Agrosystèmes
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Agrosystèmes
Les agrosystèmes terrestres ou aquatiques sont gérés afin de produire la biomasse nécessaire à l’humanité pour ses différents besoins (alimentaires, textiles, agrocarburants, pharmaceutiques, etc.).
Les caractéristiques des systèmes agricoles varient selon le modèle de culture (agriculture vivrière, extensive ou intensive).
Dans plusieurs modèles agricoles, l’exportation d’une grande partie de la biomasse produite réclame l’apport d’intrants pour fertiliser les sols.
Un Agrosystème est un Ecosystème artificiel voué à l'agriculture (culture, élevage). Des matériaux et éléments chimiques y sont apportés et la matière des récoltes ou de l'élevage sont exportés. C'est un système subventionné par l'Homme.
Les pratiques agricoles sont dommageables à la Biodiversité. On s'oriente vers une restauration raisonnée des Agrosystèmes afin de réduire cet impact négatif.
La faune des Agrosystèmes se caractérise par une Biodiversité réduite mais pour partie spécialisée.
Des matériaux et éléments chimiques y sont apportés et la matière des récoltes ou de l’élevage sont exportés et en conséquence le cycle de la matière y est bouleversé, notamment les mécanismes de décomposition y sont particulièrement limités ce qui a des conséquence sur la faune et la flore des sols, ainsi que sur la qualité du substrat. C’est un système subventionné par l’Homme qui conduit souvent à une forte artificialisation de l’environnement. La population humaine mondiale est passée de 2.5 milliards d’individus en 1950 à 7,7 milliards en 2020. L’alimentation humaine devient un enjeu de plus en plus pressant sur la Planète qui se trouve en conséquence fortement modifiée par l’extension progressive et nécessaire des agrosystèmes. Les agrosystèmes couvrent actuellement près de la moitié du territoire français. Les enjeux consistent à la mise en place d’une gestion durable de la Planète : comment nourrir une population croissante tout en limitant l’impact généralement très intrusif d’agrosystèmes sans cesse plus étendus ? Une gestion durable des agrosystèmes doit être recherchée en limitant leur impact sur la Planète tout en maintenant une production suffisante pour alimenter les populations. Ainsi a-t-on compris que la gestion simplifiée à un simple objectif a pour conséquence une forte artificialisation de l’environnement et conduit à son instabilité qui doit être contrôlé à fort coût par les agricultures. A contrario renforcer l’hétérogénéités des agrosystèmes ou y laisser pénétrer une part de naturalité permet d’améliorer leur équilibre et leur fonctionnement en particulier au niveau du fonctionnement et de la vie dans le sol avec des conséquences non négligeables comme un retour amélioré à la fixation biologique d’azote ce qui réduit notoirement les besoins en engrais.
Comme tout écosystème, un agrosystème est composé de sa biocénose et de son biotope. La biocénose est pour partie choisie par l’agriculteur et pour partie spontanée. Il s’agit d’un système pensé par l’Homme qui n’a de valeur d’écosystème que par la présence souvent indésirable d’une faune et d’une flore naturelle à la marge qui peut venir perturber l’objet de la culture choisi par l’agriculteur. La dernière composante comprend notamment les lombrics fondamentaux pour le fonctionnement des sols et les pollinisateurs nécessaires à la fécondation des plantes, donc à leur fructification et certaines espèces comme les Coccinelles sont identifiées comme des auxiliaires alors favorisés pour lutter contre des espèces indésirables. On jugera ainsi de la présences d’espèces indésirables : ce ont les bioagresseurs. Le biotope et notamment le climat et le sol sont modifiés par les actions de l’Homme (amendement des sols, irrigation, cultures et élevages hors sols, sous serres ou dans des bâtiments[1]).
| 🔍 - Récolte du riz – ©© bysa – Antony Labouriaux – Wikimedia commons |
L’Homme modifie et régule les caractéristiques des agrosystèmes en tant que gestionnaire (actions) et comme exploitant en récoltant le fruit de la biomasse considérée (récoltes, fruits des élevages).
Les agrosystèmes sont associés à la révolution néolithique (entamée il y a près de 10.000 ans localement, mais beaucoup plus récemment côté Gaule) avec le passage de la pêche, chasse et cueillette à la pisciculture, élevage et cultures au moment de cette révolution. Celle-ci est inachevée dans le domaine de la pêche (cf. même surpêche) et de la chasse (loisir essentiellement). Par contre elle est nettement plus avancée dans le domaine des cultures.
Les agrosystèmes se déclinent selon trois grands types de modèle agricoles : intensif, extensif ou vivrier. Les actions de l’Homme sur l’environnement sont d’autant plus importantes que le modèle est intensif.
| Vivrière | Extensive | Intensive | |
| Présentation | Agriculture permettant à la famille de vivre | Selon de grandes surfaces avec des rendements limités mais en harmonie avec l’environnement | Recherche d’une production maximale pour une surface donnée |
| Intrants | Faible utilisation | Limités voire absents | Très forte utilisation |
| Biodiversité | Élevée | Moyenne | Faible et favorisant le plus souvent une espèce choisie |
| Investissement | Familial (local) | Limité | Important avec coût augmenté en conséquence |
| Exemples | Potagers familiaux, mode favorisé dans de nombreuses régions d’Afrique ou d’Asie… | Production laitière bovine dans les Alpes, élevages des Poulets de Bresse | Culture du Maïs dans les Landes, pisciculture |
Les pratiques agricoles sont dommageables à la Biodiversité tant localement qu’à distance[2]. On s’oriente vers une restauration raisonnée des Agrosystèmes afin de réduire cet impact négatif.
La faune des Agrosystèmes se caractérise par une Biodiversité réduite mais pour partie spécialisée.
| 🔍 - Le naturel aux marges de l’artificiel : un agrosystème voulu par l’Homme Maïsiculture ou culture du Maïs - Modifié |
Utilisation de pesticides
On présente encore ceux-ci comme des produits phytosanitaires. Ils sont responsables du déclin de la Biodiversité dans les Agrosystèmes.
En 2006 la France était le second consommateur mondial de tels produits. Une réduction de 50% des produits phytosanitaires était prévu pour 2018.
On distingue les Herbicides utilisés pour lutter contre les mauvaises herbes (adventices) et les ligneux. Ils conduisent à une très importante réduction de la Biodiversité végétale tant au sein des surfaces cultivées qu'en bordure. Ils ont en outre une conséquence sur la Pédofaune pouvant entraîner sa disparition par intoxication.
Les Insecticides destinés à réduire la présence d'Insectes et les Fongicides agissant contre les Champignons ont un impact très important sur la Biodiversité, détruisant les cibles mais aussi de nombreux organismes de manière concomitante (Arthropodes, Micromammifères, Oiseaux...). Par contre leur impact sur la Pédofaune ne se traduit pas par une baisse de diversité, mais par une réduction de son abondance.
La pratique d'épandage aérien a en outre un impact sur les Ecosystèmes naturels voisins des parcelles cultivées.
Fertilisation par les engrais et amendements
La fertilisation se traduit par une homogénéisation des milieux terrestres et par un dérèglement du fonctionnement des écosystèmes aquatiques et marins.
L'apport d'Azote, fondamental dans le Métabolisme des plantes cultivées est un constituant majeur des Protéines. Il agit sur une baisse de la Biodiversité des plantes herbacées.
Le Potassium est important dans la régulation de l'eau chez la plante, maintenant l'état de turgescence de celle-ci, il intervient par ailleurs dans la composition de l'ATP, de l'ADN. Cet élément est essentiel notamment pour la floraison, le développement des fruits et la maturation des graines des plantes cultivées. Son excès a principalement un impact sur l'eutrophisation des écosystèmes aquatiques.
A titre d’exemple, l’apport d’engrais a progressé de manière fulgurante dans les agrosystèmes français. Ainsi les engrais azotés n’étaient globalement que de 0,2 millions de tonnes dans les années 1950 contre 2,7 dans les années 1990. Cette progression est très supérieure à celle de l’extension des territoires agricoles ou à l’augmentation des populations dans le pays. Si le rendement moyen de la culture du blé n’était que de 15,3 quintaux par hectare dans les années 1930, il a dépassé les 75 quintaux à l’hectare dans les années 2000. En conséquence on comprend qu’il a augmenté d’un facteur 5 en moins d’un siècle, chaque parcelle de blé produisant donc beaucoup plus qu’autrefois.
Introduction d'engins mécanisés : tracteurs, moissonneuses...
La récolte mécanisée peut entraîner une mortalité de la faune sauvage : Mammifères, Oiseaux...
Arrosage des cultures
L'arrosage des cultures (irrigation) conduit bien souvent à une diminution de la diversité floristique. Indirectement par lessivage il impacte les écosystèmes aquatiques ou marins.
Communiqués et notules
- 10 février 2024 - Déconsidération politique des Zones Humides au service des agrosystèmes Ⓑlog
- 15 mars 2025 - Déraison dans la gestion politique des agrosystèmes en France : ce n’est pas le ciel qui va nous tomber sur la tête Ⓑlog
Notes
- ↑ Les Tomates en grappe sont cultivées à 85% hors sol, sous-serre pour 11% de plus et en plein champs pour 4% seulement. Pour le Concombre les taux sont respectivement de 51%, 39% et 10 %, les Fraises, 14%, 59% et 27%. A contrario 100% des Chou-fleurs ou Artichauts se font en plein champs.
- ↑ Par exemple l’utilisation excessive d’engrais se traduit par leur lessivage en dehors des agrosystèmes. En conséquence les nitrates par exemple sont conduits jusqu’aux rivières qui subissent une importante eutrophisation, ainsi que jusque dans les baies et les estuaires en mer, ce qui se traduit par la formation de « marées vertes » liées à la prolifération des algues vertes comme les Ulves qui sont nourries à l’excès par la venue d’engrais.
