{"id":13962,"date":"2026-09-03T10:07:29","date_gmt":"2026-09-03T10:07:29","guid":{"rendered":"https:\/\/deliry.com\/?p=13962"},"modified":"2026-09-03T12:24:25","modified_gmt":"2026-09-03T12:24:25","slug":"essai-sur-les-plongeons-de-france-histoire-et-statut-actuel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/deliry.com\/?p=13962","title":{"rendered":"Essai sur les Plongeons de France : histoire et statut actuel"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019histoire fossile des plongeons est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante pour la France, car l\u2019un des fossiles les plus importants pour comprendre l\u2019\u00e9volution ancienne des Gaviiformes a pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert dans l\u2019Allier. Bien avant les <em>Gavia<\/em> actuels, de petits plongeons vivaient ainsi dans les lacs fran\u00e7ais il y a plus de 20 millions d\u2019ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading has-background\" style=\"background:linear-gradient(343deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%)\">Aux origines des plongeons : une histoire beaucoup plus ancienne que <em>Gavia<\/em><\/h4>\n\n\n\n<p>Les cinq plongeons actuels appartiennent tous au genre <em>Gavia<\/em>, mais leur lign\u00e9e est beaucoup plus ancienne que ce genre. Les plus anciens oiseaux actuellement consid\u00e9r\u00e9s comme proches ou appartenant aux Gaviiformes remontent \u00e0 l\u2019<strong>\u00c9oc\u00e8ne<\/strong>, il y a environ 45 \u00e0 plus de 50 millions d\u2019ann\u00e9es. Un taxon particuli\u00e8rement ancien, <em>Colymbiculus udovichenkoi<\/em>, est connu dans l\u2019\u00c9oc\u00e8ne moyen d\u2019Ukraine, vers <strong>45-47 millions d\u2019ann\u00e9es <\/strong>(Mayr &amp; Zvonok 2011). Des fossiles encore plus anciens, \u00e2g\u00e9s d\u2019environ 53 millions d\u2019ann\u00e9es et d\u00e9couverts en Colombie-Britannique, ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 rapproch\u00e9s des plongeons (Mayr &amp; Kitchener 2022), mais leur position exacte reste discut\u00e9e. Il faut en effet \u00eatre prudent : plus on remonte dans le temps, moins il est justifi\u00e9 de parler de \u00ab plongeons \u00bb exactement semblables aux esp\u00e8ces actuelles. Les premiers Gaviiformes avaient d\u00e9j\u00e0 certaines sp\u00e9cialisations pour la plong\u00e9e, mais leur anatomie \u00e9tait diff\u00e9rente.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00c9oc\u00e8ne sup\u00e9rieur, il y a environ <strong>35 \u00e0 38 millions d\u2019ann\u00e9es<\/strong>, l\u2019Europe poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 des Gaviiformes incontestables. Le genre fossile le plus significatif est <strong><em>Colymboides<\/em><\/strong> dont l\u2019une des premi\u00e8res esp\u00e8ces connues est <em>Colymboides anglicus<\/em>, d\u00e9couverte dans les d\u00e9p\u00f4ts de Hordle, dans le Hampshire en Angleterre (Ml\u00edkovsk\u00fd 2002). Ces animaux n\u2019\u00e9taient cependant pas simplement de petits <em>Gavia<\/em>. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce genre <em>Colymboides<\/em> qui va jouer un r\u00f4le majeur dans l\u2019histoire de la pal\u00e9ontologie fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but du Mioc\u00e8ne, l\u2019actuel d\u00e9partement de l\u2019<strong>Allier<\/strong> poss\u00e8de un vaste ensemble de milieux lacustres. Le c\u00e9l\u00e8bre gisement de <strong>Saint-G\u00e9rand-le-Puy<\/strong>, ainsi que plusieurs carri\u00e8res voisines comme Montaigu-le-Blin, a livr\u00e9 une extraordinaire faune d\u2019oiseaux aquatiques (Cheneval 1984). Les niveaux fossilif\u00e8res principaux sont dat\u00e9s de l\u2019<strong>Aquitanien<\/strong>, approximativement <strong>22,5 \u00e0 20,5 millions d\u2019ann\u00e9es<\/strong>. Parmi ces oiseaux se trouvait un plongeon : <strong><em>Colymboides minutus<\/em><\/strong>. C\u2019est probablement le plongeon fossile le plus remarquable de France. Il est d\u00e9crit au XIX\u1d49 si\u00e8cle par le grand zoologiste et pal\u00e9ontologue fran\u00e7ais Alphonse Milne-Edwards. Dans ses monumentales Recherches anatomiques et pal\u00e9ontologiques pour servir \u00e0 l\u2019histoire des oiseaux fossiles de la France, publi\u00e9es \u00e0 partir de 1867, cet auteur d\u00e9crit plusieurs os provenant de Saint-G\u00e9rand-le-Puy. Il remarque un m\u00e9lange de caract\u00e8res rappelant les plongeons et les gr\u00e8bes. Mais l\u2019animal est suffisamment diff\u00e9rent pour qu\u2019il cr\u00e9e un genre nouveau : <em>Colymboides<\/em>, et une nouvelle esp\u00e8ce (Milne-Edwards 1867), <em>Colymboides minutus <\/em>dont le nom <em>minutus <\/em>fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 sa petite taille. Il \u00e9tait minuscule compar\u00e9 aux plongeons actuels. Selon Storer (1956) <em>Colymboides minutus<\/em> \u00e9tait un Gaviiforme de petite taille, nettement plus petit que les plongeons actuels. \u00c0 titre de comparaison, un Plongeon catmarin actuel mesure environ deux fois cette longueur, et un grand Imbrin davantage encore. Autrement dit, <em>Colymboides minutus <\/em>ressemblait probablement moins, en taille, \u00e0 l\u2019image que nous avons aujourd\u2019hui d\u2019un grand plongeon qu\u2019\u00e0 un petit oiseau plongeur. Storer (1956) montre que ses membres post\u00e9rieurs \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 adapt\u00e9s \u00e0 la nage et \u00e0 la plong\u00e9e, mais nettement moins que ceux des plongeons modernes. Ses pattes \u00e9taient \u00e9galement plac\u00e9es vers l\u2019arri\u00e8re du corps, mais l\u2019oiseau devait probablement \u00eatre un peu plus mobile \u00e0 terre. Nous avons donc sous les yeux une sorte d\u2019\u00e9tape interm\u00e9diaire de l\u2019\u00e9volution fonctionnelle des plongeons. Chez <em>Colymboides<\/em>, les proportions du squelette sugg\u00e8rent un <strong>animal moins sp\u00e9cialis\u00e9 dans la plong\u00e9e et probablement plus capable d\u2019un vol fr\u00e9quent et maniable<\/strong>. Storer (1956) consid\u00e9rait que ses ailes relativement d\u00e9velopp\u00e9es indiquaient probablement un vol plus puissant ou plus fr\u00e9quemment utilis\u00e9 que chez les plongeons modernes. L\u2019\u00e9volution ult\u00e9rieure semble donc avoir accentu\u00e9 un compromis : meilleure efficacit\u00e9 sous l\u2019eau, mais sp\u00e9cialisation corporelle de plus en plus extr\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, nous associons presque automatiquement les plongeons aux paysages nordiques : lacs de Scandinavie ou des zones arctiques. Mais les plongeons du Mioc\u00e8ne inf\u00e9rieur europ\u00e9en vivaient dans un <strong>environnement nettement plus chaud<\/strong>. Les recherches modernes soulignent que les premiers <em>Gavia<\/em> et leurs parents europ\u00e9ens coexistaient au Mioc\u00e8ne avec des groupes aujourd\u2019hui associ\u00e9s \u00e0 des climats beaucoup plus m\u00e9ridionaux : perroquets, touracos\u2026 faisaient notamment partie de certaines faunes europ\u00e9ennes. Cela signifie que le caract\u00e8re aujourd\u2019hui tr\u00e8s \u00ab nordique \u00bb des plongeons est en grande partie une acquisition biog\u00e9ographique plus tardive. Dans l\u2019Allier \u00e0 Saint-G\u00e9rand-le-Puy, le paysage \u00e9tait un secteur \u00e9tait occup\u00e9 par des syst\u00e8mes lacustres. La richesse extraordinaire en oiseaux aquatiques montre un environnement comportant diff\u00e9rentes profondeurs et diff\u00e9rents habitats li\u00e9s \u00e0 l\u2019eau (Cheneval 1989).<\/p>\n\n\n\n<p>Aux c\u00f4t\u00e9s du petit plongeon <em>Colymboides minutus<\/em> vivaient notamment des canards, des oiseaux apparent\u00e9s aux flamants, des larid\u00e9s et de nombreux autres oiseaux aquatiques (Cheneval 1984). Milne-Edwards lui-m\u00eame signalait que <em>Colymboides minutus<\/em> \u00e9tait moins abondant que certaines mouettes fossiles du gisement, mais suffisamment fr\u00e9quent pour \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 par plusieurs restes.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Colymboides-minutus-copie.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"667\" src=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Colymboides-minutus-copie.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13964\" style=\"width:640px\" srcset=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Colymboides-minutus-copie.jpg 1000w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Colymboides-minutus-copie-300x200.jpg 300w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Colymboides-minutus-copie-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><br>Cette reconstitution d\u2019un petit Plongeon dans son environnement du Mioc\u00e8ne de l\u2019Allier pourrait ressembler \u00e0 <em>Colymboides minutus<\/em><br><sup>Y&rsquo;Ado! selon mes directive &#8211; \u00a9\u00a9 byncsa &#8211; Cyrille Deliry &#8211; <em>Histoires Naturelles<\/em><\/sup><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Pendant que <em>Colymboides<\/em> existe encore en Europe, un autre \u00e9v\u00e9nement majeur se produit. Le genre auquel appartiennent <strong>tous les plongeons actuels<\/strong> appara\u00eet dans le registre fossile : <strong><em>Gavia<\/em><\/strong>. Les plus anciennes esp\u00e8ces attribu\u00e9es avec confiance au genre apparaissent au <strong>Mioc\u00e8ne inf\u00e9rieur<\/strong>. L\u2019une des plus anciennes est : <em>Gavia egeriana. <\/em>Cette esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite \u00e0 partir de fossiles provenant de Dolnice, en R\u00e9publique tch\u00e8que, dans des d\u00e9p\u00f4ts du Mioc\u00e8ne inf\u00e9rieur (\u0160vec 1982). Elle \u00e9tait l\u00e0 encore tr\u00e8s petite, plus petite que les plongeons modernes. Il y a environ <strong>20 millions d\u2019ann\u00e9es<\/strong> deux niveaux \u00e9volutifs coexistaient en Europe : <em>Colymboides <\/em>et <em>Gavia<\/em>. Vers 13 millions d\u2019ann\u00e9es on trouve <em>Gavia schultzi <\/em>du Mioc\u00e8ne moyen, qui est un plongeon beaucoup plus proche du type moderne. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit \u00e0 partir d\u2019un squelette partiel d\u00e9couvert \u00e0 Sankt Margarethen, dans le Burgenland autrichien. Le fossile date du Badenien sup\u00e9rieur, au Mioc\u00e8ne moyen (Ml\u00edkovsk\u00fd 1998). Il \u00e9tait plus grand que <em>Gavia egeriana<\/em>, mais plus petit que certains <em>Gavia<\/em> fossiles post\u00e9rieurs. Vers la fin du Mioc\u00e8ne, les plongeons deviennent beaucoup plus rares en Europe. Les chercheurs ont propos\u00e9 une explication biog\u00e9ographique : avec le refroidissement climatique et l\u2019augmentation de l\u2019aridit\u00e9, les principales populations auraient progressivement d\u00e9plac\u00e9 leurs zones de reproduction vers des latitudes plus septentrionales. C\u2019est probablement \u00e0 cette \u00e9poque que commence \u00e0 se construire la g\u00e9ographie que nous connaissons aujourd\u2019hui. Les plongeons, autrefois pr\u00e9sents dans les r\u00e9gions relativement chaudes d\u2019Europe centrale et m\u00e9ridionale, deviennent progressivement des oiseaux principalement <strong>bor\u00e9aux et arctiques <\/strong>(Zelenkov 2025). S\u2019il y a 20 millions d\u2019ann\u00e9es, un plongeon pouvait faire partie de l\u2019avifaune r\u00e9guli\u00e8re d\u2019un lac d\u2019Auvergne, aujourd\u2019hui, aucun plongeon ne niche en France. Au Mioc\u00e8ne moyen, <em>Gavia<\/em> appara\u00eet sur les c\u00f4tes orientales de l\u2019Am\u00e9rique du Nord, puis, au Mioc\u00e8ne sup\u00e9rieur, la lign\u00e9e atteint \u00e9galement les c\u00f4tes pacifiques nord-am\u00e9ricaines. Une distribution holarctique et bor\u00e9ale s\u2019installe progressivement. C\u2019est celle qui caract\u00e9rise les plongeons actuels.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre environ <strong>5,3 et 2,6 millions d\u2019ann\u00e9es<\/strong>, au Plioc\u00e8ne, plusieurs esp\u00e8ces aujourd\u2019hui disparues de <em>Gavia<\/em> sont connues (Ml\u00edkovsk\u00fd 2002) :&nbsp; <span style=\"text-decoration: underline;\">cf.<\/span> : <em>Gavia concinna, Gavia fortis, Gavia howardae<\/em> et <em>Gavia palaeodytes<\/em>. La plupart sont particuli\u00e8rement bien document\u00e9es en Am\u00e9rique du Nord. \u00c0 cette \u00e9poque, certaines esp\u00e8ces atteignent d\u00e9j\u00e0 des tailles comparables aux grands plongeons actuels. Des fossiles attribu\u00e9s \u00e0 <em>Gavia<\/em> ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s dans le Plioc\u00e8ne europ\u00e9en, tel ce cr\u00e2ne de <em>Gavia<\/em> trouv\u00e9 \u00e0 Empoli, en Italie (Delle Cave &amp; al. 1998).<\/p>\n\n\n\n<p>Avec le <strong>Quaternaire<\/strong>, le registre change de nature. Les fossiles de <em>Gavia <\/em>deviennent suffisamment proches des oiseaux actuels pour pouvoir \u00eatre attribu\u00e9s dans de nombreux cas aux esp\u00e8ces vivantes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#eeeeee\">Il y a environ 21 millions d\u2019ann\u00e9es, les plongeons n\u2019\u00e9taient pas seulement des visiteurs hivernaux de notre territoire. Un Gaviiforme, <em>Colymboides minutus<\/em>, faisait partie int\u00e9grante des communaut\u00e9s d\u2019oiseaux aquatiques de lacs dans le secteur l\u2019actuel Bourbonnais dans l\u2019Allier. Puis la lign\u00e9e s&rsquo;est transform\u00e9e : les plongeons sont devenus plus grands, plus puissamment adapt\u00e9s \u00e0 la propulsion sous-marine et progressivement plus septentrionaux se distribuant sur l\u2019ensemble de l\u2019anneau septentrional de l\u2019Holarctique. Aujourd\u2019hui, le m\u00eame territoire fran\u00e7ais n&rsquo;accueille plus que des repr\u00e9sentants hivernants ou accidentels de la famille. C\u2019est donc une histoire extraordinairement longue : la pr\u00e9sence des plongeons en France ne commence pas avec les premiers ornithologues du XVIII\u1d49 si\u00e8cle, mais au moins 20 millions d\u2019ann\u00e9es plus t\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<h4 class=\"wp-block-heading has-background\" style=\"background:linear-gradient(338deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%)\">Le Plongeon catmarin &#8211; <em>Gavia stellata <\/em>(Pontoppidan, 1763)<\/h4>\n\n\n\n<p>Le Plongeon catmarin est un migrateur et hivernant r\u00e9gulier en France, non nicheur, essentiellement maritime et nettement plus abondant que le Plongeon arctique et le Plongeon imbrin. Ses populations reproductrices sont circumpolaires. En Europe, il niche notamment en Islande, en \u00c9cosse, en Scandinavie et dans le nord de la Russie. Les oiseaux descendent ensuite vers les eaux c\u00f4ti\u00e8res europ\u00e9ennes pendant l\u2019hiver. La France repr\u00e9sente donc une partie relativement m\u00e9ridionale de son aire normale d\u2019hivernage.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux XVIII\u1d49 et XIX\u1d49 si\u00e8cles, il s&rsquo;agit avant tout d&rsquo;un oiseau septentrional apparaissant en France pendant la mauvaise saison. Au cours du XIX\u1d49 si\u00e8cle, avec la multiplication des catalogues d\u00e9partementaux et r\u00e9gionaux, le statut fran\u00e7ais commence \u00e0 se pr\u00e9ciser. On sait alors que le Catmarin appara\u00eet principalement : sur les c\u00f4tes de la Manche et de l\u2019Atlantique, dans les estuaires, occasionnellement sur les fleuves, beaucoup plus rarement sur les lacs et \u00e9tangs de l\u2019int\u00e9rieur. Une diff\u00e9rence commence progressivement \u00e0 appara\u00eetre avec les deux autres esp\u00e8ces : le Catmarin semble davantage fr\u00e9quenter les eaux c\u00f4ti\u00e8res peu profondes et s&rsquo;approcher plus facilement du rivage. Au d\u00e9but du XX\u1d49 si\u00e8cle, les ornithologues comprennent progressivement que le Plongeon catmarin n&rsquo;est absolument pas un simple accidentel. Sur certaines c\u00f4tes fran\u00e7aises, c&rsquo;est m\u00eame un migrateur r\u00e9gulier et relativement commun.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, l&rsquo;estimation nationale \u00e9tait d&rsquo;environ, 100 Plongeons catmarins hivernant sur les c\u00f4tes fran\u00e7aise, mais il en manque vraisemblablement beaucoup. L&rsquo;accumulation des comptages Wetlands, le d\u00e9veloppement du seawatching et l&rsquo;am\u00e9lioration de la couverture ornithologique vont en effet compl\u00e8tement modifier notre perception. Les chiffres deviennent non plus des dizaines, mais des centaines puis des milliers d\u2019individus.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Plongeon catmarin appara\u00eet \u00e9galement sur les eaux continentales. On peut l&rsquo;observer notamment sur les grands lacs, les retenues de barrage, les grands fleuves, parfois des plans d&rsquo;eau relativement modestes. Ces observations concernent g\u00e9n\u00e9ralement un individu isol\u00e9, parfois quelques oiseaux. Les arriv\u00e9es continentales peuvent \u00eatre favoris\u00e9es par les temp\u00eates ou les vagues de froid. \u00c0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale, ces observations int\u00e9rieures ne repr\u00e9sentent qu&rsquo;une fraction minuscule de la population. Le Catmarin fran\u00e7ais reste avant tout un oiseau de mer.<\/p>\n\n\n\n<p>La LPO Normandie (2026) le qualifie de \u00abmigrateur peu commun et hivernant assez rare\u00bb, tout en soulignant qu&rsquo;il est le plus commun des plongeons observables depuis le littoral normand. Son bastion fran\u00e7ais se situe principalement sur les c\u00f4tes de la Manche, notamment dans le Pas-de-Calais, la Somme, la Seine-Maritime et le Calvados, avec des effectifs plus dispers\u00e9s sur les autres fa\u00e7ades maritimes. Les connaissances r\u00e9centes conduisent \u00e0 retenir un ordre de grandeur d&rsquo;environ 4000 \u00e0 8000 individus en France, m\u00eame si le recensement exact d&rsquo;une esp\u00e8ce marine mobile reste difficile. <\/p>\n\n\n\n<p>Les premiers oiseaux arrivent en France d\u00e8s l\u2019automne. La migration postnuptiale s&rsquo;\u00e9tend globalement de la fin ao\u00fbt \u00e0 la mi-novembre, avec un maximum en octobre. La migration de printemps commence vers la fin mars, culmine vers la fin avril et peut se prolonger jusqu&rsquo;\u00e0 la mi-juin. Les oiseaux sont probablement essentiellement originaires de Scandinavie ou du nord de la Russie. Des recaptures concernent aussi le Groenland, l&rsquo;Islande ou le nord des \u00eeles Britanniques.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<h4 class=\"wp-block-heading has-background\" style=\"background:linear-gradient(338deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%)\">Le Plongeon arctique \u2013 <em>Gavia arctica<\/em> (Linnaeus, 1758)<\/h4>\n\n\n\n<p>Le Plongeon arctique est un migrateur et hivernant r\u00e9gulier mais peu commun en France, non nicheur, essentiellement maritime et nettement moins abondant que le Plongeon catmarin. Ses populations reproductrices occupent une vaste partie des r\u00e9gions bor\u00e9ales de l\u2019Eurasie, de la Scandinavie \u00e0 la Sib\u00e9rie. Apr\u00e8s la reproduction, les oiseaux gagnent les mers europ\u00e9ennes et certains atteignent r\u00e9guli\u00e8rement les c\u00f4tes fran\u00e7aises, qui se situent vers la marge m\u00e9ridionale de leur aire normale d\u2019hivernage.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux XVIII\u1d49 et XIX\u1d49 si\u00e8cles, le Plongeon arctique est d\u00e9j\u00e0 connu des naturalistes fran\u00e7ais comme un oiseau septentrional apparaissant pendant la mauvaise saison. Mais son statut est longtemps rest\u00e9 difficile \u00e0 appr\u00e9cier. Plus maritime que le Catmarin et fr\u00e9quentant volontiers des eaux relativement profondes, parfois loin du rivage, il \u00e9tait probablement moins facilement d\u00e9tect\u00e9 par les observateurs anciens. Les oiseaux abattus ou recueillis sur les c\u00f4tes, les estuaires et occasionnellement les eaux int\u00e9rieures constituaient alors une part importante des donn\u00e9es disponibles. Au cours du XIX\u1d49 puis du d\u00e9but du XX\u1d49 si\u00e8cle, l\u2019accumulation des observations permet n\u00e9anmoins de comprendre qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un accidentel : l\u2019Arctique est un v\u00e9ritable migrateur et hivernant r\u00e9gulier sur les c\u00f4tes fran\u00e7aises.<\/p>\n\n\n\n<p>Des les ann\u00e9es 1950, l\u2019am\u00e9lioration de la prospection ornithologique et la g\u00e9n\u00e9ralisation des observations depuis le littoral pr\u00e9cisent sa distribution. Le Plongeon arctique appara\u00eet principalement sur les c\u00f4tes de la Manche et de l\u2019Atlantique, avec une distribution assez dispers\u00e9e. Contrairement au Catmarin, qui peut se concentrer en nombres importants dans les eaux peu profondes de la Manche orientale, l\u2019Arctique est g\u00e9n\u00e9ralement observ\u00e9 isol\u00e9ment ou en petits groupes. Sa pr\u00e9sence peut ainsi \u00eatre r\u00e9guli\u00e8re sans produire les rassemblements importants connus chez le Catmarin. Le Plongeon arctique appara\u00eet \u00e9galement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des terres. Il peut s\u00e9journer sur les grands lacs, les retenues de barrage, les gravi\u00e8res et certains grands cours d\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p>Les comptages Wetlands et l\u2019am\u00e9lioration de la couverture du littoral ont permis de mieux appr\u00e9cier ses effectifs, mais l\u2019Arctique demeure difficile \u00e0 recenser. Une fraction des oiseaux hiverne probablement hors de port\u00e9e des observations terrestres. Les variations annuelles peuvent donc refl\u00e9ter aussi bien de v\u00e9ritables fluctuations que les conditions d\u2019observation et la r\u00e9partition momentan\u00e9e des oiseaux en mer. Il reste aujourd\u2019hui beaucoup moins nombreux en France que le Plongeon catmarin.<\/p>\n\n\n\n<p>En Normandie, l\u2019esp\u00e8ce est un migrateur et hivernant r\u00e9gulier mais rare \u00e0 peu commun. La Bretagne constitue \u00e9galement une r\u00e9gion importante, ainsi que diff\u00e9rents secteurs de la Manche et de la fa\u00e7ade atlantique. Sa distribution fran\u00e7aise est cependant moins fortement polaris\u00e9e que celle du Catmarin vers la Manche orientale ou celle de l\u2019Imbrin vers la Bretagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premiers Plongeons arctiques peuvent arriver en France d\u00e8s septembre, mais les arriv\u00e9es deviennent surtout sensibles \u00e0 partir de novembre. L\u2019esp\u00e8ce est principalement pr\u00e9sente d\u2019octobre \u00e0 avril, avec un maximum des stationnements entre d\u00e9cembre et f\u00e9vrier. Les oiseaux repartent progressivement en mars et avril vers leurs territoires de reproduction. Les observations estivales sont exceptionnelles. Les oiseaux pr\u00e9sents en France appartiennent aux populations nord-eurasiatiques, probablement principalement scandinaves et russes.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<h4 class=\"wp-block-heading has-background\" style=\"background:linear-gradient(338deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%)\">Le Plongeon imbrin \u2013 <em>Gavia immer<\/em> (Br\u00fcnnich, 1764)<\/h4>\n\n\n\n<p>Le Plongeon imbrin est un migrateur et hivernant r\u00e9gulier mais peu commun en France, non nicheur. Il se distingue des Catmarin et Arctique par l\u2019origine essentiellement nord-atlantique de ses populations. L\u2019esp\u00e8ce niche principalement en Am\u00e9rique du Nord, mais \u00e9galement au Groenland et en Islande. Les oiseaux atteignant les c\u00f4tes fran\u00e7aises appartiennent ainsi \u00e0 la frange orientale d\u2019une esp\u00e8ce dont le centre de gravit\u00e9 se trouve de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Imbrin est connu depuis longtemps des naturalistes fran\u00e7ais. Buffon le d\u00e9crit au XVIII\u1d49 si\u00e8cle sous le nom d\u2019\u00ab Imbrim ou Grand Plongeon de la mer du Nord \u00bb. Cette derni\u00e8re appellation r\u00e9sume assez bien la perception ancienne de l\u2019esp\u00e8ce : un grand oiseau marin septentrional apparaissant occasionnellement sur nos c\u00f4tes pendant la mauvaise saison. Aux XVIII\u1d49 et XIX\u1d49 si\u00e8cles, les donn\u00e9es reposent surtout sur des oiseaux captur\u00e9s ou abattus. Son caract\u00e8re tr\u00e8s maritime et sa pr\u00e9sence souvent \u00e9loign\u00e9e du rivage rendent alors difficile toute appr\u00e9ciation quantitative.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours du XIX\u1d49 puis du d\u00e9but du XX\u1d49 si\u00e8cle, l\u2019accumulation des donn\u00e9es permet progressivement de comprendre que l\u2019Imbrin n\u2019est pas seulement un visiteur accidentel. Il revient r\u00e9guli\u00e8rement sur certaines portions du littoral fran\u00e7ais. Mais sa distribution appara\u00eet d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle du Catmarin : l\u2019esp\u00e8ce est particuli\u00e8rement li\u00e9e \u00e0 la fa\u00e7ade atlantique et surtout \u00e0 la Bretagne.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019am\u00e9lioration de la prospection d\u00e8s les ann\u00e9es 1950 confirme cette situation. La Bretagne constitue le v\u00e9ritable c\u0153ur de l\u2019hivernage fran\u00e7ais. Les grandes baies, les rades et certains secteurs c\u00f4tiers abritent r\u00e9guli\u00e8rement des Imbrins, g\u00e9n\u00e9ralement isol\u00e9s ou en petits nombres. Le golfe normand-breton, notamment la baie du Mont-Saint-Michel, constitue \u00e9galement un secteur important. Plus au nord et plus au sud, l\u2019esp\u00e8ce reste r\u00e9guli\u00e8re mais devient progressivement plus dispers\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Plongeon imbrin appara\u00eet aussi sur les eaux continentales. Les grands lacs et retenues peuvent accueillir des individus, souvent des jeunes oiseaux, parfois pendant plusieurs semaines. Ces observations restent tr\u00e8s minoritaires par rapport \u00e0 la population maritime, mais elles ont rendu l\u2019esp\u00e8ce famili\u00e8re \u00e0 de nombreux ornithologues \u00e9loign\u00e9s du littoral. Certains individus continentaux peuvent se montrer remarquablement fid\u00e8les \u00e0 un site pendant leur s\u00e9jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Les comptages modernes ont permis de mieux d\u00e9finir le statut de l\u2019Imbrin, mais, comme pour les autres plongeons, les effectifs restent difficiles \u00e0 mesurer pr\u00e9cis\u00e9ment. Les oiseaux peuvent hiverner loin de la c\u00f4te et leur d\u00e9tectabilit\u00e9 varie fortement selon l\u2019\u00e9tat de la mer et les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques. Les donn\u00e9es disponibles montrent n\u00e9anmoins clairement que la France accueille r\u00e9guli\u00e8rement plusieurs centaines d\u2019individus et que la Bretagne concentre une part majeure de cet hivernage.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premiers Plongeons imbrins arrivent en France \u00e0 partir d\u2019octobre, les arriv\u00e9es devenant plus sensibles en novembre et d\u00e9cembre. Les stationnements hivernaux culminent probablement entre d\u00e9cembre et f\u00e9vrier. Les d\u00e9parts s\u2019effectuent progressivement au printemps et les derniers individus quittent g\u00e9n\u00e9ralement la France vers la mi-mai. Les observations estivales sont exceptionnelles. Les rares reprises d\u2019oiseaux bagu\u00e9s indiquent une origine islandaise, tandis que les donn\u00e9es morphom\u00e9triques montrent que des oiseaux originaires du Groenland et du Canada atteignent \u00e9galement la France. Les hivernants fran\u00e7ais seraient ainsi principalement issus des populations islandaises et groenlandaises.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<h4 class=\"wp-block-heading has-background\" style=\"background:linear-gradient(338deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%)\">Le Plongeon \u00e0 bec blanc \u2013 <em>Gavia adamsii<\/em> (Gray, 1859)<\/h4>\n\n\n\n<p>Le Plongeon \u00e0 bec blanc occupe une place tr\u00e8s diff\u00e9rente dans l\u2019avifaune fran\u00e7aise. Contrairement aux Catmarin, Arctique et Imbrin, ce n\u2019est pas un hivernant r\u00e9gulier mais un visiteur accidentel tr\u00e8s rare. Plus grand des plongeons actuels, il niche dans les hautes latitudes de la Russie, de l\u2019Alaska et du Canada. Les individus atteignant l\u2019Europe occidentale sont probablement surtout issus des populations arctiques eurasiatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019esp\u00e8ce est longtemps rest\u00e9e pratiquement absente de l\u2019histoire ornithologique fran\u00e7aise, en raison de sa raret\u00e9. En plumage hivernal, elle peut \u00eatre confondue avec un grand Plongeon imbrin et un oiseau observ\u00e9 loin en mer avait autrefois peu de chances d\u2019\u00eatre correctement d\u00e9termin\u00e9. L\u2019am\u00e9lioration de l\u2019optique, de la photographie et des crit\u00e8res d\u2019identification depuis la fin du XX\u1d49 si\u00e8cle a certainement facilit\u00e9 sa d\u00e9tection.<\/p>\n\n\n\n<p>Les tr\u00e8s rares observations fran\u00e7aises se r\u00e9partissent principalement de la mi-novembre \u00e0 la fin avril. Les donn\u00e9es hivernales, de novembre \u00e0 f\u00e9vrier, concernent surtout les fa\u00e7ades Manche-Atlantique et tr\u00e8s exceptionnellement les eaux int\u00e9rieures, tandis qu\u2019un \u00e9ventuel passage printanier d\u2019adultes est d\u00e9cel\u00e9 en mars-avril en Manche et mer du Nord. Il n\u2019existe \u00e9videmment aucune population hivernante fran\u00e7aise : chaque observation de <em>Gavia adamsii<\/em> demeure un \u00e9v\u00e9nement ornithologique qui n\u00e9cessite une documentation particuli\u00e8rement solide. L\u2019origine des tr\u00e8s rares individus atteignant la France n\u2019est pas connue avec certitude. Ils sont probablement issus des populations de l\u2019Arctique eurasiatique, notamment de Russie, mais aucune donn\u00e9e de baguage ne permet actuellement d\u2019\u00e9tablir pr\u00e9cis\u00e9ment leur provenance.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<h4 class=\"wp-block-heading has-background\" style=\"background:linear-gradient(338deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%)\">Le Plongeon du Pacifique \u2013 Gavia pacifica (Lawrence, 1858)<\/h4>\n\n\n\n<p>Le Plongeon du Pacifique est un accidentel exceptionnel en France. Cette esp\u00e8ce nord-am\u00e9ricaine et sib\u00e9rienne orientale n\u2019est connue dans le Pal\u00e9arctique occidental que depuis 2007, toutefois pr\u00e8s de 70 mentions ont depuis \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es en Europe, principalement dans les \u00eeles Britanniques. En France, un adulte d\u00e9couvert par Adrien Mauss le 17 janvier 2026 \u00e0 Penv\u00e9nan (C\u00f4tes-d\u2019Armor) a \u00e9t\u00e9 longuement observ\u00e9 et photographi\u00e9, permettant une identification particuli\u00e8rement solide ; cette donn\u00e9e constitue la premi\u00e8re mention fran\u00e7aise connue, sous r\u00e9serve d\u2019homologation. Un individu typique avait toutefois \u00e9t\u00e9 photographi\u00e9, sans \u00eatre identifi\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque, \u00e0 Logonna-Daoulas (Finist\u00e8re) le 6 d\u00e9cembre 2015 devrait donc constituer r\u00e9trospectivement la premi\u00e8re donn\u00e9e fran\u00e7aise.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Plongeons.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1536\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Plongeons.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13972\" style=\"width:640px\" srcset=\"https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Plongeons.jpg 1536w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Plongeons-300x200.jpg 300w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Plongeons-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/deliry.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Plongeons-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1536px) 100vw, 1536px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><br>Essai et collage des 5 esp\u00e8ces de Plongeons, sur fond fictif de golfe normand-breton. Du premier au dernier plan, le Plongeon catmarin, le Plongeon arctique, le Plongeon imbrin, le Plongeon \u00e0 bec blanc et en tout dernier le Plongeon du Pacifique, tous en plumage internuptial<br><sup>Assist\u00e9 par Y&rsquo;Ado! selon mes directive, non sans peine &#8211; \u00a9\u00a9 byncsa &#8211; Cyrille Deliry &#8211; <em>Histoires Naturelles<\/em><\/sup><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading has-background\" style=\"background:linear-gradient(0deg,rgb(238,238,238) 0%,rgb(169,184,195) 100%)\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h4>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Buffon G.L. de 1781<\/strong>&#8211; <em>Histoire naturelle des oiseaux, tome VIII.<\/em> &#8211; Imprimerie royale, Paris : 642 pp. &#8211; <a href=\"https:\/\/commons.wikimedia.org\/wiki\/Category%3AHistoire_naturelle_des_oiseaux\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Cheneval J. 1984<\/strong> &#8211; Les oiseaux aquatiques (Gaviiformes \u00e0 Ans\u00e9riformes) du gisement aquitanien de Saint-G\u00e9rand-le-Puy (Allier, France) : r\u00e9vision syst\u00e9matique. &#8211; <em>Palaeovertebrata,<\/em> 14 (2) : 33-115. &#8211; <a href=\"https:\/\/palaeovertebrata.com\/articles\/view\/115\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Cheneval J. 1989<\/strong> &#8211; Fossil bird study, and paleoecological and paleoenvironmental consequences: example from the Saint-G\u00e9rand-le-Puy deposits (Lower Miocene, Allier, France). &#8211; <em>Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology,<\/em> 73 : 295-309.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Cramp S. &amp; Simmons K.E.L. 1977<\/strong> &#8211; Gaviidae. <em>In<\/em> : <em>Handbook of the Birds of Europe, the Middle East and North Africa. The Birds of the Western Palearctic. Volume I: Ostrich to Ducks.<\/em> &#8211; Oxford University Press, Oxford : 42-59.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Crespon J. 1840<\/strong> &#8211; <em>Ornithologie du Gard et des pays circonvoisins. <\/em>&#8211; Bianquis-Gignoux, N\u00eemes. &#8211; <a href=\"https:\/\/play.google.com\/store\/books\/details\/Ornithologie_du_Gard_et_des_pays_circonvoisins?hl=en_US&amp;id=_Jx7ko4dhH4C\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Delle Cave L., Simonetta A.M. &amp; Azzaroli A. 1998<\/strong> &#8211; A skull of a fossil loon (<em>Gavia<\/em>) from the Pliocene of Central Italy. &#8211; <em>Palaeontographia Italica,<\/em> 73 (n.s. 43) : 86-93.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Deceuninck B. &amp; F\u00e9vrier Y. 2015<\/strong> &#8211; Plongeon catmarin <em>Gavia stellata<\/em>. <em>In<\/em> : Issa N. &amp; Muller Y. coord. &#8211;<em>Atlas des oiseaux de France m\u00e9tropolitaine. Nidification et pr\u00e9sence hivernale.<\/em> &#8211; Delachaux &amp; Niestl\u00e9, Paris.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Dubois P.J. &amp; al. 2008<\/strong><em>&#8211; Nouvel inventaire des oiseaux de France. <\/em>&#8211; Delachaux &amp; Niestl\u00e9, Paris : 560 pp.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Dubois P.J., Gaudard C. &amp; Quaintenne G. 2018<\/strong> &#8211; Plongeons, gr\u00e8bes et grands \u00e9chassiers hivernant en France : \u00e9volution r\u00e9cente des effectifs. &#8211; <em>Ornithos,<\/em> 25 (4) : 185-215. &#8211; <a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/327836767_Plongeons_grebes_et_grands_echassiers_hivernant_en_France_evolution_recente_des_effectifs_Wintering_divers_grebes_and_larger_wading_birds_in_France_trends_for_1993-2017_Ornithos_25-4\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Duquet M. 2025<\/strong> \u2013 Plongeons d\u2019hiver \u2013 (II) le Plongeon \u00e0 bec blanc. \u2013 <em>Post-Ornithos,<\/em> 2 (7 f\u00e9vrier 2025). &#8211; <a href=\"https:\/\/marcduquet.com\/plongeons-dhiver-ii-le-plongeon-a-bec-blanc\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Dubois P.J. &amp; Duquet M. 2026<\/strong> \u2013 Notes d\u2019ornithologie fran\u00e7aise (NOF 5) : partie 1. \u2013 <em>Post-Ornithos,<\/em> 3 (26 janvier 2026). &#8211; <a href=\"https:\/\/marcduquet.com\/notes-dornithologie-francaise-nof-5-partie-1\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Jaubert J.B. &amp; Barth\u00e9lemy-Lapommeraye C.J. 1859<\/strong> &#8211; Richesses ornithologiques du Midi de la France. &#8211; Barlatier-Feissat et Demonchy, Marseille. &#8211; <a href=\"https:\/\/odyssee.univ-amu.fr\/items\/show\/933\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>LPO Normandie 2026<\/strong> \u2013 Plongeon catmarin <em>Gavia stellata<\/em>. \u2013 <em>Inventaire des oiseaux de Normandie : effectifs et populations.<\/em> \u2013 LPO Normandie. &#8211; <a href=\"https:\/\/normandie.lpo.fr\/oiseaux-de-normandie\/inventaire-oiseaux-de-normandie-effectifs-et-populations\/plongeon-catmarin\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Olivier G. 1938<\/strong> &#8211; Les oiseaux de la Haute-Normandie. &#8211; <em>L\u2019Oiseau et la Revue Fran\u00e7aise d\u2019Ornithologie,<\/em> 8 : 159-218.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Mayr G. &amp; Zvonok E. 2011<\/strong> &#8211; Middle Eocene <em>Pelagornithidae<\/em> and Gaviiformes (Aves) from the Ukrainian Paratethys. &#8211; <em>Palaeontology<\/em> 54 : 1347-1359. &#8211; <a href=\"https:\/\/onlinelibrary.wiley.com\/doi\/full\/10.1111\/j.1475-4983.2011.01109.x?utm_source=chatgpt.com\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Mayr G. &amp; Kitchener A.C. 2022<\/strong> \u2013 Oldest fossil loon documents a pronounced ecomorphological shift in the evolution of gaviiform birds. \u2013 <em>Zoological Journal of the Linnean Society,<\/em> 196 (4) : 1431-1450. &#8211; <a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/zoolinnean\/article\/196\/4\/1431\/6643590\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Milne-Edwards A. 1867<\/strong> &#8211; Colymboides minutus. <em>In<\/em>: <em>Recherches anatomiques et pal\u00e9ontologiques pour servir \u00e0 l\u2019histoire des oiseaux fossiles de la France. &#8211; <\/em>Victor Masson et fils, Paris. &#8211; <a href=\"https:\/\/www.biodiversitylibrary.org\/item\/141491\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Ml\u00edkovsk\u00fd J. 1998<\/strong> \u2013 A new loon (Aves : Gaviidae) from the middle Miocene of Austria. \u2013 <em>Annalen des Naturhistorischen Museums in Wien,<\/em> 99 A : 331-339. &#8211; <a href=\"https:\/\/verlag.nhm-wien.ac.at\/pdfs\/99A_331339_Mlikovsky.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Ml\u00edkovsk\u00fd J. 2002<\/strong> &#8211; <em>Cenozoic Birds of the World. Part 1: Europe. <\/em>&#8211; Ninox Press, Praha : 406 pp. &#8211; <a href=\"https:\/\/zenodo.org\/records\/6823335\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Storer R.W. 1956 <\/strong>-The fossil loon, <em>Colymboides minutus<\/em>. &#8211; <em>The Condor<\/em> 58 : 413-426.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>\u0160vec P. 1982<\/strong> &#8211; <em>Gavia egeriana<\/em> sp. n., a fossil loon from the Lower Miocene of Czechoslovakia. &#8211; <em>\u010c<\/em><em>asopis pro mineralogii a geologii.<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Yeatman-Berthelot D. &amp; Jarry G. 1991<\/strong> &#8211; <em>Atlas des oiseaux de France en hiver.<\/em> &#8211; Soci\u00e9t\u00e9 Ornithologique de France, Paris : 576 pp.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Zelenkov N.V. 2025<\/strong> &#8211; A loon (Aves, Gaviiformes) from the Upper Miocene of Mongolia. &#8211; <em>Paleontological Journal,<\/em> 59 (2) : 215-220. &#8211; <a href=\"https:\/\/journals.rcsi.science\/0031-031X\/article\/view\/295277\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ONLINE<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019histoire fossile des plongeons est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante pour la France, car l\u2019un des fossiles les plus importants pour comprendre l\u2019\u00e9volution ancienne des Gaviiformes a pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert dans l\u2019Allier. 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