Riparia riparia

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[Deliry C. 2026] – Riparia riparia - in Histoires Naturelles (1999-[2026]) – Version 14073 du 13.03.2026. – deliry.com


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Planche de Naumann (XIXe siècle)

Riparia riparia

Hirondelle de rivages - Hirondinidés
syn. - Cotyle riveraine, Cotyle de rivage, Hirondelle d'eau, Hirondelle des sables, Martinet des rivières

Cette espèce présente une dynamique fluctuante naturelle associée aux aléas climatiques dans son aire d'hivernage en Afrique sahélienne. Les colonies sont éphémères si l'habitats, des murs de sable pour la reproduction, n'est pas naturellement restauré. Des interventions humaines de restauration et de dégagement de la végétation envahissante sont favorables à son maintien, ainsi que le maintien de la tranquillité car l'espèce est sensible aux dérangements répétés. Des signes de déclin, sur ce fond de fluctuation, sont lisibles en France dans les années 2000 et approchent la moitié des effectifs en tendance générale.

Répartition - 5,4-9,5 M cp dont 3-5 M en Russie (Europe : 2008).
Espèce Holarctique représentée par la sous-espèce type, Riparia riparia riparia sur une vaste aire de reproduction allant de la zone subarctique à la zone méditerranéenne, ce qui couvre l'Europe, l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient jusqu'en Sibérie orientale au niveau du Kamtchatka, l'Asie au nord du Kazakshstan et du Lac Baïkal. On trouve aussi l'espèce en Amérique du Nord. L'espèce peut nicher sur son domaine d'hivernage comme au Tchad (Hering 2026).

France [] - LC 2011, 2016 - DDmig 2016 - 50000-150000 cp (2008). Espèce à surveiller, fluctuante : en déclin notamment sur la Bassin de la Seine (-50%) et des signes de déclin du même ordre sont notés ailleurs. Sur le Bassin de la Durance les effectifs fluctuent entre 100 et 800 cp selon les années. La disparition de grosses colonies peut être subit et affecter l'effectif d'une région entière.
Présente régulièrement dans le deux-tiers nord de la France, plutôt commune, mais de densité inégale selon les région. Elle est bien représentée sur le Bassin de la Loire riche en zones sablonneuses nécessaires à sa nidification (25000 cp, fluctuante : 2004). On la trouve aussi sporadiquement sur tout le littoral, pourvu qu'il soit favorable. En nidification, elle manque dans les zones montagneuses (Alpes, Pyrénées, sud du Massif Central), absente de Corse, plus rare dans les régions au réseau hydrographique moins dense en plaine. En déclin généralisé en France, fluctuations avec des éléments de progression non significatif (+45%) depuis 2001 (Stoc : [2011]). Elle hiverne en Afrique sahélienne.

Habitats - Elle niche dans les grandes vallées de plaine et sur certaines façades littorales pourvu qu'il y ait des berges meubles, généralement sablonneuses, où elle peut creuser son nid. Les altitudes occupées sont relativement faibles avec des records juqu'à 1000 m dans le Doubs. La dynamique fluviale naturelle ou maritime est nécessaire au maintien des murs de sable qu'elle occupe et par défaut des "falaises" artificielles ou restaurées par l'Homme sont favorables. Le développement de la végétation réduit sa présence. Elle est sensible par ailleurs au dérangement répété. Lors de ses migrations elle peut se déplacer dans tous types d'habitats généralement ouverts et se regroupe la nuit dans des dortoirs d'étape, parfois à raison de plusieurs milliers d'oiseaux. Cette espèce se déplace en période diurne. En période internuptiale, le détachement des habitats ripicoles se retrouve en Afrique où on la voit y compris dans la savane arborée.
En nidification elle tend à rester près de la colonie, chassant à proximité des nids-terriers, et ne va plus loin que si la colonie est éloignée des sites favorables à la chasse qui sont au-dessus des surfaces d'eau. Les colonies vont de quelques dizaines à quelques centaines de couples, et même plus du millier sur certaines localités du bassin de la Loire.

Phénologie - Elle est dispersée aux deux passages, y compris loin des habitats ripicoles, mais dort toutefois groupée par exemple dans des roselières[1]. En France les retours les plus précoces se déroulent vers la mi-février, mais l'essentiel des effectifs n'arrivent guère avant la mi-mars et plus au nord début avril, le passage se prolongeant jusqu'en mai. Des arrivées tardives ont lieu entre fin-mai et début juin pour des couples attirés par les colonies, généralement formés d'individus nés l'année précédente. Dans le pays ses arrivées sont réputées de plus en plus précoces (Dubois 2007). En Picardie, elle arrive en mars (record 26 février 2000 : Commecy & al. 2013).
La nidification a lieu entre mars et août. Le nid-terrier est principalement creusé par le ♂, mais la ♀ participe. La creusement prend une quinzaine de jour et est effectuée de manière synchrone par tous les membres de la colonie. Suivent immédiatement les accouplements et la ponte. Les œufs ont couvés une quinzaine de jour, principalement par la ♀, mais le ♂ participe. L'élevage et le nourrissage dure près de 3 semaines (18-23 jours) et dépend des ressources et des conditions météorologiques pour sa durée. L'envol de la première nichée se déroule de manière synchronisée entre fin-mai et début juin. Alors que la ♀ prépare une seconde ponte, le ♂ accompagne les jeunes envolés pendant encore près d'une semaine. Ces derniers retournent au nid pour dormir la nuit, puis ils se dispersent groupés dans le paysage, se rassemblant en dortoirs post-nuptiaux essentiellement sur de grandes roselières. Une seconde nichées plus "désordonnée" produit des jeunes à l'envol vers la mi-août. Ils sont issus des couples initialement présent au début du printemps sur les sites, complétés de jeunes couples à leur premier été ne participant alors qu'à la seconde volée de reproduction.
Les départs commencent vers la mi-juillet, de manière dispersive et concerne essentiellement les jeunes de la première nichée. Les sites sont désertés vers la mi-août. Alors opèrent des rassemblement post-nuptiaux où les oiseaux prennent des réserves avant le grand départ. La migration postnuptiale a lieu en France entre début août et la mi-octobre, avec des oiseaux attardés jusqu'en novembre. Les premières arrivées sont enregistrées en Afrique vers la mi-octobre, ce qui signifie que le déplacement se fait avec de longues haltes de toute évidence.
L'hivernage au Sahel affecte fortement les populations les hivers les plus secs, pouvant décimer jusqu'à 90% des oiseaux présents. Cette espèce vit plus de 10 ans.

Biologie - Son alimentation se compose des petits Insectes disponibles à proximité des colonies où elle chasse généralement. En période internuptiale l'alimentation est similaire où grès des localités.


••• Grand Poitou
NT 2018
La densité relativement réduite du réseau hydrographique conduit à une certaine rareté de l'espèce sur la région.


••• Limousin
VU 2015


••• Auvergne
LC 2015, NT 2024 AuRA


••• Rhône-Alpes & Dauphiné
EN 2008 (Populations faibles et fluctuantes), NT 2024 AuRA
1800-4200 cp (1997-98), 2450-3700 (2002-06) - Quelques centaines de migrateurs aux cols à chacun des passages.
Nicheuse migratrice, peu commune, en déclin sur fond de fluctuations. Dispersive postnuptiale (dès juillet), assez commune aux deux passages : (début février) fin mars, mi avril-mi septembre, début octobre (mi novembre), le passage prénuptial en 2008 est noté jusqu'au 18 mai. La fourchette moyenne du 26 mars au 5 octobre était notées dans les années 1960-90 (Deliry 2017).
Très fort déclin en Isère (1998). Nicheuse en expansion dans la région depuis les annes 1970, mais globalement en déclin numérique. Très fluctuantes (dynamique affectée par l'hivernage en zone sahélienne et par la disparition subite de certaines colonies devenues défavorables ou dérangées), elle tend à décliner gravement au cours des années 2000 (Deliry 2017 et compléments).


••• Grande Provence
NT 2020


••• Corse
NA 2017 - Cette espèce ne niche pas régulièrement en Corse où elle est généralement simplement signalée aux deux passages.


Coffre H. & Deliry C. 1998 - Le Guêpier d'Europe Merops apiaster et l'Hirondelle de rivage Riparia riparia en Isère. - CORA Isère, Conseil Général de l'Isère.
Commecy X. (Coord.) 2013 - Les oiseaux de Picardie. Historique, statuts et tendances. - L’Avocette, n° spécial, 37 (1) : 352 pp. - BiB
Deliry C. 2017Catalogue des oiseaux de la région Rhône-Alpes. – Histoires Naturelles n°6 (1ère édition 2009). – PDF
Dubois P.J. 2007 - Avifaune française et changements climatiques. Une évaluation. - LPO : non paginé (53 pp.). - BiB
Hering J. 2026 - L’Hirondelle de rivage Riparia riparia, nouvelle espèce nicheuse au Tchad et en zone afrotropicale. - Alauda, 94 (1) : 13-24.
Linossier J., Faggio G. & Bosc V., 2017 - Liste rouge régionale des oiseaux nicheurs, reptiles et amphibiens de Corse. - UICN France – Office de l’Environnement de la Corse – DREAL Corse. - PDF LINK
Noël F. 2006 - L’Hirondelle de rivage Riparia riparia dans le bassin de la Loire en 2004. - Ornithos, 13 (6) : 329-335.



> The Sand Martin Trust (GB)


Notes

  1. Au Lac de Grand Lieu (Loire-Atlantique), ce sont des dizaines de milliers d'Hirondelles de rivage qui peuvent faire une halte migratoire au dortoir (G.Jarry & F.Ibanez, com.).