Ongulés

Mammifères

Le mythique Dahu

Le Dahu, est un animal mythique du folklore humoristique qui fait rêver les enfants dans les Alpes. On dit qu’ils ont une patte plus longue que l’autre et que ce n’est pas la même suivant qu’ils sont mâles ou femelles, si bien que contournant les montagnes sans efforts du fait de ce que l’on croit être une infirmité, les individus des deux sexes se rencontrent face à face. Par extension j’ai étendu le mythe aux animaux qui défraient les chroniques sans plus de certitude : c’est plus ou moins le cas des Salamandres noires, mais aussi d’une Libellule absente des Alpes françaises mais qui fait son apparition de temps en temps dans les doutes des Naturalistes, l’Aeshne subarctique (Aeshna subarctica). La Musaraigne alpine (Sorex alpinus) peut aussi être rangée dans cette catégorie, de même que la Vipère péliade (Vipera berus). La première est confirmée comme la Salamandre noire dans la région de Samoëns, la seconde traîne plus dans les esprits que dans les certitudes.


Bison d’Europe
©© bysa – F.Lamiot – Wikimedia commons
  • Gessner (1550) désigne cette espèce sous le nom de Biƒon.
  • Le Bison d’Europe a disparu de France au VIIIe siècle, alors qu’elle subsistait encore dans les Vosges. Charlemagne en faisait la chasse dans des pays voisins à Liège ou Aix-la-Chapelle. Il a disparu du Nord de l’Espagne au cours de l’Holocène, de Grèce au début de l’Antiquité, de Suisse au XIe siècle, d’Allemagne et Roumanie au XVIIe siècle. Il n’existait alors plus qu’en Pologne où le dernier animal sauvage a été tué en 1927. Il n’existait plus ensuite que quelques individus en captivité (EW). Des réintroductions en milieu naturel ont été réalisés en Forêt de Białowieża (Pologne) dès 1952, dans le Caucase dès 1954 (hybride entre le Bison d’Amérique et le Bison d’Europe) et désormais ailleurs : Roumanie, Russie, Biélorussie, Slovaquie, Bulgarie, Ukraine ou Azerbaidjan. On compte dans le Monde 7200 Bisons d’Europe de souche pure dont un peu plus de 5000 en liberté.
  • Les Bisons du Caucase (Bison bonasus caucasicus) et des Carpates (Bison bonasus hungarorum) sont des sous-espèces éteinte. On connaît toutefois des métisses de la première avec le type (Bison bonasus bonasus). La population actuelle de Bison d’Europe issue d’un faible nombre de géniteurs a une faible diversité génétique et on constate des anomalies liées à la consanguinité chez ces animaux. D’autres Bisons alors hybrides (B. bonasus x Bison bison) se trouvent introduits dans le Caucase dès 1954. Il y avait 1300 individus dans les années 1980, mais moins de 600 à la fin des années 1990. Le braconnage est en cause. On compte dans le Monde près de 7200 Bisons d’Europe de pure souche dont plus de 5000 en « liberté » ([2017]). Il est aussi en Russie, Biélorussie, Slovaquie, Bulgarie, Azerbaidjan ou Ukraine, toujours en faible nombre. La progression de ses populations font qu’en 2020, cette espèce Vulnérable (VU) a été reclassée par l’UICN en catégorie Quasi menacée (NT).
©© byncsa – Cyrille Deliry – Histoires Naturelles – Selon l’INPN et compléments
  • On n’a pas de témoignage archéozoologique de Bison d’Europe en France au cours de l’Antiquité et les éléments disponibles sont seulement écrits. Il faut remonter à l’âge du Bronze pour trouver une indication dans le Puy-de-Dôme, l’espèce étant signalée au début du Néolithique en Charente-Maritime, dans la Vienne et dans le Nord-Est du pays. Mais l’essentiel des ossements datent du Paléolithique et sont épars dans en France depuis l’Aude au Bassin Parisien.
  • En Grand Poitou nous avons divers témoignages archéozoologiques dont les plus récents datent du début de l’Holocène.
Biƒon
Planche de Gessner (1550)

Gessner C. 1550 – Icones animalium quadrupedum et oviparorum. – Volume I.

  • Gessner nomme cette espèce tout simplement Ibex. C’est aussi le Bouquetin, sans autres précisions.
Ibex
Planche de Gessner (1550)
  • Alpes suisses, ne se trouve pas dans les montagnes du Dauphiné (de Marolles 1788).
  • Rhône-Alpes – Cette espèce était commune dans les Alpes au-dessus de la limite des forêts jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Il a rapidement diminué au cours du XVIIIe siècle et dès le début du XIXe siècle son extinction était envisagée comme proche. C’est alors que le gouvernement Sarde pris des mesures de protection pour le Bouquetin, en 1821 en l’occurrence dans le Massif du Grand Paradis. Zummstein, inspecteur forestier suisse émit un rapport qui est à l’origine de la protection de l’espèce. Le roi Victor Emmanuel II continua très judicieusement cette protection. Le Grand Paradis fut alors réservé aux chasses royales, mais en 1923, le roi Victor Emmanuel III abandonna ses chasses au profit de réserves. En 1932 des autorisations ponctuelles et exceptionnnelles au tir sont données.
  • Côté France, le Bouquetin a disparu du Briançonnais depuis la fin du XVIIIe siècle, le dernier individu tué dans les Hautes-Alpes, le fut en 1830 vers Savines dans l’Embrunais. L’Oisans fournit une observation de 1859. Il reste en Savoie quelques cas ponctuels avec un tué en 1850 près de la Diosaz, un tué en 1870 près de Sixt. Ensuite nous avons quelques individus erratiques aux confins de la Maurienne ou de la Tarentaise à proximité du Grand Paradis italien, entre Val d’Isère et Bonneval. Entre temps l’espèce a été réintroduite avec succès en Suisse dans le Parc National du Val Cluoza dès 1919 (alors une centaine de Bouquetin au début des années 1930) ; en France rien n’avait été tenté encore au début des années 1930 (Lavauden 1932). Malgré le contexte particulièrement critique de l’époque, il convient de souligne la conclusion de l’auteur : On ne peut le chasser qu’à l’approche.
  • Les populations régionale sont le fait de réintroductions réussies massifs par massifs à partir d’une population très relictuelle présente en Vanoise dans les années 1950. On comptait 1500 individus en 1987 (Cruveillé 1987) et près de 3500 en 1995 (Grillo 1997). Les estimations sont désormais de 8000 individus. L’espèce est dans l’ensemble des Massifs sauf celui de la Chartreuse où sa réintroduction est programmée pour 2010 (Ariagno 2010). Il s’agit d’une espèce emblématique forte à l’origine de la fondation du premier Parc National en France : celui de la Vanoise (C.Deliry, com.).
  • Au début de l’Holocène l’espèce subsistait encore dans le Languedoc, le sud du Massif Central, le Vaucluse et le Var. Il y en avait aussi dans le Jura et près des Vosges en Alsace. A la fin du Würm semblent disparaître les derniers individus des Pyrénées et d’Auvergne. Au cours de la dernière glaciation on le trouvait en plaine jusque dans le Poitou-Charentes, le Périgord et elle occupait la chaîne pyrénéenne dans son ensemble.
©© byncsa – Cyrille Deliry – Histoires Naturelles
  • Pyrénées (de Marolles 1788).
  • Il s’agit du Capreolus de Gessner (1550).
Capreolus
Planche de Gessner (1550)
Traces de Chevreuil vers le Sauget (France, Ain) le 22 février 2004
©© byncsa – Cyrille Deliry – Histoires Naturelles

Références

  • de Marolles M. 1788 – La Chasse au fusil. – Paris, Barrois. 
  • Gessner C. 1550 – Icones animalium quadrupedum et oviparorum. – Volume I.
  • Lavauden L. 1932 – La Faune cynégétique des Alpes françaises. – Conférence du 20 juin 1932.