Les collisions avec les navires constituent une menace importante pour plusieurs espèces de grands cétacés, notamment la Baleine noire de l’Atlantique Nord (Eubalaena glacialis), le Rorqual commun (Balaenoptera physalus), le Rorqual à bosse (Megaptera novaeangliae), le Rorqual bleu (Balaenoptera musculus), le Cachalot (Physeter macrocephalus) et la Baleine grise (Eschrichtius robustus).
Ces collisions surviennent principalement lorsque les routes maritimes traversent les zones d’alimentation, de reproduction ou de migration des baleines. Leur fréquence réelle reste difficile à estimer, car certaines collisions passent inaperçues et de nombreuses carcasses ne sont jamais retrouvées.
Les blessures observées peuvent être très graves : fractures, lésions de la colonne vertébrale, hémorragies internes, traumatismes dus à l’impact avec la coque, ainsi que profondes lacérations provoquées par les hélices. La mort peut être immédiate ou survenir plus tard, à la suite de blessures compromettant les capacités de déplacement, d’alimentation ou de reproduction.
La Baleine noire de l’Atlantique Nord (Eubalaena glacialis) est particulièrement vulnérable. NOAA estime sa population à environ 380 individus, dont seulement environ 70 femelles reproductrices. Depuis 2017, les collisions avec les navires et les enchevêtrements dans les engins de pêche figurent parmi les principales causes de mortalité anthropique documentées pour cette espèce. Les comportements alimentaires près de la surface augmentent également son exposition au trafic maritime.
En Méditerranée, le Rorqual commun (Balaenoptera physalus) et le Cachalot (Physeter macrocephalus) sont également concernés. Des travaux menés sur les côtes méditerranéennes françaises ont associé une part importante des échouages de Rorquals communs à des collisions avec des navires. Le sanctuaire Pelagos constitue notamment une zone sensible en raison de la superposition entre forte fréquentation maritime et présence régulière de cétacés.
La vitesse des navires est un facteur majeur. Une réduction de vitesse augmente le temps de réaction et diminue la violence de l’impact. Des limitations à 10 nœuds sont ainsi utilisées dans certaines zones sensibles. Au Canada, la présence de baleines noires près de Sept-Îles a également conduit à une réduction temporaire de la vitesse des navires.
La prévention repose donc principalement sur la réduction de la vitesse, l’adaptation des routes maritimes, la surveillance de la présence des baleines et l’identification des zones à haut risque. Pour les populations déjà très réduites, chaque mortalité supplémentaire peut ralentir fortement le rétablissement de l’espèce.

Bibliographie
- ACCOBAMS 2021 – Addressing mortalities and injuries to cetaceans from ship strikes in the Mediterranean. – Fourteenth Meeting of the Scientific Committee.
- ACCOBAMS 2023 – Progress report on the Conservation Management Plan for Mediterranean fin whales (Balaenoptera physalus). – Scientific Committee.
- International Whaling Commission 2025 – State of the Cetacean Environment Report 2025. – International Whaling Commission.
- GREMM / Baleines en direct. 2026 – Observations de la semaine et Pêche aux actualités. – 25 septembre 2026.
Webographie
- ACCOBAMS. (s. d.). Vessel strikes → https://accobams.org/…
- International Whaling Commission. (s. d.). Ship strikes → https://iwc.int/…
- International Whaling Commission. (s. d.). Cetacea: Classification of whales, dolphins and porpoises → https://iwc.int/…
- NOAA Fisheries. (2026). 2017–2026 North Atlantic Right Whale Unusual Mortality Event.→ https://www.fisheries.noaa.gov/national/marine-life-distress/…
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