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Méthodologie UICN Listes Rouges

Les Listes Rouges définissent le risque de disparition des espèces (LR)… et nous le voyons plus loin des écosystèmes (LRE) (méthode à préciser). La méthodologie de désignation des risques s'appuie sur des connaissances en terme de dynamisme des populations et extictions, selon des catégories définies par l'UICN. Si une Liste Rouge mondiale [2] est préparée par l’UICN au jour le jour, diverses Listes Rouges dites « régionales » (pays, régions, voire départements)[1], sont également préparées [3].

Une Liste Rouge est après l’inventaire simple des espèces d’un groupe donné d’êtres vivants, une étape préliminaire à la conservation organisée de l’environnement… il reste avec la mise en place de Priorités de connaissances, de conservation, de communication encore beaucoup de travail à faire pour réaliser une conservation intégrée de notre espace naturel… chaque élément améliore la pertinence des actions, les actions doivent être entamées selon des priorités et peu à peu la construction d’actions globales viendront renforcer l’efficacité que nous aurons au maintien de la Biodiversité.

Présentation et utilité des Listes Rouges

  • Une Liste Rouge constitue un inventaire le plus complet possible de l’état de conservation des espèces. C’est une liste des espèces menacées à un moment donné, sur un territoire donné.
  • Elle s’appuie sur une série de critères précis pour évaluer le risque de disparition des espèces et permet de dégager des catégories de menace.
  • L’évaluation se fait à partir des connaissances disponibles.
  • Fondée sur une solide base scientifique, la Liste rouge selon la méthodologie de l’UICN est reconnue comme l’outil de référence le plus fiable sur l’état de la diversité biologique.
  • Son but essentiel consiste à mobiliser l’attention du public et des responsables politiques sur l’urgence et l’étendue des problèmes de conservation, ainsi qu’à inciter la communauté à agir en vue de limiter le taux d’extinction des espèces menacées.
  • Une Liste Rouge évolue en fonction des révisions successives, en se basant sur de nouvelles connaissances, et permet de surveiller la compréhension et l’évolution des populations régionales des espèces.
  • Elle sert de base à la définition de priorités de conservation (mais ne définie pas ces priorités qui doivent être établies a posteriori).
  • L’évaluation est précédée par une phase de récolte d’informations. Elle est alors réalisée en deux étapes : évaluation globale puis adaptation régionale (ou régionalisation).
  • La Liste Rouge sera d’abord préparée de manière résumée (Liste Rouge) et sera suivie de la rédaction d’un document plus complet (Livre Rouge, Red Data Book), permettant à terme la mise en place de Priorités régionales de * Conservation (Pc) et de dégager en parallèle un état des connaissances utiles à la désignation de Priorités de Connaissances ou de Recherche.

Première étape – Evaluation brute – Evaluation globale du degré de menace

On établie l’évaluation selon 5 critères.

A. Déclin des populations d’individus matures
B. Faiblesse de la surface géographique potentielle (aire de répartition) ou réelle (zone d’occupation constatée)
C. Faiblesse des populations accompagnées d’un élément concernant le déclin de la répartition, l’occupation, des habitats… qui vient fragiliser de telles populations
D. Très grande faiblesse des populations, voire faible nombre de localités
E. Analyses quantitatives permettant de désigner une probabilité d’extinction selon un pas de temps donné : probabilité d’extinction (%) d’ici x années

  • L’évaluation est menée à partir des connaissances disponibles (enquête et compilation réalisée pour l’essentiel) en suivant une méthodologie stricte et adaptée aux éléments de la dynamique des populations de chaque groupe d’espèce.
  • Par exemple la Liste Rouge rhônalpine des Vertébrés terrestres concerne les Amphibiens, les Reptiles, les Oiseaux et les Mammifères. Chacun des état biologique s’il diffère nettement des précédents est appliqué. En priorité la période de Reproduction est évaluée. Pour les Oiseaux et les Chiroptères, s’il y a lieu, l’évaluation concerne aussi la Migration et la période Hivernale.
  • Si les informations (terme plus juste que données dans le contexte) sont notoirement insuffisantes, l’espèce est considérée comme Non Evaluée (NE).
  • Si les informations sont insuffisantes, que nous manquons d’éléments pour classer l’espèce dans une ou l’autre des catégories de menaces, l’espèce est classée dans la catégorie Informations insuffisantes (DD).
  • Si les informations sont suffisantes, au moins sur un des aspects de l’évaluation, l’évaluation se poursuit.
  • L’espèce est considérée comme disparue de la région (RE), si aucune mention n’est disponible depuis plus de 10 ans.
  • L’espèce est considérée comme menacée si elle répond à l’un ou l’autre des critères précisés dans la méthodologie. Selon le cas, elle est classée en catégorie : En Danger Critique de disparition (CR), En Danger (EN) ou Vulnérable (VU).
  • Si un ou plusieurs critères sont presque remplis, la catégorie adaptée est Quasi Menacée (NT).
  • Si aucun critère n’est rempli après évaluation, l’espèce est classée en catégorie Préoccupation Mineure (LC).

Lors de toute situation incertaine, c’est la catégorie la plus critique qui est appliquée (principe de précaution).

Deuxième étape – Processus de Régionalisation – Evaluation nette

Il s’agit d’un ajustement des catégories brutes à la situation régionale qui est un « système ouvert ». Les populations débordent sur les régions voisines et les flux potentiels entre les régions nécessitent des ajustements.

  • Après la première étape, suit un processus de « régionalisation » qui consiste à adapter les catégories brutes, en catégories nettes appliquées au niveau régional.
  • Ce processus est basé sur le fait que la région ne présente qu’une portion en général, des populations d’une espèce ou un taxon donné. Selon les flux entrant et sortant des populations dans la région, l’état des populations à l’extérieur de la région, de l’état des populations régionales et de la connaissance de chacun de ces aspects, les catégories brutes sont montées (upgrading), descendues (downgrading) d’un (exceptionnellement deux) niveau : par exemple : de la catégorie VU à la catégorie EN, ou inversement de la catégorie VU à la catégorie NT, selon les éléments disponibles.
  • De manière générale, il s’avère que cette phase se traduit le plus souvent par un maintien de la catégorie initialement indiquée (stand by).
  • Un Guide pratique pour les Listes Rouges régionales a été édité.

Les Catégories

Références

Barneix M. & Gigot G. 2013 – Listes rouges des espèces menacées et enjeux de conservation : Etude prospective pour la valorisation des Listes rouges régionales – Propositions méthodologiques. – SPNMNHN, Paris : 63 pp.
Deliry C. 2013Listes Rouges et espèces patrimoniales de Rhône-Alpes. – Histoires Naturelles n°32 : 149 pp. – PDF
de Thiersant M.P. & Deliry C. 2008 – Liste Rouge des Vertébrés Terrestres de la région Rhône-Alpes. – CORA Faune Sauvage.
UICN 2012a – Catégories et critères de l’UICN pour la Liste rouge : Version 3.1. Deuxième édition. – Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. UICN, Gland, Suisse et Cambridge, Royaume-Uni : 32 pp.
UICN 2012b – Lignes Directrices pour l’Application, au Niveau Régional, des Critères de l’UICN pour la Liste Rouge. – Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. UICN, Gland, Suisse et Cambridge, Royaume-Uni : 44 pp.
UICN France 2011 – Guide pratique pour la réalisation de Listes rouges régionales des espèces menacées. – Méthodologie de l’UICN & démarche d’élaboration : 56 pp.

Liens Internet

> IUCN Red List (version permanente et régulièrement mise à jour)IUCN site Internet
> Présentation de la Liste Rouge mondiale des espèces menaces (UICN France)
> Présentation des Listes Rouges régionales des espèces menacées (UICN France)Listes régionales labellisées
> Liste Rouge des espèces menacées de France (UICN France)
> Isère : Les Listes Rouges


Page préparée le 20 décembre 2020 et révisée le 12 mai 2024[2]. - Cyrille Deliry


Notes

  1. Des listes rouges départementales ont par exemple été réalisées pour divers groupes de la Faune comme en Isère qui est un département moteur dans ce domaine depuis les années 1980 [1]. Ce travaux ont été initiés dans ce département sous l’impulsion de la FRAPNA Isère puis du GRPLS pour les Odonates. En ce concerne les Vertébrés, Poissons compris, La Niverolle et le CORA Isère ont pris le relais sur ce travail initialement sous la coordination de David Loose et Cyrille Deliry (Loose & al. 2014). Dans le Sud-Est de la France de telles listes concernent notamment les Odonates pour chacun des départements de Rhône-Alpes et les Hautes-Alpes et menées au milieu des années 2010 sous la coordination de Cyrille Deliry (GRPLS). L’Isère est aussi moteur dans ce concept avec sa Liste Rouge départementale des Orthoptères. En 2024 le Histoires Naturelles collaborent avec La Selysienne à la révision de la Liste Rouge des Odonates de la Drôme. Celle-ci est réalisée sous la direction de la coordination drômoise du Groupe Sympetrum et la direction de Jean-Michel Faton. Il convient de souligner qu’UICN France ne valide pas de telles listes rouges départementales, qui ont un temps été nommées sous le terme de Liste d’Alerte ; sans succès, et ajoutant de la confusion à la communication d’ensemble, ce terme n’est plus utilisé.
  2. Ajustements et compléments bibliographiques le 19 août 2024.