{"id":13718,"date":"2026-08-26T09:02:58","date_gmt":"2026-08-26T09:02:58","guid":{"rendered":"https:\/\/deliry.com\/?p=13718"},"modified":"2026-08-26T09:09:48","modified_gmt":"2026-08-26T09:09:48","slug":"comme-un-abracadabra-lhistoire-du-nom-aeshna","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/deliry.com\/?p=13718","title":{"rendered":"Comme un abracadabra : l&rsquo;histoire du nom <i>Aeshna<\/i>"},"content":{"rendered":"\n<p>L&rsquo;histoire du nom <em>Aeshna<\/em> est singuli\u00e8rement complexe et doit \u00eatre distingu\u00e9e de celle de la d\u00e9limitation taxonomique du genre. Elle associe une \u00e9tymologie demeur\u00e9e inconnue, une correction orthographique qui s&rsquo;est impos\u00e9e pendant une grande partie du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, puis un retour progressif \u00e0 l&rsquo;orthographe originale finalement confirm\u00e9 durablement par la nomenclature zoologique.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">Un ant\u00e9c\u00e9dent remarquable chez Muffet<\/p>\n\n\n\n<p>Bien avant Fabricius, un terme presque identique appara\u00eet chez Thomas Muffet dans son <em>Insectorum sive Minimorum Animalium Theatrum<\/em>. L&rsquo;ouvrage est pr\u00e9par\u00e9 vers 1589-1590, mais demeure in\u00e9dit et ne para\u00eet qu&rsquo;\u00e0 titre posthume en 1634.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la page 69, imm\u00e9diatement apr\u00e8s les pages consacr\u00e9es aux <em>Libellae<\/em>, Muffet traite diff\u00e9rentes formes aquatiques et emploie <em>\u00c6schna\/Aeschna<\/em> parmi ses <em>Phryganides<\/em> : <em>Ae\u0192chna muscae<\/em>. Le terme ne d\u00e9signe donc pas le genre <em>Aeshna<\/em> au sens ult\u00e9rieur et para\u00eet concerner une \u00abmouche d&rsquo;eau\u00bb relevant de l&rsquo;ensemble alors tr\u00e8s large des Phryganes. L&rsquo;\u00e9dition anglaise de 1658 conserve d&rsquo;ailleurs le nom sous la forme <em>Aeschna<\/em>. L&rsquo;existence de ce terme pr\u00e8s de deux si\u00e8cles avant Fabricius constitue n\u00e9anmoins un ant\u00e9c\u00e9dent lexical remarquable.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce rapprochement prend davantage d&rsquo;int\u00e9r\u00eat d\u00e8s lors que Fabricius connaissait de toute \u00e9vidence l&rsquo;ouvrage de Muffet. Une origine par remobilisation m\u00e9rite donc d&rsquo;\u00eatre envisag\u00e9e : Fabricius aurait pu reprendre un ancien nom entomologique devenu inutilis\u00e9 et l&rsquo;affecter \u00e0 son nouveau genre en 1775. Une telle d\u00e9marche ne serait pas \u00e9trang\u00e8re aux pratiques nomenclaturales des naturalistes de cette \u00e9poque, et il serait particuli\u00e8rement utile de documenter les autres cas o\u00f9 Fabricius a proc\u00e9d\u00e9 de cette mani\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette filiation <em>\u00c6schna<\/em> Muffet \/ <em>Aeshna<\/em> Fabricius n&rsquo;est cependant pas d\u00e9montr\u00e9e par une d\u00e9claration de Fabricius et doit demeurer pr\u00e9sent\u00e9e comme une hypoth\u00e8se. Elle b\u00e9n\u00e9ficie n\u00e9anmoins de trois \u00e9l\u00e9ments objectifs : le terme existait ant\u00e9rieurement, Fabricius pouvait le conna\u00eetre, et il ne fournit aucune autre explication de la formation d&rsquo;<em>Aeshna<\/em>. Elle constitue donc une piste historique suffisamment \u00e9tay\u00e9e pour m\u00e9riter d\u2019\u00eatre examin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">1775 : l&rsquo;\u00e9nigmatique <em>Aeshna<\/em> de Fabricius<\/p>\n\n\n\n<p>Fabricius (1775) cr\u00e9e son genre sous la graphie <em>Aeshna<\/em><sup data-fn=\"c15f4e09-fa4d-4a52-893b-685aea42e7dc\" class=\"fn\"><a href=\"#c15f4e09-fa4d-4a52-893b-685aea42e7dc\" id=\"c15f4e09-fa4d-4a52-893b-685aea42e7dc-link\">1<\/a><\/sup>. Il n&rsquo;en donne aucune \u00e9tymologie. Ce silence aura une importance consid\u00e9rable car ses successeurs chercheront pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 expliquer \u2014 et finalement \u00e0 \u00abcorriger\u00bb \u2014 ce nom \u00e9nigmatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Il para\u00eet difficile de r\u00e9duire <em>Aeshna<\/em> \u00e0 une simple coquille. Fabricius conserve cette graphie dans ses publications ult\u00e9rieures ; une synth\u00e8se zoonymique rel\u00e8ve notamment son maintien dans des ouvrages de 1781, 1787 et 1793. Quelle que soit son origine, <em>Aeshna<\/em> correspond donc bien \u00e0 une graphie durablement assum\u00e9e par Fabricius.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/914px-Roessel.webp\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"782\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/914px-Roessel-782x1024.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-13739\" style=\"width:250px\" srcset=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/914px-Roessel-782x1024.webp 782w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/914px-Roessel-229x300.webp 229w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/914px-Roessel-768x1006.webp 768w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/914px-Roessel.webp 914w\" sizes=\"auto, (max-width: 782px) 100vw, 782px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Une des planches les plus spectaculaires qui existait en 1775 est cette <em>Aeshna grandis <\/em>parue dans le travail de Roessel von Rosehof (1749)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Parmi les esp\u00e8ces r\u00e9unies par Fabricius en 1775 sous <em>Aeshna<\/em>, <em>Aeshna grandis<\/em> m\u00e9rite une attention particuli\u00e8re : elle est la seule qui appartienne encore aujourd\u2019hui au genre <em>Aeshna<\/em>. Elle n\u2019est d\u2019ailleurs pas, au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, une esp\u00e8ce quelconque enfouie dans la litt\u00e9rature. Grande, singuli\u00e8re par ses tonalit\u00e9s brunes et rousses et ses ailes fortement teint\u00e9es, elle avait d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019objet de repr\u00e9sentations particuli\u00e8rement remarquables. La spectaculaire planche publi\u00e9e par Roesel von Rosehof (1749) en constitue un t\u00e9moignage : l\u2019imago y occupe une place majeure, accompagn\u00e9 de plusieurs \u00e9tapes de son d\u00e9veloppement. <em>A. grandis<\/em> \u00e9tait donc, bien avant Fabricius, une des grandes libellules europ\u00e9ennes les plus ostensiblement figur\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">De Geer et Illiger : naissance d&rsquo;une \u00ab correction \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La modification intervient pourtant tr\u00e8s t\u00f4t. De Geer (1779) emploie d\u00e9j\u00e0 <em>Aeschna<\/em>. Il ne s&rsquo;agit donc pas d&rsquo;une invention d&rsquo;Illiger, mais celui-ci joue un r\u00f4le autrement important en cherchant \u00e0 justifier philologiquement cette orthographe. Dans le <em>Magazin f\u00fcr Insektenkunde<\/em>, Illiger (1801) consid\u00e8re <em>Aeshna<\/em> comme incorrect et tente d&rsquo;expliquer <em>Aeschna<\/em> par le grec \u03b1\u1f30\u03c3\u03c7\u03cd\u03bd\u03b7 (<em>aiskh\u00fdn\u0113<\/em>), exprimant l&rsquo;id\u00e9e de \u00ab honte, pudeur \u00bb. Ce rapprochement semble lui-m\u00eame associ\u00e9 \u00e0 <em>Jungfer<\/em>, \u00ab jeune fille\/vierge \u00bb, pr\u00e9sent dans la terminologie allemande des Odonates, notamment <em>Schmaljungfer<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il importe cependant de renverser la perspective longtemps adopt\u00e9e : Illiger ne retrouve pas une \u00e9tymologie fournie par Fabricius ; il en propose une. Aucun t\u00e9moignage de Fabricius n&rsquo;indique qu&rsquo;<em>Aeshna<\/em> ait \u00e9t\u00e9 construit \u00e0 partir d&rsquo;\u03b1\u1f30\u03c3\u03c7\u03cd\u03bd\u03b7. L&rsquo;\u00e9tymologie grecque est donc une reconstruction <em>a posteriori<\/em>, et l&rsquo;orthographe <em>Aeschna<\/em> devient en quelque sorte la correction du mot destin\u00e9e \u00e0 le rendre conforme \u00e0 l&rsquo;\u00e9tymologie qu&rsquo;on vient de lui supposer.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;hypoth\u00e8se Muffet et celle d&rsquo;Illiger n&rsquo;ont ainsi pas exactement la m\u00eame nature. La premi\u00e8re repose sur un mot entomologique r\u00e9ellement attest\u00e9 avant Fabricius et auquel celui-ci pouvait avoir acc\u00e8s ; la seconde cherche apr\u00e8s coup une racine grecque susceptible d&rsquo;expliquer le nom. Ni l&rsquo;une ni l&rsquo;autre n&rsquo;est d\u00e9montr\u00e9e, mais l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une remobilisation de Muffet dispose d&rsquo;une voie historique de transmission, l\u00e0 o\u00f9 celle d&rsquo;Illiger demeure essentiellement philologique.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">1800-1840 : coexistence des deux graphies<\/p>\n\n\n\n<p>La proposition d&rsquo;Illiger ne provoque nullement un remplacement imm\u00e9diat d&rsquo;<em>Aeshna<\/em>. Pendant plusieurs d\u00e9cennies, les deux graphies circulent parall\u00e8lement.<\/p>\n\n\n\n<p>Toussaint de Charpentier (1825) constitue cependant un jalon important : il adopte syst\u00e9matiquement <em>Aeschna<\/em>. Cette position est r\u00e9affirm\u00e9e avec beaucoup plus de poids dans ses <em>Libellulinae Europaeae<\/em> de 1840, o\u00f9 il reprend l&rsquo;argumentation issue d&rsquo;Illiger. Son choix est donc intentionnel : <em>Aeschna<\/em> lui para\u00eet \u00eatre la forme correcte du nom.<\/p>\n\n\n\n<p>La fin des ann\u00e9es 1830 et le d\u00e9but des ann\u00e9es 1840 constituent le v\u00e9ritable moment de basculement. Burmeister (1839) adopte <em>Aeschna<\/em>, Charpentier (1840) r\u00e9affirme et argumente cette orthographe dans ses <em>Libellulinae Europaeae<\/em>, et Rambur (1842) l&rsquo;utilise \u00e9galement. L&rsquo;\u00e9mendation acquiert ainsi rapidement l&rsquo;autorit\u00e9 de plusieurs ouvrages majeurs de la syst\u00e9matique des Odonates et tend d\u00e8s lors \u00e0 s&rsquo;imposer dans la litt\u00e9rature du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">Les h\u00e9sitations r\u00e9v\u00e9latrices d&rsquo;Edmond de Selys Longchamps<\/p>\n\n\n\n<p>Le comportement d&rsquo;Edmond de Selys Longchamps est particuli\u00e8rement instructif parce qu&rsquo;il se situe pr\u00e9cis\u00e9ment au moment de cette transition. En 1839, lorsqu&rsquo;il expose les d\u00e9membrements successifs du genre, il \u00e9crit encore <em>Aeshna<\/em>. Son concept est alors d\u00e9j\u00e0 plus restreint et il discute notamment <em>Petalura<\/em>, <em>Cordulegaster<\/em> et <em>Anax<\/em>. La graphie originale reste donc parfaitement vivante chez l&rsquo;un des auteurs qui va devenir la principale autorit\u00e9 odonatologique du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Selys rejoint tr\u00e8s rapidement l&rsquo;usage <em>Aeschna<\/em> qui s&rsquo;impose autour de 1840 et qu&rsquo;il conservera largement par la suite. Ce changement presque contemporain de celui de Burmeister et Charpentier illustre bien la force acquise par l&rsquo;\u00e9mendation \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Une histoire parall\u00e8le se produit dans la langue fran\u00e7aise. Selys emploie d&rsquo;abord Aeshne, puis la forme Aeschne s&rsquo;\u00e9tablit. Fait remarquable, cette derni\u00e8re survivra \u00e0 l&rsquo;abandon ult\u00e9rieur d&rsquo;<em>Aeschna<\/em> comme nom scientifique. Le fran\u00e7ais moderne conserve ainsi Aeschne alors que le genre s&rsquo;\u00e9crit <em>Aeshna<\/em> : le nom vernaculaire constitue en quelque sorte le vestige actuel du succ\u00e8s de l&rsquo;\u00e9mendation du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. La litt\u00e9rature contemporaine fran\u00e7aise conserve effectivement cette distinction.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">Le triomphe d&rsquo;<em>Aeschna<\/em> est durable mais il n&rsquo;est jamais absolu<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, <em>Aeschna<\/em> devient n\u00e9anmoins extr\u00eamement r\u00e9pandu. L&rsquo;autorit\u00e9 cumul\u00e9e de Charpentier, Burmeister, Selys, Hagen, Rambur et de nombreux auteurs ult\u00e9rieurs lui conf\u00e8re pendant plusieurs d\u00e9cennies l&rsquo;apparence de l&rsquo;orthographe normale du genre.<\/p>\n\n\n\n<p>Il serait toutefois excessif de parler d&rsquo;une disparition d&rsquo;<em>Aeshna<\/em>. La graphie originale continue toutefois \u00e0 \u00eatre employ\u00e9e. Le mouvement du d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle n&rsquo;est donc pas une red\u00e9couverte d&rsquo;une orthographe oubli\u00e9e, mais une r\u00e9affirmation croissante de la graphie fabricienne.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">Kirby, Calvert, Walker, Ris et Longfield : retour \u00e0 Fabricius<\/p>\n\n\n\n<p>Kirby (1890), ouvrage essentiel, constitue un premier jalon important de cette r\u00e9affirmation. Son usage d\u2019<em>Aeshna<\/em> montre qu\u2019\u00e0 la fin du XIX\u1d49 si\u00e8cle la graphie fabricienne subsiste malgr\u00e9 la domination d\u2019<em>Aeschna<\/em>. Le mouvement devient plus manifeste avec Calvert (1905b)<sup data-fn=\"4d53642a-99c9-40ca-84ed-1793a78a15b3\" class=\"fn\"><a href=\"#4d53642a-99c9-40ca-84ed-1793a78a15b3\" id=\"4d53642a-99c9-40ca-84ed-1793a78a15b3-link\">2<\/a><\/sup>, qui revient \u00e0 son tour \u00e0 l\u2019orthographe originale. Ces usages pr\u00e9c\u00e8dent l\u2019Opinion 34 de 1911 et t\u00e9moignent donc d\u2019une remise en cause de la tradition <em>Aeschna<\/em> ind\u00e9pendante de la d\u00e9cision ult\u00e9rieure de la Commission.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Opinion 34 marque en 1911 un changement de situation. En d\u00e9cidant que rien ne permet de consid\u00e9rer <em>Aeshna<\/em> comme une erreur et que l\u2019orthographe originale de Fabricius doit \u00eatre conserv\u00e9e, la Commission fournit d\u00e9sormais un fondement nomenclatural \u00e0 son emploi. Walker (1912) s\u2019inscrit imm\u00e9diatement dans ce nouveau contexte en utilisant r\u00e9solument <em>Aeshna<\/em> dans sa grande monographie nord-am\u00e9ricaine ; Ris (1921) l\u2019emploie \u00e9galement par la suite.<\/p>\n\n\n\n<p>Longfield (1936) appartient ainsi \u00e0 une phase diff\u00e9rente de celle de Kirby et Calvert : elle ne participe plus \u00e0 la r\u00e9habilitation initiale d\u2019une graphie minoritaire, mais \u00e0 la consolidation de l\u2019orthographe d\u00e9sormais reconnue par la nomenclature zoologique, notamment dans la litt\u00e9rature britannique et europ\u00e9enne. L\u2019histoire du retour \u00e0 <em>Aeshna<\/em> se partage donc autour de 1911 : avant l\u2019Opinion 34, quelques auteurs s\u2019\u00e9cartent de la tradition dominante d\u2019<em>Aeschna<\/em> ; apr\u00e8s elle, l\u2019emploi d\u2019<em>Aeshna<\/em> peut s\u2019appuyer sur une d\u00e9cision nomenclaturale explicite.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">Une cons\u00e9quence extr\u00eame : <em>Secundaeschna<\/em> G\u00f6tz, 1923<\/p>\n\n\n\n<p>La coexistence prolong\u00e9e des deux formes engendre m\u00eame une curiosit\u00e9 nomenclaturale. G\u00f6tz (1923) propose <em>Secundaeschna<\/em> comme nom nouveau pour <em>Aeschna<\/em> Illiger, qu&rsquo;il distingue du <em>Aeshna<\/em> Fabricius ant\u00e9rieur, et d\u00e9signe <em>Libellula juncea<\/em> Linnaeus, 1758 comme esp\u00e8ce type.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce cas ne traduit aucune d\u00e9couverte morphologique ni aucun d\u00e9membrement r\u00e9el du genre. Il r\u00e9sulte de l&rsquo;interpr\u00e9tation d&rsquo;<em>Aeschna<\/em> comme un nom susceptible d&rsquo;\u00eatre distingu\u00e9 nomenclaturalement d&rsquo;<em>Aeshna<\/em>. D\u00e8s lors que le premier est reconnu comme une simple \u00e9mendation du second, cette construction perd sa justification et <em>Secundaeschna<\/em> est plac\u00e9 dans la synonymie d&rsquo;<em>Aeshna<\/em>. Cet \u00e9pisode montre n\u00e9anmoins jusqu&rsquo;o\u00f9 la dualit\u00e9 orthographique avait pu compliquer la nomenclature.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">Une seconde question : quel est le type d&rsquo;<em>Aeshna<\/em> ?<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre difficult\u00e9, ind\u00e9pendante de l&rsquo;orthographe, vient se superposer \u00e0 cette histoire : Fabricius n&rsquo;avait pas d\u00e9sign\u00e9 d&rsquo;esp\u00e8ce type en 1775.<\/p>\n\n\n\n<p>Une d\u00e9signation ancienne porte sur <em>Libellula vulgatissima<\/em> Linnaeus, 1758, choix que l&rsquo;on retrouve notamment chez Kirby (1890). Mais cette esp\u00e8ce pose une difficult\u00e9 majeure : Fabricius ne l&rsquo;avait pas incluse dans <em>Aeshna<\/em> en 1775, puisqu&rsquo;il la conservait parmi les <em>Libellula<\/em>. Elle appartient de surcro\u00eet au groupe ult\u00e9rieurement s\u00e9par\u00e9 sous <em>Gomphus<\/em>. Cette contradiction sera notamment relev\u00e9e par Needham (1897).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, <em>Libellula grandis<\/em> Linnaeus, 1758 appartenait bien au mat\u00e9riel originel d&rsquo;<em>Aeshna<\/em>. Needham (1897) rappelle en outre que Cuvier avait d\u00e8s 1798 caract\u00e9ris\u00e9 <em>Aeshna<\/em> en n&rsquo;y pla\u00e7ant que <em>grandis<\/em>, ce qui fournit un jalon ancien particuli\u00e8rement important dans l&rsquo;histoire de sa typification. La chronologie exacte de la fixation nomenclaturalement valide de l&rsquo;esp\u00e8ce type m\u00e9rite n\u00e9anmoins d&rsquo;\u00eatre \u00e9tablie \u00e0 partir de l&rsquo;ensemble des textes originaux.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">La Commission finit par trancher : <em>Aeshna<\/em> doit \u00eatre conserv\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>La controverse orthographique est finalement soumise \u00e0 la Commission internationale de nomenclature zoologique par R.A. Muttkowski. L&rsquo;<em>Opinion 34, Aeshna vs. Aeschna<\/em> donne raison \u00e0 l&rsquo;orthographe originale : aucune preuve ne permet de consid\u00e9rer <em>Aeshna<\/em> comme une erreur de transcription, un <em>lapsus calami<\/em> ou une faute typographique susceptible d&rsquo;\u00eatre corrig\u00e9e. Le fait que Fabricius ait maintenu cette graphie renforce \u00e9videmment cette conclusion.<\/p>\n\n\n\n<p>La demande de Muttkowski est elle-m\u00eame r\u00e9v\u00e9latrice de la persistance de la recherche d\u2019une \u00e9tymologie grecque. \u00c9cartant comme peu satisfaisant le rapprochement ancien avec \u03b1\u1f30\u03c3\u03c7\u03cd\u03bd\u03b7 (<em>aiskh\u00fdn\u0113<\/em>), \u00ab honte, pudeur \u00bb, il envisage \u03b1\u1f30\u03c3\u03c7\u03c1\u03cc\u03c2 (<em>aischr\u00f3s<\/em>), \u00ab laid, disgracieux \u00bb, puis privil\u00e9gie \u03b1\u1f30\u03c3\u03c7\u03cd\u03bd\u03c9 (<em>aisch\u00fdn\u014d<\/em>), \u00ab d\u00e9figurer, enlaidir \u00bb, en rapprochant curieusement ce sens de la perte des couleurs vives des <em>Aeshna<\/em> apr\u00e8s leur mort dans les collections. Mais la Commission refuse pr\u00e9cis\u00e9ment de d\u00e9duire l\u2019orthographe correcte d\u2019une telle reconstruction : faute d\u2019explication laiss\u00e9e par Fabricius, elle souligne que le nom pourrait aussi bien relever d\u2019un barbarisme intentionnel, d\u2019un nom propre ou m\u00eame d\u2019une combinaison arbitraire de lettres. L\u2019Opinion 34 ne tranche donc pas l\u2019\u00e9tymologie d\u2019<em>Aeshna<\/em> ; elle constate au contraire qu\u2019elle demeure inconnue et qu\u2019elle ne peut servir \u00e0 corriger le nom.<\/p>\n\n\n\n<p>La date de cette d\u00e9cision m\u00e9rite d\u2019\u00eatre pr\u00e9cis\u00e9e : l\u2019Opinion 34 remonte \u00e0 1911<sup data-fn=\"38f57d1c-c1e7-4cc3-bf10-2023a201866a\" class=\"fn\"><a href=\"#38f57d1c-c1e7-4cc3-bf10-2023a201866a\" id=\"38f57d1c-c1e7-4cc3-bf10-2023a201866a-link\">3<\/a><\/sup>, et non \u00e0 1939, 1958 ou 2013 comme l\u2019indiquent certaines r\u00e9f\u00e9rences secondaires. La BHL (Biodiversity Heritage Library) indexe explicitement l&rsquo;Opinion 34 aux pages 79-81, dat\u00e9es de juillet 1911. L&rsquo;exemplaire aujourd&rsquo;hui fr\u00e9quemment cit\u00e9 appartient en revanche \u00e0 la compilation des <em>Opinions and Declarations<\/em> publi\u00e9e en 1958, ce qui explique la r\u00e9f\u00e9rence \u00ab Muttkowski, 1958 \u00bb rencontr\u00e9e dans la litt\u00e9rature.<\/p>\n\n\n\n<p>La cons\u00e9quence est claire : <em>Aeshna<\/em> Fabricius, 1775 est l&rsquo;orthographe nomenclaturalement correcte ; <em>Aeschna<\/em> constitue une \u00e9mendation injustifi\u00e9e. Cela n&rsquo;efface \u00e9videmment pas plus d&rsquo;un si\u00e8cle d&rsquo;utilisation d&rsquo;<em>Aeschna<\/em>, qui conserve toute sa valeur historique.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">Les m\u00e9tamorphoses orthographiques d\u2019<em>Aeshna<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ensemble forme finalement une histoire assez remarquable. Muffet utilise avant 1590 le terme <em>\u00c6schna<\/em>, publi\u00e9 en 1634 ; Fabricius, qui conna\u00eet Muffet, cr\u00e9e <em>Aeshna<\/em> en 1775 sans en expliquer l\u2019origine ; de Geer puis Illiger transforment le nom en <em>Aeschna<\/em>, Illiger cherchant \u00e0 lui restituer une \u00e9tymologie grecque suppos\u00e9e ; Charpentier, Burmeister, Selys, Hagen, Rambur et de nombreux auteurs donnent ensuite \u00e0 cette \u00e9mendation une autorit\u00e9 consid\u00e9rable.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais <em>Aeshna<\/em> ne dispara\u00eet jamais : Kirby puis Calvert s\u2019\u00e9cartent de la tradition dominante d\u2019<em>Aeschna<\/em> en revenant \u00e0 la graphie originale de Fabricius ; apr\u00e8s l\u2019Opinion 34 de 1911, qui impose sa conservation, Walker, Ris, Longfield et d\u2019autres adoptent ou maintiennent d\u00e9sormais <em>Aeshna<\/em> conform\u00e9ment \u00e0 cette d\u00e9cision. Cette option est d\u00e9sormais g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tymologie proprement dite demeure donc ouverte et plusieurs pistes doivent \u00eatre distingu\u00e9es. Fabricius n\u2019a laiss\u00e9 aucune explication de son choix. L\u2019ancien <em>\u00c6schna<\/em> de Muffet constitue un ant\u00e9c\u00e9dent lexical historiquement document\u00e9 et une source possible du mat\u00e9riau remobilis\u00e9 par Fabricius. La tradition grecque, inaugur\u00e9e par Illiger avec \u03b1\u1f30\u03c3\u03c7\u03cd\u03bd\u03b7 (<em>aiskh\u00fdn\u0113<\/em>, \u00ab honte, pudeur \u00bb), est prolong\u00e9e en 1911 par Muttkowski, qui envisage \u03b1\u1f30\u03c3\u03c7\u03c1\u03cc\u03c2 (<em>aischr\u00f3s<\/em>, \u00ab laid, disgracieux \u00bb), puis privil\u00e9gie \u03b1\u1f30\u03c3\u03c7\u03cd\u03bd\u03c9 (<em>aisch\u00fdn\u014d<\/em>, \u00ab d\u00e9figurer, enlaidir \u00bb), qu\u2019il rapproche de l\u2019alt\u00e9ration des couleurs de l\u2019insecte apr\u00e8s sa mort. Enfin, une autre voie reste \u00e0 explorer ind\u00e9pendamment de ces reconstructions grecques : celle d\u2019une formation faisant intervenir le latin <em>aes, aeris<\/em>, \u00ab cuivre, bronze \u00bb, dont le champ s\u00e9mantique pourrait convenir aux remarquables tonalit\u00e9s bronz\u00e9es ou cuivr\u00e9es de certaines grandes esp\u00e8ces connues de Fabricius, notamment <em>Aeshna grandis<\/em>. Cette derni\u00e8re proposition reste toutefois une hypoth\u00e8se nouvelle et ne dispose, \u00e0 ce jour, d\u2019aucun t\u00e9moignage de Fabricius permettant de l\u2019\u00e9tayer directement.<\/p>\n\n\n\n<p>Reste alors \u00e0 expliquer non pas une pr\u00e9tendue erreur de Fabricius, mais la transformation <em>\u00c6schna<\/em> \u2192 <em>Aeshna<\/em>. La constance avec laquelle Fabricius maintient cette derni\u00e8re graphie dans ses publications montre qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une simple coquille : <em>Aeshna<\/em> est bien la forme qu\u2019il entend utiliser. Un m\u00e9canisme linguistique coh\u00e9rent peut d\u00e8s lors \u00eatre envisag\u00e9. Muffet, auteur anglais \u00e9crivant dans le latin savant de la Renaissance et pratiquant volontiers le pseudo-grec, donne <em>sch<\/em> \u00e0 son <em>\u00c6schna<\/em> ; Fabricius, familier des mondes danois, germanique et surtout britannique, pouvait parfaitement reconna\u00eetre que, pour transcrire en anglais un son \/\u0283\/, la graphie attendue \u00e9tait <em>sh<\/em> plut\u00f4t que <em>sch<\/em>. Il aurait ainsi pu \u00ab corriger en anglais \u00bb le mot de l\u2019Anglais Muffet. Cette r\u00e9fection orthographique volontaire est coh\u00e9rente avec son environnement linguistique et avec le maintien ult\u00e9rieur d\u2019<em>Aeshna<\/em> ; elle reste n\u00e9anmoins une hypoth\u00e8se, faute d\u2019explication laiss\u00e9e par Fabricius lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intervention d\u2019Illiger prend alors un relief presque paradoxal. En rapprochant <em>Aeschna<\/em> du grec \u03b1\u1f30\u03c3\u03c7\u03cd\u03bd\u03b7 (<em>aiskh\u00fdn\u0113<\/em>), \u00ab honte, pudeur \u00bb, notamment par association avec <em>Jungfer<\/em>, il cherche \u00e0 donner au nom une \u00e9tymologie intelligible et r\u00e9introduit pr\u00e9cis\u00e9ment le <em>c<\/em> que Fabricius aurait pu volontairement supprimer. Un si\u00e8cle plus tard, les nouvelles tentatives grecques de Muttkowski \u2014 \u03b1\u1f30\u03c3\u03c7\u03c1\u03cc\u03c2 puis surtout \u03b1\u1f30\u03c3\u03c7\u03cd\u03bd\u03c9 \u2014 montrent que l\u2019\u00e9nigme demeure enti\u00e8re ; significativement, la Commission refuse en 1911 de choisir entre ces reconstructions. Illiger ram\u00e8ne ainsi le nom vers la physionomie de l\u2019ancien <em>\u00c6schna<\/em> de Muffet et donne \u00e0 cette forme une justification grecque nouvelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Les faits et les m\u00e9canismes propos\u00e9s doivent n\u00e9anmoins rester distincts. L\u2019<em>\u00c6schna<\/em> de Muffet, sa connaissance par Fabricius, le choix persistant d\u2019<em>Aeshna<\/em> par celui-ci et l\u2019\u00e9mendation argument\u00e9e d\u2019Illiger sont document\u00e9s ; la r\u00e9fection <em>sch<\/em> \u2192 <em>sh<\/em> propos\u00e9e ici constitue une explication linguistique et historique coh\u00e9rente, mais non d\u00e9montr\u00e9e. Muffet pourrait ainsi \u00e9clairer la provenance du mat\u00e9riau lexical, Fabricius sa transformation, et Illiger la construction ult\u00e9rieure de son sens suppos\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Une derni\u00e8re piste s\u2019ouvre alors, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019elle prend au s\u00e9rieux la graphie fabricienne. Le d\u00e9but <em>aes-<\/em> peut \u00eatre rapproch\u00e9 du latin <em>aes, aeris<\/em>, \u00ab cuivre, bronze \u00bb. Fabricius n\u2019en dit rien et la formation compl\u00e8te d\u2019<em>Aeshna<\/em> n\u2019est pas expliqu\u00e9e pour autant ; mais l\u2019hypoth\u00e8se m\u00e9rite d\u2019\u00eatre explor\u00e9e au regard d\u2019<em>Aeshna grandis<\/em>, seule v\u00e9ritable Aeschne au sens moderne parmi les esp\u00e8ces que Fabricius place dans son genre en 1775, et esp\u00e8ce particuli\u00e8rement grande et remarquable, abondamment figur\u00e9e par les naturalistes et artistes anciens, dont les tonalit\u00e9s brunes, rousses et bronz\u00e9es et les ailes fortement teint\u00e9es la singularisent nettement. Le rapprochement est d\u2019autant plus suggestif que Cuvier, d\u00e8s 1798, circonscrit <em>Aeshna<\/em> autour de la seule <em>grandis<\/em>, reconnaissant ainsi tr\u00e8s t\u00f4t sa position particuli\u00e8re dans l\u2019ensemble fabricien. Si Fabricius a remani\u00e9 un ancien <em>\u00c6schna<\/em>, <em>aes<\/em> pourrait avoir fourni une motivation descriptive suppl\u00e9mentaire \u00e0 la forme nouvelle. \u00c0 notre connaissance, cette piste latine et son rapprochement avec <em>Aeshna grandis<\/em> n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s dans les discussions \u00e9tymologiques ant\u00e9rieures sur <em>Aeshna<\/em> ; ils constituent donc ici une exploration nouvelle.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019origine du mat\u00e9riau lexical, la transformation de sa graphie et son \u00e9ventuelle remotivation s\u00e9mantique constituent donc trois questions distinctes. C\u2019est finalement <em>Aeshna<\/em> lui-m\u00eame, davantage encore que son \u00e9ventuelle racine, qui demeure l\u2019\u00ab abracadabra \u00bb de cette histoire.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/aeshnabronze.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"640\" src=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/aeshnabronze.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-13732\" style=\"width:640px\" srcset=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/aeshnabronze.png 800w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/aeshnabronze-300x240.png 300w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/aeshnabronze-768x614.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9\u00a9 byncsa  &#8211; Cyrille Deliry &#8211; <em>Histoires Naturelles : Odonates du Monde <\/em><br><sup>Y&rsquo;Ado! selon mes consignes et ajust\u00e9 &#8211; 26 ao\u00fbt 2026<\/sup><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">CD &#8211; Niort le 26 ao\u00fbt 2026<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#eeeeee\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-background\" style=\"background:linear-gradient(346deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%);font-size:25px;font-style:normal;font-weight:100\">R\u00e9f\u00e9rences<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list has-small-font-size\">\n<li><strong>Burmeister H. 1839<\/strong>&nbsp;&#8211;&nbsp;<em>Handbuch der Entomologie.<\/em>&nbsp;&#8211; Enslin, Berlin [Libellulina&nbsp;: 805-862]. &#8211;&nbsp;<a href=\"https:\/\/archive.org\/details\/handbuchderentom222burm\/page\/805\/mode\/2up\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Calvert P.P. 1905a <\/strong>&#8211; Fauna of New England. 6. 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II. &#8211; Hafniae. &#8211;&nbsp;<a href=\"https:\/\/books.google.fr\/books?id=Yoo-AAAAcAAJ&amp;printsec=frontcover&amp;hl=fr#v=onepage&amp;q&amp;f=false\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>G\u00f6tz W.H. 1923<\/strong> &#8211; Proposition de <em>Secundaeschna<\/em>. &#8211; <em>Mitteilungen der M\u00fcnchner Entomologischen Gesellschaft<\/em>, 13 : 39.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Illiger K. 1801<\/strong>&nbsp;&#8211; Namen der Insekten. &#8211;&nbsp;<em>Magazin f\u00fcr Insektenkunde,<\/em>&nbsp;1.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>ICZN 1911<\/strong> &#8211; Opinion 34. <em>Aeshna<\/em> vs. <em>Aeschna<\/em>. <em>&#8211; Opinions and Declarations rendered by the International Commission on Zoological Nomenclature<\/em>, vol. 1, juillet 1911 : 79\u201381. &#8211;&nbsp;<a href=\"https:\/\/archive.org\/details\/cbarchive_108576_opinion34aeshnavsaeschna1939\/page\/n3\/mode\/2up\">[1958] ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Kirby W.F. 1890<\/strong>&nbsp;&#8211;&nbsp;<em>A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata or Dragonflies with an appendix of fossil species.<\/em>&nbsp;&#8211; Gurney &amp; Jackson, London&nbsp;: 202 pp. &#8211;&nbsp;<a href=\"https:\/\/ia801601.us.archive.org\/9\/items\/synonymiccatalog00kirb\/synonymiccatalog00kirb.pdf\">PDF LINK<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Longfield C. 1936<\/strong>\u00a0&#8211; Studies in African Odonata, with synonymy and descriptions of new species and subspecies. &#8211;\u00a0<em>Transactions of the Royal Entomological Society of London,<\/em>\u00a085 (20)\u00a0: 467-498.\u00a0<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Muffet T. [r\u00e9d. ca 1589-90] 1634<\/strong>&nbsp;&#8211;&nbsp;<em>Insectorum sive Minimorum Animalium Theatrum.<\/em>&nbsp;&#8211; R\u00e9d. ca.1589-90, \u00e9d. 1634 \u2013 Londini. &#8211; <a href=\"http:\/\/docnum.unistra.fr\/cdm\/compoundobject\/collection\/coll13\/id\/62863\/rec\/1\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Muffet T. 1658<\/strong>&nbsp;\u2013&nbsp;<em>The Theater of Insects.<\/em>&nbsp;(trad. par J.Rowland). \u2013 London, Cotes. \u2013&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.biodiversitylibrary.org\/item\/151513#page\/904\/mode\/1up\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Muttkowski R.A (subm.) 1958<\/strong>&nbsp;&#8211; Opinion 34.&nbsp;<em>\u00c6shna<\/em>&nbsp;vs&nbsp;<em>\u00c6schna<\/em>. &#8211;&nbsp;<em>In<\/em>&nbsp;: Hemming F. (secr.) &#8211;&nbsp;<em>Opinions and declaration rendered by the International Commission on Zoological Nomenclature,<\/em>&nbsp;vol.1 sect.B. &#8211; Intern. Trust for Zoological Nomenclature &amp; ICZN, London&nbsp;: 79-81 &#8211;&nbsp;<a href=\"https:\/\/archive.org\/details\/cbarchive_108576_opinion34aeshnavsaeschna1939\/page\/n3\/mode\/2up\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Needham J.G. 1897<\/strong> &#8211; Preliminary studies of N. American <em>Gomphinae<\/em>. <em>&#8211; The Canadian Entomologist<\/em>, 29 (7) : 164\u2013168  + 29 (8): 181\u2013186 + pl.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Rambur P. 1842<\/strong>&nbsp;&#8211;&nbsp;<em>Histoire naturelle des insectes&nbsp;: N\u00e9vropt\u00e8res.<\/em>&nbsp;&#8211; Roret, Paris&nbsp;: 534 pp. &#8211;&nbsp;<a href=\"http:\/\/books.google.fr\/books?hl=fr&amp;lr=&amp;id=opM-AAAAcAAJ&amp;oi=fnd&amp;pg=PR1&amp;dq=Saidaigne+Odonates&amp;ots=SGC8mGUUq9&amp;sig=w9S54C6PqIMNv0o1Zgw7W2H7zu4\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Ris F. 1921<\/strong>&nbsp;&#8211; The Odonata or Dragonflies of South Africa. &#8211;&nbsp;<em>Annals South African Museum,<\/em>&nbsp;18 (3)&nbsp;: 245-452 + pl.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Roessel von Rosenhof A.J. 1749<\/strong>&nbsp;&#8211;&nbsp;<em>Der monathlich-hereusgegebenen Insecten-Belustigung. Insectorum aquatilium.<\/em>&nbsp;&#8211; N\u00fcrberg. &#8211;&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.biodiversitylibrary.org\/item\/215838#page\/242\/mode\/1up\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Steinmann H. 1997<\/strong>&nbsp;&#8211;&nbsp;<em>World Catalogue of Odonata.<\/em>&nbsp;2 volumes. &#8211; Walter de Gruyter.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Walker E.M. 1912<\/strong>&nbsp;&#8211;&nbsp;<em>The North American dragonflies of the genus&nbsp;<\/em>Aeshna<em>.<\/em>&nbsp;&#8211; University of Toronto Studies, Biological Series n\u00b011&nbsp;: 1-213.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n<ol class=\"wp-block-footnotes\"><li id=\"c15f4e09-fa4d-4a52-893b-685aea42e7dc\">Fabricius (1775) ne place que quatre esp\u00e8ces dans son nouveau genre <em>Aeshna<\/em> : <em>A. forcipata<\/em> [= <em>Onychogomphus forcipatus<\/em> (Linnaeus, 1758)], <em>A. grandis<\/em> [= <em>Aeshna grandis<\/em> (Linnaeus, 1758)], <em>A. variegata<\/em> [= <em>Rhyothemis variegata<\/em> (Linnaeus, 1763)] et <em>A. clavata<\/em> [= <em>Sinictinogomphus clavatus<\/em> (Fabricius, 1775)]. Parmi elles, seule <em>grandis<\/em> appartient encore aujourd\u2019hui au genre <em>Aeshna<\/em>. Fait particuli\u00e8rement remarquable, Fabricius n\u2019y place pas <em>Libellula juncea<\/em> Linnaeus, 1758, esp\u00e8ce linn\u00e9enne qu\u2019il connaissait pourtant : celle-ci, aujourd\u2019hui <em>Aeshna juncea<\/em> (Linnaeus, 1758), reste donc ext\u00e9rieure \u00e0 son <em>Aeshna<\/em> originel. Cette absence prend un relief particulier dans l\u2019histoire ult\u00e9rieure du genre, puisque <em>juncea<\/em> deviendra au contraire une Aeschne caract\u00e9ristique. <a href=\"#c15f4e09-fa4d-4a52-893b-685aea42e7dc-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 1\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"4d53642a-99c9-40ca-84ed-1793a78a15b3\">Un r\u00e9tablissement explicite de la graphie fabricienne s&rsquo;amorce chez Calvert en 1905. Le cas est toutefois un peu plus complexe : tandis que sa contribution \u00e0 la <em>Biologia Centrali-Americana<\/em> (Calvert 1905b) emploie <em>Aeshna<\/em>, notamment dans les descriptions d&rsquo;<em>Aeshna dugesi<\/em> et d&rsquo;<em>A. williamsoniana<\/em>, sa <em>Fauna of New England<\/em> (Calvert 1905a), publi\u00e9e la m\u00eame ann\u00e9e, conserve encore <em>Aeschna<\/em>. <a href=\"#4d53642a-99c9-40ca-84ed-1793a78a15b3-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 2\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"38f57d1c-c1e7-4cc3-bf10-2023a201866a\">Muttkowski (1887-1943) soumet \u00e0 la Commission la question qui donne lieu \u00e0 l\u2019Opinion 34 de 1911, alors qu\u2019il n\u2019est \u00e2g\u00e9 que de 24 ans. Les r\u00e9f\u00e9rences bibliographiques qui datent cette Opinion de 1958 correspondent en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 sa republication et sont donc mal dat\u00e9es lorsqu\u2019elles sont utilis\u00e9es pour dater la d\u00e9cision. <a href=\"#38f57d1c-c1e7-4cc3-bf10-2023a201866a-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 3\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;histoire du nom Aeshna est singuli\u00e8rement complexe et doit \u00eatre distingu\u00e9e de celle de la d\u00e9limitation taxonomique du genre. Elle associe une \u00e9tymologie demeur\u00e9e inconnue, une correction orthographique qui s&rsquo;est impos\u00e9e pendant une grande partie &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":13745,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"[{\"content\":\"Fabricius (1775) ne place que quatre esp\u00e8ces dans son nouveau genre <em>Aeshna<\/em> : <em>A. forcipata<\/em> [= <em>Onychogomphus forcipatus<\/em> (Linnaeus, 1758)], <em>A. grandis<\/em> [= <em>Aeshna grandis<\/em> (Linnaeus, 1758)], <em>A. variegata<\/em> [= <em>Rhyothemis variegata<\/em> (Linnaeus, 1763)] et <em>A. clavata<\/em> [= <em>Sinictinogomphus clavatus<\/em> (Fabricius, 1775)]. Parmi elles, seule <em>grandis<\/em> appartient encore aujourd\u2019hui au genre <em>Aeshna<\/em>. 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