L’Australie est en proie des flammes : un point au 7 janvier 2020

Les feux de brousse sont en général normaux en Australie à partir du mois de septembre, mais cette saison 2019-2020 ils sont exceptionnels. Ils entrent dans un contexte où depuis plus de vingt ans des records de chaleurs s’accumulent dans le pays et ce sont cette saison encore de nouveaux records absolus qui sont dépassés. Nous indiquions dès le 10 décembre l’ampleur du phénomène sur ce site avec la ville de Sydney au bord de l’asphyxie liés aux différents feu qui environnaient la ville.

Les incendies ont déjà fait une vingtaine de morts et ce sont plus de 100.000 personnes qui ont été déplacés. La surface de près de 2 fois la Belgique est partie en fumée. Les températures qui accompagnent les événements sont suffocantes et on a même enregistré 49°C à Sydney.

On estime que près de 500.000 animaux sauvages tels que des Koalas ou des Kangourous et le bilan n’est que pour le secteur de la Nouvelle Galles du Sud devrait être considérablement plus élevé. On envisage qu’il faudra près de 40 ans pour que les effectifs soient rétablis.

La fumée des incendies forment des pyrocumulus, nuages spécifiques d’une telle situation, provoquant des orages qualifiés de dantesques.

Les pyrocumulus qui se forment deviennent sources de tempêtes et d’éclairs qui peuvent favoriser l’auto-entretien des incendies et des hausses de températures : ainsi à Cabramurra le 4 janvier 2020 ce sont des rafales de 130 km/h qui ont accompagné un pic de température de 69,8°C (sic !).

Les poussières se sont déplacées sur de grandes distances. Ainsi les glaciers de Nouvelle Zélande sont couverts d’une pulvérulence orange-caramel. L’odeur âcre de brûlé est perceptible jusqu’à Christchurch pourtant située à l’est de l’île, des nuages se propagent après avoir traversé l’océan jusqu’à Auckland. On considère que des traces de fumées sont parvenues jusqu’en Amérique du Sud, notamment au Chili.

Les panaches de fumée depuis la côte sud-est de l’Australie vus depuis les satellites – Source : Himawari-8.

Si l’Australie est fortement touchée cette saison d’été austral 2019-2020, il ne faut pas perdre de vue les nombreux incendies qui ont concerné l’Amazonie et l’Afrique équatoriale… par exemple. Un bilan global devrait rendre compte d’une situation inédite pour la planète.

10 xii 2019 – Sydney au bord de l’asphyxie à cause des feux de brousse

Les feux de brousse voire de forêt sont réguliers en Australie, cependant cette année, la dose dépasse le vase.

La mégapole de Sydney est envahie par la fumée toxique et cela déclenche même les détecteurs [domestiques ?] contraignant les pompiers à aller de bureaux en bureaux pour parer aux alertes.

L’épaisse fumée âcre est étouffante, les élèves sont privés de récréation et sont confinés à l’intérieur, la pollution dépasse largement la cote de « danger ». Le phénomène qui perdure depuis plusieurs semaines s’est nettement aggravé ce mardi 10 décembre 2019.

On attends aujourd’hui des vents qui devraient balayer le fog, mais aussi attiser les braises des différents feux qui n’attendent que çà pour s’étendre.

La fumée se concentre notamment dans le port de Sydney et les ferries ont été arrêtés – shared – © Saeed Khan (AFP) – Ouest France

16 au 21 xi 2019 – Records de température et incendies en Australie

Le Sud-Est de l’Australie accumule les records de chaleur depuis le 16 novembre 2019. A cette date le score tombe avec 40,4°C à Perth. Du jamais vu pour un mois de novembre ! Les jours suivants on mesure jusqu’à 45,4°C à Leonara. Le 20 novembre la masse d’air très chaude se déplace un peu au sud : on constate des anomalies positives de +20° par rapport aux normales. 46,6°C à Nullarbor s’ajoute à de nombreux records de chaleur.

Le 21 novembre 2019 c’est au tour de l’état de Victoria d’exploser les scores : 42,2°C à Mangalore, 40,9°C à Melbourne…

Au même moment des incendies se déclarent sur le littoral. Dans un tel contexte les feux de brousses se développent et sont attisés par les vents ambiants. C’est plus d’un million d’hectares qui est consumé en Nouvelle-Galles du Sud. De tels feux de brousses sont en général normaux à partir du mois de septembre, mais les derniers assauts sont tout à fait exceptionnels.

Des centaines de Koalas périssent dans les flammes… mais contrairement aux éléments alarmistes qui circulent, ils ne sont pas sur le point de disparaître, du moins dans le contexte présent. La population actuelle de Koalas se compte en centaine de milliers. Certes on les a compté par millions autrefois, mais l’impact des incendies actuel ne concerne que quelques – malheureuses – centaines d’individus. Que ceci ne masque toutefois pas le fait que 80% des Koalas du Queensland ont disparu entre 1995 et 2009 ; leur population s’étant stabilisée depuis.

Il fait de plus en plus chaud en Australie !