Le Climat en février

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Février météo – Tempêtes et grandes vagues de froid en France

En février souffle le vent : il s’agit du mois le plus tempétueux de l’année en France. Toutefois les tempêtes historiques les plus importantes ne se sont pas déroulées pendant ce mois. Il est le deuxième mois le plus froid en France en moyenne : un peu plus froid que décembre, mais moins que janvier. On y a enregistré des vagues de froid exceptionnelles comme celle de 1956. C’est évidemment l’hiver, toutefois on a pu a contrario observer des fins de mois où les température ont exceptionnellement pu approcher les 30°C !

On compte depuis 1980, neuf tempêtes majeures (au moins 1/5e du territoire national concerné) en février, contre 7 en janvier ou 4 en décembre qui sont les scores suivants. Le 22 février 1935 des pointes de vent à 200 km/h ont été enregistrées dans les Centre de la France. C’est la tempête la plus violente pour un mois de février. La tempête du 1er février 1953 est remarquable (162 km/h à Reims) et tristement connue pour la rupture des digues au niveau des polders aux Pays-Bas conduisant à la mort de plus de 1800 personnes dans ce pays. Les 27 et 28 février 2010 la tempête Xynthia est conjointe avec des marées de vives eaux (coef. 102) ce qui conduit à des submersions littorales graves notamment en Charente-Maritime ou en Vendée. Il y a eu 59 victimes. Les vents ont alors soufflé jusqu’à 238 km/h au Pic du Midi dans les Hautes-Pyrénées. La tempête Eunice du 18 février 2022 touche le tiers Nord de la France, majeure en Angleterre (l’une des plus forte depuis 1987) souffle à 176 km/h au Cap Gris-Nez. Franklin, plus faible, lui est consécutive le 21 février… ce qui conduit à deux épisodes majeurs très rapprochés.

Ajaccio est une des villes les plus chaude alors avec des moyennes des maximales de 14°C, suivie de près par Biarritz ou Montpellier (13°C). A Strasbourg la moyenne des minimales est négative avec -1°C. A Nantes les valeurs sont respectivement de 10°C et de 3°C.

Le mois de février les plus froids de l’histoire de la météo en France sont 1956 (près de 10° de déficit par rapport à la normale : le port de Marseille (-17°C) est gelé, il neige abondamment – tempêtes de neige, un pack de glace couvre le fleuve Rhône – suivi de manière nettement moins marquée par 1986 (-25°C en Alsace, -8°C en Corse), 1963 (hiver long), 1942 et 1929. Au XIXe siècle l’année 1895 se distingue pour son froid intense. L’année 1963 se caractérise par l’hiver le plus long du siècle dans le pays : toute la France est couverte de neige et une banquise de forme à Dunkerque. Besançon subit 40 jours successifs sans dégel. En moyenne c’est le mois de février 1990 qui a été le plus chaud (4° d’excès par rapport à la normale). Comme pour les autres mois de l’année, le réchauffement climatique opère, mais de manière moins marquée : on note à peine un peu plus d’années plus chaudes que la normale relativement aux plus froides ces dernières décennies. Le jour le plus froid pour ce mois semble être le 14 février 1929 à Gelles (63) avec -35,0°C, contrastant avec plusieurs record de chaleur fin février 1960 : record de 31,2°C à St Girons (09) le 29. Historiquement on notera les années 1407 (70 jours de gel dans le Royaume de France), 1709 (-23,1°C à Paris le 13 janvier ; importante famine en France), 1829 (gel pendant 54 jours à Paris, la Seine est figée), 1846 (il neige pendant 4 jours à Paris du 28 février au 4 mars : 40 cm accumulés), 1879 (-28°C dans l’Oise).

La vague de froid de 1956 issue du déplacement d’un puissant anticyclone basé au Groenland, est majeure et concerne tout le continent européen ainsi que l’Afrique du Nord (il neige à Oran ou Tanger par exemple). Il y a eu près d’un millier de victimes à travers l’Europe. Les chiffres officiels donnent 150 victimes en France, mais des spécialistes de la météorologie pensent qu’il y en a eu près de 12000 ! Le mois de janvier 1956 avait été exceptionnellement doux (la végétation avait commencé sa saison) et la vague de froid est très brutale, débutant fin janvier en Pologne et en Allemagne. La Côte d’Azur où tombent d’importantes chutes de neige (31 cm à Antibes, 10 cm à Nice, congères de 150 cm à St Tropez) y échappe en quelque sorte : il fait -3°C à Nice contre -17°C à Marseille. C’est une masse d’air Arctique qui nous envahi en plusieurs salves sur le mois, avec un Mistral extrêmement violent formé de rafales de 180 km/h à Istres par exemple. La mer Méditerranée relativement chaude (10°C environ) « fume » et fini par geler dans le port de Marseille. A Lyon, les températures chutent littéralement et sombrent à -15,4°C le 2 février 1956 (il fait -21,4°C le 15 février). La moyenne mensuelle pour la ville est de -7,2°C ! Le record de -32°C est enregistré à Sarreguemines. La Baltique gèle et les côtes hollandaises sont prises dans la glace. En Provence les Oliviers gèlent évidemment et ce sont près de 5 millions d’arbres qui durent être coupés et remplacés. Des chutes de neige importantes se succèdent avec le 4 février entre 60 et 120 cm accumulés en Normandie ou dès le 20 février, jusqu’à près de 80 cm dans les rues de Bordeaux. Les températures redeviennent positives dès le 22 février 1956 dans le Midi et elles passent les 15°C le 29.

🔍 - La Saône envahie par un pack de glace en 1956

L’ensoleillement est nettement contrasté entre le Nord et le Midi : avec 66-75 h contre 160-180 h, soit un écart d’un facteur trois.

Il ne pleut pas tant que çà en février en général et des villes « sèches » viennent atténuer les statistiques comme Clermont-Ferrand (22 mm) ou Strasbourg (35 mm). On note ici encore un fort contraste selon les régions de France, car Brest ou Biarritz sont alors des villes bien arrosées (111 mm) sous l’effet des précipitations venant de l’Atlantique. C’est le mois de la crue centenale exceptionnelle de Paris en 1910 (8,62 m au Pont de l’Alma). Cette crue parisienne débutant en janvier, a duré près de deux mois (le fleuve ne regagne son lit que vers la mi-mars), a été surpassée du point de vue niveau, en 1658 (8,96 m). La Garonne passe les crues majeures de 1981 en 2021, mais sont encore un mètre en-dessous de celle historique de 1875.

🔍 - Crue de la Seine 1910 à Paris depuis la Gare de Lyon. La Seine naturelle est visible sur la gauche en haut de l’image. On voit la Tour Eiffel en fond d’image. Tous les quartiers proches de la Seine sont alors inondés ainsi que celui plus éloigné de l’Opéra. On navigue en barque dans les principales rues
🔍 - La rue de Bercy à Paris 12e en 1910