Chiroptères ou Chauves-Souris

Mammifères

Chiroptères en Poitou-Charentes et Vendée

  • LC France (en augmentation)
  • Grand Poitou – Assez commune. Le traitement commun de cette espèce avec le Petit Murin par Jourde & al. (2000) ne facilite pas les analyses particulières. Les critères de détermination disponibles sont en faveur d’une grande majorité de Grands Murins. Connue en Vendée.
  • Rhône-Alpes – NT – Isère (VU) – Connue sur une large part du département. Le nombre de colonies connues est néanmoins très faible. Bien représentée dans les massifs bien prospectés comme le sud de Belledonne ou les Ecrins. Mentions essentiellement estivales car alors l’espèce est mieux détectée.
  • Cette espèce se nourrit essentiellement de Carabes, qu’elle chasse en forêt. Elle habite des bâtiments, des ponts ou des grottes.
  • VU 2020 UICN – VU 2017 France (en déclin)
  • Essentiel du Bassin méditerranéen, Afrique du Nord, Europe méridionale et centrale, Anatolie, Caucase et Moyen Orient (sous-espèce type). On trouve ailleurs dans le Monde d’autres sous-espèces (Afrique, Asie du Sud-Est, Australie, Chine, Corée, Japon…). C’est la sous-espèce orsinii se trouve en Corse, Sardaigne, Sicile et dans les deux-tiers Sud de l’Italie.
  • Rhône-Alpes – EN – Si l’espèce s’est reproduite sur le département de l’Isère (EN [RE !]), c’est ponctuellement. Elle ne semble plus se reproduire et s’observe encore parfois dans des gites de transits migratoires. L’espèce est active entre mai et septembre.
  • Grand Poitou – CR 2018 – Nombreuse, mais très localisée : rare en terme de répartition. Il s’agit d’une espèce migratrice hautement coloniale en Poitou-Charentes où elle se trouve en limite d’aire. On ne connaît que deux – grandes colonies reproductrices – dans la région Poitou-Charentes (3 en hiver) : en Charente principalement et secondairement en Charente-Maritime. Des échanges sont attestés entre les deux départements (bagues). L’espèce se disperse pendant les périodes de transits et occupe un plus grand nombre de localités. En hiver on note dans la cavité mère de Charente entre 8500 et 23000 individus (moyenne proche de 15000, fluctuante). Il n’y a plus en période de reproduction que 5000 animaux en Charente et 1500 en Charente-Maritime. Elle chasse parfois loin des ses gîtes dans les campagnes, le long de lisières ou au-dessus de points d’eau. Ses effectifs sont stables sur fond de fluctuations. Connue en Vendée.
D’après Baillat & al. (2020). Ce document montre, selon moi, l’hypothèse d’une certaine stabilité et glissement des populations vers le Roussillon, avec vidage des autres régions

Baillat B. & al. 2020 – Et le Minioptère de Schreibers, il va comment ? Synthèse des connaissances. – Diaporama, coord. Chiroptères SFEPM.

  • LC France (en augmentation)
  • Grand Poitou – Assez commune. Espèce mal connue en Poitou-Charentes, mais présente dans les quatre départements, sans qu’on sache réellement si elles est répandue ou localisée. En hiver plus des 3/4 des effectifs sont comptés dans la Vienne (1100 individus). En Deux-Sèvres ce ne sont pas moins de 1996 individus qui ont été dénombrés en 2021. Elle paraît quasi absente de la Charente. Un gite de reproduction situé en Charente-Maritime comprend entre 1500 et 3000 animaux dans une carrière souterraine abandonnée. Il s’agit d’une des plus grande colonie d’Europe. Le dit site n’est pas occupé en intersaison et en hiver. Les animaux semblent alors se disperser. Outre les cavités souterraines, l’espèce recherche les fissures (fissuricole). En été elle est dans des bâtiments ou des cavités souterraines chaudes, souvent accompagnés d’autres espèces. Mal connu lors de ses chasses, l’espèce est dans les campagnes ou le long de haies ou lisières. L’espèce semble stable sur la région, mais sans certitude. Connue en Vendée.
  • Rhône-Alpes – NT – Peu de mentions, en Isère (NT 2016) repérée plus volontiers par des recherches spécifiques (bat box…) ; éparse à basse altitude sur le département. Plutôt connue en moyenne montagne. Mal connue en hiver, ce sont les gîtes estivaux qui sont connus le plus souvent. Peu de colonies connues, des mentions éparses en divers endroits du département. Elle est sous 1000 m d’altitude.
  • Habitats variés, de préférence dans les massifs boisés notamment les forêts de feuillus ou les ripisylves. Aussi dans les bocages. Ne dépasse pas les 1000 m d’altitude en général.
Murin cryptique – Jura Vaudois le 14 août 2013
©© bysa – Manuel Ruedi – Wikimedia commons
  • Les populations de cette espèce ont été confondues avec le Murin de Natterer. Elle a été distinguée en 2019 (revue de décembre 2018, parue en fait début 2019) en même temps que le Murin de Zenati qui vit en Afrique du Nord. Le Murin cryptique correspond de fait aux « Murins de Natterer » dans le tiers sud de la France, en Italie , Sicile et une partie de l’Espagne. Elles n’est distinguée que génétiquement et aucun critère morphologique clair n’est pour l’instant identifié. Nous avons en Corse, une autre espèce qui n’est pas encore décrite. En Espagne se trouve parmi le groupe « Natterer » le Murin d’Escalera qui déborde en France dans les Pyrénées, mêlé à des Murins cryptiques. On ne sait pas encore quelle est l’espèce présente dans la frange moyenne de la France, en limite de répartition du véritable Murin de Natterer.
  • Elle est connue avec certitude jusque dans les Landes, le Puy de Dôme et la Haute-Savoie. Des incertitudes concernent la Gironde et la Charente-Maritime ou la Charente-Maritime et elle pourrait remonter jusque dans le Doubs. Elle n’est pas en Corse où se trouve une espèce voisine non décrite encore (species C).
  • Cette espèce se rencontre jusqu’à près de 2000 m d’altitude. Elle se trouve dans les forêts. Elle est forestière mais chasse aussi parfois dans les prairies. Les colonies sont établies dans des cavités d’arbres et elles hibernent dans des sites souterrains.

Juste J. & al. 2019 – Two new cryptic bat species within the Myotis nattereri species complex (Vespertilionidae, Chiroptera) from the Western Palaearctic. – Acta Chiropterologica, 20 (2) (2018).

  • Vespertilion de Brandt – LC France – NT Rhône-Alpes
  • Grand Poitou – Cette espèce est indiquée en Charente et Charente-Maritime, mais elle est très mal connue. Son statut régional reste à préciser.
  • Rhône-Alpes – Disparue de la région en 1984, l’espèce y est de retour récent (Ariagno 2010). Dans quelques forêts de montagne ou dans les Chambarans en Isère (DD). Peu de mentions. Tendances forestières plutôt en altitude. On n’a découvert pour l’instant aucun gite de cette espèce.
  • NT France
  • Rhône-Alpes – Disparue vers 1962 de la région, l’espèce a été retrouvée (Ariagno 2010). – Isère (NT [DD !]) : Dans quelques zones de piémont ou de plaine avec quelques forêts abritant des grands arbres. Elle est rare en Isère. Aucune colonie [récente]] n’est connue dans le département, ni hivernale, ni reproductrice.
  • Grand Poitou – Assez commune. L’espèce ne vit pas dans les cavités, ce qui complexifie sa détection. On connaît une colonie de reproduction de près de 340 individus dans la région Poitou-Charentes. Elle paraît bien et fréquemment détectée aux ultrasons et paraît donc bien présente. Néanmoins la présence surprise de la rare, Grand Noctule en Poitou-Charentes vient brouiller les pistes, car les deux espèces ne se distinguent pas l’une de l’autre par cette méthode. Elle chasse au-dessus des rivières, des étangs, dans les landes, les bois, les forêts ainsi qu’en ville. Elle aime bien les vallées boisées. Présente aussi en Vendée.
Noctule de Leisler
©© by – BHL – British mammals (1920-1921)
  • Menacée en France, en déclin.
  • Grand Poitou – Assez rare, découverte en 1995, la Noctule de Leisler est une nouvelle espèce pour la région Poitou-Charentes. Une meilleure connaissance de ses critères de détermination sont en faveur de la progression des mentions et elle devait être confondue autrefois. Elle est bien repérée aux ultrasons. Elle utilise de vieux arbres comme gîte. Elle chasse dans les landes ou dans des massifs boisés périurbains par exemple. Elle aime les milieux aquatiques et s’observe bien au dessus du fleuve Charente. L’espèce est désormais de mieux en mieux connue. On l’a vue sur les quatre départements et en Vendée. Captée par ultra-sons sur Niort (Deux-Sèvres) le 10 août et 5 septembre 2021 (C.Deliry, obs. pers.).
Rhinolophe euryale – Italie le 15 décembre 2020
©© bync – Giacomo Gola – iNaturalist
  • NT UICN
  • Se trouve depuis l’Afrique du Nord et le Sud de l’Europe occidentale au Balkans, Caucase et Iran. En augmentation en France. Elle est dans les deux-tiers sud du pays, généralement en deçà de la Loire. Espèce présente en Corse.
  • Grand Poitou – Rare. On ne la connait que sur un nombre très limité de stations en Poitou-Charentes : 7 en Charente-Maritime et une dans la Vienne (la plus importante avec plus de 90% des individus), pour près de 400 individus connus seulement. Ce Rhinolophe est exclusivement cavernicole (grottes ou carrières abandonnées). Ils occupent le même gite toute l’année dans la région. Il occupe des zones de campagnes ou de cultures. Inconnue dans les Deux-Sèvres (disparue). Très rare en Charente où on l’a crue disparue. Espèce en déclin depuis les années 1980 au moins. Des campagnes de baguage trop intenses dans les années 1960 ont pu contribuer au déclin de l’espèce. Celles-ci ont cessé depuis longtemps. Connue en Vendée.
  • Balazuc J. & Théodoridès J. 1947 – Un peuplement de Rhinolophes euryales dans la grotte de Saint-Marcel-d’Ardèche. – Bull. Soc. Zool. Fr., 72 (2) : 87-88.
  • Brosset A. & al. 1988 – La raréfaction du rhinolophe euryale (Rhinolophus euryale Blasius) en France. Recherche d’une explication. – Mammalia, 52 (1) : 101-122.
Sérotine commune
Planche du Barret-Hamilton & al. (1910)
  • En déclin en France.
  • Elle est présente depuis le Nord-Est de l’Espagne à l’Europe, la Chine, la Corée et l’Asie du Sud-Est, par l’Anatolie, le Moyen Orient et le Nord-Ouest de l’Inde.
  • Grand Poitou – Commune mais en déclin. En période d’activité, l’espèce paraît bien répandue en Poitou-Charentes, en particulier plus fréquente dans la Vienne et la Charente-Maritime. On la rencontre sur l’ensemble de la région Poitou-Charentes néanmoins. Elle est bien repérée aux ultrasons. Peu de mentions hivernales connues : elle occupe alors des cavités souterraines. La plus grande colonie connue se trouve en Charente-Maritime et comprend environ 80 individus. Elle est dans les églises, les habitations, parfois derrière des volets, sous des ardoises ou dans des cavité d’arbres. On la contacte volontiers au niveau de lampadaires urbains. La faiblesse des mentions hivernales pourrait concerner une émigration à cette période de l’année (com.pers.). Connue en Vendée.
  • Ariagno D. 2010 – Grands traits de l’évolution du peuplement de mammifères rhonalpins depuis 40 ans. – Bull. Soc. linn. Lyon, hors-série n°2 : 98-106. – ONLINE
  • Bracco S. & Le Guen A. 2013 – Déclinaison régionale du Plan National d’Actions en faveur des Chiroptères en Poitou-Charentes. – Poitou-Charentes Nature & col. – PDF LINK
  • Jourde P. & al. (réd.) 2000 – Chauves-Souris du Poitou-Charentes. Atlas préliminaire 1984-1999. – Poitou Charentes Nature.