Oiseaux des Deux-Sèvres (1806)

oiseaux1806
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Guillemeau J.L 1806 - Essai sur l'histoire naturelle des oiseaux du département des Deux-Sèvres. - Elies-Orillat, Niort. - ONLINE


Guillemeau (1806) nous livre une ornithologie précoce, des oiseaux des Deux-Sèvres. On y trouve les habitudes des ornithologues de l'époque à parler des oiseaux piégés ou des oiseaux chassés au fusil, ainsi que celle d'aller se renseigner au marché - de Niort en l'occurrence -, mais ce travail est moderne dans le sens où on y trouve souvent les dates - mois - de mlgration ou présence des espèces, des localités précises et parfois des informations sur des observations plus détaiilées. Il y a aussi une sorte de clé dichotomique de détermination des espèces. Guillemeau (1806) a pour son époque une très bonne connaissance de la biologie, la nidification, l'écologie des Oiseaux… ainsi que des méthodes de chasse !
Notons qu'hormis une description de Brisson, toutes les espèces connues par Guillemeau (1806) sont issus de description de Linnée, voire de Gmelin attribuées à Linné par l'auteur.

Les espèces sont groupées selon les ensembles données par le plan de l'auteur, reclassées par leur nom principal actuel auquel est ajouté, le nom donné par l'auteur [les noms locaux en précisant les secteurs entre crochets] puis le nom scientifique utlisé par Guillemeau (1806).
Nous préciserons après recherche ultérieurement. Notons que cet auteur parle de montagnes pour les Deux-Sèvres, il conviendra de préciser aussi ce qui corresponds aux sens de montagnes locales (avec bocages) - voir notamment le Moineau friquet.

Nous avons illustré ce texte d'anciennes planches de Buffon qui sont légèrement antérieures à l'ouvrage de Guillemeau (1806).

Rapaces diurnes


Aigle pomarin - Aigle commun - Falco fulvus L. - Ne se voit que rarement. On en tua un dans les environs de Mauzé en 1803, aurait été vu près de Boirateau.
Autour des Palombes - Autour - Falco palumbarius L. - Jadis plus commun dans le département et surtout dans la partie du midi. Le plus grand nombre a déserté nos contrées depuis la destruction des colombiers.
Busard cendré - Sous-Buse [Cossarde : Chizé ; Fausse-Buse : Parthenay] - Falco pygargus L. - Plaines voisines de la forêt de Chizé, dans les bruyères du deuxième arrondissement et dans plusieurs autres cantons.
Busard des roseaux - Buzard [Cossarde : Niort] - Falco aeruginosus L. - Sur presque tous les marais et étangs dy département, souvent sur les bords de Sèvre, dans les endroits où elle n'est pas navigable.
Buse variable - Buse [Cossard : Nord du département] - Falco buteo L. - Présente dans un grand nombre de cantons du département.
Circaète Jean-le-Blanc - Jean le Blanc [Milan blanc - Parthenay] - Falco gallicus L. - Nord du département, dans le bruyères et les landes voisines de la froête de l'Absie et toute cette contrée.
Epervier d'Europe - Epervie - Falco nisus L. - Dans presque tous les cantons du département, mais particulièrement près d'Argenton Château, l'Absie, Moncoutant et Chizé. Il passe toute l'année dans le pays [les campagne] et se retire dans les bois en hiver.
Faucon crécerelle - Crécerelle [Baleri : Niort et ailleurs] - Falco tinnunculus L. - Très commune dans tous le département. Ne manque à aucun vieux château. Plusieurs sur les murs du château de Niort. Semble partiellement migratrice : arrivées avec les Lavandières.
Faucon émerillon - Emérillon - Falco œsalon - Dans plusieurs contrés du département des Deux-Sèvres. Le jour dans les plaines de Vouilé, Villiers, Niort, ect., le soir se retire dans quelques bois voisins.
Faucon hobereau - Hobereau [Aubreau : Parthenay ; Oubra : Niort] - Falco subbuteo L. - Beaucoup dans les environs de la forêt de l'Hermintain et dans plusieurs bosquets sur les arrondissements de Melle, Niort, dans les plaines près de Chizé.
Faucon pèlerin - Faucon - Falco communis L. - Assez commune dans les Deux-Sèvres : en particulier dans la forêt de l'Absie, à Chantermerle, Montcoutant ety autres lieyx de l'arrondissement de Parthenay.
Pygargue à queue blanche - Orfraye - Falco ossifragus L. - Aperçu vers Niort et quelquefois dans les grandes forêts : Chizé, l'Hermitain ; vers les grands étangs du nord du département : Juigny, les Châtelliers, Pugny.

Les grands absents de cette liste sont le Balbuzard pêcheur et le Busard St Martin. Aussi ont-ils pu être respectivement confondus avec l'Orfraye rapportée au Pygargue à queue blanche et le Busard cendré.

Rapaces nocturnes


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Chouette chevêche (1) - Chat-huant [Chavant : Chizé, Beauvoir, Marigny…] - Strix stridula L. - Environs de la forêt de Chizé, dans les grands maronniers des vieux château d'Argenton Château, Sauzais, de l'Ebaupinais, de Breuil. A Niort on en voit assez souvent l'été dans les maronniers du Vieux Founeau, dans les grands arbres de la Bigoterie, etc.
Chouette chevêche (2) - Chevèche [Petite Chouettes : par endroits] - Strix passerina L. - Dans les mêmes cantons que le Chat-Huant.
Chouette effraie - Effraye [Fesaye : Niort et ailleurs] - Strix flammea L. - Très commuune dans le département. Le clocher de l'église Notre-Dame et les tours du Château de Niort servent d'habitation à plusieurs. On en voit encore dans les ruines des châteaux Salbard, de la Forêt sur Sèbvre, de Pugny, de Chizé, etc., etc.
Chouette hulotte (1) - Hulotte - Strix aluco L. - Moins commune que les autres oiseaux de proie, se voit dans les environs des bois d'Estampes, de Villiers en Bois, de la Ruffinèe, de Foie Montjault, de Bufajasse, etc. et dans quelques autres lieux boisés du département.
Chouette hulotte (2) - Chouette [Choue : dans quelques cantons] - Strix ulula L. - Assez répandue.
Moyenduc1770
Hibou moyen-duc - Hibou commun - Strix otus L. - Environs de la forêt de Chizé, près de Beauvoir, de Marigné, de Péré des Fosses, dans les enviirons de plusieurs bosquets des premiers et second arrondissement. Vu vers Niort en décembre.
Hibou petit-duc - Scops [Cop : l'Absie, Chantemerle] - Strix scops L. - Dans plusieurs cantons du deuxième arrondissement. On en voit souvent vers Niort, rapporté même en hiver.

Les populations de Rapaces nocturnes paraissent relativement réduite, ce qui dénote probablement une certaine difficulté à les découvrir.

Pies-grièches


Pie-grièche écorcheur / Pie-grièche à tête rousse - Ecorcheur [Ecorcheu : quelques cantons] / var. Pie-grièche rousse (Lanius rufus L.) - Arrive au printemps et repart fin septembre, début octobre. L'Ecorcheur et sa variété habitent les plaines qui se trouvent dans les arrondissements du nord : Bouillé Lauret, Genéton, Coulonges Thouasais, Noiterre, Brion, St Verge ; aussi dans le sud.
Histoire_naturelle_des_oiseaux_(Tom_II,_Plate_VI)_(8726321812)
Pie-grièche grise [Lanier gris, Pic tril : Argenton Château, Thouars ; Pic griché : la Chapelle St Laurent, Bréssuire] - Lanius excubitor L. - Surtout dans le nord du département ; visible dans le sud uniquement en hiver. Présente toute l'année.

La Pie-grièche à tête rousse apparaît en second plan ; espèce bien caractérisée, elle devait être bien rare déjà. Il semble par ailleurs possible que des Pies-grièches méridionales soient concernées par l'hivernage situé dans le sud du département.

Loriots


Loriot d'Europe - Loriot commun [Compère Loriot : Prahecq, Aiffres, Brulin… ; Loriou : en d'autres endroits] - Oriolus galbula L. - Arrive début mai et repart en août-septembre. Souvent vers Niort, Prahecq, Aiffres, Frontenay, St Symphorien, Fors, etc. et ailleurs.

A préciser…

Gobes-Mouches


Gobemouche gris - Gobe-Mouche - Muscicapa grisola L. - Arrive en avril et repart en septembre. Assez commun vers la forêt de Chantemerle, à l'Absie ; aussi parfois vers Niort, vers le pays de Gâtine ; petit bois de la Vachette, dans le bas de Telouse, au bord de la Sèvre, près de Bas Palais ; aussi en forêt de Chizé.
Gobemouche noir - Muscicapa atricapilla L. - Assez rare dans les Deux-Sèvres ; assez souvent à l'Absie et environs. [Rien de clair sur la nidification]

A préciser…

Grives, Rousserolle


Grive draine - Draine [Traye : Beauvoir, Chizé, Mauzé] - Turdus viscivorus L. - Plus commune au nord qu'au sud : Bressuire, Etusson, Thénezay, en Gâtine et dans le voisinage des forêts en montagnes [!].
Grive litorne - Litorne - Turdus pilaris L. - Ne niche pas, ni même en France. Arrive en décembre, notamment plus nombreuse par grands froids [Repart au printemps]. N'est pas moins commune que les autres Grives et accompagne la Mauvis.
Grive mauvis - Mauvis [Tourat : Chizé et dans les vignobles] - Turdus iliacus L. - Arrive en novembre et repart en décembre. Oiseau très commune, connu dans presque tous les cantons du département. En novembre et décembre les marchés de Niort en sont couverts.
Grive musicienne - Grive [Grive de vigne : quelques endroits ; Touza : Mauzé] - Turdus meusicus L. - Observée aux deux passages : automne et printemps (mars à mai). Très commune dans le midi du département, sur les vignobles : Foye Monjault, Roche Esnard, Granzay, Griffier, Mauzé, etc.
Merle noir - Merle commun [Marle : campagnes] - Turdus merula L. - Dans les bois et les buissons, en été, aussi dans les jardins, près des maisons. Craintif et sauvage. Cas d'albinisme {Merle blanc} signalés.
Rousserolle turdoïde - Rousserolle [Rouche : Niort] - Turdus arundinaceus L. - {N'émigre pas [!]}. Sur les communes de Coulon, Azay, le Vanneau, dans les marais de débordement de la Sèvre. L'année dernière [1805] on trouva un nid de cette espèce dans les roseau près du Fort Foucault, petit île de la Sèvre en plein Niort. Extrêmement répandu dans les Deux-Sèvres, surtout dans les arronidssements du nord.

On notera la faible représentation des Turdidés en nidification à l'époque. Les espèces sont essentiellement internuptiales. Même la Grive musicienne ne niche pas. La Rousserolle effarvatte décrite par Hermann en 1804 doit être confondue avec la Turdoïde.

Grimpereaux et Tichodrome


Grimpereau des jardins - Grimpereau commun [Gravelet ou selon les cantons Petit Pic] - {Pas de nom scientifique} - Sédentaire. N'est pas rare vers Niort.
Tichodrome échelette - Grimpereau de muraille [Grimpeur de muraille : l'Absie, Neufvi, Hérisson, Fenery, Adillé, Châtillon sur Thoué… ; Oiseau de cimetière : dans quelques endroits] - Certhia muralis L. - Voyage en automne et s'approche des habitations en hiver. Assez commun dans le premier et le second arrondissement. Aussi près de Niort, et, même en ville.

On a une sensation de plus grande quantité de Tichodrome échelette par rapport à aujourd'hui. Le nombre de localités données est remarquable. Sa présence dans les cimetières est à tester.

Huppe


Huppe fasciée - Huppe [Puput : presque partout] - Upupa epops L. - Pas rare en Gâtine. Trouvée dans les quatre arrondissements, dans tous les lieux boisés ou humides. [Rien sur la migration].

La situation actuelle pour la Huppe fasciée semble assez voisine.

Bruants


Bruant fou [Alouette des prés : la Gravette] - Emberiza cia L. - Confondu avec l'Ortolan. Solitaire : le long de la Sèvre à Niort, au fort Foucault, dans la forêt de l'Hermitain, à la Gravette (Prailles) et sur tous les coteaux ombragés qui bordent nos rivières. [Internuptial].
Bruant jaune - Bruant commun [Verdoye : quelques cantons] - Emberiza citrinella L. - Partout, mais plus particulièrement dans le midi que dans le nord.
Bruant ortolan - Ortolan [Bintu : Niort] - Emberiza hortulana L. - Arrive en mai et repart en septembre. Dans les plaines des arrondissements du nord et du midi : Argenton Château, Aubiers, Rigny, Thouards, Maisontiers, St Georges de Noiné, Exireuil, Vouillé, Souché, St Florent, Niort, etc.
Bruant proyer - Proyer [Gros Bec : Niort ; Compère Guillerit : Prahecq] - Emberiza miliaria L. - Arrive de bonne heure au printemps et repart en troupe en automne. Reste rarement en hiver dans le département. Assez commun dans les plaines : Aiffres, Prahecq, Mauzé, Frontenay, Mougon, Niort, etc.

Le Bruant zizi est un grand absent de cette liste. Aussi n'était-il peut-être pas présent ?

Bouvreuil, Gros Bec, Verdier


Bouvreuil pivoine - Bouvreuil [Pivoine : essentiellement ; Pive : en quelques autres endroits] - Loxia pyrrhula L. - Si quelques oiseaux restent en hiver, les autres partent fin octobre pour revenir en avril. Ne se trouve que dans la partie boisée de la Gâtine : Champdeniers, St Parfous, Secondigny, Verruyes et Parthenay.
Grosbec cassenoyaux - Gros Bec [Tréjasse : Niort ; Moqueur : Mauzé] - Loxia coccothaustes L. - Toute l'année, ne part que lors des hivers les plus rudes. En été vers la Mothe Ste Héraye, forêts de l'Hermitain, Epaux, Chizé et Mauzé. En hiver se rapproche des habitats, vu alors vers Niort.
Verdier d'Europe - [Bruant : Niort] - Verdier - Loxia chloris L. - Jardins des environs de Niort, Chizé, Melle, Chef Boutonne, Limalonges, etc.

Le statut actuel de ces trois espèces nous semble assez similaire. Les Verdiers semblent toutefois plus indiqués dans les campagnes désormais.

Etourneau


Etourneau sansonnet - Etourneau commun [Sansonnet ou Chansonnet : plusieurs cantons] - Sturnus vulgaris L. - Toute l'année dans le département, cependant voyageurs dans quelques climats. Très commune dans les environs des communes avec bosquets : Luché, St Varent, Aubigny, Clessé, Alone, la Ferrière en Parthenay, Vautebis, Fontpéron, St Etienne, St Martin d'Augé, Vaussay, Lorigny, etc. En hiver on en voit beaucoup sur les marchés de Niort.

Le statut actuel pour l'Etourneau sansonnet nous semble assez similaire. Il a toutefois probablement progressé en terme d'effectifs et d'importance de dortoirs, tant dans les campagnes que dans les villes.

Pinsons, Fringilles, Moineaux


Chardonneret élégant - Chardonneret commun [Cardinal : beaucoup de cantons ; Chardonnet : ailleurs, surtout Niort] - Fringilla carduelis L. - Reste en hiver dans nos contrées. Partout notamment dans les lieux où il y a beaucoup de Chardon étoilé (Centaurea calcitrapa L.).
Linotte mélodieuse (1) - Linotte des vignes [Linotte rouge : Niort et parfois ailleurs] - Fringilla cannabina L. - Pays de vignobles comme à Frontenay, St Symphorien, Granzay, Belleville, Mauzé, Usseau, etc. aussi fréquemment dans les vignes avoisinnant Niort.
Linotte mélodieuse (2) - Linotte grise [Linot : presque partout] - Fringilla linota L. - Pays d'origine inconnu. Dans toutes les contrées du département.
Moineau domestique - Moineau franc [Passerau ou Pierrot : en quelques endroits] - Fringilla domestica L. - Partout, dans toutes les villes, les bourgs, les villages opu les maisons isolées avec des troupes nombreuses.
friquet1785
Moineau friquet - Friquet [Prasse : presque partout] - Fringilla montana L. - Dans les campagnes, point en ville. Dans touytes les plaines et les bocages {en montagne}.
Pinson des arbres - Pinson commun [Pinseur : quelques contrées] - Départs fin septembre, mais quelmques oiseaux restent en hiver, de retour en mars ; pris aux deux passages. Dans toutes les contrées du département.
Pinson du nord - Pinson des Ardennes [Pinson d'hiver : Niort] - Fringilla montifringilla L. - En automne et en hiver, reste peu de temps et en particulier lors des plus grands froids. Très commun vers Niort, Chizé, Parthenay, l'Absie, Argenton Château, etc. en décembre et début janvier.
Serin des Canaries [Canari : en beaucoup d'endroits] - Fringilla canaria L. - Acclimaté. Ne se trouve pas à l'état sauvage, mais est extrêmement multitiplié en captivité. On en connaît beaucoup de variétés dans le département. [A priori en captivité seulement, mais se reproduit bien à la différence des Perroquets].
Tarin des aulnes - Tarin - Fringilla spinus L. - On en prends beaucoup en automne lorsqu'ils descendent des montagnes dans les plaine. Revers oriental des collines vers Briou, Thouars, Aibvault, St Loup et Parthenay, le long du Thoué et dans les plaines voisines.

Il est étrange que le Moineau soulcie, peut-être trop localisé, ait échappé à l'auteur. On notera l'absence du Serin cini qui est donc arrivé plus tard dans le département.

Corvidés


Cassenoix moucheté - Casse-Noix [Casse Nia : Mauzé ; Pinson de Barbarie : ailleurs] - Corvus cariocatactes L. - Quite quelquefois les montagnes pour venir en plaine. Se voit vers Bressuire, Moncoutant, St Loup, St Maixent, en automne à Niort, Mauzé, etc.
Corbeau freux - Freux [Corneille moissoneuse ; Grolle : Niort et plusieurs autres cantons] - Corvus frugivorus L. - N'habite pas les Deux Sèvres, mais arrive en hiver (novembre et décembre). Se rassemble sur les terres nouvellement ensemencées en froment dans les plaines de Vouillé, de Champarnaux, Mougon, Brelon, Niort, etc.
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Corneille mantelée - Corneille mentelée [Corneille cendrée ou Religieuse : selon les cantons] - Corvus cornix L. - Oiseau de passage dans les Deux-Sèvres (début novembre), par très grandes troupes et départs au début du printemps. Tr!s commune vers la fin de l'automne, vers Niort, Frontenay, Celles, Chavagné, Pairé, Villiers en Plaine, etc.
Corneille noire [Corbine, Grolle : divers endroits] - Corvus corone L. - Ne se voit guère qu'en hiver dans les Deux-Sèvres, aux mêmes endroits que le Freux.
Geai des chênes - Geai commun [Jacques : dans quelques cantons] - Corvus glandarius L. - Boisements des Fontenelles, de Vachette, de Telouse, la Moujaterie, l'Hemitain, Chizé, Antin, etc.
Grand corbeau - Corbeau [Colas : Niort] - Corvus corax L. - [Sans autres commentaires] Le Corbeauy se trouve partout.
Pie bavarde - Pie [Ajace ou Margot : plusieurs cantons] - Corvus pica L. - Très commune dans le département, mais jamais en grand nombre.

Le statut des Corvidés du département a été depuis complètement chamboulé : les venues du Cassenoix semblent plus rares, le Corbeau freux est bien nicheur, la Corneille mantelée ne se montre plus en hiver, la Corneille noire est une nicheuse bien installée, le Geai des chênes semble plus abondant, le Grand Corbeau alors partout n'existe plus dans les Deux-Sèvres, les effectifs de la Pie bavarde semblent avoir monté. Enfin le Choucas des tours s'est installé. D'autres indications d'absence de Choucas en France, dans quelques endroits sont disponibles pour le XIXe siècle. Par ailleurs sa progression significative après les années 1950 est soulignée.

Alouettes, Pipits


[?] - Rousseline [Alouette d'eau : quelques cantons] - Alauda mozellana L. - Assez commune vers Niort, sur les bords de la Sèvre. L'auteur parle d'un nid au Fort Foucault, îles face au château de Niort, au milieu de la rivière. [Nous ne savons pas encore attribuer cet oiseau : [A préciser]].
Alouette calandre - Calandre [Grosse Alouette sans duppe : quelques cantons] - Alauda calandra L. - C'est l'Alouette la moins commune dans le département, ne se trouve que dans la partie le plus méridionale.
Alouette des champs - Alouette [Alouette commune : presque partout ; Alaude : parfois] - Alauda arvensis L. - Quelques unes migrent, sédentaire. Très commune dans tous les secteurs de plaine.
Cochevis huppé - Cochevis [Alouette dupée : communément] - Alauda cristata L. - Sédentaire. Se trouve dans beaucoup de cantons : Vouillé, Prahecq, Villiers en Plaine, Melle, Mougon, Niort et Frontenay notamment.
[Pipit des arbres s.l.] - Alouette pipi [Petite Alouette : Niort] - Anthus trivialis L. - Très commune en janvier - février dans les environs de Niort, Parhecq, Vouillé, St Maurice, Mougon, Ste Blandine, etc. [Malgré les noms donnés il ne s'agit pas à l'évidence du Pipit des arbres. Nous pensons qu'il devrait s'agir du Pipit spioncelle, mais la description ne semble pas correspondre [A préciser]].
[Pipit farlouse] - Farlouse [Alouette des prés : par endroits] - Alauda pratensis L. - Ne se voit que pendant la belle saison, de préférence dans le bocage ou les secteurs arosés par quelques rivières avec beaucoup de prairies : Sciecq, Echiré, Chaurai, Brelou, Usseau, Prissé, Baussé, Rom, Champeau, etc. et les rivages de la Sèvre niortaise. [Ici aussi nous ne sommes pas certain de la bonne désignation de l'espèce : [A préciser]].

C'est un ensemble dont la systématique est très chancelante à l'époque. On perçoit néanmoins la disparition de l'Alouette calandre, le déclin du Cochevis huppé. Le cas des Pipits ne nous semble pas résoluble pour l'intant : manque le Spioncelle, le Rousseline notamment. Qu'en est-il par ailleurs de l'Alouette calandrelle ?

Mésanges


Mésange à longue queue [Queue de Poëllon : quelques cantons du midi ; Bascouette : Chizé, Marigny] - Parus caudatus L. - Dans plusieurs cantons des Deux-Sèvres : notamment forêts de l'Absie, de Chantemerle, de Chizé, etc.
Mésange bleue [Petite Cendrille bleue : Gravette, Prailles, Mothe St Héraye…] - Parus cœruleus L. - Partie boisée du département ; on en voit beaucoup à la Gravette, vers la forêt de l'Hermitain, à l'Absie, Chizé, Coulonges, Champdeniers, la Mothe St Héraye, Parthenay, etc.
Mésange charbonnière - Grosse Mésange [Charbonnière et surtout Cendrille : beaucoup de cantons ; Mésange à jabot jaune : Absie] - Parus major L. - On en voit beaucoup dans le département. Surtout dans les jardins, même ceux des villes, en hiver et durant les grands froids. [L'espèce semble alors plus urbaine en hiver].
Mésange noire - Petite Charbonnière [Mésange à jabot blanc : nord du département] - Parus ater L. - Nord du département et dans quelques bois du sud. Pas aussi commune que la Mésange charbonnière.
Mésange nonnette - Mésange des marais [Nonette cendrée : Niort, Coulon, Chizé, etc.] - Parus palustris L. - Bord des marais de Jumeau et de Coulon, le long de la Sèvre vers Niort et dans quelques parties du bocage.
Mésange rémiz - Penduline [Mésange grise : Chizé, Beauvoir…] - Parus narbonnensis L. - Pas très commune, on en voit vers Chizé. [Statut très peu précisé : elle est très rare semble-t-il].

Pas de grand changement de statut depuis. On a peut-être une impression de plus grande abondance aujourd'hui, en particulier pour les Mesanges charbonnière et bleue. Le statut de la Rémiz manque de développement, c'est dommage. Nichait-elle alors ?

Bergeronnettes et cie : Passereaux très divers


[?] - Bec figue [Grasset : Niort, Chizé, Mausé, Prahecq, Melle, etc] - Motacilla ficedula L. - Arrive au printemps et repart avant les froids de l'automne. Surtout au temps des vendances dans les pays de vignes : Mauzé, Frontenay, Prahecq, Souché, Niort, etc. [Ne semble que de passage. Nous n'avons pas su attribuer ce taxon pour l'instant : [A préciser]].
Accenteur mouchet - Fauvette d'hiver [Rossignol d'hiver : plusieurs cantons] - Motacilla modularis L. - Arrive dès (fin octobre) début novembre [départ au printemps]. Pond rarement dans notre pays. Se trouve partout, mais préfère le bocage à la plaine ; nombreuse dans les bois de la Moujaterie en hiver.
Bergeronnette des ruisseaux - Bergeronnette grise [Bergère grise ou Prasse grise : selon les cantons] - Motacilla cinerea L. - Reste en hiver : sédentaire. Se trouve aux bords des étangs, des grandes mares, les terrains aquatiques. Fosse du Pay, moulin des Loups et dans plusieurs autres lieux du département.
Bergeronnette grise - Lavandière [Hoche Qoue : plusieurs cantons] - Motacilla alba L. - Retour en mars, nous quitte à l'approche de l'hiver. Commune dans le bocahe : long des marais de Bessine, de Jumeau, d'Arçais, de Coulon, et sur les bords de Sèvre, dans sa partie non navigable.
Bergeronnette printanière - Bergeronnette de printems [Prasse jaune : Beauvoir, Chizé…] - Motacilla flava L. - De retour au tout début du printemps. Vers Chiée, l'Hermitain, le long des marais de Jumeau et de Coulon, des étangs de Pugny et de Bandouille.
[Fauvette orphée s.l.] - Fauvette [Fauve : quelques cantons] - Motacilla hortensis L. - Il y a peu de cantons qui ne soit l'asile de quelques Fauvettes. [Ce taxon doit couvrir l'essentiel des espèces de Fauvettes "à capuchon"].
Gorgebleue à miroir - Gorge-Bleue - Motacilla suecica L. - Se voit en petit nombre dans le voisinage de nos marais et ailleurs, même dans le midi du département. Visible en fin d'été lorsqu'il quitte les contrées du nord pour le sud : migration postnuptiale.
Hypolaïs polyglotte - Petite Fauvette - Motacilla hypolaïs L. - Arrondissements du nord et du midi, particulièrement à Chizé, l'Absie, Argenton Château, les Aubiers, St Aubin du Plain, etc. [Rien sur la migration].
Pouillot véloce [± s.l.] (incl. Pouillot siffleur - rare ?) - Pouliot [Poux : quelques cantons] - Motacilla trochilus L. - Arrive en avril, [repart], en hiver vient chanter dans nos jardins et nos vignes. Forêt de l'Hermitain, d'Aunay, de Chizé, de l'Absie, de Chantemerle et dans plusieurs cantons du bocage.
Roitelet huppé - Roitelet [Roi-Bretaud crêté] - Motacilla regulus L. - Assez commun dans les environs de Niort, de la Foye Monjault, de la Roche Esnard, de Fors, de Prahecq, de l'Absie, de Chizé, etc.
Rossignol philomèle - Rossignol [Roussignoul : presque partout dans la campagne] - Motacilla luscinia L. - Chante d'avril au solcsice d'été, départ en septembre. Partout au printemps, tous les bocages, les sites ombragés d'arbres. Nombreux dans les bois de la Moujaterie vers Niort.
Rougegorge familier - Rouge Gorge [Russe : presque partout] - Motacilla rubecula L. - Passe l'été dans nos bois et ne vient près des villes et des lieux habités qu'à son départ en automne et son retour au printemps. Partout. En automne, il en vient souvent dans les jardins renfermés dans l'enceinte de Niort.
Rougequeue noir - Rossignol de muraille [Maréchaux : Niort] - Motacilla phoenicurus L. - Arrive au printemps et repart en octobre - alors que les Rougegorges commencent à venir près des habitations -. Vers les forêt de Chizé et d'Aunay et près de Niort. [Ne semble pas du tout commun].
Traquet motteux - Motteux [Tire arrache : Chizé ; Cul blanc : ailleurs] - Motacilla œnanthe L. - Départ en automne, arrive fin mars, s'en retourne de septembre à octobre. Landes des Brunetières, vers Limalonges, Sauzé, Caunay, Pers, la Bataille, Aubigné, Vernoux, etc. aussi vers Niort à la Moujaterie, Vachette, etc. Lieux pierreux, labours, friches, collines et landes bordant les bois.
Traquet pâtre - Traquet [Tractrec : quelques cantons] - Motacilla rubecula L. - Ils ne sont que de passage en Deux-Sèvres. Landes de Melle, Brunetières ; aussi dans le voisinage de la Fosse de Pay ; l'hiver vers la Gravette à Prailles.
Troglodyte mignon - Troglodyte [Quion quion ou Roi Bretaud selon les cantons] - Motacilla troglodytes L. - Partout, solitaire, de préférence sur les communes du bocage et des marais.

Les informations sur les Fauvettes et les Pouillots sont très superficielles et basées sur une part de confusions. La Bergeronnette de Yarrell ne sera décrite que dans les années 1830. Elle est alors confondue avec la Bergeronnette grise (Motacilla alba) de toute évidence. Le Traquet tarier manque-t-il ou n'était-il pas présent dans le département ? Le Rougequeue à front blanc manque aussi. Il semble par ailleurs que l'Accenteur mouchet est aujourd'hui mieux représenté, en particulier en nidification. La Bergeronnette grise n'est pas encore hivernante.

Engoulevent


Engoulevent d'Europe - Engoulevant d'Europe [Fresaye ou Crapaux volant selon les endroits] - Caprimulgus europaeus L. - Ils sont de passage dans notre département. La saison on en en voit le mieux voler est l'automne : on en voit alors de bandes considérables. Surtout en octobre sur Ardin, Coulonges les Royaux, Champdenier, Xaintray, St Marc la Lande, Verruye, Vautebis, Menigoute, Forges, etc. cherche les terrains secs, pierreux, les bruyères.

La taille des bandes annoncé, et cette phénologie postnuptiale sont intéressant. Ces phénomènes sont désormais inconnus.

Hirondelles et Martinets


Hirondelle de cheminée [Hirondelle domestique : plusieurs cantons] - Hirundo rustica L. - Disparaît en automne et revient au printemps. Part début septembre, l'auteur en a vu une fois plusieurs le 20 octobre (28 vendémiaire). Se trouve dans tous les cantons.
Hirondelle de fenêtre [Religieuse : quelques cantons] - Hirundo urbica L. - Revient en avril, 8 à 10 jours après l'Hirondelle de chemlinée. Repart fin septembre, début octobre. Se trouve partout, particulièrement autour des villages, et, dans le voisinage des ruisseaux et des rivières.
Hirondelle de rivage [Hirondelle d'eau : troisième arondissement] - Hirundo riparia L. - Arrivées et départ comme l'Hirondelle de fenêtre. Bord des deux Sèvres, du Thouet, du ruisseau de Léotières, des étangs de la Garnaudière, de Perrey, de la Favrière et des marais de Bessine et de Jumeau.
Martinet noir - Hirundo apus L. - De tous les oiseaux de passage, c'est celui qui arrive le dernier et s'en va le premier : fin avril, s'en va fin juillet.

Sauf des habitats naturels pour la nidification de l'Hirondelle de rivage, qui ont dû disparaître, peu de nouveautés sur les informations données ici.

Martin-pêcheur


Martin-pêcheur d'Europe [Pêche-Martin : presque partout] - Alcedo ispida L. - Au bord de presque toutes les rivières, de tous les ruisseaux et de tous les étangs du département, isolé en général. Près de la fontaine du Vivier, autour du fort Foucault et sur les rives de la Sèvre à Niort.

Probablement moins nombreux aujourd'hui.

Paon


Paon congolais - Paon - Pavo cristatus L. - Dans le département comme dans toute la France, ne vit qu'à l'état de domesticité ; il y en a beaucoup dans l'île de Magné, ainsi qu'en quelques autres endroits : la Tiffartière, Niort au Vieux Fourneau.

Ce type d'observation sur des îles notamment n'est pas unique. Nous avons le même fait en Rhône-Alpes : quelques oiseaux isolés.

Coq et Poule


Coq et Poule domestiques - Coq et Poule [Jau : presque partout] - Phasianus gallus L. - De nombreuses variété sont élevées dans le département.

Les variétés sont développées par l'auteur.

Dindon


Dindon d'Amérique - Dindon [Perot : en campagne] - Meleagris gallo-pavo L. - Elevé dans tous les pays de plaine du département.

On n'élève plus guère de Dindon…

Pintade


Pintade de Numidie - Pintade - Numida meleagris L. - A l'état de domesticité comme ailleurs en France, plusieurs particuliers en élèvent à Niort.

… ni de Pintades.

Gélinotte, Perdrix


Caille des blés - Caille [Carcadet : Niort] - Tetrao coturnix L. - Arrive en avril et part en septembre. Il en reste parfois en hiver : ainsi une quarantaine ont été tuées lors de l'hiver 1805 par Desbrunières. Partout dans le département, sauf dans les secteurs boisés.
Gélinotte des bois [Gélinette : quelques contrées] - Tetrao bonasia L. - Peu commune dans les Deux-Sèvres, avec quelques unes dans les secteurs plantés de Bruyères : landes des Brunetières, environd de la Chapelle Tireuil, Secondigny, Forêt de l'Hermitain, etc.
Perdrix bartavelle - Bartavelle [Perdrix rouge : presque partout] - Perdix graeca Brisson - Assez commune dans les Deux-Sèvres : Xaintray, Champdeiers, Verruyes, Argenton Château, les Aubiers, Genneton, etc. [Rien sur l'origine de cet oiseau [A préciser]].
Perdrix grise [Perdrix des plaines : beaucoup de cantons] - Tetrao perdix L. - Beaucoup plus commune que la Perdrix rouge (s.str.) dans le département, surtout dans les plaines.
Perdrix rouge [Perdrix des coteaux : troisième et quatrième arrondissements] - Tetrao rufus L. - Dans plusieurs contrées du département, quoique plus rare que la grise : Chizé, l'Absie, Montcoutant, Melle, Niort, etc.

La citation des Cailles d'hiver est très intéresante, car c'est un phénomène connu par ailleurs qui vient à être confirmer. On peut imaginer qu'il y avait alors tellement de Cailles qu'une partie rester hiverner. Deux espèces dont on ne parle plus sont citées : la Gélinotte des bois et la Perdrix bartavelle. Enfin l'indigénat initial de la Perdrix rouge dans le département semble fondé : l'espèce n'est pas simplement issue d'introduction d'origine cynégétique.

Pigeons


Pigeon biset [Pigeon franc : Niort et ailleurs] - Columba domestica L. - Diverses variété dont le Bizet (Columba livia) : Niort... Vit en domesticité.
Pigeon colombin [
s.l.] (incl. Pigeon biset sauvage) - Pigeon sauvage [Pigeon fuyard : presque partout] - Ne restent que l'été : arrivent fin février, début mars, départ en novembre. N'est pas aussi commun que jadis, néanmoins {on commence} de nouveau à le multiplier. [ll est question d'élevages, à voir. Il semble probable que si le Colombin est accessoirement traité, il s'agit du Pigeon biset sauvage principalement].
Ramier1772
Pigeon ramier - Ramier [Ramia : quelques cantons] - Columba palumbes L. - Partiellement migrateur. Bois de la Gravette, de l'Hermitain, dans les forêts de Chizé, de Chantemerle, d'Autun et principalement sur les communes d'Etusson et du Breuil.
Tourterelle des bois - Tourterelle commune [Tourtre : Niot et ailleurs] - Columba turtur L. - Arrive tard au printemps et repart fin août. Mouvements par troupes. Très commune dans les Deux-Sèvres. Dans tous les bocages.
Tourterelle rieuse - Tourterelle à collier [Tourtereau de Barbarie : Niort surtout, et, ailleurs] - Columba risoria L. - N'est connue en France, qu'en domesticité. Très répandue dans cet été dans le département.

Quelques éléments de confusion semble exister en le Pigeon colombin, le Pigeon biset sauvage et domestique. Nous pensons avoir repéré ou résolu l'essentiel. Le Ramier semble particulièrement rare alors que la situation est inverse pour la Tourterelle des bois. La Tourterelle turque va arriver bien plus tard en seconde moitié du XXe siècle.

Pics


Pic épeiche - Pic varié commun [Picmart : quelques cantons] - Picus major L. - Dans les bois en été, vient [dans les jardins] près des habitations. Au voisinage de quelques forêts du département, notamment celle de Chizé où il a été vu plusieurs fois. [Un oiseau rare donc !].
Pic mar - Pic varié à tête rouge [Petit Pic : Mauzé] - Picus medius L. - Près de la forêt de Chizé, dans le voisinage de Mauzé, Frontenay et dans quelques cantons du premier arrondissement.
Pic noir [Picmar : quelques cantons] - Picus martius L. - Ne vient guère dans les plaines. Il est dans les premiers et deuxième arrondissements : vers Argenton Château, Boësse, Etusson, Ulcot, Mauzé près de Thouars, Sauzay, Chambroutet, Luché, la Chapell Gaudin, etc.
Pic vert [Pigrolie : Chizé, Villiers en Bois, Fosses, etc. ; Pivert : la Gravette… ; Pape : Chef Boutonne, Loizé, etc] - Picus viridis L. - Dans toutes les parties boisées du département. Généralement plus commun que le Pic noir.
Torcol fourmilier - Torcol [Torcou : deuxième arrondissement] - Yunx torquilla L. - Arrive en {mai} et repart en septembre ; solitaire. [Il est dit plus loin qu'il arrive 8-10 jours avant le Coucou, ce qui ne convient pas pour mai : mars [!]]. Assez rare dans les Deux-Sèvres : néanmoins assez souvent vers Parthenay, Montcoutant, Largeasse, l'Absie, quelques contrées des premier et deuxième arrondissements.

Sauf pour le Torcol, où là c'est l'inverse, on a une sensation de rareté pour les Pics. Le Pic épeichette semble alors manquer dans les Deux-Sèvres. Le Pic cendré décrit par Gmelin en 1788 passe inaperçue et probablement était-il très rare ? Il est intéressant et même "inédit" de constater que le Pic noir, réputé en progression depuis les Alpes notamment, au XXe siècle, est déjà présent !

Coucou


Coucou gris - Coucou commun [Cocou : presque partout] - Cuculus canorus L. - Se fait entendre dès avril, se tait au coeur de l'été {durant la canicule} [départ non précisé], nous quitte durant l'hiver. Ne manque à aucun bocage ou prairies ombragées du département. Les petits bois de Vachette, des Fontenelles, de Telouse, etc. à Niort en recèlent tous les ans.

Le fort déclin récent du Coucou gris est à suivre. Il y a une décennie ou à peine plus son statut aurait été similaire à celui donné en 1806 ici.

Cormorans


Grand Cormoran - Cormoran [Aigron : Niort] - Pelecanus carbo L. - Sans être très commun, il se voit assez souvent sur la Sèvre non navigable, depuis Niort à St Ouenne. [Pas d'indications sur la période d'observation].

Le Grand Cormoran était alors particulièrement rare… il ne nichait pas ici.

Anatidés : Cygnes, Oies, Bernaches, Canards, Sarcelles, Fuligules, Garrot


Bernache cravant - Bernache [Oie sauvage : marais, Niort ; Jonselle : vers l'océan] - Anas erythropus L. - Seulement en hiver, par grands froids. Après le forts ouragans des 11 et 12 janvier 1806, un habitant du marais en rapportait une au marché, tuée sur les rives de la Sèvre vers Coulon. Oiseau rare, qu'on voit peut chaque année : rives de Sèvre depuis Magné à Marans ainsi que dans les marais voisins. [Le nom scientifique donné est parfaitement erroné]
Canard colvert - Canard domestique [Canet : marais] - Anas domestica L. - Buffon regarde ce Canard comme une simple variété du Canard sauvage [Colvert]. Guillemeau (1806) pense de même, mais un article séparé s'imposait en raison de caractéristiques différentes. Le Canard domestique est presque partout, en particuliier dans le marais… [Rien de clair sur sa domestication, mais le nom est tout à fait implicite]. - Canard sauvage [Hallebrant : marais] - Anas boschas L. - Arrive en octobre, avec des troupes plus nombreuses en novembre. Reste en hiver : marais de Bessines, de Magné, de Coulon, de Jumeau, du Vanneau, d'Amuré, d'Asay, vers Argenton Château, Chizé, les Fosses. En général au voisinage de tous les lieux aquatiques.
Canard de Barbarie - Canard musqué [Canard d'Inde : Niort et ailleurs] - Anas moschata L. - En domesticité en Europe, et… en Deux-Sèvres. Très peu nombreux ; un oiseau connu à Niort.
Canard souchet - Souchet [Moura ou Grand Maroton : marais, Niort ; nom donné à presque tous les Canards d'ailleurs] - Arrive vers Janvier et ne reste que jusqu'à avril : se répands dans les marais. Ne niche pas a priori. Tous les marais du département : Bessines, Coulon, Magné, etc. Les marchés de Niort, en hiver, en sont toujours fournis.
Cygne tuberculé et Cygne sauvage - Cygne [Cine : plusieurs cantons] {Un seul texte pour les deux Cygnes ; deux noms scientifiques donnés} - Anas olor L et Anas cygnus L. - On voyait autrefois grand nombre de ces Oiseaux sur la Charente. Habitants des pays frois. Ne se voit guère dans les Deux-Sèvres, que lors des hivers les plus rigoureux, assez régulièrement, mais pas tous les hivers : marias de Bessines, de Magné, sur la Boutonnes et les étangs des premiers et du deuxième arrondissement. [On serait tenté de ne penser qu'au Cygne sauvage pour l'essentiel des observation. Par ailleurs rien n'est dit sur une éventuelle domesticité du Cygne tuberculé. Les deux espèces peuvent néanmoins être concernées].
Fuligule milouin - Milouen [Maroton !] - Arrive fin octobre, par troupes de 20 à 40 individus. Ne semble pas se reproduire, bien que parfois vu en été. Très commun en hiver. Trouvé sur tous les marchés (viennent des marais).
Morillon1785
Fuligule morillon - Petit Morillon [Petit Maroton : Niort et ailleurs ; Canard à large bec : dans quelques cantons] - Marais de Coulon, de Magné, St Hilaire la Palud et plusieurs étangs du nord du département. Les marchés de Niort en sont couverts en hiver. [Rien de clair sur la période d'observation de cet oiseau, sinon l'indication liée au marché : hiver].
Garrot à oeil d'or - Morillon [Maroton !] - Anas glaucion L. - Marais de Coulon, de Magné, etc. [en hiver] ; on en rapporte souvent l'hiver au marché de Niort.
Oie cendrée
- Oie commune [Jar (mâle) : presque partout] - Anas anser L. et Anas ferus L. - Le passage d'oiseaux nordique est bien détecté en automne, mais pas au printemps. L'auteur envisage en conséquence que les routes prises ne sont pas les mêmes aux deux saisons. Ne reste en hiver, que si la saison reste douce. S'il gèle fort, ils poussent vers le sud. Quelques oiseaux de passage en avril. Ne niche pas dans le département. On en élève toutefois un très grand nombre dans le marais, le bocage ou tout lieu près des eaux.
Sarcelle d'été - Sarcelle commune [Sercelle : Niort et ailleurs] - Anas querquedula L. - Nous quitte en avril [Rien sur l'arrivée] Ne semble - presque - pas nicher dans le département : "ne fait guères son nid dans ce département". [Rien sur le passage d'automne]. Contrées bocagères et bord des marais : marais vers Niort, rives de la Boutonne, de la Sèvre, duy Thoué, etc. [Seul le passage prénuptial est détecté. La nidification ne doit pas se faire].
Sarcelle d'hiver - Petite Sarcelle [Petite Sercelle : Niort et ailleurs] - Anas crecca L. - Niche sur les étangs des Deux-Sèvres et reste toute l'année. En hiver les oiseaux quittent les marais et vont sur les rivières. A peu près les mêmes lieux que la Sarcelle d'été ; on en voit beaucoup en hiver à Niort.

Alors que nous sommes dans un "domaine de la chasse" avec cet ouvrage, le Canard Chipeau, le Pilet manquent à l'appel. Vu le contexte de rédaction, ce fait devait être une réalité. On aurait pu penser à quelques cas de nifiication de la Sarcelle d'été, or, il n'en est rien. La nidification de la Sarcelle d'hiver est par contre indiquée ; elle a décliné - disparu [?] - en nidification depuis. On n'a par ailleurs rien sur les Oies grises (rieuse, des moissons), aussi étaient-elles probablement manquantes ! Un autre biais est le fait que l'auteur ne cite que des espèces décrites par Linné (ou Gmelin), l'Oie des moissons décrite par Latham en 1787 ou la Rieuse par Scopoli en 1769, sortent de ce schéma. Sont-elles donc omises par Guillemeau (1806) de ce fait ?

Harles


Harle bièvre - Harle - Mergus merganser L. - Seulement au cours des premiers mois de l'hiver et vont ensuite dans des pays plus chauds. Sur quelques étangs du deuxième arrondissement. [Un oiseau rare, peu connu de l'auteur !].
Harle piette - Piette - Mergus albellus L. - De passage seulement : que pendant l'hiver. Marais et étangs. [L'auteur disant très peu de chose sur cet oiseau ne doit guère le connaître. Il doit être très rare].

Pas de modification fondamentale de statut depuis.

Laridés


Goéland argenté - Grande Mouette cendrée [Goualettte : Niort, marais ; Pivinc : quelques personnes ; Goualand cendré : Vendée] - Larus canus L. - Très commun sur les côtes de l'Océan. Quelques uns dans les marais après un temps d'orage ou des vents du sud-ouest de décembre à mars.
Mouette tridactyle et Mouette rieuse (1) - Mouette tachetée [Goualette : Coulon, Arçay, Jumeau, Bessines, etc.] - Larus tridactylus L. - Le texte de l'auteur semble bien faire référence à au moins deux espèces : la Mouette tridactyle et la Mouette rieuse. La description faite ne semble correspondre qu'à des immatures. Lorsqu'il dit que cet oiseau vole et nage avec vitesse, accompagne les Cachelot et les Phoques, niche dans les rochers maritimes il parle de la Mouette tridactyle. Elle est vue dans les mois d'hiver après des temps orageux et surtout de forts vents de sud-ouest, alors qu'elles sont nombreuses sur les marais de Jumeau, Coulon, Bessines, St Hilaire la Palud, Ayançon, Arçais etc. Et lorsqu'il dit : "mais on en voit encore davantage en été" durant les mois de juin à août, il parle sans contestes de jeunes Mouette rieuses [Rien sur sa nidification, ni même les adultes].

Bien que la situation sont basée sur des confusions, nous pensons avoir résolu l'essentiel de ce qui était connu sur les Laridés à l'époque. On apprends que la Mouette rieuse se montrait dans deux plumages : immature (traité ici) et hivernal (par confusion plus bas à Sternes). Goélands bruns, leucophée par exemple ne devaient pas venir dans le département à l'époque. La diversification est donc significative pour les Laridés après le début du XIXe siècle.

Grèbe


Grèbe castagneux - Castagneux [Calau : Niort, les Loups, dans les marais] - Colymbus minor L. - Assez commun sur les rivières et les étangs, en hiver : moulin des Loups notamment. Souvent aux marchés de Niort entre octobre [novembre] décembre et février. [Rien sur une nidification éventuelle dans le département].

En particulier le Grèbe huppé semblera manquer. Or à l'époque l'oiseau était persécuté pour la plumasserie… il n'y en avait probablement pas dans les Deux-Sèvres en 1806.

Sternes


Guifette noire [Mouette noire : quelques endroits] et Mouette rieuse (2) - Sterna fissipes L. - Assez commune dans les marais en hiver, mais vue aussi en été. Le 25 juin 1802 un individu tué dans le marais du Jumeau est ramené à l'auteur. [Rien sur la nidification éventuelle. Les dates ne conviennent pas bien. Je pense que les données hivernales correspondent à de la Mouette rieuse adulte. La donnée de 1802 pourrait par contre être authentique].

Confusions sur des oiseaux difficiles à préciser à l'époque. Nous pensons d'après cette présentation que la Guifette noire était rare et que la Mouette rieuse se montrait, mais en moinde nombre qu'aujourd'hui en hiver.

Grue, Ardéidés, Cigognes


Blongios nain (1) - Blongios [Parchat : Niort, Coulon, Magné, le long de la Sèvre] - Ardea minuta L. - Pas très commun, fréquemment toutefois le long de la Sèvre entre Niort et Marans. [Il pourrait y avoir une confusion avec le Bihoreau : [A préciser]].
Blongios nain (2) - Butor roux - Ardea soloniensis L. - Ne doit pas être très commun, si bien que l'auteur n'a pas de notes sur cette espèce. Un individu trouvé mort près de Niort.
Cigogne blanche - Cigogne vulgaire - Ardea ciconia L. - De passage seulement dans les Deux-Sèvres, ne niche pas : en février-mars et dès fin août. Niche en Lorraine, en Alsace et surtout dans les Pays Bas.
Grand Butor - Butor [Bitar : marais] - Ardea stellaris L. - [Sans complexe l'auteur dit :] Se trouve dans tous les marais - assez grands - du département. Sédentaire, néanmoins individus migrateurs.
Grue cendré - Grue commune [Gru : paysans] - Ardea grus L. - De passage seulement, en automne entre octobre et décembre et au printemps entre mars et mai. Le 12 mars 1804, l'auteur en vit une troupe de 500 ans passer sur Niort.
Héron cendré - Héron commun [Pouacre : quelques cantons] - Ardea major L. - Sédentaire. Etangs de Juigny, Etang Vieux à Genéton, de Montmusson, des Châteliers, Bois Pouvreau, etc. etc. [La nidification est implicite par sa sédentarité. La nidification coloniale est toutefois décrite].

A la différence d'autres régions de France où le Blongios nain était commun au XIXe siècle, il semble bien rare dans les Deux-Sèvres. Depuis la Cigogne blanche niche suite à une expansion entamée à la fin du XXe siècle, le Grand Butor a disparu, le Héron cendré est mieux connu et meilleurs nicheur. Peu de changement de statut pour la Grue cendrée.

Râles et Marouettes


Marouette ponctuée - Marouette [Hermi jaune ou Filassier : Niort, en Gâtine] - Rallus porzana L. - Migratrice (Voyage). En même temps que le Râle d'eau, disparaît dans le fort de l'hiver. Revient de bonne heure au printemps et repart entre septembre et octobre. [Semble nicher, mais c'est pas clair]. Marais aux environs de Niort. On en voit souvent sur les marchés de cette ville.
Marouette de Baillon - Brunette [Begasse : Niort] - Scolopax pusilla L. - [Traitée de fait parmi les Bécasses et col. dans le chapitre suivant ; nous l'avons rappatriée ici]. Mêmes contrées que la Bécassine sourde : on la voit près de l'Absie, etc.
Râle d'eau [Plongeon : Niort] - Rallus aquaticus L. - Migrateur (Voyage), partiel, car il en reste - au niveau des sources chaudes [Sites non gelés] - en hiver. Etangs du premier et second arrondissements, marais de Bessines, Coulon, Jumeau, Arçat et près de Niort (Bois Châtaigne, etc.).
Râle des genêts - Rallus crex L. - Migrateur (Voyage). S'entends dans le département dès la mi mai, en même temps que les Cailles. Repart en même temps que les Cailles. Nicheur. Environs de Niort (Bois du Châtaignier, etc.), aussi à Chizé et dans quelques Genêts des premier et deuxième arrondissements.

En regard du statut de la Marouette ponctuée ailleurs en France au XIXe siècle on aurait pu espérer une meilleure situation dans les Deux-Sèvres, aussi l'espèce devrait être plutôt méconnue à l'époque par Guillemeau (1806). Les deux autres Marouettes (Baillon et Poussin) ne trouvaient peut-être pas leur bon habitat ici. La Poussin décrite par Scopoli en 1769 a aussi pu échapper à l'auteur qui est centré sur les oiseaux décrits pas Linné comme nous l'avons déjà vu. On constate qu'à l'instar de ce qui est connu ailleurs en France, l'hivernage du Râle d'eau était marginal alors. Enfin le Râle des genêts doit avoir disparu.

Bécasse et Bécassines


Bécasse des bois (1) - Bécasse commune [Becasse des bois : Niort ; Acée (=aiguille) : quelques cantons] - Migratrice (voyage) en troupes. Arrive mi octobre dans nos bois - descends alors de hautes montagnes des Alpes, des Pyrénées, de Suiss, de Savoie, du Dauphiné, du Jura, du Bugey, des Vosges, d'Auvergne où elle passe l'été. La Lune aux Bécasses se trouve en novembre alors que les oiseaux par pleine lune, sont très facilement prises. Retourne en fin d'hiver dans les montagnes où va se reproduire. Très répandue dans tout le département ; beaucoup en Gâtine et dans le deuxième arrondissement. Très commune aussi vers Chizé.
Bécasse des bois (2) - Grande Bécasse [Acée : Argenton Château, premier arrondissement ; Grosse Begasse ou Begasse de haies : Niort] - [Les éléments disponibles sont en faveur de la nidification de ce taxon]. Niort, l'Absie, Argenton Château, Beauvoir, ect. Ses œufs ont un mets friand.
Bécassine des marais - Bécassine commune [Begassine : presque partout] - Scolopax gallinago - Migratrice (voyage). Paraît en automne, souvent seules. Repart au printemps et il n'en reste que très peu en été. Elle niche alors dans nos marais. Marais de Bessines, Coulon, Arçay, Jumeau, bois Châtaigner, la Tranchée, étangs des premiers et deuxième arrondissements.
Bécassine double - Double Bécassine [Roulette : Niort, Ardin, Coulonges… ; Acée : Boësse] - Scolopax dupla [Sans descripteur] - Arrive fin août et n'est jamais très commune [Départ ou passages non précisés]. Marais de Bessines, Coulon, Jumeau et sur les étangs des premier et deuxième arrondissements.
Bécassine sourde - Petite Bécassine [Petite Begassine, Begasson ou Sourde : Niort et ailleurs] - Scolopax gallinula L. - Niche dans nos marais [!!!], reste preque toute l'année. Environs de Niort, Chizé, l'Absie, et, dans tous les pays un peu boisés et marécageux. Pas commune.
Coulis cendré - Bécasse courlis [Turlu, Corbigeau, Corlieu : Niort et dans plusieurs autres cantons] - Nicheur [localisé], oiseaux de passage. Vers Chizée, bois Châtaigner, la Tranchée, marais de Bessines, de Magnée, bords ombragés de la Sèvre, bois marécageux d'Etrusson, etc., etc. [Anecdotique :] Un oiseau turé le 14 octobre 1805 à la Buchellerie, vers Montcoutant par Gaspard Ducrocq.

Pas de grands changements dans le statut de ces espèces : la nidification de la Bécassine sourde peut-être est à repérer !

Foulque et Poule d'eau


Foulque macroule - Foulque commune [Poule d'eau, Morelle ou Jodelle selon les cantons] - Fulica atra L. - Presque toute l'année sur le département, mais plus fréquente en hiver. Faible migratrice. Etangs des premier et deuxième arrondissements, bord de Sèvre, Magné, St Liguaire, Siecq, ect.
Poule d'eau (1) - Poulette d'eau [Petite Poule d'eau : Niort] - Fulica fusca L. - En grand nombre en hiver dans le département des Deux-Sèvres : marais et étangs du département.
Poule d'eau (2) - Fulica chloropus L. - Arrive en octobre, passe tout l'hiver dans notre département dans les secteurs hors de gel [Départs non précisés]. Sèvre niortaise, la Boutonne, le Thouet et sur les étangs du nord et nord-ouest. [Ne semble donc pas nicher].

Pas de changement notable sur le statut de ces deux espèces, sauf évidemment la nidification régulière de la Poule d'eau désormais.

Vanneau et Chevaliers


[?] - Alouette de mer - Tringa cinclus L. - En troupe lors des froids les plus rigoureux en hiver. Arrivent en septembre pas vent d'est et ne font que passer. On en voit près de Niort, sur les bords de la Sèvre (Moulin des Loups), sur les étangs de Beaurepaire (Clessé), de Passavant, de Juigny, et en d'autres points du deuxième arrondissement.
Chevalier gambette - Chevalier commun [Chevalier aux pieds rouges : plusieurs contrées] - Scolopax calydris L. - Se voit parfois dans les marais et près de la Sèvre niortaise. Se trouve plus particulièrement sur les rivages de l'Océan. [Traité deux chapitres plus haut avec les Bécassines, nous l'avons ramené ici].
Chevalier guignette - Guignette - Tringa hypoleucos L. - Solitaire. Arrive dès septembre. Bords de la Sèvre niortaise non navigable (Moulin des Loups, Siecq). [Départs non précisés].
Chevalier culblanc - Bécasseau [Pieds-verts : Niort et environs] - Tringa ochropus L. - Isolé. Nombreux en hiver dans les marais vers Niort depuis août. Marais de Magné, Coulon et bois voisins.
Vanneau huppé - Vanneau [Vana : marais] - Tringa vanellus L. - Arrivent en grandes troupes en (décembre) mars et repartent en octobre. Il n'est pas régulier chaque année. [Rien sur la nidification sinon qu'elle est incluse entre les deux indications d'arrivée et départ : on doit conclure qu'elle a lieu alors]. Marais de Bessines, d'Arçay, de Coulon, de Jumeau, près d'Argenton Château, de la forêt de Chizé, de Beauvoir et dans quelques communes du deuxième arrondissement.

Ce sont bien les Limicoles auxquels on s'attendait, dans des statuts conformes à ceux qu'on connaît aujourd'hui. Les Chevaliers arlequin, aboyeur et sylvain devraient apparaître dans cette liste… mais l'Aboyeur a été décrit par Gunnerus en 1767 et l'Arlequin par Pallas en 1764. Nous retrouvons une problématique déjà soulignée : l'auteur ne semble connaître que les espèces décrites par Linné et omet les autres.

Pluvier et Œdicnème


Œdicnème criard - Grand Pluvier [Courlis de terre : Niort, Chizé ; Pluvier gris : Argenton Château…] - Charadrius œdicnemus L. - Entendu en octobre et novembre. De nouveau de passage au printemps (fin mars). [Semble nicher]. Plaines vers Chizé, landes des Brunetières et plaines de Vouillé, Prahec, St Clément, Aiffres, Niort.
Pluvier doré - Charadrius pluvialis L. - Arrive fin septembre, voire fin octobre. De nouveau de passage en mars-avril. [Hivernage probablement faible : deux passages seulement]. Assez commun dans les Deux-Sèvres : marais vers Niort, bois marécageux des premier et deuxième arrondissements, Chizé sur la Boutonne.

L'Œdicnème est actuellement une nicheur dans le secteur, bien qu'en difficultés récentes. Ce ne semble pas être si clairement le cas selon Guillemeau (1806). Le Pluvier argenté manque toujours, c'est une espèce très maritime à la différence du Pluvier doré. Cette absence est donc normale.

Outardes


GdOutarde1772
Grande Outarde - Outarde [Bitarde : Villiers en Plaine] - Otis tarda L. - Très sauvage. Solitaire, elle n'est en bandes de 8-10 individus que pendant les migrations. Passent régulièrement dans les Deux-Sèvres à l'automne et au printemps, en petites troupes. Ne vient que dans les plaines de Villiers en Plaine, de St Rémi, d'Aiffres et de Vouillé.[ L'indication suivante est un témoin de nidification :] "les habitans de ces communes devraient essayer de les réduire en domesticité, en cherchant à élever les petits."
Outarde canepetière - Petite Outarde [Cane-petière : Niort et ailleurs] - Otis tetrax L. - Très sauvage. Se rassemble en troupes en fin de la belle saison pour quitter le pays. On peut considérer la France comme le pays naturel de cette espèce, car on ne la point en aucune contrée en Europe autant qu'ici. Arrive dans les Deux-Sèvres en avril. On les voit dans les plaiines de Souché, Villiers, Vouillé, parfois dans les prairies marécageuses de Séligné, dans les communes de Massais, Chambon, Ste Radégonde, St Paul de Bouillé, Ulcot, etc.

Si notre lecture est bonne nous avons ici, désignés, parmis les derniers sites de nidification de la Grande Outarde en Poitou-Charente et Vendée. Le déclin récent de l'Outarde canepetière se pose. En définitive dans les années 1970-80 son statut était relativement similaire à celui des années 1800.

Echasse


Echasse blanche - Echasse [Pluvier à longues jambes : dans le marais par endroit] - Migratrice (voyage). Très rare dans les Deux-Sèvres, plus commune en Vendée (secteurs maritimes aidant). On ne la voit pas tous les ans. Quelquefois dans les marais d'Arçay, de Dampbvix, du Vanneau et de St Hilaire la Palud.

Le statut actuel nous semble similaire pour l'Echasse blanche.

En guise de conclusion…


La plupart des ornithologies départementales en France ne datent au plus tôt que des années 1830, et, plus généralement des années 1850. Aussi Guillemeau avec sa publlication de 1806 fait office de précurseur sur cet exercice. On sera étonné par la qualité de ses connaissances sur la biologie et l'écologie des espèces. Par ailleurs il est tout à fait en avance en ce qui concerne les essais de répartition ou la phénologie des oiseaux. Enfin l'usage d'une clé dichotomique est un gage de rigueur et de volonté de bonne détermination des espèces. S'ajoutent une grande richesse de citations de la litterature que nous avons négligé et qui relèvent plus des relations de l'homme et des auteurs aux oiseaux que de la science proprement dite.
On soulignera la fréquence de la présence du Faucon pèlerin, la faiblesse des populations des Rapaces nocturnes, la faible représentation des Turdidés nicheurs qui sont plutôts simplement de passage ou internuptiaux, l'absence du Bruant zizi, l'omission du Moineau soulcie, un statut qui chez les Corvidé est complètement modifié depuis, avec disparition du Grand Corbeau, des venues des Corneilles mantelées, l'installation en nidification du Corbeau freux, de la Corneille noire et la nouveauté du Choucas des tours. L'Alouette calandre a disparu depuis, les Mésanges pas si nombreuses à l'époque. Fauvettes et Pouillots étaient très mal connus au début du XIXe siècle dans les Deux-Sèvres. On ne voit plus de Gélinottes, de Cailles en hiver ou de Perdrix bartavelles. La Perdrix rouge était déjà bien présente ce qui signifie qu'elle n'a pas été seulement été introduite en Deux-Sèvres pour la chasse, mais qu'il y avait des souches indigènes. Tout est à revoir depuis lors pour les Colombidés : Ramier en augmentation, Tourterelle des bois en déclin, Bisets ou Colombins à préciser et enfin venue de la Tourterelle turque dans la deuxième moitié du XXe siècle. Les Pics sont rares et le Pic noir est déjà présent ce qui est une surprise pour moi qui pensait son installation locale, récente. Où sont les Canards chipeau et les PIlets à l'époque : ils ne sont pas cités ! Le Grèbe huppé manque aussi à l'appel. Quelques changements concernent les Hérons : Blongios pas si commun, Grand Butor déjà hivernant… Nous n'oublions pas la disparition du Râle des Genêts, de la Grande Outarde dont on apprends parmi les dernières localités de nidification en Poitou-Charentes. Et une Echasse chasse le reste… statut similaire pour elle.

Oiseaux aquatiques en Poitou-Charentes & Vendée

Plongeons, Grèbes, Fulmar, Pétrels, Cormorans…



Espèces régulières ou présentant quelques effectifs importants


Grand Cormoran - Phalacrocorax carbo (Linnaeus, 1758) - Internuptial très commun sur l'ensemble du littoral, des marais, étangs et cours d'eau importants du Poitou-Charentes. La population hivernale de la région a été évaluée aux dortoirs à 4700 individus, plusieurs centaines sur un même site possibles, dont 60% en Charente-Maritime. Probablement en augmentation comme ailleurs en France depuis les années 1980.
Grèbe à cou noir - Podiceps nigricollis (Brehm, 1831) - Internuptial localisé sur le littoral en particulier autour des îles de Charente Maritime avec quelques dizaines d'individus seulement, mais réguliers. Record de 63 individus à l'île de Ré, Fiers d'Ars, site régulièrement occupé par ce Grèbe. A l'intérieur l'espèce est assez régulière au lagunage de Rochefort notamment et en quelques autres points non loin des côtes en Charente Maritime. Hors ce département l'espèce n'a - récemment - été vue que dans les Deux-Sèvres au Lac de Cébron en décembre 2009 et 2010 avec 4 individus au maximum.
Grèbe castagneux - Tachybaptus ruficollis (Pallas, 1764) - Espèce nicheuse en déclin (-30%), ce qui est contraire à la tendance nationale. Internuptial assez commun, dispersé sur l'ensemble de la région, tant sur les côtes que dans les terres. Le site de la résurgence de la Touvre peut intéresser plusieurs centaine d'oiseaux (maximum proche de 400 oiseaux). Ce site montre des effectifs en léger déclin depuis les années 2000.
Grèbe huppé - Podiceps cristatus (Linnaeus, 1758) - Espèce présente toute l'année, nicheuse. C'est en période internuptial un oiseau vu en divers endroits tant sur les côtes que sur les étangs. L'espèce est en hiver sur les secteurs d'étangs des Deux-Sèvres, ceux en limite entre Vienne et Charente et sur le littoral ou autour des îles. Le barrage du Cébron créé dans les années 1980 attire aussi cet oiseau. Les effectifs internuptiaux semblent stables dans la région.
Plongeon catmarin - Gavia stellata (Pontoppidan, 1763) - Internuptial localisé sur le littoral, notamment autours des îles de Charente Maritime. Ce sont quelques dizaines d'individus épars qui sont présents. Record de 63 individus ke 28 décembre 2010 en Oléron. Très exceptionnel dans les terres (un les 13 et 14 décembre 2011 à Moutiers sous Argenton).
Puffin des Baléares - Puffinus mauretanicus (Lowe, 1921) - Internuptial noté essentiellement en période de migration sur les côtes des îles de Charente-Maritime, ainsi qu'au large de la Presqu'île d'Arvert. Tout à fait occasionnel en hiver avec seulement deux données récentes en Oléron (3-4 individus le 11 décembre 2010 et 1 le 9 janvier 2012).

Espèces peu communes ou rares, à effectifs faibles, souvent localisées


Cormoran huppé - Phalacrocorax aristotelis (Linnaeus, 1761) - Internuptial en très faible nombre, hivernant sur les îles de Ré et d'Oléron. Les hivernants sont réguliers, les mêmes comme en témoigne la lecture de bagues, avec notamment depuis 2008, un à quatre oiseaux dans le nord d'Oléron. Une lecture révèle qu'un oiseau été né dans le Morbihan.
Fou de Bassan - Morus bassanus (Linnaeus, 1758) - Internuptial signalé en faible nombre sur les côtes des îles d'Oléron et de Ré, parfois dans les Pertuis Breton et d'Antioche. Les mentions hivernales proviennent quasiment toutes des îles déjà citées, mais aussi de Fouras, généralement pas plus de 10 individus contactés, sauf à Chassiron où ce sont parfois une centaine de Fous qui sont comptés.
Grèbe esclavon - Podiceps auritus (Linnaeus, 1758) - VUw France - Internuptial très localisé, présente notamment sur les côtes de l'île de Ré, ainsi qu'en moindre effectif en Oléron, parfois aussi vers La Rochelle. Ce ne sont pas plus de 20 hivernants qui sont indiqué en Ré.
Plongeon arctique - Gavia arctica (Linnaeus, 1758) - Internuptial très localisé sur le littoral, notamment autour des îles de Charente Martime. On ne compte pas plus de 30 hivernants au total, épars. Exceptionnel dans les terres (un le 21 décembre 2012 à Ste Gemme.
Plongeon imbrin - Gavia immer (Brünnich, 1764) - VUw France - Internuptial très localisé sur le littoral, presqu'exclusivement autour des îles d'Oléron et de surtout l'île de Ré. On y compte une dizaine d'hivernants, réguliers chaque année. Mentions très rares dans le terre en général au coeur de l'hiver (décembre ou janvier). Une observation du 25 novembre au 1er décembre 2019 à Pescalis le Grand Etang (Deux-Sèvres) sort de ce contexte et paraîtra exceptionnelle.
Océanite tempête - Hydrobates pelagicus (Linnaeus, 1758) - Internuptial exceptionnel, rossé sur les côte lors des tempêtes, mais n'a été signalé qu'un très faible nombre de fois, cadavres compris y compris dans les terres (une mention). Commun en automne ou en début d'hiver au large dans le Golfe de Gascogne.

Espèces très rares, très localisées ou occasionnelles


Fulmar boréal - Fulmarus glacialis (Linnaeus, 1761) - Occasionnel, détecté lors d'échouages en période internuptiale : trois cas sur les côtes. Même par tempête cet oiseau n'a pas été vu lors de séances de seawatching.
Grèbe jougris - Podiceps grisegena (Linnaeus, 1758) - Internuptial occasionnel à très rare, très localisé notamment au niveau des îles de Ré et d'Oléron. Les effectifs sont très faibles et en déclin depuis les années 1970. Exceptionnel dans les terres (un le 30 janvier 2011 à Availles Limouzine).
Océanite culblanc - Hydrobates leucorhous (Vieillit, 1818) - Internuptial aux contacts aléatoires suite à des tempêtes particulières. Ainsi ce sont plus de 1000 individus qui sont comptés depuis La Tremblade ou l'île d'Oléron le 23 novembre 2009 suite à la tempête Ludwig, des échouages et cadavres nombreux sont découverts ailleurs sur les côtes. Les hivers suivants ce ne sont que trois mentions d'oiseaux isolés qui sont rapportées.

Références


Mercier F. & Cohendoz S. (coord.) 2019 - Atlas des oiseaux en hiver du Poitou-Charentes (2009-2013). - Poitou-Charentes Nature. - PDF LINK