Les Coléoptères constituent le plus grand ordre d’insectes, avec près de 400000 espèces décrites dans le monde. Ils se reconnaissent notamment à leurs ailes antérieures durcies, appelées élytres, qui protègent les ailes servant au vol. Scarabées, coccinelles, lucanes et charançons en font partie. Ils occupent presque tous les milieux terrestres et jouent des rôles essentiels dans la pollinisation, la décomposition de la matière organique et les chaînes alimentaires. Certaines espèces dépendant du bois mort participent activement à sa décomposition et au recyclage de la matière organique. Elles peuvent cependant être fragilisées par la disparition des vieux arbres et du bois mort.
En Méditerranée, près d’un tiers des coléoptères saproxyliques pourraient être menacés, principalement à cause de la disparition et de la mauvaise gestion des forêts, des incendies et du changement climatique. La protection des forêts anciennes et du bois mort est donc indispensable pour préserver la biodiversité méditerranéenne.
La France possède une grande diversité de Coléoptères, présents dans les forêts, prairies, zones humides, cultures et jardins. Parmi les espèces emblématiques figurent le Lucane cerf-volant (Lucanus cervus), le Grand Capricorne (Cerambyx cerdo) et la Rosalie des Alpes (Rosalia alpina). Dans le Poitou, la diversité des paysages – bocages, forêts, prairies, zones humides et vallées – offre des habitats variés aux Coléoptères. On peut notamment y rencontrer des coccinelles, des carabes, des charançons, des longicornes ou encore le Lucane cerf-volant (Lucanus cervus). Les vieux arbres, haies et bois morts sont particulièrement importants pour les espèces saproxyliques. La conservation du bocage et des vieux boisements contribue donc à préserver cette biodiversité locale.
- Albouy V. & Richard D. 2017 – Coléoptères d’Europe. – Delachaux et Niestlé.
- Allemand R. & al. 2009 – Coléoptères de Rhône-Alpes. Cérambycides. – Musée des Confluences, Lyon : 352 pp.
- Bonnamour S. 1934 – Faune des Coléoptères de la région lyonnais. Famille des Longicornes. – Analles de Soc. Linn. de Lyon, 77, année 1934 : 30-45. – ONLINE
- Coulon J. & al. 2001 – Coléoptères de Rhône-Alpes. Carabiques et Cicindèles. – MHN de Lyon, Soc. linnéenne de Lyon : 192+184 pp.
- Deliry C. 2011 – Essai de liste des Coléoptères de France. – Document, 22 mars 2011 : 58 pp.
- Deliry C. 2011 – Essai de liste des Coléoptères de France. – Histoires Naturelles n°16. – PDF
- Deliry C. 2016 – Carabus et Cicindelles de France. – Histoires Naturelles n°47.
- Derolez B., Orczyk N. & Declercq S. 2014 – Clé d’identification des coccinelles du Nord Pas-de-Calais. Version 4.2. Octobre 2014. – Groupe Coccinelles Nord-Pas de Calais. – PDF LINK
- Labrique H. 2005 – Coléoptères de Rhône-Alpes. Ténébrionides. – MHN de Lyon, Soc. linnéenne de Lyon : 144 pp.
- Tronquet M. (éd.) 2014 – Catalogue des Coléoptères de France. – Association Roussilllonaise d’Entomologie.
- Ephemera, revue scientifique dédiée aux insectes aquatiques
- ColéoFrance ➚ – Galerie ➚
- Atlas des Coccinelles du grand ouest ➚
- Saprox inventaire national des Coléoptères saproxyliques en France
- Harmonia Coccinellidae (Monde) ➚
Deux-Sèvres
→ Entomologie de Thouars à Niort : Coléoptères (Histoires Naturelles)
Habitat important : le Saproxylum
Coléoptères protégés en France (1993)
- Le Bolbelasme à une corne (Bolbelasmus unicornis)
- Les Carabes noduleux (Carabus variolosus) et (Carabus nodulosus)
- Le Grand Capricorne (Cerambyx cerdo)
- Le Cucujus vermillon (Cucujus cinnaberinus)
- Le Grand Dytique (Dytiscus latissimus)
- Le Graphodère à deux lignes (Graphoderus bilineatus)
- Le Barbot ou Pique-prune (Osmoderma eremita)
- Le Phryganophile à cou roux (Phryganophilus ruficollis) (Fabricius, 1787)
- La Rosalie des Alpes (Rosalia alpina)
- Cavernicoles toutes espèces (Aphaenops sp., Hydraphaenops sp., Trichaphaenops sp.)
Carabus nodulosus Creutzer, 1799
- Carabe noduleux – Carabidae
- Il s’agit d’une espèce proche Carabus variolosus, les deux étant protégées en France car notre espèce ici était désignée sous Carabus variolosus nodulosus autrefois.
- Sa distribution est morcelée depuis la France à la Serbie en passant par l’Europe centrale. En déclin, il ne reste qu’une station en Italie et l’espèce a disparu de Suisse.
- En France, il n’est connu que dans quelques localités du Massif des Vosges, au sud de la Chaîne du Jura et dans le nord des Alpes françaises. Elle a disparu du Mont Dore dans le Massif Central et du Morvan. Si une quinzaine de départements ont été cités, il n’en reste plus que trois : Ain, Haut-Rhin et Haute-Savoie. Son indication ancienne dans les Alpes-de-Haute-Provence est jugée douteuse.
- Cette espèce habite les cours d’eau forestiers, non pollués. Ce Carabe a la particularité de chasser sous l’eau en marchant sur le fond, mais à défaut de proie il reporte son alimentation sur des vertébrés terrestres ou des fruits.
- Le carabe adulte passe l’hiver inactif dans le bois en décomposition, puis se reproduit au printemps et produit une génération par an. Pouvant vivre jusqu’à trois ans, il peut se reproduire plusieurs fois, ce qui favorise son adaptation aux changements environnementaux.
[Maillard D. 2021] – Carabus nodulosus : coup de projecteur sur un coléoptère semi-aquatique de notre région, rare et protégé. – Observatoire de la Biodiversité, AuRA, en ligne. – ONLINE
Lamia textor (Linnaeus, 1758)

©© bysa – Alelsandrs Balodis – 2019 – Wikimedia commons
- Lamie tisserand – Cerambycidae
- Présente dans la zone Paléarctique où l’espèce est densément connue sur la partie européenne, sporadiquement jusqu’au Japon et la Corée, elle se trouve sur toute la France, mais elle plus rare dans le Midi et absente de Corse. Elle est rare en Europe, disparue de plusieurs pays. Espèce patrimoniale en France : rare et sporadique, localisée et jamais abondante. L’espèce était réputée commune dans tous le pays (Bonnamour 1934).
- Considérée comme Vulnérable (VU 2021) en Auvergne Rhône-Alpes où elle est connue sur tous les départements généralement sous 1000 m d’altitude mais dépassant parfois les 1500 m. La première mention régionale a été répertoriée en 1928 en Isère. Réputée découverte en mai 2025 dans le département à Saint-Marcellin-en-Forez, à confirmer selon une mention de 2023 sur Arcon (Esnault & Esnault 2025), il existe néanmoins une ancienne indication concerne aussi la commune de Peschadoires en 2010. Dans le Grand Poitou c’est une espèce rare, signalée ponctuellement dans les Deux-Sèvres, la Vendée, la Vienne et la Charente. Les mentions s’étalent d’avril à septembre en Nouvelle Aquitaine.
- Coléoptère saproxylique recherchant les forêts humides, notamment alluviales comme les ripisylves ou des boisements marécageux. Les adultes vivent au sol près de Saules ou de Peupliers généralement à l’abris de la lumière du jour et sont capables de déplacements dans d’autres habitats. La larve se développe dans du bois mort de Saules ou de Trembles et y creuse des galeries bien visibles. Les adultes sont visibles dès le mois de mars et les derniers repérés en octobre. Le développement larvaire dure de 3 à 4 ans.
Esnault M. & Esnault G. 2025 – Première mention de Lamia textor (Linnaeus, 1758) dans le département de la Loire, région Auvergne Rhône-Alpes. – BIOM, 6 (2025) : 39-42. – PDF LINK


