Aurel & Joan TF
Comment les carottes glaciaires permettent-elles de reconstituer le climat passé ?
La calotte glaciaire de l’Antarctique est une grande masse de glace alimentée par les précipitations de neige. Cette glace s’écoule lentement vers la mer, formant des glaciers et des plateformes de glace flottantes appelées « ice shelf ». Sous l’effet des vents froids et des courants océaniques, certains morceaux de glace se détachent pour former des icebergs. L’eau chaude qui remonte sous la plateforme fait fondre la glace, contribuant à la montée du niveau des océans. Cette interaction entre glace, océan et atmosphère est importante pour comprendre le climat de la Terre.

Chaque jour, les stations météo mesurent différentes caractéristiques de l’atmosphère, comme la température, la pression, l’humidité, la vitesse du vent ou les précipitations. Ces mesures servent à faire les prévisions météo, qui concernent l’état de l’atmosphère à un moment précis et à un endroit donné. Quand on analyse ces données sur plusieurs dizaines d’années, on obtient une idée globale des conditions atmosphériques sur le long terme, c’est ce qu’on appelle la climatologie. La paléoclimatologie, elle, étudie comment le climat a changé sur des milliers ou des millions d’années.
Pour connaître le climat du passé, on peut étudier les glaces des pôles. Les calottes polaires se forment grâce à l’accumulation de couches de neige qui se transforment en glace au fil des années. Pendant ce processus, la glace emprisonne des bulles d’air, des poussières, des roches et même des substances radioactives. Ces éléments restent bien conservés dans la glace et montrent quelles étaient les conditions de l’atmosphère et de l’environnement à l’époque où ils ont été piégés. Ainsi, la glace des pôles contient beaucoup d’informations précieuses sur le climat ancien.
Grâce aux techniques de forage, les glaciologues peuvent prélever, sur plusieurs milliers de mètres d’épaisseur de glace, de longs cylindres qu’on appelle carottes.



Le forage de Vostok en Antarctique, commencé en 1998, a permis de prélever de la glace vieille de 420 000 ans, à plus de 2600 mètres de profondeur. Grâce à ces glaces, les scientifiques ont montré qu’il y a un lien direct entre la quantité de gaz à effet de serre dans l’air (comme le CO₂ et le méthane) et la température à la surface de la Terre. Le graphique montre que pendant les 400 000 dernières années, quand la concentration de ces gaz augmente, la température augmente aussi. Depuis 1960, on remarque que la quantité de CO₂ a fortement augmenté à cause des activités humaines.
Les informations contenues dans la glace aident à mieux comprendre comment fonctionne le climat de la Terre. Mais aujourd’hui, la fonte des calottes polaires et des glaciers s’accélère fortement. Cela a des conséquences sur l’environnement, les sociétés humaines et l’économie, et menace aussi la « mémoire » du climat conservée dans la glace.Pour préserver ces archives, les glaciologues réalisent des forages pour créer une banque mondiale d’échantillons de glace.
