et l&rsquo;existence d&rsquo;une structuration g\u00e9n\u00e9tique g\u00e9ographique. J\u00f6dicke, Langhoff &amp; Misof (2004) ont montr\u00e9, sur la base du marqueur nucl\u00e9aire ITS1, une diff\u00e9renciation des populations occidentales, extr\u00eame-orientales et nord-am\u00e9ricaines suffisamment nette pour proposer trois esp\u00e8ces. Ils soulignaient n\u00e9anmoins eux-m\u00eames que la diff\u00e9renciation morphologique et g\u00e9ographique de <em>C. aenea<\/em> et <em>C. amurensis<\/em> demandait des recherches compl\u00e9mentaires<sup data-fn=\"3a564acf-f8e1-466d-9cba-a32b85b881f6\" class=\"fn\"><a href=\"#3a564acf-f8e1-466d-9cba-a32b85b881f6\" id=\"3a564acf-f8e1-466d-9cba-a32b85b881f6-link\">2<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette conclusion a \u00e9t\u00e9 contest\u00e9e. Kosterin &amp; Zaika (2010), notamment, ont estim\u00e9 que l&rsquo;absence de partage d&rsquo;haplotypes<sup data-fn=\"a7de3ede-0e70-48bf-8cea-dbaef16abbd8\" class=\"fn\"><a href=\"#a7de3ede-0e70-48bf-8cea-dbaef16abbd8\" id=\"a7de3ede-0e70-48bf-8cea-dbaef16abbd8-link\">3<\/a><\/sup> entre des populations g\u00e9ographiquement isol\u00e9es ne suffisait pas \u00e0 d\u00e9montrer leur isolement reproductif et que l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation de <em>amurensis<\/em> au rang sp\u00e9cifique \u00e9tait pr\u00e9matur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus r\u00e9cemment, l&rsquo;\u00e9tude des DNA barcodes mitochondriaux a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une situation encore plus complexe (Geiger &amp; al. 2021) : <em>Cordulia aenea<\/em> comprend au moins deux lign\u00e9es COI profond\u00e9ment divergentes<sup data-fn=\"42bba09f-b262-43aa-8024-c543232b2d78\" class=\"fn\"><a href=\"#42bba09f-b262-43aa-8024-c543232b2d78\" id=\"42bba09f-b262-43aa-8024-c543232b2d78-link\">4<\/a><\/sup>, s\u00e9par\u00e9es par une distance K2P atteignant 4,7 %, et l&rsquo;une d&rsquo;elles se groupe avec des <em>Cordulia amurensis<\/em> japonaises.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>L&rsquo;objectif de cette synth\u00e8se est donc moins de choisir arbitrairement une classification que de comparer explicitement trois hypoth\u00e8ses :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>H1 &#8211; une seule esp\u00e8ce holarctique,<\/li>\n\n\n\n<li>H2 &#8211; deux esp\u00e8ces, une eurasiatique et une nord-am\u00e9ricaine,<\/li>\n\n\n\n<li>H3 &#8211; trois esp\u00e8ces g\u00e9ographiques distinctes.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-rounded\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Smaragdlibel_imago-scaled.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"753\" src=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Smaragdlibel_imago-1024x753.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13601\" style=\"width:640px\" srcset=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Smaragdlibel_imago-1024x753.jpg 1024w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Smaragdlibel_imago-300x221.jpg 300w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Smaragdlibel_imago-768x565.jpg 768w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Smaragdlibel_imago-1536x1130.jpg 1536w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Smaragdlibel_imago-2048x1507.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Cordulia aenea <\/em>&#8211; femelle<br><sup>\u00a9\u00a9 bysa &#8211; Rudy Offereins<\/sup><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-left has-background\" style=\"background:linear-gradient(300deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%);font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">Cadre nomenclatural<\/p>\n\n\n\n<p><em>Cordulia aenea<\/em> repose sur <em>Libellula aenea<\/em> Linnaeus, 1758. Son histoire taxonomique est particuli\u00e8rement complexe car la description de Linnaeus en 1758 englobait en r\u00e9alit\u00e9 des sp\u00e9cimens appartenant \u00e0 deux esp\u00e8ces diff\u00e9rentes, <em>Cordulia aenea<\/em> et <em>Somatochlora flavomaculata<\/em>. Cette confusion a entra\u00een\u00e9 des d\u00e9bats nomenclaturaux au cours du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et a m\u00eame conduit \u00e0 la proposition de noms alternatifs. L&rsquo;ICZN (2005) stabilise d\u00e9finitivement l\u2019usage de <em>Cordulia aenea<\/em> : <em>Cordulia aenea <\/em>(Linnaeus, 1758) (<em>nomen protectum<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Edmond de Selys Longchamps (1887) introduisit <em>amurensis<\/em> pour des individus provenant de Pokrovka, dans la r\u00e9gion de l&rsquo;Amour. Il est significatif que de Selys Longchamps ait lui-m\u00eame exprim\u00e9 des r\u00e9serves quant \u00e0 la valeur du taxon, le consid\u00e9rant davantage comme une vari\u00e9t\u00e9 locale que comme une v\u00e9ritable race g\u00e9ographique (cf. sous-esp\u00e8ce). Le nom fut n\u00e9anmoins ult\u00e9rieurement employ\u00e9 au rang subsp\u00e9cifique sous la combinaison <em>Cordulia aenea amurensis<\/em> de Selys Longchamps, 1887. J\u00f6dicke &amp; al. (2004), sur la base des r\u00e9sultats mol\u00e9culaires, propos\u00e8rent son \u00e9l\u00e9vation au rang d&rsquo;esp\u00e8ce : <em>Cordulia amurensis<\/em> de Selys Longchamps, 1887.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Cordulia shurtleffii<\/em> fut d\u00e9crite par Scudder en 1866 \u00e0 partir de sp\u00e9cimens provenant de Hermit Lake, White Mountains, New Hampshire (Etats-Unis). Du mat\u00e9riel-type correspondant subsiste au Museum of Comparative Zoology de Harvard. Contrairement \u00e0 <em>amurensis<\/em>, son statut sp\u00e9cifique a \u00e9t\u00e9 largement accept\u00e9. Elle constitue classiquement le vicariant n\u00e9arctique de <em>Cordulia aenea<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>La variabilit\u00e9 de <em>Cordulia aenea<\/em> a par ailleurs suscit\u00e9 plusieurs tentatives de subdivision taxonomique ponctuelles. <em>Cordulia aenea<\/em> var. <em>tatrica<\/em> Dziedzielewicz, 1902 fut \u00e9tablie sur un m\u00e2le des Tatras polonaises, conserv\u00e9 au Muzeum Fizjograficzne de Cracovie, remarquable par deux taches jaunes allong\u00e9es sur le front ; Dziedzielewicz envisageait m\u00eame qu&rsquo;il puisse repr\u00e9senter une esp\u00e8ce nouvelle. La coexistence ult\u00e9rieure d&rsquo;individus ainsi color\u00e9s avec des individus typiques conduisit Fudakowski (1930) \u00e0 n&rsquo;y voir qu&rsquo;une forme individuelle. La m\u00eame ann\u00e9e 1902, F\u00f6rster d\u00e9crivit <em>Cordulia aenea turfosa<\/em> d&rsquo;apr\u00e8s un unique m\u00e2le captur\u00e9 le 24 juillet 1898 \u00e0 Nonnmattweiher, en For\u00eat-Noire, aujourd&rsquo;hui conserv\u00e9 au University of Michigan Museum of Zoology ; sa petite taille et ses appendices anaux rappelant <em>Cordulia shurtleffii<\/em> motiv\u00e8rent sa distinction. Enfin, G\u00f6tz (1923), dans un travail pr\u00e9cis\u00e9ment consacr\u00e9 aux variations g\u00e9ographiques des Odonates, distingua <em>Cordulia aenea laubmanni<\/em> ; cette forme fut encore retenue comme sous-esp\u00e8ce du nord des Alpes par Davies &amp; Tobin (1985), avant d&rsquo;\u00eatre plac\u00e9e en synonymie avec <em>Cordulia aenea<\/em> par Bridges (1994) et J\u00f6dicke &amp; al. (2004). Ces trois cas t\u00e9moignent d&rsquo;une variabilit\u00e9 morphologique de <em>Cordulia aenea<\/em> suffisamment marqu\u00e9e pour avoir suscit\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises des interpr\u00e9tations taxonomiques, mais dont aucune n&rsquo;a finalement r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 l&rsquo;examen de s\u00e9ries plus larges. Nous voyons que F\u00f6rster (1902) rapprochait m\u00eame sa <em>turfosa<\/em> de For\u00eat-Noire (Allemagne) de l&rsquo;esp\u00e8ce nord-am\u00e9ricaine <em>Cordulia shurtleffii<\/em>, notamment sur la base des appendices anaux du m\u00e2le. Cette observation ancienne souligne un point central du probl\u00e8me \u00e9tudi\u00e9 ici : malgr\u00e9 leur immense distribution holarctique, les diff\u00e9rentes formes de <em>Cordulia<\/em> pr\u00e9sentent une remarquable homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 morphologique, tandis qu&rsquo;une partie de la variation observ\u00e9e localement peut \u00e9galer ou brouiller les diff\u00e9rences suppos\u00e9es entre taxons.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background:linear-gradient(300deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%);font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">La question de la d\u00e9limitation sp\u00e9cifique<\/p>\n\n\n\n<p>Une difficult\u00e9 centrale peut \u00eatre r\u00e9sum\u00e9e ainsi : une population g\u00e9ographiquement et g\u00e9n\u00e9tiquement diff\u00e9renci\u00e9e constitue-t-elle n\u00e9cessairement une esp\u00e8ce ?<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ponse d\u00e9pend en partie du concept d&rsquo;esp\u00e8ce utilis\u00e9. Sous un concept phylog\u00e9n\u00e9tique, la reconnaissance de lign\u00e9es ind\u00e9pendantes et diagnostiquables favorise leur distinction au rang sp\u00e9cifique. Sous un concept biologique, l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment d\u00e9terminant r\u00e9side dans l&rsquo;existence de barri\u00e8res reproductives entra\u00eenant une r\u00e9duction ou une interruption du flux g\u00e9nique. Sous une approche taxonomique int\u00e9grative, on attend id\u00e9alement la convergence de plusieurs cat\u00e9gories de donn\u00e9es ind\u00e9pendantes : morphologie, g\u00e9n\u00e9tique nucl\u00e9aire, g\u00e9nome mitochondrial, \u00e9cologie, comportement, distribution et interactions dans les zones de contact. Dans le cas de <em>Cordulia<\/em>, cette convergence ne semble, en l\u2019\u00e9tat actuel des connaissances, que partielle.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background:linear-gradient(300deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%);font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">H1 &#8211; Une seule esp\u00e8ce holarctique ?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Cette hypoth\u00e8se conduirait \u00e0 reconna\u00eetre un unique ensemble : <em>Cordulia aenea<\/em> <em><span style=\"text-decoration: underline;\">sensu latissimo<\/span><\/em> englobant les populations eurasiatiques et nord-am\u00e9ricaines, \u00e9ventuellement diff\u00e9renci\u00e9es en sous-esp\u00e8ces.<\/p>\n\n\n\n<p>Le principal argument en faveur de cette hypoth\u00e8se r\u00e9side dans la remarquable homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 ph\u00e9notypique des <em>Cordulia<\/em> holarctiques. Les diff\u00e9rentes populations pr\u00e9sentent une morphologie g\u00e9n\u00e9rale extr\u00eamement proche et les caract\u00e8res permettant de distinguer nettement les entit\u00e9s actuellement reconnues restent peu nombreux. Cette proximit\u00e9 ne se limite pas \u00e0 la morphologie : <em>Cordulia aenea<\/em> et <em>C. shurtleffii<\/em> occupent principalement des habitats aquatiques lentiques ou faiblement courants et pr\u00e9sentent des traits biologiques largement comparables. Les diff\u00e9rences intersp\u00e9cifiques nettes de morphologie, d&rsquo;\u00e9cologie ou de comportement demeurent ainsi mal \u00e9tablies, constat encore soulign\u00e9 dans la litt\u00e9rature mol\u00e9culaire r\u00e9cente.<\/p>\n\n\n\n<p>Un deuxi\u00e8me argument r\u00e9side dans le caract\u00e8re essentiellement allopatrique des lign\u00e9es \u00e9tudi\u00e9es. Des populations s\u00e9par\u00e9es g\u00e9ographiquement pendant une longue p\u00e9riode peuvent accumuler des diff\u00e9rences g\u00e9n\u00e9tiques importantes sans que celles-ci impliquent n\u00e9cessairement l&rsquo;acquisition de barri\u00e8res reproductives. En l&rsquo;absence de zones de contact suffisamment \u00e9tudi\u00e9es, la structuration g\u00e9n\u00e9tique observ\u00e9e renseigne donc davantage sur l&rsquo;histoire et l&rsquo;isolement g\u00e9ographique des populations que sur leur \u00e9ventuelle incompatibilit\u00e9 reproductive.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, les donn\u00e9es mitochondriales invitent elles-m\u00eames \u00e0 la prudence dans l&rsquo;interpr\u00e9tation des distances g\u00e9n\u00e9tiques. Chez <em>Cordulia aenea<\/em>, les sp\u00e9cimens analys\u00e9s se r\u00e9partissent en deux groupes de COI profond\u00e9ment divergents<sup data-fn=\"fafd7e16-6f31-42e0-9ed9-0e5b54aa82f4\" class=\"fn\"><a href=\"#fafd7e16-6f31-42e0-9ed9-0e5b54aa82f4\" id=\"fafd7e16-6f31-42e0-9ed9-0e5b54aa82f4-link\">5<\/a><\/sup>, avec une distance K2P inter-groupes atteignant 4,7 %, sans correspondance g\u00e9ographique simple (Geiger &amp; al. 2021). Une divergence mol\u00e9culaire \u00e9lev\u00e9e pouvant ainsi \u00eatre observ\u00e9e entre populations actuellement attribu\u00e9es \u00e0 <em>Cordulia aenea<\/em>, son amplitude ne saurait constituer, \u00e0 elle seule, un crit\u00e8re suffisant de reconnaissance sp\u00e9cifique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ces trois arguments convergent ainsi en faveur de l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une seule esp\u00e8ce holarctique<\/strong>, en montrant que l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 morphologique et \u00e9cologique, l\u2019allopatrie des populations et l\u2019existence de fortes divergences mitochondriales au sein m\u00eame de <em>Cordulia aenea<\/em> permettent d\u2019interpr\u00e9ter les diff\u00e9rences observ\u00e9es comme une structuration g\u00e9ographique intrasp\u00e9cifique plut\u00f4t que comme la preuve n\u00e9cessaire de plusieurs esp\u00e8ces.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background:linear-gradient(300deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%);font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">H2 &#8211; Deux esp\u00e8ces, chacune sur son continent ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le mod\u00e8le \u00e0 deux esp\u00e8ces correspond au traitement historiquement le plus intuitif : <em>Cordulia aenea <span style=\"text-decoration: underline;\">sensu lato<\/span><\/em> en Eurasie contre <em>Cordulia shurtleffii <\/em>en Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier argument est biog\u00e9ographique. La discontinuit\u00e9 fondamentale s\u00e9pare le Pal\u00e9arctique du N\u00e9arctique. <em>Cordulia shurtleffii<\/em> repr\u00e9sente ainsi un vicariant nord-am\u00e9ricain de <em>Cordulia aenea<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me argument est historique et morphologique. Avant l\u2019\u00e9tude de J\u00f6dicke &amp; al. (2004), deux esp\u00e8ces \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement reconnues : l\u2019esp\u00e8ce eurasiatique <em>Cordulia aenea<\/em> et l\u2019esp\u00e8ce nord-am\u00e9ricaine <em>Cordulia shurtleffii<\/em>, tandis qu\u2019<em>amurensis<\/em> constituait au mieux une sous-esp\u00e8ce orientale faiblement d\u00e9finie. Cette s\u00e9paration entre les formes eurasiatique et nord-am\u00e9ricaine ne repose d\u2019ailleurs pas sur la seule g\u00e9ographie : des diff\u00e9rences ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9es dans la conformation des appendices anaux des m\u00e2les de <em>Cordulia aenea<\/em> et de <em>Cordulia shurtleffii<\/em>. Leur port\u00e9e doit n\u00e9anmoins \u00eatre relativis\u00e9e par la variabilit\u00e9 de ces m\u00eames structures au sein de <em>Cordulia aenea<\/em> : F\u00f6rster (1902) rapprochait ainsi les appendices de sa <em>Cordulia aenea turfosa<\/em> de For\u00eat-Noire (Allemagne) de ceux de l\u2019esp\u00e8ce am\u00e9ricaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me argument concerne la morphologie d\u2019<em>amurensis<\/em>, dont la petite taille avait \u00e9t\u00e9 relev\u00e9e d\u00e8s la description originale. Edmond de Selys Longchamps (1887) consid\u00e9rait en effet les sp\u00e9cimens de l\u2019Amour comme plus petits que ceux d\u2019Europe (abdomen : male 32\u201338 mm, femelle 30\u201334 mm ; aile post\u00e9rieure : male 28\u201329 mm, femelle 28\u201330 mm) et notait leur rapprochement avec l\u2019esp\u00e8ce am\u00e9ricaine <em>Cordulia shurtleffii<\/em>. Il restait toutefois tr\u00e8s prudent quant \u00e0 la port\u00e9e taxonomique de cette diff\u00e9rence, parlant \u00ab plut\u00f4t [d\u2019]une vari\u00e9t\u00e9 locale <em>amurensis<\/em>, si l\u2019on veut, qu\u2019une v\u00e9ritable race \u00bb (race <em>sensu <\/em>Selys, cf. sous-esp\u00e8ce). Plus d\u2019un si\u00e8cle plus tard, Dumont &amp; al. (2005) confirment cette tendance : la longueur moyenne de l\u2019aile ant\u00e9rieure atteint environ 28,6 mm chez leurs sp\u00e9cimens du Kamchatka, contre 34,9 mm chez ceux de Pologne et de France, les individus de la r\u00e9gion de l\u2019Amour pr\u00e9sentant des valeurs voisines de celles du Kamchatka. Les auteurs soulignent cependant que ces diff\u00e9rences pourraient repr\u00e9senter les extr\u00e9mit\u00e9s d\u2019un gradient g\u00e9ographique de taille plut\u00f4t qu\u2019une discontinuit\u00e9 entre taxons. Les donn\u00e9es modernes rejoignent ainsi, sur ce point, l\u2019intuition initiale de Selys : la petite taille d\u2019<em>amurensis<\/em> caract\u00e9rise bien les populations orientales \u00e9tudi\u00e9es, mais sa valeur diagnostique reste incertaine tant qu\u2019une variation clinale \u00e0 travers la Sib\u00e9rie ne peut \u00eatre exclue.<\/p>\n\n\n\n<p>H2 trouve donc sa coh\u00e9rence dans une coupure principale entre une <em>Cordulia aenea<\/em> eurasiatique, morphologiquement variable et g\u00e9ographiquement structur\u00e9e, et son vicariant nord-am\u00e9ricain <em>C. shurtleffii<\/em>. Sa principale difficult\u00e9 vient pr\u00e9cis\u00e9ment des donn\u00e9es mol\u00e9culaires : la diff\u00e9renciation ITS1 entre les populations occidentales attribu\u00e9es \u00e0 <em>aenea<\/em> et les populations orientales attribu\u00e9es \u00e0 <em>amurensis<\/em> est-elle seulement l\u2019expression d\u2019une structuration ancienne au sein de cette vaste esp\u00e8ce eurasiatique, ou r\u00e9v\u00e8le-t-elle au contraire une fronti\u00e8re sp\u00e9cifique que H2 ne reconna\u00eet pas ? C\u2019est sur ce point que H2 doit principalement \u00eatre confront\u00e9e \u00e0 H3 o\u00f9 trois esp\u00e8ces sont envisag\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background:linear-gradient(300deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%);font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">H3 &#8211; Trois esp\u00e8ces ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le mod\u00e8le propos\u00e9 par J\u00f6dicke et al. (2004) reconna\u00eet : <em>Cordulia aenea<\/em> (Linnaeus, 1758), <em>Cordulia amurensis <\/em>de Selys Longchamps, 1887 et <em>Cordulia shurtleffii<\/em> Scudder, 1866. Ces auteurs ont analys\u00e9 le spacer nucl\u00e9aire ITS1 chez des sp\u00e9cimens attribu\u00e9s aux trois formes et provenant de plusieurs localit\u00e9s. Les r\u00e9sultats montrent une diff\u00e9renciation correspondant aux trois ensembles g\u00e9ographiques. Ils interpr\u00e8tent l&rsquo;absence de partage des lign\u00e9es comme incompatible avec une simple isolation par la distance et concluent que les trois ensembles peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des esp\u00e8ces biologiques distinctes.<\/p>\n\n\n\n<p>La distribution des trois formes peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme la cons\u00e9quence d&rsquo;une fragmentation ancienne d&rsquo;une lign\u00e9e holarctique comme le r\u00e9sume la figure suivante.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/itis.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"669\" src=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/itis-1024x669.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13575\" style=\"width:640px\" srcset=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/itis-1024x669.jpg 1024w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/itis-300x196.jpg 300w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/itis-768x502.jpg 768w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/itis.jpg 1294w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>H3 est actuellement la seule hypoth\u00e8se directement appuy\u00e9e par une \u00e9tude mol\u00e9culaire sp\u00e9cifiquement con\u00e7ue pour tester les trois taxons simultan\u00e9ment. Elle est compatible avec leur r\u00e9partition g\u00e9ographique, l&rsquo;absence de partage des variantes ITS1 observ\u00e9es et l&rsquo;existence de lign\u00e9es phylog\u00e9ographiques distinctes. Toutefois l&rsquo;ITS1 repr\u00e9sente une source d&rsquo;information g\u00e9n\u00e9tique limit\u00e9e ; une g\u00e9n\u00e9alogie de locus ne constitue pas n\u00e9cessairement une phylog\u00e9nie d&rsquo;esp\u00e8ces. Deux populations longtemps s\u00e9par\u00e9es peuvent devenir r\u00e9ciproquement monophyl\u00e9tiques sans avoir acquis de barri\u00e8res reproductives intrins\u00e8ques. Par ailleurs, la Sib\u00e9rie centrale constitue une r\u00e9gion critique : si <em>aenea<\/em> et <em>amurensis<\/em> sont r\u00e9ellement des esp\u00e8ces distinctes, il importe de d\u00e9terminer si leurs aires sont s\u00e9par\u00e9es, en contact ou localement sympatriques et, dans ce dernier cas, si elles s&rsquo;hybrident et dans quelle mesure leurs g\u00e9nomes sont introgress\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9sultat le plus probl\u00e9matique pour un mod\u00e8le simple \u00e0 trois esp\u00e8ces vient du COI. Une \u00e9tude de DNA barcoding a identifi\u00e9 deux clades mitochondriaux profond\u00e9ment divergents chez <em>Cordulia aenea<\/em>, jusqu&rsquo;\u00e0 4,7 % de distance K2P. Ces clades ne pr\u00e9sentent pas une s\u00e9paration g\u00e9ographique nette : des individus norv\u00e9giens appartiennent notamment aux deux ensembles. Plus remarquable encore, l&rsquo;un des clades de <em>Cordulia aenea<\/em> se groupe avec <em>Cordulia amurensis<\/em> du Japon. Autrement dit, l\u2019une des lign\u00e9es mitochondriales actuellement attribu\u00e9es \u00e0 <em>Cordulia aenea<\/em> est plus \u00e9troitement associ\u00e9e aux s\u00e9quences japonaises attribu\u00e9es \u00e0 <em>Cordulia amurensis<\/em> qu\u2019\u00e0 l\u2019autre lign\u00e9e mitochondriale de <em>Cordulia aenea<\/em>. Cette discordance peut r\u00e9sulter d&rsquo;un tri incomplet des lign\u00e9es, d&rsquo;introgressions anciennes, d&rsquo;une histoire d\u00e9mographique complexe ou d&rsquo;une d\u00e9limitation taxonomique imparfaite. Elle montre surtout qu&rsquo;un mod\u00e8le reposant sur un marqueur unique doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 avec prudence.<\/p>\n\n\n\n<p>La litt\u00e9rature publi\u00e9e n\u2019a jusqu\u2019ici pas \u00e9tabli un ensemble convaincant de caract\u00e8res morphologiques qualitatifs permettant de diagnostiquer les trois esp\u00e8ces avec la m\u00eame nettet\u00e9 que la structuration obtenue avec l\u2019ITS1. Nous verrons toutefois plus loin que l\u2019examen comparatif de photographies disponibles fait appara\u00eetre plusieurs diff\u00e9rences dans la conformation des appendices anaux m\u00e2les qui m\u00e9riteraient d\u2019\u00eatre test\u00e9es sur des s\u00e9ries de sp\u00e9cimens.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background:linear-gradient(300deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%);font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">Comparaison des trois mod\u00e8les<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table aligncenter has-small-font-size\"><table><thead><tr><th><strong>Crit\u00e8re<\/strong><\/th><th class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><strong>H1<\/strong><br><strong>1 esp\u00e8ce<\/strong><\/th><th class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><strong>H2<\/strong><br><strong>2 esp\u00e8ce<\/strong>s<\/th><th class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><strong>H3<\/strong><br><strong>3 esp\u00e8ces<\/strong><\/th><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><em>aenea<\/em><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">m\u00eame esp\u00e8ce<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><em>C. aenea <span style=\"text-decoration: underline;\">s.l.<\/span><\/em><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><em>bona sp.<\/em><\/td><\/tr><tr><td><em>amurensis<\/em><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">m\u00eame esp\u00e8ce<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><em>C. aenea <span style=\"text-decoration: underline;\">s.l.<\/span><\/em><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><em>bona sp.<\/em><\/td><\/tr><tr><td><em>shurtleffii<\/em><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">m\u00eame esp\u00e8ce<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><em>bona sp.<\/em><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><em>bona sp.<\/em><\/td><\/tr><tr><td>Morphologie<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">compatible<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">compatible<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">compatible<\/td><\/tr><tr><td>Biog\u00e9ographie<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">Holarctique<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">Vicariance Eurasie \/ N\u00e9arctique<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">Trois lign\u00e9es g\u00e9ographiques<\/td><\/tr><tr><td>ITS1<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">difficile \u00e0 expliquer<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">probl\u00e8me <em>aenea \/ amurensis<\/em><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">tr\u00e8s compatible<\/td><\/tr><tr><td>COI<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">compatible<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">partiellement compatible<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">discordant \/ complexe<\/td><\/tr><tr><td>Isolement reproductif d\u00e9montr\u00e9<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">non<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">non<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">non<\/td><\/tr><tr><td>Zone de contact test\u00e9e<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">non<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">non<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">non<\/td><\/tr><tr><td>Tradition taxonomique<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">non<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">oui<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">envisag\u00e9e<\/td><\/tr><tr><td>Parcimonie nomenclaturale<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">+++<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">++<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">+<\/td><\/tr><tr><td>Coh\u00e9rence phylog\u00e9ographique<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">+<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">++<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">+++<\/td><\/tr><tr><td>Test g\u00e9nomique multilocus<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">non<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">non<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">non<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>\u2022\u2022\u2022 Pr\u00e9dictions et \u00e9valuation comparative des arguments \u2022\u2022\u2022<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Le mod\u00e8le, H1, d&rsquo;une seule esp\u00e8ce semble pr\u00e9senter une r\u00e9elle coh\u00e9rence morphologique. Il rappelle \u00e9galement, \u00e0 juste titre, qu&rsquo;une esp\u00e8ce \u00e0 vaste distribution peut poss\u00e9der une structure g\u00e9n\u00e9tique profonde. Cependant, il n\u00e9cessite d&rsquo;expliquer simultan\u00e9ment la s\u00e9paration continentale de <em>shurtleffii<\/em> et la structuration ITS1 en trois ensembles. Sans donn\u00e9es nouvelles montrant que ces divergences sont exclusivement phylog\u00e9ographiques et n&rsquo;ont aucune traduction reproductive, H1 demande davantage d&rsquo;hypoth\u00e8ses auxiliaires que les deux autres mod\u00e8les. Elle appara\u00eet donc actuellement comme la moins soutenue.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;hypoth\u00e8se \u00e0 deux esp\u00e8ces, H2, poss\u00e8de une force significative. Elle reconna\u00eet comme esp\u00e8ce le vicariant nord-am\u00e9ricain traditionnellement accept\u00e9, tout en maintenant <em>amurensis<\/em> au sein de l&rsquo;esp\u00e8ce eurasiatique <em>aenea<\/em>. Elle est coh\u00e9rente avec l&rsquo;absence de diff\u00e9rences morphologiques nettes entre <em>aenea<\/em> et <em>amurensis<\/em> et avec l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une variation clinale \u00e0 travers l&rsquo;Eurasie. Kosterin &amp; Zaika (2010) ont pr\u00e9cis\u00e9ment insist\u00e9 sur le fait que l&rsquo;histoire phylog\u00e9ographique reconstruite par J\u00f6dicke et al. (2004) pouvait \u00eatre correcte alors que leur conclusion taxonomique restait pr\u00e9matur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 ces r\u00e9serves, l&rsquo;option avec trois esp\u00e8ces, H3, b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un avantage d\u00e9terminant : elle correspond directement \u00e0 la structuration obtenue par le marqueur nucl\u00e9aire \u00e9tudi\u00e9 sp\u00e9cifiquement pour r\u00e9soudre cette question. J\u00f6dicke &amp; al. (2004) ne constatent pas simplement une augmentation progressive de la divergence avec la distance. Ils reconnaissent des ensembles g\u00e9n\u00e9tiques associ\u00e9s aux trois r\u00e9gions biog\u00e9ographiques et consid\u00e8rent que le mod\u00e8le d&rsquo;isolement par la distance n&rsquo;explique pas suffisamment leur r\u00e9sultat. Dans une approche phylog\u00e9n\u00e9tique, cet argument est important. Mais dans une approche biologique de l&rsquo;esp\u00e8ce, il reste incomplet : la donn\u00e9e r\u00e9ellement d\u00e9terminante serait la mesure du flux g\u00e9n\u00e9tique dans les r\u00e9gions o\u00f9 les lign\u00e9es eurasiatiques entrent ou sont susceptibles d&rsquo;entrer en contact.<\/p>\n\n\n\n<p>Une r\u00e9vision moderne devrait abandonner la logique consistant \u00e0 rechercher uniquement quelques diff\u00e9rences morphologiques ou un seuil arbitraire de divergence mitochondriale.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9tude d\u00e9cisive devrait associer : un \u00e9chantillonnage aussi continu que possible de l&rsquo;Europe \u00e0 l&rsquo;Extr\u00eame-Orient, tout en concentrant l&rsquo;am\u00e9lioration des connaissances sur la Sib\u00e9rie, une diversification de l&rsquo;\u00e9tude des populations nord-am\u00e9ricaines, des donn\u00e9es g\u00e9nomiques tra\u00e7ant un plus grand nombre de loci, des \u00e9tudes du g\u00e9nome mitochondrial, des tests d&rsquo;introgression, des analyses de clines g\u00e9nomiques, une am\u00e9lioration de l&rsquo;\u00e9tude morphologique des populations.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background:linear-gradient(300deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%);font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">Examen morphologique compl\u00e9mentaire des trois taxons<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;hypoth\u00e8se de trois esp\u00e8ces peut toutefois \u00eatre confront\u00e9e \u00e0 une source d&rsquo;information suppl\u00e9mentaire : la morphologie des appendices anaux des m\u00e2les. L&rsquo;examen comparatif que j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 partir de photographies s\u00e9lectionn\u00e9es fait appara\u00eetre des diff\u00e9rences r\u00e9currentes de forme et de proportions entre <em>Cordulia aenea<\/em>, <em>C. amurensis<\/em> et <em>C. shurtleffii<\/em>. Ces observations ne constituent pas une \u00e9tude morphom\u00e9trique et doivent donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme exploratoires ; leur constance devra \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e sur des s\u00e9ries suffisamment nombreuses et g\u00e9ographiquement repr\u00e9sentatives.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Cordulia.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"595\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Cordulia-595x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13588\" style=\"width:220px\" srcset=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Cordulia-595x1024.jpg 595w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Cordulia-174x300.jpg 174w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Cordulia-768x1322.jpg 768w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Cordulia.jpg 832w\" sizes=\"auto, (max-width: 595px) 100vw, 595px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pi\u00e8ces terminales de l&rsquo;abdomen des m\u00e2les des trois esp\u00e8ces vues de c\u00f4t\u00e9<br><sup>Y&rsquo;Ado! sur la base de photos choisies et selon mes consignes &#8211; \u00a9\u00a9 byncsa &#8211; Cyrille Deliry &#8211; Histoires Naturelles<\/sup><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>L\u2019examen compar\u00e9 d\u2019un ensemble de photographies suffisamment d\u00e9taill\u00e9es fait appara\u00eetre plusieurs diff\u00e9rences r\u00e9currentes dans la morphologie terminale des m\u00e2les de <em>Cordulia aenea<\/em>, <em>C. amurensis<\/em> et <em>C. shurtleffii<\/em>. Ces observations ne constituent pas une \u00e9tude morphom\u00e9trique et doivent donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme exploratoires. Elles sont n\u00e9anmoins suffisamment coh\u00e9rentes pour formuler l\u2019hypoth\u00e8se de caract\u00e8res diagnostiques propres aux trois ensembles g\u00e9ographiques.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>L&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 un grand nombre de photographies dans l&rsquo;espace num\u00e9rique Internet permet de constater les \u00e9l\u00e9ments suivants qui semblent relativement constants pour peu que les d\u00e9tails attendus soient lisibles sur les images :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>L\u2019examen des pi\u00e8ces terminales de l\u2019abdomen des m\u00e2les fait appara\u00eetre plusieurs diff\u00e9rences qui semblent relativement constantes sur les photographies suffisamment d\u00e9taill\u00e9es. En vue dorsale, les appendices sup\u00e9rieurs sont faiblement arqu\u00e9s chez <em>Cordulia aenea<\/em>, chez qui ils dessinent la forme d&rsquo;une lyre. Ils sont plus droits et fins chez <em>Cordulia amurensis<\/em> et faiblement divergents chez <em>Cordulia shurtleffii<\/em>. L\u2019espace compris entre ces appendices pr\u00e9sente \u00e9galement des diff\u00e9rences de structure et de pilosit\u00e9. En vue lat\u00e9rale, leur courbure et leur orientation diff\u00e8rent entre les trois formes. Une saillie dorsale du dernier segment abdominal, particuli\u00e8rement marqu\u00e9e chez <em>Cordulia aenea<\/em>, para\u00eet \u00e9galement pr\u00e9sente chez <em>Cordulia shurtleffii<\/em> mais beaucoup moins d\u00e9velopp\u00e9e chez <em>Cordulia amurensis<\/em>. Enfin, l\u2019appendice inf\u00e9rieur pr\u00e9sente une conformation diff\u00e9rente : ses extr\u00e9mit\u00e9s sont nettement recourb\u00e9es en crochet chez <em>Cordulia aenea<\/em>, plus \u00e9paisses et \u00e9mouss\u00e9es chez <em>Cordulia amurensis<\/em>, et r\u00e9duites chez <em>Cordulia shurtleffii<\/em>. Ces caract\u00e8res demandent maintenant \u00e0 \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9s morphom\u00e9triquement sur des s\u00e9ries repr\u00e9sentatives.<\/li>\n\n\n\n<li>Des diff\u00e9rences apparentes de coloration et de pilosit\u00e9 sont \u00e9galement perceptibles sur certaines photographies, mais leur interpr\u00e9tation taxonomique para\u00eet beaucoup plus d\u00e9licate, ces caract\u00e8res \u00e9tant particuli\u00e8rement sensibles \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge des individus, aux conditions de prise de vue et, pour les sp\u00e9cimens de collection, aux conditions de conservation. Quelques diff\u00e9rences de pilosit\u00e9 et de coloration intersegmentaire (fine ligne blanche ou non) pourraient n\u00e9anmoins \u00eatre recherch\u00e9es lors d&rsquo;un examen comparatif standardis\u00e9 de s\u00e9ries de sp\u00e9cimens.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<div style=\"height:0px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer wp-container-content-d5c5dac1\"><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Les sch\u00e9mas pr\u00e9sent\u00e9s ici ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s informatiquement \u00e0 partir de photographies s\u00e9lectionn\u00e9es pour la lisibilit\u00e9 des structures consid\u00e9r\u00e9es. Les caract\u00e8res retenus ont \u00e9t\u00e9 contr\u00f4l\u00e9s, autant que possible, sur plusieurs individus photographi\u00e9s de chaque taxon. Cette d\u00e9marche ne remplace \u00e9videmment pas l&rsquo;examen morphom\u00e9trique de s\u00e9ries de sp\u00e9cimens, mais permet de formuler des hypoth\u00e8ses morphologiques pr\u00e9cises susceptibles d&rsquo;\u00eatre test\u00e9es ult\u00e9rieurement.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Aenea1.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"683\" height=\"1024\" data-id=\"13580\" src=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Aenea1-683x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-13580\" srcset=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Aenea1-683x1024.png 683w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Aenea1-200x300.png 200w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Aenea1-768x1152.png 768w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Aenea1.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Cordulia aenea<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Amurensis.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"723\" height=\"1024\" data-id=\"13581\" src=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Amurensis-723x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-13581\" srcset=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Amurensis-723x1024.png 723w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Amurensis-212x300.png 212w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Amurensis-768x1087.png 768w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Amurensis.png 1054w\" sizes=\"auto, (max-width: 723px) 100vw, 723px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Cordulia amurensis<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Shurtleffii.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"667\" height=\"1024\" data-id=\"13579\" src=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Shurtleffii-667x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-13579\" srcset=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Shurtleffii-667x1024.png 667w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Shurtleffii-195x300.png 195w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Shurtleffii-768x1179.png 768w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Shurtleffii-1000x1536.png 1000w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Shurtleffii.png 1012w\" sizes=\"auto, (max-width: 667px) 100vw, 667px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Cordulia shurtleffii<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<figcaption class=\"blocks-gallery-caption wp-element-caption\">Pi\u00e8ces terminales de l&rsquo;abdomen des m\u00e2les des trois esp\u00e8ces<br><sub>Y&rsquo;Ado! sur la base de photos choisies et selon mes consignes &#8211; \u00a9\u00a9 byncsa &#8211; Cyrille Deliry<\/sub><br><sup><em>Histoires Naturelles<\/em><\/sup><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Au terme de cette analyse, H1 appara\u00eet comme l\u2019hypoth\u00e8se la moins soutenue, malgr\u00e9 l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale remarquable des <em>Cordulia<\/em> holarctiques. H2 demeure une hypoth\u00e8se conservatrice solide, particuli\u00e8rement tant que la continuit\u00e9 morphologique et g\u00e9n\u00e9tique des populations eurasiatiques n\u2019aura pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e \u00e0 travers la Sib\u00e9rie. H3 b\u00e9n\u00e9ficie cependant de deux cat\u00e9gories d\u2019arguments d\u00e9sormais convergentes : la structuration nucl\u00e9aire mise en \u00e9vidence par J\u00f6dicke &amp; al. (2004) et l\u2019existence apparente de diff\u00e9rences morphologiques r\u00e9currentes dans les appendices anaux m\u00e2les des trois ensembles. Ces observations morphologiques renforcent donc l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de H3 sans suffire, \u00e0 elles seules, \u00e0 la d\u00e9montrer. Les diff\u00e9rences apparemment r\u00e9currentes observ\u00e9es dans les appendices anaux m\u00e2les apportent une source d&rsquo;information ind\u00e9pendante des donn\u00e9es mol\u00e9culaires, mais leur valeur diagnostique devra \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e sur des s\u00e9ries g\u00e9ographiquement repr\u00e9sentatives. L&rsquo;\u00e9tude des populations de la vaste lacune g\u00e9ographique sib\u00e9rienne reste ici d\u00e9terminante : elle pourrait aussi bien r\u00e9v\u00e9ler une discontinuit\u00e9 morphologique concordante avec H3 qu&rsquo;un gradient continu davantage compatible avec H2.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-default\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background:linear-gradient(300deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%);font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">Conclusion<\/p>\n\n\n\n<p>La syst\u00e9matique de <em>Cordulia<\/em> illustre les difficult\u00e9s inh\u00e9rentes \u00e0 la d\u00e9limitation d&rsquo;esp\u00e8ces largement allopatriques et morphologiquement conservatrices. Les trois mod\u00e8les th\u00e9oriquement possibles ont \u00e9t\u00e9 examin\u00e9s. Le mod\u00e8le \u00e0 <strong>une esp\u00e8ce<\/strong> (H1) rend compte de l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 morphologique et \u00e9cologique du genre mais explique difficilement la structuration nucl\u00e9aire actuellement connue. Le mod\u00e8le \u00e0 <strong>deux esp\u00e8ces<\/strong> (H2) &#8211; <em>Cordulia aenea<\/em> <em><span style=\"text-decoration: underline;\">sensu lato<\/span><\/em> en Eurasie et <em>Cordulia shurtleffii<\/em> en Am\u00e9rique du Nord &#8211; constitue l&rsquo;alternative conservatrice la plus coh\u00e9rente. Il poss\u00e8de une longue tradition taxonomique et \u00e9vite de confondre divergence phylog\u00e9ographique et sp\u00e9ciation. Le mod\u00e8le \u00e0 <strong>trois esp\u00e8ces<\/strong> (H3) &#8211; <em>Cordulia aenea<\/em>, <em>C. amurensis<\/em> et <em>C. shurtleffii<\/em> &#8211; b\u00e9n\u00e9ficie n\u00e9anmoins du soutien mol\u00e9culaire nucl\u00e9aire le plus direct. L&rsquo;\u00e9tude de J\u00f6dicke &amp; al. (2004) reste l&rsquo;analyse explicitement consacr\u00e9e \u00e0 cette question et met en \u00e9vidence trois ensembles g\u00e9n\u00e9tiques correspondant aux trois entit\u00e9s g\u00e9ographiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le complexe des grands go\u00e9lands holarctiques (<em>Larus argentatus \/ fuscus<\/em>) offre \u00e0 cet \u00e9gard un parall\u00e8le instructif : longtemps interpr\u00e9t\u00e9 selon le mod\u00e8le simple d\u2019une esp\u00e8ce en anneau, il s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 pr\u00e9senter une histoire beaucoup plus complexe, faite d\u2019isolements g\u00e9ographiques, de contacts secondaires et d\u2019introgressions (Liebers &amp; al. 2004, Sternkopf &amp; al. 2010). Cet exemple rappelle qu\u2019une structuration phylog\u00e9ographique, m\u00eame nette, ne se traduit pas m\u00e9caniquement en limites sp\u00e9cifiques et que celles-ci doivent \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9es par la convergence de plusieurs cat\u00e9gories de donn\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La question centrale n\u2019est donc pas seulement de savoir quelle distance g\u00e9n\u00e9tique s\u00e9pare <em>aenea<\/em> d\u2019<em>amurensis<\/em>, mais de d\u00e9terminer si leur diff\u00e9renciation correspond \u00e0 une simple structuration g\u00e9ographique d\u2019une esp\u00e8ce largement distribu\u00e9e ou \u00e0 l\u2019\u00e9volution ind\u00e9pendante de deux lign\u00e9es sp\u00e9cifiques. L\u2019\u00e9tude du flux g\u00e9nique dans leurs \u00e9ventuelles zones de contact constituerait un test particuli\u00e8rement puissant de ces deux hypoth\u00e8ses, sans pouvoir toutefois \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une condition n\u00e9cessaire \u00e0 toute d\u00e9cision taxonomique.<\/p>\n\n\n\n<p>Une telle situation n\u2019est pas exceptionnelle chez les Odonates eurasiatiques. <em>Sympetrum pedemontanum<\/em> comprend ainsi une forme continentale, <em>Sympetrum pedemontanum pedemontanum<\/em>, et une forme insulaire extr\u00eame-orientale, <em>Sympetrum pedemontanum elatum<\/em>, distingu\u00e9es principalement sur des crit\u00e8res morphologiques, sans que leur statut repose sur une d\u00e9monstration g\u00e9nomique de l\u2019isolement reproductif (Popova 2004). \u00c0 l\u2019inverse, l\u2019ancien <em>Calopteryx virgo japonica<\/em> a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 au rang sp\u00e9cifique sous <em>Calopteryx japonica<\/em> sur la base d\u2019une diff\u00e9renciation morphologique jug\u00e9e suffisante (Miyakawa 1983), distinction confort\u00e9e ult\u00e9rieurement par les donn\u00e9es phylog\u00e9n\u00e9tiques. Ces exemples montrent que le rang attribu\u00e9 \u00e0 des populations p\u00e9riph\u00e9riques allopatriques r\u00e9sulte n\u00e9cessairement d\u2019une appr\u00e9ciation de plusieurs caract\u00e8res convergents, et non de l\u2019application d\u2019un seuil g\u00e9n\u00e9tique ou d\u2019un test d\u2019interf\u00e9condit\u00e9 universel.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cas de <em>Cordulia<\/em>, les donn\u00e9es actuellement disponibles conduisent ainsi \u00e0 privil\u00e9gier l&rsquo;hypoth\u00e8se de trois esp\u00e8ces, sans que celle de deux esp\u00e8ces puisse \u00eatre d\u00e9finitivement \u00e9cart\u00e9e ; l&rsquo;\u00e9tude des populations interm\u00e9diaires d&rsquo;Asie septentrionale appara\u00eet d\u00e9sormais comme l&rsquo;une des cl\u00e9s permettant de d\u00e9partager ces deux interpr\u00e9tations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Cyrille Deliry &#8211; Niort, le 22 ao\u00fbt 2026<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#eeeeee\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-background\" style=\"background:linear-gradient(300deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%);font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">Bibliographie<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list has-small-font-size\">\n<li><strong>Brewster D. (ed.) 1815<\/strong> &#8211; <em>The Edinburgh Encyclopaedia,<\/em> 9 : 57-172 : [Leach : <em>Cordulia<\/em> : p.136].<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Bridges C.A. 1994<\/strong> \u2013 <em>Catalogue of the family-group, genus-group and species-group names of the Odonata of the world.<\/em> 3rd edition. \u2013 C.A. Bridges, Urbana, Illinois : 951 pp.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Davies D.A. &amp; Tobin P. 1985<\/strong> \u2013 <em>The dragonflies of the world: a systematic list of the extant species of Odonata. Vol. 2. Anisoptera.<\/em> \u2013 <em>Societas Internationalis Odonatologica Rapid Communications (Supplements),<\/em> 5 : i-xi + 1-151.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>de Selys Longchamps E. 1887<\/strong> \u2013 Odonates de l&rsquo;Asie Mineure et r\u00e9vision de ceux des autres parties de la faune dite Europ\u00e9enne. \u2013 <em>Annales de la Soci\u00e9t\u00e9 Entomologique de Belgique,<\/em> 31 : 1-85.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Dumont H.J. &amp; al.. 2005<\/strong> \u2013 A review of the Odonata of Kamchatka Peninsula, Russia. \u2013 <em>Odonatologica,<\/em> 34 (2) : 131-153. &#8211; <a href=\"https:\/\/natuurtijdschriften.nl\/pub\/592508\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Dziedzielewicz J. 1902<\/strong> \u2013 <em>Odonata Haliciae reliquarumque provinciarum Poloniae.<\/em> \u2013 Muzeum Dzieduszyck, Lw\u00f3w.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>F\u00f6rster F. 1902<\/strong> \u2013 Ueber palaearctische Libellen. \u2013 <em>Mitteilungen des Badischen Zoologischen Vereins, Karlsruhe,<\/em> 15 : 69-81.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Fudakowski J. 1930<\/strong> \u2013 Die Odonaten-Fauna des polnischen Tatra Gebirges. \u2013 <em>Sprawozdania Komisji Fizjograficznej Polskiej Akademii Umiej\u0119tno\u015bci,<\/em> 64 : 87-174.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Geiger M. &amp; al. 2021<\/strong> \u2013 Coverage and quality of DNA barcode references for Central and Northern European Odonata. \u2013 <em>PeerJ,<\/em> 9 : e11192.  &#8211; <a href=\"https:\/\/pmc.ncbi.nlm.nih.gov\/articles\/PMC8101477\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>G\u00f6tz W.H.J. 1923<\/strong> \u2013 Mitteilung \u00fcber einige geographische Variationen bei Odonaten. \u2013 <em>Mitteilungen der M\u00fcnchner Entomologischen Gesellschaft,<\/em> 13 : 36-37.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>ICZN 2005<\/strong> \u2013 Opinion 2110 (Case 3253). <em>Libellula aenea<\/em> Linnaeus, 1758 (currently <em>Cordulia aenea<\/em>) and <em>L. flavomaculata<\/em> Vander Linden, 1825 (currently <em>Somatochlora flavomaculata<\/em>; Insecta, Odonata): usage of the specific names conserved by the replacement of the lectotype of <em>L. aenea<\/em> with a newly designated lectotype. \u2013 <em>Bulletin of Zoological Nomenclature,<\/em> 62 (2) : 99-100. &#8211; <a href=\"https:\/\/www.biodiversitylibrary.org\/browse\/contributor\/BSTOR\/o\/year?bpg=1&amp;ppg=70&amp;psize=250\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>J\u00f6dicke R., Langhoff P. &amp; Misof B. 2004<\/strong> \u2013 The species-group taxa in the Holarctic genus <em>Cordulia<\/em>: a study in nomenclature and genetic differentiation (Odonata: Corduliidae). \u2013 <em>International Journal of Odonatology,<\/em> 7 (1) : 37-52. &#8211; <a href=\"https:\/\/www.tandfonline.com\/doi\/abs\/10.1080\/13887890.2004.9748193\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Kosterin O.E. &amp; Zaika V.V. 2010<\/strong> \u2013 Odonata of Tuva, Russia. \u2013 <em>International Journal of Odonatology,<\/em> 13 (2) : 277-328. &#8211; <a href=\"https:\/\/www.tandfonline.com\/doi\/abs\/10.1080\/13887890.2010.9748380\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Liebers D., de Knijff P. &amp; Helbig A.J. 2004<\/strong> \u2013 The herring gull complex is not a ring species. \u2013 <em>Proceedings of the Royal Society of London B: Biological Sciences,<\/em> 271 (1542) : 893-901. &#8211; <a href=\"https:\/\/pmc.ncbi.nlm.nih.gov\/articles\/PMC1691675\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Linnaeus C. 1758<\/strong> \u2013 <em>Systema Naturae per regna tria naturae.<\/em> &#8211; Editio decima, reformata. Tomus I. \u2013 Laurentii Salvii, Holmiae : 824 pp. : [<em>Libellula aenea<\/em> : p.544].<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Miyakawa K. 1983<\/strong> \u2013 Status of <em>Calopteryx japonica<\/em> Selys of <em>C. virgo<\/em>-group (Odonata, Zygoptera). \u2013 <em>Konty\u00fb,<\/em> 51 (2) : 192-202.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Popova O.N. 2004<\/strong> \u2013 Infraspecific taxonomy of <em>Sympetrum pedemontanum<\/em> (M\u00fcller, 1766) (Anisoptera: Libellulidae). \u2013 <em>Odonatologica,<\/em> 33 (2) : 207-216. &#8211; <a href=\"https:\/\/natuurtijdschriften.nl\/pub\/592473\/OJIOS2004033002009.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Scudder S.H. 1866<\/strong> \u2013 Notes on some Odonata from the White Mountains of New Hampshire. \u2013 <em>Proceedings of the Boston Society of Natural History,<\/em> 10 : 211-222.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Sternkopf V., Liebers-Helbig D., Ritz M.S., Zhang J., Helbig A.J. &amp; de Knijff P. 2010<\/strong> \u2013 Introgressive hybridization and the evolutionary history of the herring gull complex revealed by mitochondrial and nuclear DNA. \u2013 <em>BMC Evolutionary Biology,<\/em> 10 : 348. &#8211; <a href=\"https:\/\/pmc.ncbi.nlm.nih.gov\/articles\/PMC2993719\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n<ol class=\"wp-block-footnotes has-small-font-size\"><li id=\"5a1f41db-b13f-4b63-a49f-69288bb7f35b\">La restitution de ce contexte bibliographique conduit \u00e9galement \u00e0 citer les autres taxons odonatologiques \u00e9tablis dans cette m\u00eame contribution sous les formes : <em>Lestes <\/em>Leach <em>in <\/em>Brewster, 1815, <em>Calopteryx <\/em>Leach <em>in <\/em>Brewster, 1815 (graphie originale <em>Calepteryx<\/em> \u00e9mend\u00e9e par Burmeister en 1839), <em>Anax <\/em>Leach <em>in <\/em>Brewster, 1815, <em>Anax imperator <\/em>Leach <em>in <\/em>Brewster, 1815, <em>Gomphus <\/em>Leach <em>in <\/em>Brewster, 1815, <em>Cordulegaster <\/em>Leach <em>in <\/em>Brewster, 1815. Par contre <em>Petalura <\/em>Leach, 1815 ainsi que <em>Petalura gigantea <\/em>Leach, 1815, publi\u00e9s par Leach dans une contribution ind\u00e9pendante de l\u2019<em>Edinburgh Encyclopaedia<\/em>, ne sont pas concern\u00e9s et conservent leur attribution \u00e0 Leach, 1815. <a href=\"#5a1f41db-b13f-4b63-a49f-69288bb7f35b-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 1\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"3a564acf-f8e1-466d-9cba-a32b85b881f6\">ITS1 (<em>Internal Transcribed Spacer 1<\/em>) est une r\u00e9gion de l&rsquo;ADN nucl\u00e9aire, fournissant une information ind\u00e9pendante de l&rsquo;ADN mitochondrial. J\u00f6dicke, Langhoff &amp; Misof (2004) ont trouv\u00e9 des variantes ITS1 distinctes et non partag\u00e9es entre leurs \u00e9chantillons occidentaux, extr\u00eame-orientaux et nord-am\u00e9ricains, r\u00e9sultat compatible avec trois lign\u00e9es \u00e9volutives et qui les conduisit \u00e0 proposer trois esp\u00e8ces. Cette s\u00e9paration g\u00e9n\u00e9tique ne d\u00e9montrait toutefois pas \u00e0 elle seule leur isolement reproductif, d&rsquo;autant que les populations \u00e9taient g\u00e9ographiquement s\u00e9par\u00e9es et imparfaitement \u00e9chantillonn\u00e9es. <a href=\"#3a564acf-f8e1-466d-9cba-a32b85b881f6-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 2\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"a7de3ede-0e70-48bf-8cea-dbaef16abbd8\">Haplotype : version particuli\u00e8re d\u2019une s\u00e9quence d\u2019ADN. Une m\u00eame esp\u00e8ce peut poss\u00e9der plusieurs haplotypes, dont la r\u00e9partition permet notamment d\u2019\u00e9tudier les relations et l\u2019histoire g\u00e9ographique de ses populations. <a href=\"#a7de3ede-0e70-48bf-8cea-dbaef16abbd8-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 3\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"42bba09f-b262-43aa-8024-c543232b2d78\">Le COI est un g\u00e8ne mitochondrial couramment utilis\u00e9 pour le DNA barcoding. La distance K2P (<em>Kimura 2-Parameter<\/em>) mesure la divergence entre s\u00e9quences en tenant compte de diff\u00e9rents types de substitutions nucl\u00e9otidiques : une valeur de 4,7 % traduit ici une divergence mitochondriale importante entre les deux lign\u00e9es. Elle ne correspond toutefois pas \u00e0 \u00ab 4,7 % de diff\u00e9rence entre leurs g\u00e9nomes \u00bb et ne constitue pas, \u00e0 elle seule, une preuve de s\u00e9paration sp\u00e9cifique. <a href=\"#42bba09f-b262-43aa-8024-c543232b2d78-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 4\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"fafd7e16-6f31-42e0-9ed9-0e5b54aa82f4\">Voir note 4. <a href=\"#fafd7e16-6f31-42e0-9ed9-0e5b54aa82f4-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 5\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 &#8211; La d\u00e9limitation sp\u00e9cifique au sein du genre holarctique &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":13609,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"[{\"content\":\"La restitution de ce contexte bibliographique conduit \u00e9galement \u00e0 citer les autres taxons odonatologiques \u00e9tablis dans cette m\u00eame contribution sous les formes : <em>Lestes <\/em>Leach <em>in <\/em>Brewster, 1815, <em>Calopteryx <\/em>Leach <em>in <\/em>Brewster, 1815 (graphie originale <em>Calepteryx<\/em> \u00e9mend\u00e9e par Burmeister en 1839), <em>Anax <\/em>Leach <em>in <\/em>Brewster, 1815, <em>Anax imperator <\/em>Leach <em>in <\/em>Brewster, 1815, <em>Gomphus <\/em>Leach <em>in <\/em>Brewster, 1815, <em>Cordulegaster <\/em>Leach <em>in <\/em>Brewster, 1815. 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