Le genre Nesocordulia endémique de Madagascar (ou environs : Comores) a été érigée lors de la description de Nesocordulia flavicauda par McLachlan (1882). Il est si bien caractérisé par la présence chez les mâles d’une épine dorsale sur le segment 10 de l’abdomen, que toutes les espèces décrites à la suite, l’ont été directement dans le dit genre. Martin (1906) ne connaissait que trois espèces bien distinctes. Fraser (1956) fait un point général sur le genre et ajoute une cinquième espèce, ayant publié une quatrième à cet ensemble quelques années plus tôt (Fraser 1948). Legrand (1984) ajoute une sixième espèce, particulière aux îles des Comores. Enfin Bernard & al. (2025) doublent le nombre des espèces connues, portant leur nombre à douze par l’ajout de six espèces supplémentaires. Les contacts avec les espèces de ce genre sont pour ainsi dire accidentels ou occasionnels puisque diverses espèces ne sont connues qu’au niveau des populations types. Les espèces qui ont été pour l’heure signalées à plusieurs reprises sont l’exception. Une question sur la validité des espèces se pose lorsqu’on comprend que chaque population désigne presque systématiquement une nouvelle espèce et que celles-ci n’ont dans quelques cas pas été réobservées depuis un siècle ou plusieurs décennies. Presque tous les contacts des années 2010 forment de nouvelles espèces. Cette constatation est à la fois singulière et pose question.
de Selys Longchamps E. 1882 – Note sur le genre Gomphomacromis Brauer. – Bulletin ou Comptes-Rendus des Séances de la Société Entomologique de Belgique, séries 3, 26 : CLXVI-CLXIX. – ONLINE
McLachlan M.R. 1882 – Nesocordulia McLachlan (de νήσος = insula). nouveau sous-genre de Cordulines de la légion Cordulia. – Bulletin ou Comptes-Rendus des Séances de la Société Entomologique de Belgique, séries 3, 26 : CLXX-CLXXII. – ONLINE
1882 (McLachlan) – Nesocordulia gen. nov.
1882 (McLachlan) – Nesocordulia flavicauda sp. nov. [n°1]
C’est Edmond de Selys Longchamps qui fait la lecture du travail de Mac Lachlan (sic !) après une note que de Selys Longchamps avait faite sur le genre Gomphomacromia, lors de l’Assemblée mensuelle du 2 décembre 1882 de la Société entomologique de Belgique. Cette note de McLachlan est publiée dans les chroniques de l’association de l’année 1882, qui ont été peu probablement publiées avant 1883 (série III n°26) [?]. Tout d’abord dans sa note sur Gomphomacromia, le naturaliste belge annonce le travail de McLachlan qu’il lira à la suite : « Aujourd’hui même, M. Mac Lachlan publie dans nos Comptes-rendus un sous-genre nouveau, de Madagascar (Nesocordulia flavicauda) qui est tout à fait intermediaire entre les Gomphomacromia du Brésil et l’Oxygastra Curtisii de l’Europe occidentale, différant des premières par l’abdomen du mâles terminé par une forte point horizontale, et de la seconde par les secteurs de l’arculus légèrement soudés à leur base et la pointe terminale de l’abdomen non penchée en bas ni fourchue. » Il érige le sous-genre Gomphomacromia en grand genre. Notons que de Selys Longchamps établit 1882 comme date de publication, ce qui est peut-être différent de la date d’impression effective telle que je l’envisageai plus haut pour 1883. Par ailleurs plusieurs compilations bibliographiques de l’époque conservent bien la date de 1882 qui apparaît en conséquence bien validée.

Suit la lecture de la note de McLachlan (1882). La description ne concerne que le mâle, la femelle étant inconnue. Le sous-genre Nesocordulia est présenté parmi les Cordulines, dans la légion Cordulia. Les critères de détermination donnés se basent sur des détails de la nervation alaire. La patrie est Madagascar. McLachlan rapproche ce sous-genre des Neocordulia d’Amérique méridionale tropicale en raison de la nervation où les triangles sont similaires et surtout l’arculus qui est soudé ou un peu pétiolé à la base, s’en distinguant surtout par S10 prolongé en pointe. Il est intermédiaire entre les Neocordulia et Oxygastra Curtisii, se distingue de ce dernier par les secteurs de l’arculus soudés à la base et par la pointe en S10 horizontale et non fourchue, ainsi que par l’appendice inférieur triangulaire.
Il décrit Neosocordulia flavicauda, genre alors monotypique :
- Abdomen : 35 mm, AP : 34 mm.
- Ailes un peu salies, extrêmité enfumée fuligineux (surtout AP), vestige jaune brunâtre à la base des ailes, réticulation noire, ainsi que l’extérieur de la nervure costale, ptérostigma très petit (2 mm), brun, surmontant 1,5 cellules (long de 1,8 mm), AA avec 10 antécubitales et 8-9 postcubitales, membranule blanchâtre.
- Face brune, lèvre inférieure jaunâtre, lobes latéraux largement jaunâtres, nez vert acier métallique un peu doré latéralement avec le bord inférieur jaune, vertex et vésicule vert acier métallique, vésicule jaune en arrière, taché de brun derrière les yeux.
- Thorax vert bronzé duveteux cendré, deux larges bandes vert acier métallique sur les côtés, chacune coupée par une tache ovale allongée jaune pâle complétée par une troisième, plus petite à la base des pieds postérieurs.
- Abdomen grêle, clavé sur les trois derniers segments, S8 étant le plus large. Dessus noir bronzé. variée de jaune (S1 presque entièrement jaunâtre, S2 avec une ligne un peu courbée sur les côté et antérieurement, S3-4 avec une ligne latérale oblique sur la première moitié convergent vers l’arrière, S5-6 de même mais seulement sur le premier tiers, S7 jaune sauf au bout, S8 de même mais bilobé en triangles postérieurement, S9 avec deux grandes taches jaunes séparées par une bande médiane noire, S10 jaune dessus et brun jaunâtre dessous et sur les côté. S10 présentant une forte pointe conique un peu aigüe, amincie en biseaux vue de côté.
- Appendice anal supérieur jaune clair, avec des poils noirs, recourbé vers le haut et de forme concave sur la face inférieure, plus long que les deux derniers segments, une petite dent en dessous au premier tiers. Appendice anal inférieur moitié plus court, un peu recourbé vers le haut et à la face inférieure concave, de teinte brunâtre sauf la pointe qui forme un léger tubercule qui est noirâtre […].
- Pieds noirs, fémurs un peu brunâtre extérieurement vers leur base avec une tache jaune isolée, tibias antérieurs avec une carène, dent inférieure des onglets forte, mais plus courte que la supérieure.
Un seul mâle vu, provenant de Madagascar. La coloration jaune des appendices abdominaux supérieurs est exceptionnelle dans la légion des Cordulies.
Cette espèce est valide de fait, car elle est la première du genre Nesocordulia, néanmoins elle n’a pas été contrôlée depuis sa description en 1882. Le matériel de collection est fortement dégradé et il serait intéressant de vérifier le matériel connu au Muséum de Tokyo afin de vérifier son identité et son état.
Les classifications de l’époque considère une seule famille, Libellulidae (Odonata) pour les Odonates. La sous-famille des Corduliini comprend le sous-genre Gomphomacromia (Nesocordulia) McLachlan, 1882 (par exemple : 1883 : en ligne ici ➚). Dans l’entre-temps, le genre Nesocordulia est intégré pour le compte de McLachlan (1882) dans plusieurs compilations bibliographiques, sans variations véritables.
1890 (Kirby) – Odonata, Libellulidae, Cordulinae : Nesocordulia McLachlan, 1882 : Nesocordulia flavicauda McLachlan, 1882 : Madagascar.
Martin R. 1900 – Odonates nouveaux ou peu connus. – Bulletin du Muséum d’Histoire Naturelle, 1900 (6) : 103–108. – ONLINE
1900 (Martin) – Nesocordulia rubricauda sp. nov. [n°2] – Martin (1900) dresse, page 108, un tableau comparatif entre Nesocordulia flavicauda et Nesocordulia rubricauda qui est la nouvelle qu’il décrit alors.

Cette espèce est valide car elle se distingue nettement de Nesocordulia flavicauda, et, elle pourrait sur certains éléments être placée dans un sous-genre particulier en raison des marques foncées à la base des ailes, le nombre d’antécubitales significativement plus important, la dimension du ptérostigma et des éléments de coloration de l’abdomen particulièrement distinctifs.
Martin R. 1902 – Odonates indo-océaniens des collections du muséum. – Bulletin du Muséum d’Histoire Naturelle, 1902 (7) : 506–512. – ONLINE
1902 (Martin) – Nesocordulia spinicauda sp. nov. [n°3] – Mâle (abdomen : 45-46 mm, AP : 31 mm) – 11 anténodales sur les AA et 8 postnodales; respectivement 8 et 8 sur les AP. Triangle interne vide sur les AP, bord interne très brisé, deux rangs postrigonaux. Ailes hyalines, légèrement safranées à la base, ptérostigma petit, mince et noir, membranule gris. Face vert foncé, avec une tache jaune en trapèze au milieu du nez, lèvre supérieure largement jaune, vertex bleu métallique. Thorax vert brillant avec une raie jaune aux côtés, bas des côtés jaunes. Abdomen noir avec des lignes vermiculaires jaunes sur les côtés de S1-5, deux petites taches basales en S7, remplacées par des lignes en S8, S10 portant une forte épine noire courbée vers l’arrière. Pieds noirs et longs. Appendices d’une beau jaune serin en forme de pinces allongées, noirs seulement à la base, inférieur beaucoup plus court que le supérieur. Femelle semblable au mâle, mais avec un abdomen plus court; mince et étranglé, appendices droits, longs et jaunes, ailes safranées jusqu’aux triangles. Madagascar (Fort Dauphin). – Si les trois espèces connues de Nesocordulia se ressemblent, mais Nesocordulia spinicauda, est plus petite que les deux autres, mais sa coloration est similaire à celle de Nesocordulia flavicauda. Les appendices supérieurs des mâles l’en distingue car ils sont courbés intérieurement en forme de pinces. La flavicauda est par ailleurs beaucoup plus jaune au niveau de la face et sa membranule est blanchâtre. L’abdomen rougeâtre de Nesocordulia rubricauda, la forme de ses appendices mâles et la présence de marques brunes à la base des ailes distingue cette dernière. Les femelles de spinicauda ont des appendices beaucoup plus longs que ceux de la flavicauda qui n’a de plus pas la base des ailes safranées.
La forme particulière et caractérisée en pince des appendices abdominaux des mâles rendent cette espèce comme correctement distincte des deux précédentes.
Martin R. 1906 – Cordulines. Catalogue systématique et descriptif. – Collections zoologiques du Baron Edm. de Selys Longchamps, fasciule 17 : 94 pp. + 3 pl. – ONLINE
1906 (1907 ?) (Martin) – Dans son ouvrage associé aux collections d’Edmond de Selys Longchamps, Martin (1906) traite des Cordulines (sous-famille des Cordulinae), Martin (1906) place les Nesocordulia dans le groupe des Cordulia, qu’il préciser en trois divisions. Les Nesocordulia ont un triangle discoïdal sur les AA, seulement à trois côtés, et, placées dans la troisième division comprennent les genres Oxygastra, Syncordulia, Gomphomacromia, Neocordulia et Nesocordulia. Ils sont dans le genre XVII, Nesocordulia Mac Lachlan (sic !).
Trois espèces sont alors reconnues (redescription résumée plus bas).
- Nesocordulia flavicauda McLachlan, 1882, revue par Martin (1900) : Madagascar.
- Nesocordulia rubicauda Martin, 1900 : Madagascar.
- Nesocordulia spinicauda Martin, 1902 (nec 1903 : recte hic) : Madagascar : Fort-Dauphin.

Nesocordulia flavicauda et Nesocordulia rubricauda ont un aspect similaire, mais sont bien distincts en termes de coloration. Les femelles de trois espèces sont bien distinctes. Le système des taches abdominales et l’épine sur S10 des mâles caractérisent bien les espèces de ce genre.
- Nesocordulia flavicauda McLachlan, 1882 – Martin 1900 – Madagascar – Types : mâle (coll. McLachlan), femelle (coll. René Martin), absente de la collection d’E.de Selys Longchamps. – L (53 mm : mâle ; abdomen : mâle, 39 mm). – Mâle à face jaune d’or traversée de noir, haut du front vert brillant, thorax vert metallique, abdomen noir taché de jaune, appendices jaunes serin, un peu de noir à la base, minces et ondulés. Femelle (longueur 44 mm, abdomen 32 mm) colorée comme le mâle, mais de taille notablement plus petite. Elle a les ailes légèrement brunies, abdomen mince et cylindrique, ptérostigma brun, un peu plus long, membranule blanc jaunâtre, appendices jaune serin, plus longs que S10, un peu plus courts que S9, légèrement divergents et pointus, minces en forme de lames de couteau, protubérance jaunes triangulaire presque aussi longues que les appendices au bout de S10. Selon Bernard & al. (2025) cette description de la femelle ne correspond pas à flavicauda, en raison de ses dimensions et pourrait tout aussi bien être une femelle de Nesocorduliia mascarenica. Il faut regarder Fraser (1956) pour la première description authentique de la femelle de Nesocordulia flavicauda.
- Nesocordulia rubricauda Martin, 1900 – Madagascar – Types : mâle et femelle (coll. René Martin). – L (abdomen : 34 mm, AP : 33 mm). – Mâle : face rousse traversée de gris (âge [?]), dessus du front bleu métallique, thorax brun-roux au dessus vert métallique et avec des raies métalliques sur les côtés, abdomen roux clair varié de brun sur l’arrière des segments, sutures noires, appendices roux légèrement différents de ceux de flavicauda avec l’épine au-dessus de S10 plus épaisse à la base, appendices plus longs et plus larges, pieds noirs sauf les premiers fémurs roux clair. Femelle : différent nettement de celle de flavicauda. Ailes teintes partout de jaune et safrané à la base, ptérostigmas jaunes, extrêmement petit (à peine plus long qu’une cellule voisine), membranule assez petite et blanche. AA avec 10 anténodales et 10 postonodales, AP avec 7 anténodales et 10-11 postnodales. Secteur de l’arculus réuni à la naissance, triangles petits. Elles sont la face rousse, une peu traversées de noir, dessus du front vert doré, métallique, thorax vert-bleu métallique avec des taches ou des traits jaunes épars sur les côtés et non bien délimités, abdomen brun noirâtre remontant du bas, arrête dorsale brune (détails des motifs donnés par Martin 1906). Les appendices sont courts, écartés, très poilus, jaunes à la base, noirâtres, longs poils au bout, pieds noirs sauf une partie des fémurs antérieurs qui sont bruns-roussâtres, et la base des suivants de même.
- Nesocordulia spinicauda Martin, 1902 – Madagascar, Fort Dauphin – Types : mâle et femelle (coll. René Martin, MNHN) – Mâle à face jaune traversée de noir, devant et dessus du front bleu métallique, thorax vers métallique avec arrête dorsale largement brune et côtés avec deux bandes jaunes, dessous jaune, abdomen noir, élargi en S7-9, tacheté de jaune (détails des motifs donnés par Martin 1906), épine en S10 noire et très aiguë, appendices abdominaux supérieurs un peu noirs à la base, jaune ensuite, écartés à la base et courbés, se rapprochant selon une forme en demi-cercle, les inférieurs sont jaunes et beaucoup plus courts, pieds noirs, sauf les premiers fémurs et la base des suivants, jaune clair. Femelle très semblable au mâle, avec abdomen cylindrique, non clavé, ailes largement tachées de safrané à la base, appendices longs en lame de couteau, jaunes séparés par une protubérance atteignant leur moitié.
1948 (Fraser) – Nesocordulia mascarenica sp. nov. [n°4] – Type au British Museum (Kimmins 19661, 19682). Les détails sur cette espèce sont accessibles dans l’article de Bernard & al. (2025), je n’ai pas trouvé l’article original. Des similitudes des pièces terminales de l’abdomen de Nesocordulia malgassica, la pointe en S10 étant moins haute, vues de dessus, il apparaît que les pièces inférieures sont plus réduites que celles de Nesocordulia malgassica décrit plus tard (Fraser 1956).
Cette espèce présente des similitudes au niveau des pièces abdominales des mâles de Nesocordulia flavicauda, néanmoins les supérieures ne présentent pas de petite dent singulière, vues de dessus elles se distinguent par leur aspect plus fin. Cette nouvelle espèce paraît se distinguer correctement des trois espèces précédemment décrites.
Fraser F.C. 1956 – Faune de Madagascar. I. Insectes. Odonates Anisoptères. – Publication de l’Institut de Recherche scientifique de Madagascar, Tananarive : 125 pp. – ONLINE
Le genre Nesocordulia est placé dans les Corduliidae, parmi les Anisoptères, une famille mal représentée sur Madagascar selon Fraser (1956) clairement dominée par ce genre qui représente plus de la moitié des 8 espèces connues alors, avec 5 taxons. Il entame la famille par une clé de détermination. L’auteur, en raison de l’ajout de nouvelles espèces depuis la description faite par McLachlan (1882) justifie la nécessité de la redescription du genre Nesocordulia : ce sont des Cordulines de taille moyenne, aux teintes générales, vertes ou bleues métallique et aux dessins jaune citron. Le triangle discal en général entier (parfois divisé), super-triangles en général entiers (mais redivisés chez Nesocordulia mascarenica), sous triangles toujours entiers. Arculus au niveau de la deuxième anténodale ou presque, une nervure cubitale aux AA, deux aux AP, deux rangées de cellules sur l’essentiel de la longueur du champ discal, triangle discal des AA très varié. Les pattes sont longues et grêles. L’abdomen du mâle cylindrique, mais élargi en S7-8 ([comme en massue]), S10 fortement caréné formant une épine médio-dorsale soit verticale, soit vers l’arrière. Appendices abdominaux généralement simples, souvent avec une épine ou des saillies irrégulières, généralement jaune vif. Les écailles vulvaires des femelles sont peu visibles. Type : Nesocordulia flavicauda McLachlan. Fraser (1956) redécrit les quatre espèces connues et en ajoute une cinquième avec Nesocordulia malgassica.
- Nesocordulia flavicauda McLachlan, 1882 – Martin 1900, Fraser 1948 – Mâle (abdomen : 35 mm, AP : 34 mm). Type mâle au British Muséum (endommagé). Les deux femelles de la coll. de René Martin (MNHN), identifiées comme telles appartiennent a priori à cette espèce, l’autre à Nesocordulia mascarenica. Le mâle de Nesocordulia flavicauda se distingue bien des autres espèces du genre, la femelle est caractérisée par la coloration du dessin de la face, ainsi que par les motifs particuliers en S2-4 et S7-8. Fraser (1956) détaille les descriptions.
- Nesocordulia rubricauda Martin, 1900 – Martin 1906 – Mâle (abdomen : 36 mm, AP : 32 mm). Les types de René Martin ne sont pas retrouvées au MNHN (les a-t-il emportés avec lui lors de son départ au Chili ?). En conséquence seules les descriptions écrites sont exploitables. Les spécimens sont de Madagascar, sans précision. Selon Fraser (1956) le mâle n’était pas parfaitement mâture. Il donne des détails de description.
- Nesocordulia spinicauda Martin, 1903 (Fraser (1956) donne la date de 1903 au lieu de 1902 !) – Martin 1906 – Mâle (abdomen : 33 mm, AP : 30 mm). Fraser (1956) considère la description de Martin comme incomplète. Cet auteur souligne des parentés de cette espèce avec Nesocordulia mascarenica par sa taille, son corps svelte et la dilatation de S7-9. Des détails de description sont ajoutés par Fraser (1956). Trouvéee sud-est de Madagascar (Fort-Dauphin, sans autres précisions).
- Nesocordulia mascarenica Fraser, 1948 – Mâle (abdomen : 34 mm, AP : 31 mm). Fraser (1956) résume les critères les plus frappants de la description qu’il avait faite en 1948. La seule femelle connue est au MNHN, déterminée par Martin comme Nesocordulia flavicauda. Le type mâle provient du centre de Madagascar (Mandritsara), l’allotype femelle. est de Madagascar, sans précision.
1956 (Fraser) – Nesocordulia malgassica sp. nov. [n°5] – Nesocordulia malgassica Fraser, 1956 – Selon la clé, cette espèce se caractérise par la présence de bandes anté-humérales larges et jaunes, alors qu’aucune des 4 autres Nesocordulia n’ont de telles bandes. S’ajoutent des appendices anaux supérieurs simples divariqués et sans épine, les inférieurs sont relativement long, car ils sont à peine un tiers plus courts que les supérieurs, la carène dorsale (épine) en S10 prolongée par une épine en arrière. Madagascar est, Ambila-Lemaitso, mars 1951 (holotype mâle et allotype femelle).
La présence de bandes anté-humérales (non illustrées), option unique chez les Nesocordulia connues alors, paraît suffisante pour distinguer une nouvelle espèce valide. Les similitudes avec les pièces abdominales de Nesocordulia mascarenica sont à souligner, mais c’est une espèce nettement plus grande de près de 7 mm pour la longueur. L’examen des hamuli représentés chez Bernard & al. (2025) montrent une différence significative. Enfin la morphologie générale diffère significativement car l’abdomen ne forme pas de massue forte chez cette espèce alors qu’elle l’est chez Neosocordulia malgassica. Cette nouvelle espèce paraît valide.
1984 (Legrand) – Nesocordulia villiersi sp. nov. [n°6] – Seule espèce qui ne soit pas à Madagascar : île des Comores.
Les éléments disponibles sur cette espèce dont je n’ai pu consulter l’article original et sa situation géographique originale sont en faveurs d’une espèce valide. Il y a donc bien en conclusion six espèces de Nesocordulia antérieurement décrites à celles de l’article de Bernard & al. (2025).
1985 (Davies & Tobin) – Nesocordulia McLachlan, 1882 (Anisoptera, Libelluloidea, Corduliidae, Corduliinae) : type : Nesocordulia flavicauda McLachlan, 1882 (type), Nesocordulia malgassica Fraser, 1956, Nesocordulia mascarenica Fraser, 1948, Nesocordulia rubricauda Martin, 1900, Nesocordulia spinicauda Martin, 1902 (recte hic : nec 1903), Nesocordulia villiersi Legrand, 1984 (Comores : recte hic : nec Madagascar). Tous à Madagascar selon Davies & Tobin (1985).
1994 (Bridges) – Nesocordulia McLachlan, 1882 (C. r. Soc. ent. Belg., 35) : type : Nesocordulia flavicauda McLachlan, 1882 par désignation ultérieure faite par Kirby (1890) : Libelluloidea, Corduliidae, Gomphomacromiinae. – Six espèces : Nesocordulia flavicauda McLachlan, 1882 (LT : Madagascar) – Nesocordulia rubricauda Martin, 1900 (LT : Madagascar) – Nesocordulia spinicauda Martin, 1903 (sic !) (LT : Madagascar par désignation ultérieure faire par Legrand (1984)) – Nesocordulia mascarenica Fraser, 1948 (LT : Madagascar, Mandrisara) – Nesocordulia malgassica Fraser, 1956 (LT : Madagascar) – Nesocordulia villiersi Legrand, 1984 (LT : îles Comores).
1997 (Steinmann) – Le genre Nesocordulia est placé dans les Anisoptères, Libelluloidea, Corduliidae
- Corduliinae (de Selys Longchamps 1871), Gomphomacromiinae (Tillyard & Fraser 1940).
- Nesocordulia McLachlan, 1882 (type : Nesocordulia flavicauda McLachlan, 1882 : monotypie) (Martin 1906, Pinhey 1962).
- Nesocordulia flavicauda Mc Lachlan, 1882 (LT : Madagascar, mâle : British Museum) (Martin 1906, Pinhey 1962) : Madagascar.
- Nesocordulia malgassica Fraser, 1956 (LT : Madagascar : mâle : MNHN) (Pinhey 1962) : Madagascar.
- Nesocordulia mascarenica Fraser, 1948 (LT : Madagascar : mâle : MNHN) (Pinhey 1962) : Madagascar.
- Nesocordulia rubricauda Martin, 1900 (LT : Madagascar : mâle : MNHN) (Martin 1906, Pinhey 1962) : Madagascar.
- Nesocordulia spinicauda Martin, 1902 (recte hic) (LT : Madagascar : mâle : MNHN) (Martin 1906, Pinhey 1962) : Madagascar.
- Nesocordulia villiersi Legrand, 1984 (ex Davies & Tonin 1985) : Madagascar.
2014, 2018 (Deliry) – Je place ce genre dans la famille des Synthemistidae s.str. dans une version clairement réduite en regard des Synthemistidae s.l., Corduliidae s.l.. Notons que les Gomphomacromiidae qui ont pu être envisagés par ailleurs, ne conviennent pas et sont immergés dans les Synthemistidae s.str.
Doublement du nombre d’espèces : on passe à douze dans un seul article en 2025 !
Bernard R. & al. 2025 – Six new species of Nesocordulia McLachlan, 1882 reveal an insular evolutionary radiation of dragonflies on Madagascar (Odonata: Anisoptera: Libelluloidea). – Zootaxa, 5660 (2), 9 juillet 2025 : 151-193.
2025 (Bernard & al.) – Révision complète et ajout de six nouvelles espèces : doublement du nombre d’espèces dans un seul article – Le genre Nesocordulia McLachlan, 1882 est décrit de nouveau. Le plan qui préfère donner les six espèces nouvelles en premier, n’est guère pratique pour juger de leur validité et les six espèces historiques sont déplacées en fin d’article alors qu’elles sont prioritaires. À l’instar de nombreux articles récents sur les Odonates, les descripteurs diffèrent des auteurs de l’article et chacun intervient au cas par cas selon les espèces. Je ne cite les descripteurs in extenso que lorsqu’ils sont au plus trois conformément aux recommandations de l’ICZN. Les auteurs annoncent que les six nouvelles espèces sont bien définies par la structures des appendices abdominaux des mâles, des hamuli et les patterns de coloration.
Je considère qu’il convient de privilégier les caractéristiques structurales en priorité sur les caractéristiques de coloration qui peuvent varier en fonction de l’âge ou des populations. Cette difficulté est augmentée par le très faible nombre de spécimens connus. La forme des hamuli apparaît délicate à exploiter dans plusieurs car et les différences ne me paraissent pas toujours si nettes. La forme de l’abdomen qui est en forme de massue chez divers taxon, apposés à une massue plus fine chez d’autres pourrait être considérée. En collection une modification de cette structure pourrait apparaître chez les vieux exemplaires qui pourraient « dégonfler ».
2025 (Bernard & al.) – Nesocordulia McLachlan, 1882 – Il s’agit d’Anisoptères de dimension moyenne à petite avec une longueur allant de 41 à 60 mm et des AA mesurant de 28 à 41 mm. Des oreillettes sont présentes sur les côtés de S2 des mâles. L’abdomen est clavé sur S7-10, S8 étant le plus large chez les mâles, caractéristique atténuée ou absente chez les femelles. Les mâles présentent en S10 une pointe en arrière qui est plus ou moins inclinée. La nervation alaire est précisée. La teinte générale est sombre avec des marques jaunes, mais deux espèces se distinguent par leurs teintes rousses orangées. La tête et le thorax présentent des reflets métalliques, mais pas l’abdomen. La face est marquée de jaune le plus souvent. Les yeux vont du vert au bleu avec quelques différences de teinte, selon l’endroit, pour certaines espèces. Les côtés du thorax sont marqués de zones plus claires, généralement jaunes, plus ou moins étendues mais selon un même schéma de répartition. Les pattes sont sont fondamentalement foncées, en particulier les antérieures alors que les postérieures peuvent présenter des secteurs plus éclaircis de jaune ou rouge-brunâtre. L’abdomen présente un pattern de marques colorées similaire chez l’essentiel des espèces, mais plus ou moins étendu au cas par cas. Un spot est généralement bien visible en S7. Les appendices abdominaux peuvent permettre la détermination des différentes espèces.
2025 (Bernard & al.) – Nesocordulia coloratissima Bernard & al., 2025 sp. nov. [n°7] – La localité-type, située dans l’ouest de Madagascar concerne 3 mâles et 2 femelles récoltés le 9 janvier 2016. 1 mâle et 2 femelles photographiés sont connus par ailleurs. L’espèce n’est connue que de deux populations de l’ouest de Madagascar. Cette espèce se caractérise par sa coloration variée et étendue. Les appendices et les hamuli sont considérés comme caractéristiques. L’espèce mesure 45 mm de long, l’aile antérieure 32 mm, le ptérostigma 2,1 mm. La face est métallique sombre, marquée de zones jaunes étendues. Les yeux sont brun pourpre. Le thorax est métallique sombre, marqué de jaune sur les côtés. L’apex des ailes tend à être légèrement teinte d’ambre brunâtre. Le ptérostigma est noir. Les marques de l’abdomen sont nombreuses, avec un spot jaune bien visible en S7, il tend vers le roux à l’apex.
Mon examen montre des similitudes des pièces abdominales des mâles existent avec Nesocordulia malgassica. De telles similitudes sont partagées par plusieurs de nouvelles espèces décrites : Nesocordulia evanida, Nesocordulia ipsio et Nesocordulia odonator. Ces similtudes se retrouvent dans l’examen des hamuli et la forme générale de l’abdomen en massue.
En première approche hormis la coloration spectaculaire attribuée à cette espèce, les éléments morphologiques présentant des similitudes partagées posent question sur sa validité et son rapprochement de Nesocordulia malgassica doit être considérés. La validité de cette espèce ne semble a priori pas une évidence et elle ne pourrait ne correspondre qu’à de simples variations de coloration. Elle est toutefois nettement plus petite de 8 mm au niveau de la longueur. C’est alors de Nesocordulia mascarenica qu’on pourrait la rapprocher.
2025 (Bernard & al.) – Nesocordulia evanida Bernard, Daraż & Dijkstra, 2025 sp. nov. [n°8] – La localité-type située dans le nord-est de Madagascar concerne 5 mâles et 1 femelle ténérale. Un autre mâle a été découvert à 229 km de ce point. La population originale a été l’objet de diverses observations sur terrain, ce qui permet de préciser des éléments de comportement et de l’habitat de l’espèce. Il s’agit de la plus petite espèce de Nesocordulia avec une longueur de 44 mm et des ailes antérieures de 29 mm environ, elle est à peine moins grande que les autres. Le ptérostigma mesure 1,8 mm. Son abdomen est distinctement sombre. Les pièces abdominales et les hamuli, tout comme les motifs des côtés du thorax permettent sa distinction. La face est métallique sombre, marquée de jaune. Les ailes sont hyalines. L’abdomen présente des marques jaunes, avec un spot jaune en S7, il ne reste sombre vers l’apex.
Des similtudes morphologiques sont partagées avec d’autres taxons de la nouvelle série décrite en 2025 : Nesocordulia coloratissima, Nesocordulia ipsio et Nesocordulia odonator. En conséquence un rapprochement avec Nesocordulia malgassica de description antérieure doit être considéré (voir plus haut). La validité de cette espèce ne semble a priori pas une évidence.
2025 (Bernard & al.) – Nesocordulia fossa Bernard & al., 2025 sp. nov. [n°9] – La localité-type située dans le centre-est de Madagascar ne concerne qu’un seul mâle. C’est une espèce relativement grande avec une longueur de 57 mm environ, des ailes antérieures de près de 42 mm. Le ptérostigma mesure 2,4 mm. Elle ressemble à Nesocordulia rubricauda par sa coloration fondamentalement brun rouge. La base des ailes est marquée de brun. La nervation est dense, diffère en quelques points de celle de Nesocordulia rubricauda et détails de la coloration des pièces de la tête aide à la distinction. Les ailes sont fumées de manière « nuageuse ». La face est sombre, brunâtre marquée de jaune. Le thorax est brun-rouge avec des zones métalliques vertes ou bleutées. L’abdomen varié et de teinte brun-rouge et ne montre pas de spot significatif en S7. Il présente une forme clavée en massue, ce qui n’est pas visible sur l’ancien spécimen de collection appartenant à Nesocordulia rubricauda, ce qui pourrait être un artéfact de conservation. Les pièces abdominales des deux espèces présentent des similitudes, mais les hamuli paraissent distinguables.
Sa distinction effective de Nesocordulia rubricauda est possible, mais n’est pas si claire et une confusion des deux taxons reste à considérer comme une éventualité en raison du faible nombre d’exemplaires connus.
2025 (Bernard & al.) – Nesocordulia ipsio Bernard, Daraż & Dijkstra, 2025 sp. nov. [n°10] – La localité-type située dans le nord-est de Madagascar concerne 5 mâles et 3 femelles, à l’altitude de 1150 m et une femelle a été photographiée plus bas, vers 480 m d’altitude. Il s’agit d’une espèce sombre à la manière de Nesocordulia odonator, plus pauvres en marques claires que les autres, avec des hamuli bien distincts, ce qui ne me paraît pas si évident. Elle mesure 47 mm de long environ avec des ailes antérieures de 35 mm et des ptérostigmas de 1,9 mm. La face est sombre métallique, marquée de jaune. Le thorax est métallique allant du vert au bleu, pourpre ou cuivré. Les côtés sont marqués de jaune. Les hamuli paraissent caractéristiques. L’abdomen est sombre et peu marqué, montant un spot blanc en S7. Il présente une forme clavée en massue. Les pièces abdominales sont sombre à point claire, les inférieures étant sombres.
Des similtudes morphologiques sont partagées avec d’autres taxons de la nouvelle série décrite en 2025 : Nesocordulia coloratissima, Nesocordulia evanida et Nesocordulia odonator. En conséquence un rapprochement avec Nesocordulia malgassica de description antérieure doit être considéré (voir plus haut). La validité de cette espèce ne semble a priori pas une évidence. Elle est toutefois nettement plus petite de 6 mm au niveau de la longueur. C’est alors de Nesocordulia mascarenica qu’on pourrait la rapprocher.
2025 (Bernard & al.) – Nesocordulia lyricauda Bernard, Daraż & Dijkstra, 2025 sp. nov. [n°11] – Deux spécimens anciens de collection, de sexe mâles, rapportés sans plus de précision de Madagascar désignent cette espèce. C’est une grande espèce, longue de 58 mm environ, avec des ailes antérieures de près de 42 mm. Les ptérostigmas mesurent 1,9 mm. La face est sombre métallique, marquée de jaune. Le thorax est sombre métallique avec des marques claires. L’abdomen est sombre avec des marques jaunes, présente un spot jaune en S7. Il est clavé, légèrement plus large sur S7-10. Les ailes sont légèrement fumées. Les pièces abdominales sont ondulées en forme de lyre, tant les supérieures que les inférieures sont claire.
Du point de vue morphologique les hamuli de cette espèce semblent bien la distinguer de Nesocordulia spinicauda avec laquelle certaines similitudes de la structure des pièces abdominale semblent partagées en raison de leur ondulation, leur forme diffère car elles sont divergentes à l’apex alors qu’elles sont convergentes en « loupe » ou en forme de pince chez Nesocordulia spinicauda.
Les éléments de divergence semblent bien en faveur d’une nouvelle espèce valide, plus ou moins proche de Nesocordulia spinicauda. La fragilité de cette option se base sur l’ancienneté des spécimens de collection et l’absence de mention récente pour les deux espèces.
2025 (Bernard & al.) – Nesocordulia odonator Bernard & al., 2025 sp. nov. [n°12] – La localité-type située dans le centre-est de Madagacar concerne un unique mâle, seul spécimen connu de cette espèce. Les hamuli sont originaux et ce spécimen est de grand taille puisqu’il mesure un peu plus de 55 mm de long pour des ailes antérieures de 38 mm. Les ptérostigmas mesurent 1,9 mm. C’est comme Nesocordulia ipsio une espèce sombre, mais Nesocordulia odonator est plus grand. La face est sombre métallique bleutée, marquée de jaune-olive. Thorax vert métallique avec des taches. Les ailes sont hyalines, faiblement teintées de jaune à la base. Un spot jaune réduit se trouve en S7. Les pièces abdominales sont relativement courtes, jaunes assombries sur un peu plus du premier tiers, les inférieures sombres sont longues en proportion.
Des similtudes morphologiques sont partagées avec d’autres taxons de la nouvelle série décrite en 2025 : Nesocordulia coloratissima, Nesocordulia evanida et Nesocordulia ipsio. En conséquence un rapprochement avec Nesocordulia malgassica de description antérieure doit être considéré (voir plus haut). Les dimensions similaires des deux taxons sont compatibles avec cette option. La validité de cette espèce ne semble a priori pas une évidence.
Synthèse
Le tableau suivant rassemble des éléments clés permettant d’examiner chronologiquement les similitudes de caractéristiques originales (+), ou partagées (abréviation) avec des taxons décrits antérieurement. Il apparaît que les éléments de coloration sont régulièrement distinctifs pour les six espèces proposées en 2025. La faiblesse du nombre de spécimens considérés généralement me semble nécessiter des études plus approfondies et nombre de nouvelles espèces ne sont que des hypothèses, a priori. Je vais commenter à la suite et chercher les arguments supplémentaires en faveur de la validité de chaque espèce proposée.
Nesocurdulia (similitudes) | 1882 flavicauda | 1900 rubricauda | 1902 spinicauda | 1948 mascarenica | 1956 malgassica | 1984 villiersi |
---|---|---|---|---|---|---|
Dimensions | L abd. : 35 mm AA : 33 mm | L : 58 mm AA : 42 mm | L : 52 mm AA : 36 mm | L : 46 mm AA : 32 mm | L : 53 mm AA : 36 mm | L : 45 mm AA : 31 mm |
Appendices | originaux | différents | différents | différents | mascarenica | différents |
Hamuli | na | original | [na] [?] | différents [?] | différents | malgassica |
Femelle | inconnue | oui | oui | incertaines [?] | oui | inconnue |
Spécimens | 1m 4m2f [?] | 1m | 2m3f | 1m | 1m1f | 1m |
Photographies | – | – | – | – | – | – |
Localités | (1) et + [?] | (1) | 1 | 1 | 2 | 1 |
Madagascar | na | na | SE | NE | Est | Comores |
Habitus | na | original | différent | différent | mascarenica [?] | différent |
Coloration | na | différente | différente | différente | différente | différente |
Ailes | salies enfumé/apex jaune/base | hyalines brun/base | hyalines safran étendu/base | hyalines | hyalines | hyalines |
Ptérostigma | clair 1,5 ¢ | jaune 2,5 ¢ | sombre 1,5 ¢ mais assez long | sombre 1,5 ¢ | sombre 2 ¢ | sombre 1,5 ¢ |
Anténodales AA/AP | 10 / 7 | 16 / 10 | 11 / 8 | 13 / 7 | 14 / 8 | 12 / 7 |
Face : métalliique + du jaune en général | verte | rousse | sombre | bleutée | sombre | sombre |
Thorax : métallique toujours duveteux et marqué de jaune | vert | roux | vert | vert | bandes antéhumérales [?] vert | vert |
Abdomen : sombre, marqué et plus ou moins clavé | clavé spot [na] | clavé roux clair | massue sans spot [?] | massue spot/clair | clavé spot [na], polychrome [?] | clavé spot [?] |
S10 : avec une pointe en arrière | verticale | inclinée | courbée inclinée | courte | inclinée | inclinée |
Appendice supérieur : duveteux / poilu | clair poilu épine obtu | fin et roux tubercule [?] lisse émoussé | clair fin épine en pinces / loupe | clair lisse obtu | clair lisse obtu | bicolore lisse boule |
Appendice inférieur : arqué en pointe | moyen | long épais | clair court peu pointu | clair court | clair moyen | foncé |
Rapprochement | flavicauda | rubricauda | spinicauda | mascarenica | malgassica | villiersi |
DIsctinction | Originale Appendices Epine | Appendices Coloration | Appendices Coloration | Appendices Coloration | Appendices Dimensions Coloration | Appendices Coloration Comores |
Nesocurdulia (similitudes) | 2025 coloratissima | 2025 evanida | 2025 fossa | 2025 ipsio | 2025 lyricauda | 2025 odonator |
---|---|---|---|---|---|---|
Dimensions | L : 45 mm AA : 32 mm | L : 44 mm AA : 29 mm | L : 57 mm AA : 42 mm | L : 47 mm AA : 35 mm | L : 58 mm AA : 42 mm | L : 54 mm AA : 38 mm |
Appendices | mascarenica | mascarenica | rubricauda [?] | mascarenica | spinicauda [?] | mascarenica |
Hamuli | malgassica | malgassica | rubricauda [?] | malgassica | différents | différents |
Femelle | oui | oui | inconnue | oui | inconnue | inconnue |
Spécimens | 3m2f | 5m1f pop. observée | 1m | 1m3f | 2m anciens | 1m |
Photographies | 1m2f | – | – | 1f | – | – |
Localités | 2 | 2 | 1 | env. 1 | (1) | 1 |
Madagascar | Ouest | NE | Est | NE | na | Est |
Habitus | mascarenica | mascarenica | rubricauda [?] | mascarenica | spinicauda [?] | mascarenica |
Coloration | différente | différente | rubricauda | différente | différente | différente |
Ailes | fumées | hyalines | fumées | hyalines jaune/base | faiblement fumées | hyalines jaune/base |
Ptérostigma | sombre 2 ¢ | sombre 2 ¢ | sombre 2 ¢ | sombre 1,5 ¢ | clair 2¢ | clair 1,5 ¢ |
Anténodales AA/AP | 8/7 | 10/7 | na/8 | 14/8 | 14/8 | na/na |
Face (métallique) + du jaune en général | bleutée | sombre | rousse | bleutée | sombre | bleutée |
Thorax : métallique toujours duveteux et marqué de jaune | vert | vert | roux + vert | vert | vert | vert |
Abdomen : sombre, marqué et plus ou moins clavé | massue spot/jaune polychrome | massue spot/jaune | massue roux | massue spot/blanc | clavé spot/jaune | massue spot/jaune |
S10 : avec une pointe en arrière | verticale | verticale | inclinée | verticale | faible [?] | verticale |
Appendice supérieur : duveteux / poilu | bicolore lisse obtu | bicolore lisse obtu | roux lisse obtu | bicolore lisse obtu | clair fin obtu en-lyre | bicolore lisse obtu |
Appendice inférieur : arqué en pointe | moyen clair pointu arqué | moyen clair pointu arqué | long roux pointu arqué | long noir pointu arqué | moyen clair émoussé arqué | long noir pointu arqué |
Rapprochement | mascarenica [?] malgassica [?] coloratissima | mascarenica [?] malgassica [?] evanida | rubricauda [?] fossa | mascarenica [?] malgassica [?] ipsio | spinicauda [?] lyricauda | malgassica [?] odonator |
DIsctinction | Coloration Anténodales Dimensions Appendices | Coloration Anténodales Dimensions Appendices | Appendices Abdomen | Coloration Anténodales DImensions Appendices | Appendices Hamuli | Hamuli |
- Dimensions – Deux ensembles se distinguent par l’examen des dimensions des Nesocordulia : des espèces de petite taille dont la longueur est inférieure à 48 mm : Nesocordulia flavicauda, Nesocordulia mascarenica, Nesocordulia villiersi, Nesocordulia coloratissima, Nesocordulia evanida et Nesocordulia ipsio auquel est apposé des espèces de grande dimension (longueur supérieure à 51 mm) : Nesocordulia rubricauda, Nesocordulia malgassica, Nesocordulia fossa, Nesocordulia lyricauda, Nesocordulia odonator.
- Appendices abdominaux – Ceux-ci sont généralement alongés et obtus, plutôt divergents pour les supérieurs et les inférieurs sont formés d’une lame élargie à la base, pointue et recourbée vers le haut à l’apex chez la plupart des espèces. Leur coloration varie, ainsi que la coloration de leur pilosité, les supérieurs pouvant être clairs ou bicolores, les inférieurs étant clairs ou sombres. Les inférieurs sont plus ou moins imposants ou en proportion, toujours plus courts que les supérieurs, paraîtront longs ou de dimension moyenne. Les supérieurs sont clairs chez Nesocordulia flavicauda, Nesocordulia spinicauda, Nesocordulia mascarenica, Nesocordulia malgassica et Nesocordulia lyricauda, bicolores (sombres à la base, pointe claire sur une zone plus ou moins étendue) chez Nesocordulia villiersi, Nesocordulia coloratissima, Nesocordulia evanida, Nesocordulia ipsio et Nesocordulia odonator roux chez Nesordulia rubricauda et Nesocordulia fossa.
- Hamuli – Leur observation délicate et des similitudes rendent cette structure difficile à valoriser en termes de détermination, néanmoins ils sont bien caractérisés chez Nesocordulia lyricauda et Nesocordulia odonator. Dans divers cas, ils sont assez similaires à ceux de Nesocordulia mascarenica.
- Localités – La quasi totalité des espèces ne sont connues que par une seule localité (localité-type), une seule population, parfois un seul individu et les observations multiples sont du domaine de l’exceptionnel. Le comportement observé chez Nesocordulia evanida qui ne reste jamais plus de 3-5 minutes sur les sites d’observation pourrait être généralisé, ce, allié à la fréquentation d’habitats très sombres, voir envahis de branchages au-dessus de cours d’eau forestier (hypothèse). Les espèces suivantes n’ont guère été signalées depuis le début du XXe siècle : Nesocordulia flavicauda, Nesocordulia rubricauda, Nesocordulia spinicauda et Nesocordulia lyricauda, le milieu du XXe siècle : Nesocordulia mascarenica, Nesocordulia malgassica et Nesocordulia villiersi. D’autres n’ont été vues que récemment dans les années 2010, mais sans répétition ou presque avec Nesocordulia coloratissima, Nesocordulia evanida, Nesocordulia fossa, Nesocordulia ipsio et Nesocordulia odonator. L’espèce la mieux connue et observée est Nesocordulia evanida.
- Répartition – Dans un tel contexte d’espèces exceptionnellement rencontrés, établir la répartition sur Madagascar s’avère illusoire. Trois espèces ne sont pas localisées sur Madagascar et leur localisation reste donc très approximative : Nesocordulia flavicauda, Nesocordulia rubricauda et Nesocordulia lyricauda. Peu d’espèces n’apparaissent que dans deux localités : Nesocrodulia malgassica, Nesocordulia coloratissima et Nesocordulia evanida. On trouve sur les Comores, Nesocordulia villiersi.
- Habitus – L’abdomen est clavé (élargissement maximum en S8), plutôt allongé et simplement élargie à partir de S7 chez Nesocordulia flavicauda, Nesocordulia rubricauda, Nesocordulia malgassica, Nesocordulia villiersi et Nesocordulia lyricauda, il tend vers une forme de massue, l’abdomen prenant une apparence plus raccourcie chez Nesocordulia spinicauda, Nesocordulia mascarenica, Nesocordulia coloratissima, Nesordulia evanida, Nesocordulia fossa, Nesocordulia ipsio, Nesocordulia odonator. Il apparaît possible que cette caractéristique en massue concerne les mâles matures et que celle-ci soit altérée artificiellement chez les anciens spécimens de collection.
- Coloration – Deux types fondamentaux de coloration sont connus, rousseâtre pour Nesocordulia rubricauda et Nesocordulia fossa et sombre pour les autres espèces. Néanmoins des teintes variées caractérisent Nesocordulia corloratissima et semblent possibles chez Nesocordulia malgassica.
- Ailes – Les ailes sont hyalines (Nesocordulia mascarenica, Nesocordulia malgassica, Nesocordulia villiersi, Nesorcordulia evanida), avec une base jaune ou brune (Nesocordulia flavicauda, Nesocordulia rubricauda, Nesocordulia spinicauda, Nesocordulia ipsio, Nesocordulia odonator), fumées voire « nuageuses » (Nesocordulia flavicauda, Nesocordulia fossa, Nesocordulia lyricauda). La base safranée est étendue chez Nesocordulia spinicauda et la combinaison base jaune, fumé et même apex fumé se trouve chez Nesocordulia flavicauda.
- Ptérostigmas – Ils sont de taille très constante (1,9-2,0 mm généralement), mais selon le contexte ils couvent entre 1,5 et 2 cellules voisines, presque 3 chez Nesocordulia rubricauda. IIs sont sombres ou clairs, élément qui pourrait être associé à l’âge des individus et dont la constance ne peut être vérifiée en raison du très faible nombre de spécimens connus.
- Face (tête) – Elle est marquée de zones métalliques, vertes, bleutée, parfois rougeâtres… elle est accompagnée de zones jaunes, orangées ou jaune sale de manière plus ou moins étendue. Ces éléments sont à vérifier par répétition de l’observation d’un plus grand nombre de spécimens.
- Thorax – Il est toujours marqué de zones métalliques. Le pattern des zones claires est le même pour toutes les espèces, certaines marques étant fusionnées ou séparées en taches, voire absentes. Ceci pourrait indiquer des variabilités au sein de mêmes espèces.
- Abdomen – Voir aussi Habitus plus haut. Est sombre et à la manière du thorax montre des patterns de zones éclaircies plus ou moins developpées selon les spécimens. L’âge et la variabilité intra-spécifique ne peut être étudiée faute d’un nombre de spécimens suffisants.
- Le segment 10 de l’abdomen présente une pointe caractéristique du genre Nesocordulia. Cet éléments pourrait avoir une certaine constance et pourrait aider à la détermination des espèces. Plus de recoupements restent nécessaires.
- Appendices abdominaux – Leur examen de dessus, vision la plus pertinente, montre deux options principales : les supérieurs écartés et obtus recouvrent l’appendice inférieur relativement long chez Nesocordulia coloratissima, Nesocordulia evanida, Nesocordulia ipsio, Nesocordulia odonator, un peu moins long chez Nesocordulia malgassica chez Nesocordulia villiersi la terminaison en forme de boule est caractéristique. L’appendice inférieur est court chez Nesocordulia flavicauda, Nesocordulia mascarenica. Les deux types d’appendices sont plus massifs chez Nesocordulia rubricauda et Nesocordulia fossa. Ils sont en forme de pince / loupe chez Nesocordulia spinicauda et de lyre chez Nesocordulia lyricauda. Seules Nesocordulia flavicauda et Nesocordulia spinicauda semblent présenter une épine supplémentaire et discrète sous l’appendice supérieure. Elle est visible de côté. Les autres sont qualifiés de « lisses » dans le tableau ci-dessus
- Validité chronologique des espèces et limites
- Nesocordulia flavicauda McLachlan, 1880 – Monotypique à l’initial, elle fonde le genre Nesocordulia qui nous l’avons vu est très bien circonscrit.
- Nesocordulia rubricauda Martin, 1900 – Espèce bien distincte par sa coloration brun-rouge.
- Nesocordulia spinicauda Martin, 1902 – Espèce bien distincte par la forme en pince / loupe des appendices supérieurs vus de dessus.
- Nesocordulia mascarenica Fraser, 1948 – Espèce bien distincte par la forme de ses appendices supérieurs qui ne présentent pas d’épine, ainsi que par le nombre d’anténodales élevée (plus de 13).
- Nesocordulia malgassica Fraser, 1956 – Espèce similaire à la précédente, mais montrant une taille notablement plus grande (53 mm contre 46 mm de long), la présence de bandes anté-humérales (non illustrées nulle part) semble caractéristique.
- Nesocordulia villiersi Legrand, 1984 – Espèce bien distincte par sa géographie, la seule présente en dehors de Madagascar, car présente sur les Comores. Les appendices abdominaux supérieurs terminés en boule sont caractéristiques.
- Nesocordulia coloratissima Bernard & al., 2025 – Similaire en dimension et structuralement à Nesocordulia mascarenica, les appendices abdominaux ressemblent plus à Nesocordulia malgassica, mais c’est comme mascarenica une petite espèce. On trouve des éléments floboyants possibles à la pointe de l’abdomen chez malgassica. La validité de cette espèce basée sur des éléments coloration et peu d’éléments structuraux clairs. Elle semble en conclusion recevable.
- Nesocordulia evanida Bernard, Daraż & Dijkstra, 2025 – Similaire comme la précédente à des taxons antérieurs, et, distincte pour les mêmes motifs. La séparation de Nesocordulia coloratissima ne semble par contre ne se baser que sur des critères de coloration. Les deux espèces pourraient être des variations d’une même espèce.
- Nesocordulia fossa Bernard & al., 2025 – Similaire en aspect et en taille à Nesocordulia rubricauda, mais les correspondances ne sont pas « exactes ». Ces éléments basés sur peu de spécimens restent en faveur d’une bonne espèce, mais il n’est pas exclu que ce sont en définitive un synonyme, par simple variation de Nesocordulia rubricauda.
- Nesocordulia ipsio Bernard, Daraż & Dijkstra, 2025 – Similaire comme Nesocordulia coloratissima et Nesocordulia evanida. La séparation de Nesocordulia coloratissima et de Nesocordulia evanida ne semble se baser principalement que sur des critères de coloration, les nuances structurelles étant compatibles avec des variations. Les trois espèces ne pourraient être qu’une variation d’une même espèce.
- Nesocordulia lyricauda Bernard, Daraż & Dijkstra, 2025 – La forme particulière des appendices en forme de lyre, évoque les appendices arqués connus chez Nesocordulia spinicauda, l’absence apparente d’épine particulière sur l’appendice supérieur, l’aspect des hamuli distincts sont en faveurs d’une bonne espèce. L’étude de plus de spécimens est souhaitable car tous sont des anciens objets de collections.
- Nesocordulia odonator Bernard & al., 2025 – Les similitudes avec Nesocordulia mascarenica à l’instar d’un groupe d’espèces indiquées dans la même situation plus haut est à considérer, mais écartée par la dimension supérieure de l’odonator ce qui la rapprocherait alors de Nesocordulia malgassica qui est grande aussi. Néanmoins les hamuli bien caractérisés et des détails structuraux sont en faveur d’une bonne espèce. L’étude de plus de spécimens devrait venir confirmer cette situation.
- L’ensemble Nesocordulia coloratissima, Nesordulia evanida et Nesocordulia ipsio présente trois taxons qui présentes de nombreuses similitudes structurelles et morphologiques. La distinction ne se fait réellement que par des critères de coloration. Les variations de coloration des ailes ne peut être a priori prise en considération. Le nombre de cellules anténodales de l’AA vient les distinguer, il y en 8 chez coloratissima, 10 chez evanida et significativement plus chez ipsio avec 14 cellules comptées. L’extension de la zone basale sombre et apex clair des pièces abdominale supérieures peut être examiné et aider à la détermination. L’appendice inférieur d’ipsio se distingue par sa couleur sombre alors qu’elle est claire chez les deux autres espèces. Nous sommes donc bien en présence de trois taxons assimilables à des bonnes espèces sur la base de cet analyse approfondie.
2025 – La World Odonata List place ce genre dans la famille des « artificielle » des Synthemistidae s.l. (polyphylétique)
Références à préciser
Bernard & al. 2025, Bridges 1994, Davies & Tobin 1985, de Selys Longchamps 1871, 1882, Deliry 2014, 2018, [2025], Fraser 1948, 1956, Kirby 1890, Legrand 1984, Martin 1900, 1902 (1903 ?), 1906, McLachlan 1882, Pinhey 1962, Steinmann 1997, Tillyard & Fraser 1940
Notes
- Kimmins D.E. 1966 – A list of the Odonata describe by F.C.Fraser, now in the British Museum (Natural History). – Bull. Br. Mus. nat. Hist. (Ent.), 18 (6) : 173-227. ↩︎
- Kimmins D.E. 1968 – A list of the type-specimens of Libellulidae and Corduliidae (Odonata) in the British Museum (Natural History). – Bull. of the British Museum (Natural History), (Ent.), vol. 22 (6), 20 septembre 1968 (1969) : 277-305 ↩︎
Référencement – Deliry C. [2025] – Analyse historique du genre Nesocordulia (Synthemistidés). – Blog des Histoires Naturelles, 11 juillet 2025 – ONLINE