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Page créée avec « {{Minéraux}} == Saphirs == == Saphirs trapiches dans la région nantaise == right|250pxLes Saphirs [5] trapiches (c’est à dire ressemblant à une roue dentée) de la Mercredière ont été originellement dénommés Saphirs « étoilés ». Il s’agit évidemment de corindons [2]. C’est une minéralisation rare et difficile à découvrir, très localisée dans un vignoble de la région nantaise situé au Pallet (Loire-Atlantique).... »
 
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[[Fichier:Trapiche.png|right|250px]]Les Saphirs [5] trapiches (c’est à dire ressemblant à une roue dentée) de la Mercredière ont été originellement dénommés Saphirs « étoilés ». Il s’agit évidemment de corindons [2]. C’est une minéralisation rare et difficile à découvrir, très localisée dans un vignoble de la région nantaise situé au Pallet (Loire-Atlantique). Le gisement est presque épuisé à l’affleurement. On peut trouver sur le site des [[amphiboles]] ([[amphibolites]] ∂11 sur la carte géologique de Clisson), des [[gneiss]] (souvent amphibolifère), des [[gabbros]] ou des [[péridotites]] [[Serpentinite|serpentinisées]], ainsi que parfois de belles cristallisations de [[calcédoines]] bleutées, de [[quartz]] ou de [[chrysotile]]. Les éléments qualitatifs sont en faveurs de fragments d’une série de type ophiolithique donc de croûte océanique. Un fragment de manteau riche en [[amphiboles]] (cf. [[amphibolites]]) est un contexte propice à la formation de [[corindons]]. On trouve encore des lentilles de [[corindons]] se formant en métamorphisme de contact avec des roches ultrabasiques, ce qui pourrait être le cas ici (cf. [[amphibolites]] à [[corindons]] de Chantel en France). Ils s’agit de terrains [[précambrien]]s [[Métamorphisme|métamorphisés]] (orogénèse cadomienne probablement).
[[Fichier:Trapiche.png|right|250px]]Les Saphirs<ref>Le mot Saphir signifie « pierre précieuse », issu du latin classique ''sappirus'' ou du bas latin ''sapphirus'' terme provenant du grec σαπφειρος, issu de l’araméen ''sampι ̄r'' ou de l’hébreu biblique ''sappι ̄r'' remontant plus loin encore d’une langue indienne ancienne ''śani-priyám'', mais cette dernière association étymologique est contestée par certains auteurs. Le mot est écrit pour la première fois en français vers 1121-1134 sous l’orthographe plurielle ''saphires'' dans le ''Bestiaire de Philippe de Thaon''. L’orthographe actuelle de ''saphir'' se trouve chez Buffon en 1779 dans son ''Histoire Naturelle des Oiseaux''. Le terme semble alors principalement utilisé pour la couleur bleu saphir, mais le gemme refait surface en 1907 lorsqu’on parle de pointe de saphir pour un phonographe.</ref> trapiches (c’est à dire ressemblant à une roue dentée) de la Mercredière ont été originellement dénommés Saphirs « étoilés ». Il s’agit évidemment de corindons<ref> Les [[corindons]] sont des oxydes d’alumine (Al<sub>2</sub>O<sub>3</sub>) de système [[rhomboédrique]], se caractérisant par leur très grande dureté (9), proche de celle du [[diamant]] (10) et leur couleur variable. Il s’agit d’un minéral infusible et qui n’est pas attaqué par les acides. Les variétés gemmes sont colorées transparents. Ce sont le [[rubis]] pour la couleur rouge, ou, les [[saphirs]] pour les autres colorations. Ce sont des éléments chromophores qui viennent se substituer à l’[[aluminium]] et nuancent la couleur des [[corindons]] (par exemple le [[rubis]], rouge, est coloré par du chrome, le [[saphir]], bleu, par du fer et du titane). Il s’agit de ne pas les confondre avec les spinelles (dureté 8) dont le système cristallin est cubique. En raison de leur grande dureté on peut les trouver hors des gîtes originels dans des matériaux remaniés comme des sédiments détritiques. Si les variétés opaques sont traités en abrasifs (emeri). Le [[Corindon]] commun est nommé Emeri. En réalité c’est associé avec la [[Magnétite]], l’[[Hématite]] et le [[Spinelle]], que de [[Corindon]] forme une roche nommée Emeri.), les variétés limpides sont taillées en [[gemmes]]. Selon Garnier & al. (2004) terme [[Corindon]] vient du Sankrit ''kuruvinda'' qui signifie « pierre dure », devenu en langage populaire Dravidien, ''kurund'' (c’est le nom qu’on utilise en allemand), transcrit en [[Corindon]] en Occident. D’autres sources associe ce nom au Tamoul ''Kurmidam'' et il n’est pas exclu que les sources se confondent quelque part.
{{P|Saphirmada.jpg|Saphir de Madagascar – ©© bysa – Parent Géry – Wikimedia commons<br>Ce minéral bleu dans cet exemple est accompagné ici d’[[amazonite]] (blanche) et de [[biotite]] sombre)}}</ref>. C’est une minéralisation rare et difficile à découvrir, très localisée dans un vignoble de la région nantaise situé au Pallet (Loire-Atlantique). Le gisement est presque épuisé à l’affleurement. On peut trouver sur le site des [[amphiboles]] ([[amphibolites]] ∂11 sur la carte géologique de Clisson), des [[gneiss]] (souvent amphibolifère), des [[gabbros]] ou des [[péridotites]] [[Serpentinite|serpentinisées]], ainsi que parfois de belles cristallisations de [[calcédoines]] bleutées, de [[quartz]] ou de [[chrysotile]]. Le11s éléments qualitatifs sont en faveurs de fragments d’une série de type ophiolithique donc de croûte océanique. Un fragment de manteau riche en [[amphiboles]] (cf. [[amphibolites]]) est un contexte propice à la formation de [[corindons]]. On trouve encore des lentilles de [[corindons]] se formant en métamorphisme de contact avec des roches ultrabasiques, ce qui pourrait être le cas ici (cf. [[amphibolites]] à [[corindons]] de Chantel en France). Ils s’agit de terrains [[précambrien]]s [[Métamorphisme|métamorphisés]] (orogénèse cadomienne probablement).


Notons en outre qu’on peut aussi découvrir des outillages préhistoriques sur le site qui se trouve près de la Sèvre.
Notons en outre qu’on peut aussi découvrir des outillages préhistoriques sur le site qui se trouve près de la Sèvre.
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{{Pv|Saphirs.png|Planche originale de l’article de Baret (1885) qui annonce la découvertes des Saphirs trapiches}}
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[[Fichier:Muscadet.jpg|left|200px]]Leur origine est mal comprise. On pense à un métamorphisme local d’un [[granite]] riche en Alumine sous forme de [[gneiss]], ou, à la formation d’une plumasite [1] qui au contact des roches encaissantes aurait produit les dits [[corindons]]. La plumasite est une roche riche en oligoclases et en [[corindons]].
[[Fichier:Muscadet.jpg|left|200px]]Leur origine est mal comprise. On pense à un métamorphisme local d’un [[granite]] riche en Alumine sous forme de [[gneiss]], ou, à la formation d’une plumasite<ref>Ce nom vient de la localité de Plumas en Californie qui présente de telles minéralisations. Le nombre de localités de plumasite dans le monde est relativement limité.</ref> qui au contact des roches encaissantes aurait produit les dits [[corindons]]. La plumasite est une roche riche en oligoclases et en [[corindons]].


{{P|Mercredier.png|Extrait de la feuille 1/50000 de Clisson – Les [[amphibolites]] ∂11 sont visibles par loupes alignées au sud de cet encart. Elles sont sinon selon une longue bande plus large au nord. Le site de la Mercredière (trait jaune) se distingue par la présence de [[serpentinites]] (Λ). Le contexte est aussi particulier par la proximité d’une faille et un fond formé d’[[orthogneiss]] (ξγ4), ce qui diffère des [[micachischistes]] (ξ2) pour les loupes les plus au sud. – En sur-image : extrait de la carte topographique.}}
{{P|Mercredier.png|Extrait de la feuille 1/50000 de Clisson – Les [[amphibolites]] ∂11 sont visibles par loupes alignées au sud de cet encart. Elles sont sinon selon une longue bande plus large au nord. Le site de la Mercredière (trait jaune) se distingue par la présence de [[serpentinites]] (Λ). Le contexte est aussi particulier par la proximité d’une faille et un fond formé d’[[orthogneiss]] (ξγ4), ce qui diffère des [[micachischistes]] (ξ2) pour les loupes les plus au sud. – En sur-image : extrait de la carte topographique.}}


Les [[corindons]] sont formés d’aluminium et d’oxygène, deux atomes particulièrement abondants. Cependant s’ils sont si rares est qu’ils ne cristallisent que dans des environnement pauvres en silicium, un atome très généralement présent dans la plupart des contextes géologiques. Les contextes fréquents avec des [[silicates d’alumine]] ne conviennent donc pas ([[feldspaths]], [[micas]] notamment). Les [[corindons]] sont incompatibles avec le [[quartz]] [3]. Il convient par ailleurs que l’environnement soit enrichi en [[aluminium]] et la présence de chromophores (Cr pour le rubis, Fe et Ti pour les saphirs) favorise la formation de gemmes. Les principaux modes de formation du corindon concernent un contexte magmatique associé à des basaltes, source principale des saphirs ([[corindons]] bleus, verts ou jaunes) dans le Monde ou des contextes métamorphiques. Dans ce dernier cas les [[marbres]] constituent une importe source de [[rubis]] (corindons rouges) comme les [[rubis]] « sang de pigeon » de Mogok en Birmanie. La mise en place de pegmatites ou de granitoïdes dans des [[marbres]] ou dans des roches mafiques ou ultramafiques (c’est à dire ferro-magnésiennes avec des minéraux tels l’[[olivine]], le [[pyroxène]] ou l’[[amphibole]]) favorise la formation de [[corindons]], dont des saphirs ou de rubis. Ce sont jusque là des gisements primaires, situés sur les lieux de formation des [[corindons]] (Garnier & al. 2004).
Les [[corindons]] sont formés d’aluminium et d’oxygène, deux atomes particulièrement abondants. Cependant s’ils sont si rares est qu’ils ne cristallisent que dans des environnement pauvres en silicium, un atome très généralement présent dans la plupart des contextes géologiques. Les contextes fréquents avec des [[silicates d’alumine]] ne conviennent donc pas ([[feldspaths]], [[micas]] notamment). Les [[corindons]] sont incompatibles avec le [[quartz]]<ref>On connaît toutefois un gisement à [[quartz]] et [[corindon]] en contact mutuel dans un [[porphyre]] quartzifère de Tasmanie ayant subi une argilisation hydrothermale (Garnier & al. 2004).</ref>. Il convient par ailleurs que l’environnement soit enrichi en [[aluminium]] et la présence de chromophores (Cr pour le rubis, Fe et Ti pour les saphirs) favorise la formation de gemmes. Les principaux modes de formation du corindon concernent un contexte magmatique associé à des basaltes, source principale des saphirs ([[corindons]] bleus, verts ou jaunes) dans le Monde ou des contextes métamorphiques. Dans ce dernier cas les [[marbres]] constituent une importe source de [[rubis]] (corindons rouges) comme les [[rubis]] « sang de pigeon » de Mogok en Birmanie. La mise en place de pegmatites ou de granitoïdes dans des [[marbres]] ou dans des roches mafiques ou ultramafiques (c’est à dire ferro-magnésiennes avec des minéraux tels l’[[olivine]], le [[pyroxène]] ou l’[[amphibole]]) favorise la formation de [[corindons]], dont des saphirs ou de rubis. Ce sont jusque là des gisements primaires, situés sur les lieux de formation des [[corindons]] (Garnier & al. 2004).


Les gisements secondaires se traduisent par le déplacement des [[minéraux]] dans des placers, parfois remaniés à plusieurs reprises, si bien que leur origine est souvent mal connue. Toutefois des analyses des inclusions, originalités ainsi que celle de leurs signatures géochimique ou isotopique permet souvent de remonter à leur origine géologique (Garnier & al. 2004).
Les gisements secondaires se traduisent par le déplacement des [[minéraux]] dans des placers, parfois remaniés à plusieurs reprises, si bien que leur origine est souvent mal connue. Toutefois des analyses des inclusions, originalités ainsi que celle de leurs signatures géochimique ou isotopique permet souvent de remonter à leur origine géologique (Garnier & al. 2004).
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Pour le site de la Mercredière, nous sommes de toute évidence dans un gisement sub-secondaire, à grande proximité du point de formation (gisement primaire) avec remonté en surface d’éléments dont le gisement devrait être une loupe en contact avec les [[serpentinites]] (Λ) avec un probable contact métamorphique avec les [[gneiss]] (ξγ4) environnants à rechercher à la frange ou en profondeur. Une recherche dans le vallon descendant vers la Sèvre pourrait être propice à la découverte d’échantillon supplémentaires (voir carte topographique ci-dessus), alors en gisement secondaire de type placers. Le cour de la Sèvre lui-même pourrait convenir. La grande dureté du minéral est propice à se bonne conservation malgré le transport sur de bonnes distances.
Pour le site de la Mercredière, nous sommes de toute évidence dans un gisement sub-secondaire, à grande proximité du point de formation (gisement primaire) avec remonté en surface d’éléments dont le gisement devrait être une loupe en contact avec les [[serpentinites]] (Λ) avec un probable contact métamorphique avec les [[gneiss]] (ξγ4) environnants à rechercher à la frange ou en profondeur. Une recherche dans le vallon descendant vers la Sèvre pourrait être propice à la découverte d’échantillon supplémentaires (voir carte topographique ci-dessus), alors en gisement secondaire de type placers. Le cour de la Sèvre lui-même pourrait convenir. La grande dureté du minéral est propice à se bonne conservation malgré le transport sur de bonnes distances.
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== {{REF}} ==
'''Bambier A. & al. 1983''' – ''Notice explicative de la feuille de Clisson à 1/50000e.'' – Carte géologique de la France, Clisson 1324. – [http://ficheinfoterre.brgm.fr/Notices/0509N.pdf PDF LINK]<br>
'''Bambier A. & al. 1983''' – ''Notice explicative de la feuille de Clisson à 1/50000e.'' – Carte géologique de la France, Clisson 1324. – [http://ficheinfoterre.brgm.fr/Notices/0509N.pdf PDF LINK]<br>
'''Baret M. 1885''' – Saphir étoilé de la Mercredière, commune de la Haye-Fouassière (Loire-Inférieure). – ''Bulletin de Minéralogie,'' 1885 : 438-439. – [https://www.persee.fr/doc/bulmi_0150-9640_1885_num_8_9_1961 ONLINE]<br>
'''Baret M. 1885''' – Saphir étoilé de la Mercredière, commune de la Haye-Fouassière (Loire-Inférieure). – ''Bulletin de Minéralogie,'' 1885 : 438-439. – [https://www.persee.fr/doc/bulmi_0150-9640_1885_num_8_9_1961 ONLINE]<br>
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'''Lacroix A. 1885''' – Observation au sujet d’une communication de M.Baret, sur un saphir étoilé de la Mercredière, commune de la Haie-Fouacière (Loire-Inférieure). – ''Bull. de Minéralogie,'' 1885 : 440.<br>
'''Lacroix A. 1885''' – Observation au sujet d’une communication de M.Baret, sur un saphir étoilé de la Mercredière, commune de la Haie-Fouacière (Loire-Inférieure). – ''Bull. de Minéralogie,'' 1885 : 440.<br>
'''Talneau J.L. 2017''' – ''Les Saphirs « étoilés » de la Mercredière.'' – Assoc. Nantaise de Pierres et fossiles. – [https://www.asso-anpf.fr/les-saphirs-etoiles-de-la-mercrediere/ ONLINE]<br>
'''Talneau J.L. 2017''' – ''Les Saphirs « étoilés » de la Mercredière.'' – Assoc. Nantaise de Pierres et fossiles. – [https://www.asso-anpf.fr/les-saphirs-etoiles-de-la-mercrediere/ ONLINE]<br>
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'''[1]''' - Ce nom vient de la localité de Plumas en Californie qui présente de telles minéralisations. Le nombre de localités de plumasite dans le monde est relativement limité.<br>
{{NOTES}}
'''[2]''' -  Les [[corindons]] sont des oxydes d’alumine (Al<sub>2</sub>O<sub>3</sub>) de système [[rhomboédrique]], se caractérisant par leur très grande dureté (9), proche de celle du [[diamant]] (10) et leur couleur variable. Il s’agit d’un minéral infusible et qui n’est pas attaqué par les acides. Les variétés gemmes sont colorées transparents. Ce sont le [[rubis]] pour la couleur rouge, ou, les [[saphirs]] pour les autres colorations. Ce sont des éléments chromophores qui viennent se substituer à l’[[aluminium]] et nuancent la couleur des [[corindons]] (par exemple le [[rubis]], rouge, est coloré par du chrome, le [[saphir]], bleu, par du fer et du titane). Il s’agit de ne pas les confondre avec les spinelles (dureté 8) dont le système cristallin est cubique. En raison de leur grande dureté on peut les trouver hors des gîtes originels dans des matériaux remaniés comme des sédiments détritiques. Si les variétés opaques sont traités en abrasifs (emeri [4]), les variétés limpides sont taillées en [[gemmes]]. Selon Garnier & al. (2004) terme [[Corindon]] vient du Sankrit ''kuruvinda'' qui signifie « pierre dure », devenu en langage populaire Dravidien, ''kurund'' (c’est le nom qu’on utilise en allemand), transcrit en [[Corindon]] en Occident. D’autres sources associe ce nom au Tamoul ''Kurmidam'' et il n’est pas exclu que les sources se confondent quelque part.
{{P|Saphirmada.jpg|Saphir de Madagascar – ©© bysa – Parent Géry – Wikimedia commons<br>Ce minéral bleu dans cet exemple est accompagné ici d’[[amazonite]] (blanche) et de [[biotite]] sombre)}}
'''[3]''' - On connaît toutefois un gisement à [[quartz]] et [[corindon]] en contact mutuel dans un [[porphyre]] quartzifère de Tasmanie ayant subi une argilisation hydrothermale (Garnier & al. 2004).<br>
'''[4]''' - Le [[Corindon]] commun est nommé Emeri. En réalité c’est associé avec la [[Magnétite]], l’[[Hématite]] et le [[Spinelle]], que de [[Corindon]] forme une roche nommée Emeri.<br>
'''[5]''' - Le mot Saphir signifie « pierre précieuse », issu du latin classique ''sappirus'' ou du bas latin ''sapphirus'' terme provenant du grec σαπφειρος, issu de l’araméen ''sampι ̄r'' ou de l’hébreu biblique ''sappι ̄r'' remontant plus loin encore d’une langue indienne ancienne ''śani-priyám'', mais cette dernière association étymologique est contestée par certains auteurs. Le mot est écrit pour la première fois en français vers 1121-1134 sous l’orthographe plurielle ''saphires'' dans le ''Bestiaire de Philippe de Thaon''. L’orthographe actuelle de ''saphir'' se trouve chez Buffon en 1779 dans son ''Histoire Naturelle des Oiseaux''. Le terme semble alors principalement utilisé pour la couleur bleu saphir, mais le gemme refait surface en 1907 lorsqu’on parle de pointe de saphir pour un phonographe.

Dernière version du 15 décembre 2025 à 09:40

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Saphirs

Saphirs trapiches dans la région nantaise

Les Saphirs[1] trapiches (c’est à dire ressemblant à une roue dentée) de la Mercredière ont été originellement dénommés Saphirs « étoilés ». Il s’agit évidemment de corindons[2]. C’est une minéralisation rare et difficile à découvrir, très localisée dans un vignoble de la région nantaise situé au Pallet (Loire-Atlantique). Le gisement est presque épuisé à l’affleurement. On peut trouver sur le site des amphiboles (amphibolites ∂11 sur la carte géologique de Clisson), des gneiss (souvent amphibolifère), des gabbros ou des péridotites serpentinisées, ainsi que parfois de belles cristallisations de calcédoines bleutées, de quartz ou de chrysotile. Le11s éléments qualitatifs sont en faveurs de fragments d’une série de type ophiolithique donc de croûte océanique. Un fragment de manteau riche en amphiboles (cf. amphibolites) est un contexte propice à la formation de corindons. On trouve encore des lentilles de corindons se formant en métamorphisme de contact avec des roches ultrabasiques, ce qui pourrait être le cas ici (cf. amphibolites à corindons de Chantel en France). Ils s’agit de terrains précambriens métamorphisés (orogénèse cadomienne probablement).

Notons en outre qu’on peut aussi découvrir des outillages préhistoriques sur le site qui se trouve près de la Sèvre.

Charles Baret (1831-1910)

La découverte des Saphirs « étoilés » de la Mercredière faite en octobre 1884, a été publiée par Charles Baret (1885). Ils ont été confirmés par l’éminent minéralogiste, A. Lacroix (1885). L’auteur de la découverte dit qu’on les trouve isolément dans les champs parmi des gneiss souvent amphibolifères et régulièrement adhérents à des feldspaths ou des micas, ce qui signifie qu’un filon reste à découvrir (cette adhérence est par ailleurs étrange car associée avec des silicates d’alumines, théoriquement incompatibles avec les corindons !). Les recherches menées, y compris à la pelleteuse, pour découvrir le filon, n’ont pour l’instant données aucuns résultats. Le gisement avait été « perdu de vue », lorsqu’en 1964, G. de Lisle, un des premiers prospecteurs du site a mené, A.Bambier, sur le site qui depuis a été régulièrement pillé (Bambier & al. 1983).

🔍 - Planche originale de l’article de Baret (1885) qui annonce la découvertes des Saphirs trapiches

Leur origine est mal comprise. On pense à un métamorphisme local d’un granite riche en Alumine sous forme de gneiss, ou, à la formation d’une plumasite[3] qui au contact des roches encaissantes aurait produit les dits corindons. La plumasite est une roche riche en oligoclases et en corindons.

🔍 - Extrait de la feuille 1/50000 de Clisson – Les amphibolites ∂11 sont visibles par loupes alignées au sud de cet encart. Elles sont sinon selon une longue bande plus large au nord. Le site de la Mercredière (trait jaune) se distingue par la présence de serpentinites (Λ). Le contexte est aussi particulier par la proximité d’une faille et un fond formé d’orthogneiss (ξγ4), ce qui diffère des micachischistes (ξ2) pour les loupes les plus au sud. – En sur-image : extrait de la carte topographique.

Les corindons sont formés d’aluminium et d’oxygène, deux atomes particulièrement abondants. Cependant s’ils sont si rares est qu’ils ne cristallisent que dans des environnement pauvres en silicium, un atome très généralement présent dans la plupart des contextes géologiques. Les contextes fréquents avec des silicates d’alumine ne conviennent donc pas (feldspaths, micas notamment). Les corindons sont incompatibles avec le quartz[4]. Il convient par ailleurs que l’environnement soit enrichi en aluminium et la présence de chromophores (Cr pour le rubis, Fe et Ti pour les saphirs) favorise la formation de gemmes. Les principaux modes de formation du corindon concernent un contexte magmatique associé à des basaltes, source principale des saphirs (corindons bleus, verts ou jaunes) dans le Monde ou des contextes métamorphiques. Dans ce dernier cas les marbres constituent une importe source de rubis (corindons rouges) comme les rubis « sang de pigeon » de Mogok en Birmanie. La mise en place de pegmatites ou de granitoïdes dans des marbres ou dans des roches mafiques ou ultramafiques (c’est à dire ferro-magnésiennes avec des minéraux tels l’olivine, le pyroxène ou l’amphibole) favorise la formation de corindons, dont des saphirs ou de rubis. Ce sont jusque là des gisements primaires, situés sur les lieux de formation des corindons (Garnier & al. 2004).

Les gisements secondaires se traduisent par le déplacement des minéraux dans des placers, parfois remaniés à plusieurs reprises, si bien que leur origine est souvent mal connue. Toutefois des analyses des inclusions, originalités ainsi que celle de leurs signatures géochimique ou isotopique permet souvent de remonter à leur origine géologique (Garnier & al. 2004).

En définitive les gisements sont de mode de formation globalement très varié et selon toute vraisemblance les corindons se forment alors très rarement alors qu’une série de caractéristiques très particulières sont rassemblées dans des contextes différents par ailleurs : pauvreté en silicium, enrichissement en alumine, présence de chromophores (Cr, Ti, Fe) dans des conditions variables mais intenses de pressions et de températures, souvent à proximité de la zone mantellique de la lithosphère.

Pour le site de la Mercredière, nous sommes de toute évidence dans un gisement sub-secondaire, à grande proximité du point de formation (gisement primaire) avec remonté en surface d’éléments dont le gisement devrait être une loupe en contact avec les serpentinites (Λ) avec un probable contact métamorphique avec les gneiss (ξγ4) environnants à rechercher à la frange ou en profondeur. Une recherche dans le vallon descendant vers la Sèvre pourrait être propice à la découverte d’échantillon supplémentaires (voir carte topographique ci-dessus), alors en gisement secondaire de type placers. Le cour de la Sèvre lui-même pourrait convenir. La grande dureté du minéral est propice à se bonne conservation malgré le transport sur de bonnes distances.

Références

Bambier A. & al. 1983Notice explicative de la feuille de Clisson à 1/50000e. – Carte géologique de la France, Clisson 1324. – PDF LINK
Baret M. 1885 – Saphir étoilé de la Mercredière, commune de la Haye-Fouassière (Loire-Inférieure). – Bulletin de Minéralogie, 1885 : 438-439. – ONLINE
Garnier V. & al. 2004 – Les gisements de corindon : classification et génèse. – Le Règne Minéral, 55 : 7-35. – PDF LINK
Lacroix A. 1885 – Observation au sujet d’une communication de M.Baret, sur un saphir étoilé de la Mercredière, commune de la Haie-Fouacière (Loire-Inférieure). – Bull. de Minéralogie, 1885 : 440.
Talneau J.L. 2017Les Saphirs « étoilés » de la Mercredière. – Assoc. Nantaise de Pierres et fossiles. – ONLINE

Notes

  1. Le mot Saphir signifie « pierre précieuse », issu du latin classique sappirus ou du bas latin sapphirus terme provenant du grec σαπφειρος, issu de l’araméen sampι ̄r ou de l’hébreu biblique sappι ̄r remontant plus loin encore d’une langue indienne ancienne śani-priyám, mais cette dernière association étymologique est contestée par certains auteurs. Le mot est écrit pour la première fois en français vers 1121-1134 sous l’orthographe plurielle saphires dans le Bestiaire de Philippe de Thaon. L’orthographe actuelle de saphir se trouve chez Buffon en 1779 dans son Histoire Naturelle des Oiseaux. Le terme semble alors principalement utilisé pour la couleur bleu saphir, mais le gemme refait surface en 1907 lorsqu’on parle de pointe de saphir pour un phonographe.
  2. Les corindons sont des oxydes d’alumine (Al2O3) de système rhomboédrique, se caractérisant par leur très grande dureté (9), proche de celle du diamant (10) et leur couleur variable. Il s’agit d’un minéral infusible et qui n’est pas attaqué par les acides. Les variétés gemmes sont colorées transparents. Ce sont le rubis pour la couleur rouge, ou, les saphirs pour les autres colorations. Ce sont des éléments chromophores qui viennent se substituer à l’aluminium et nuancent la couleur des corindons (par exemple le rubis, rouge, est coloré par du chrome, le saphir, bleu, par du fer et du titane). Il s’agit de ne pas les confondre avec les spinelles (dureté 8) dont le système cristallin est cubique. En raison de leur grande dureté on peut les trouver hors des gîtes originels dans des matériaux remaniés comme des sédiments détritiques. Si les variétés opaques sont traités en abrasifs (emeri). Le Corindon commun est nommé Emeri. En réalité c’est associé avec la Magnétite, l’Hématite et le Spinelle, que de Corindon forme une roche nommée Emeri.), les variétés limpides sont taillées en gemmes. Selon Garnier & al. (2004) terme Corindon vient du Sankrit kuruvinda qui signifie « pierre dure », devenu en langage populaire Dravidien, kurund (c’est le nom qu’on utilise en allemand), transcrit en Corindon en Occident. D’autres sources associe ce nom au Tamoul Kurmidam et il n’est pas exclu que les sources se confondent quelque part.
    🔍 - Saphir de Madagascar – ©© bysa – Parent Géry – Wikimedia commons
    Ce minéral bleu dans cet exemple est accompagné ici d’amazonite (blanche) et de biotite sombre)
  3. Ce nom vient de la localité de Plumas en Californie qui présente de telles minéralisations. Le nombre de localités de plumasite dans le monde est relativement limité.
  4. On connaît toutefois un gisement à quartz et corindon en contact mutuel dans un porphyre quartzifère de Tasmanie ayant subi une argilisation hydrothermale (Garnier & al. 2004).