Innover pour connaître et protéger : démarche expérimentale du GRPLS

Un héritage exceptionnel : celui de Charles Degrange (1926-2023)

Montage depuis Degrange & Seassau (1970)

Alors que l’association n’était pas encore fondée, un nouveau travail sur les Odonates, insectes aussi désignées de manière résumée sous le nom de Libellules, avait commencé au sein d’une petite équipe motivée, centrée sur la proche région de Grenoble. Parfois nous pouvions nous rencontrer presque chaque semaine et progressivement nous montions nos premiers projets et les bases des activités du GRPLS. Une liste des Odonates du département de l’Isère avait rapidement été soumise à Charles Degrange, qui l’annota et la compléta. Il réalisa un gros travail d’extraction de ses notes de terrain et posa les bases essentielles de l’histoire de l’odonatologie régionale et au-delà, notamment grâce à de précieuses informations, par exemple sur les Alpes-Maritimes. L’ensemble était consigné sur des fiches papier rédigées de la main de mon professeur de l’Université de Grenoble. Nous avions trouvé une passion commune. Les travaux de Charles Degrange sont précieux pour la connaissance de l’histoire des Odonates ; il publia sur le sujet divers articles entre les années 1960 et 19801. Nous avons essayé de prendre avec toutes nos maladresses et qualités la suite. Il reprit alors ses travaux sur les Éphémères qu’il n’avait pu jusqu’alors finaliser. Je me souviens notamment d’une discussion dans son bureau à Saint-Martin-d’Hères sur l’étymologie de l’épithète de Rhithrogena gratianopolitana Sowa, Degrange & Sartori, 19862, dédiée à Grenoble.

De notre côté, faute d’outils informatiques adaptés à l’époque, nous avions mis en place des fiches papier permettant de suivre la phénologie des espèces en fonction des localités. Il s’agissait de marquer de petits carrés dans un calendrier préformaté afin de rendre compte de la qualité des informations collectées sur le terrain. L’importance de la transmission des connaissances primant sur la standardisation des supports, nous avons ensuite accepté des formats variés : fiches ou absence de fiches, photocopies de carnets de terrain, notes personnelles, photographies annotées, etc. David Loose et moi-même avons principalement œuvré à organiser cet ensemble hétérogène de données, afin de rendre les données plus structurées et comparables. Je reviendrai ultérieurement sur la question essentielle des données odonatologiques.

Le GRPLS, une initiative pionnière (1986)

20 janvier 2026 – Premier article – 1986 – Naissance du GRPLS

Fondé en 1986, le GRPLS3 constitue la première association française spécifiquement dédiée aux odonates. Lors de sa création, en décembre 1986, aucune autre structure associative n’existait en France sur ce sujet. Ses activités concernaient initialement les trois départements du nord des Alpes françaises : l’Isère, la Savoie et la Haute-Savoie. Une organisation territoriale informelle s’est rapidement mise en place : mon ami David Loose assurait l’animation et la coordination des activités en Isère, tandis que j’organisais les miennes entre l’université de Grenoble et Annecy-le-Vieux, la Savoie assurant une continuité géographique avec la Haute-Savoie. Cette répartition préfigurait des coordinations départementales. En septembre 1987, j’effectuais ma première rentrée en tant qu’enseignant de biologie-géologie au lycée des Eaux Claires à Grenoble ; en 2026, j’exerce dans un établissement situé à Niort dans les Deux-Sèvres. Au fil des années, d’autres structures consacrées à l’étude des odonates ont été créées en France : la Société française d’Odonatologie (SfO), fondée en 1991 sur la base d’activités initiées dès 1982 et dissoute en 20194 ; la Société Limousine d’Odonatologie (SLO)5, créée en 1993 ; et le Groupe Odonat’Auvergne, fondé en 20146. Par ailleurs, des groupes spécialisés se sont développés au sein d’autres structures, comme le Groupe odonates Haute-Savoie animé par FNE Haute-Savoie en partenariat avec le GRPLS depuis 20167, le Groupe Odonates Bourgogne (actif sous cette appellation de 2009 à 2021, avant un élargissement aux invertébrés) au sein de la Société d’histoire naturelle d’Autun8, ou encore le groupe de travail Opie-odonates, actif depuis 2019 au sein de l’Office pour les insectes et leur environnement9. La Selysienne, Société d’odonatologie francophone10, que je préside actuellement, est basée à Niort. D’abord constituée sous forme d’association libre en 2020, elle a été officiellement déclarée en préfecture des Deux-Sèvres au début de l’année 2023. Ses activités s’inscrivent dans un espace francophone étendu, incluant notamment des territoires ultramarins tels que La Réunion et la Nouvelle Calédonie.

Dès la fin de l’année 1986, David Loose devient le premier président du GRPLS, tandis que feu Jean-Michel Blanc en assure la trésorerie. J’en occupe pour ma part le secrétariat et j’ai depuis écrit beaucoup… beaucoup. Jean-Michel Blanc met en place un plan comptable simple et rigoureux, toujours en usage dans les rapports financiers actuels. Les conseils d’administration constituent un élément structurant de la vie associative. Le GRPLS innove également dans ce domaine, avec l’instauration d’une alternance entre conseils d’administration d’été et d’hiver. À partir de 1992, ces réunions sont couplées à des sessions de terrain à partir de locaux mis à disposition par nos membres, organisées notamment en Ardèche chez Pierre et Christine Juliand, à Crémieu en 1993 chez moi-même, de nouveau en Ardèche en 1996, puis en octobre 1996 à la Maison des Ramières (Drôme), à l’invitation de Jean-Michel Faton, alors conservateur de la réserve. Enfin, des modalités innovantes de fonctionnement sont expérimentées, telles que les conseils d’administration par correspondance et les réunions en conférence téléphonique — une pratique encore émergente au début des années 1990.

La préservation des odonates et de leurs habitats : des listes rouges départementales (1986) aux approches régionales (1997, 2006)

En Isère, sous l’impulsion de la Frapna départementale, une série de listes rouges structurées a été mise en place pour l’ensemble des Vertébrés11. Ces documents prenaient la forme de livrets pliables en trois volets, imprimés sur papier rouge-orangé. Dès 1986, l’objectif a été d’adapter cette démarche aux odonates. Inspirée de méthodes déjà éprouvées dans le domaine de la protection de la nature, cette initiative a été principalement portée par David Loose. Elle a nécessité de nombreuses réunions de travail – pas moins de 20 – avant d’aboutir, en 1992, à la première liste rouge raisonnée consacrée aux odonates à l’échelle d’un département français, en l’occurrence l’Isère. Dès 1987, des versions préliminaires avaient été élaborées conjointement pour les départements de l’Isère12, de la Savoie et de la Haute-Savoie13, correspondant alors au périmètre d’activité du GRPLS. Cette dynamique s’est prolongée en 1997 avec la publication d’un atlas des espèces menacées de ces trois départements du nord des Alpes françaises, dans les numéros 12 à 14 de la revue Sympetrum, intégrant des listes rouges actualisées et les premières bases d’une liste rouge à l’échelle rhônalpine14. Une actualisation régulière de ces documents avait été envisagée dès l’origine, afin de suivre l’évolution des connaissances et des populations. À cet effet, la revue était publiée sous forme de feuillets perforés destinés à être classés, facilitant les mises à jour successives. Les listes rouges ont en effet vocation à refléter au plus près l’état des connaissances et les dynamiques des populations ; elles nécessitent donc des révisions régulières afin d’orienter efficacement les priorités de conservation. Cette exigence est particulièrement marquée à l’échelle départementale, où les fluctuations de présence et d’abondance des espèces sont plus sensibles qu’à des échelles géographiques plus larges. Aussi, l’usage de listes rouges départementales a parfois été remis en question, notamment en raison de certaines limites méthodologiques. Il convient en effet de reconnaître que ces listes présentent des limites méthodologiques réelles, notamment en raison de l’hétérogénéité des données et des effets d’échelle. Pour autant, ces incertitudes n’invalident pas leur utilité : elles invitent au contraire à les considérer comme des outils d’aide à la décision, évolutifs et perfectibles. Ces réserves traduisent souvent une difficulté à intégrer une part d’incertitude inhérente aux données naturalistes et à mobiliser le principe de précaution. Des alternatives terminologiques, telles que les « listes d’alerte », ont été envisagées, sans toutefois remplacer pleinement la portée explicite de la notion de liste rouge : c’est bien la notion de liste rouge qui parle aux gens. Dans ce contexte, le maintien de ce cadre conceptuel s’est appuyé sur ma conviction profonde de son utilité pour la préservation des odonates et de leurs habitats à une échelle opérationnelle. À partir de 199515, je coordonne une démarche comparable pour le département de l’Ain, dans le cadre d’une étude consacrée aux odonates du Rhône, sur le site de la chute de Brégnier-Cordon. Les résultats ont été plus largement publiés en 1998 dans le numéro 11 de la revue Sympetrum16. Par la suite, un travail de synthèse a permis, que j’ai coordonnée au sein du Groupe Sympetrum, d’élaborer des listes rouges pour l’ensemble des départements de la région, ainsi que pour les Hautes-Alpes, soit neuf listes structurées17. Ce dispositif a fait l’objet d’actualisations, notamment à travers des publications en 201118 et 201319. Certaines déclinaisons départementales ont ensuite été révisées de manière indépendante : la Savoie en 201320, la Loire en 201521, 2016 et 202222, le Rhône en 201623, la Haute-Savoie en 202024, et la Drôme en 202525 et 202626. Concernant ce dernier département, le Groupe Sympetrum s’est officiellement retiré du projet au printemps 2025. Des projets de révision ou d’élaboration de listes rouges (ou patrimoniales) ont été envisagés à partir de décembre 2021 pour la Savoie et la Haute-Savoie ; leur état d’avancement reste toutefois variable. Historiquement, l’Isère apparaît comme l’un des départements français ayant développé la plus grande diversité de listes rouges locales. Cette situation peut être rapprochée d’une politique de préservation de l’environnement ancienne et structurée, qui, malgré certaines limites, a favorisé une hiérarchisation des espèces et une meilleure identification des enjeux locaux. Une telle démarche contribue à dégager des priorités de conservation plus lisibles et à orienter des actions concrètes en faveur de la biodiversité et sur ce point l’Isère est exemplaire, je pense. Dans ce contexte, l’effort de préservation de la nature engagé en Isère se distingue par sa précocité et son importance relative à l’échelle nationale.

De 1987 à 2022 : Sympetrum piémontais, une circulaire durable

Le premier numéro de la circulaire de l’association, Sympetrum piémontais, paraît en janvier 1987. Ce numéro inaugural, manuscrit, est accompagné d’une illustration singulière : le « super-sympétrum », figure stylisée dotée de deux « S » entrelacés sur le thorax, de petites antennes, d’un abdomen aux anneaux variables et de quatre ailes marquées de zones sombres près des ptérostigmas. Réalisée de manière volontairement spontanée, cette représentation traduit d’emblée la dimension expérimentale et l’esprit d’initiative qui caractérisent alors les membres de l’association, désireux de proposer de nouvelles approches de l’odonatologie. Au fil des années, Sympetrum piémontais s’inscrit dans la durée. Le numéro 96 est publié le 4 novembre 2022, témoignant de la longévité de cette circulaire. À l’exception de quelques numéros préparés par Pierre Juliand durant son mandat de secrétaire, j’en ai assuré l’essentiel de la rédaction et de la mise en forme de manière continue, avec l’appui des membres, des coordinateurs de l’association et de structures partenaires. Ces circulaires sont une mémoire importante des activités de l’association.

Les « Dossiers rouges » nés en 1987-1988 sont des catalyseurs de la préservation des zones humides

L’un des apports majeurs du GRPLS réside dans l’élaboration du concept de « Dossier rouge », formalisé en 1988. L’idée émerge dès avril 1987, autour d’un principe fondamental développé par la suite : aucune donnée ne doit être diffusée en dehors de l’association sans être accompagnée d’une analyse et d’un commentaire, y compris lorsqu’il s’agit de répondre à une demande motivée par des enjeux de protection de la nature. À cette époque, l’association Nature et Vie Sociale souhaitait disposer de données odonatologiques concernant certains sites du nord de l’Isère. Si cette sollicitation n’a pas immédiatement donné lieu à une transmission formalisée, elle a contribué à faire mûrir la réflexion. En 1988, le premier Dossier rouge du GRPLS est rédigé en quelques heures, puis adressé en recommandé au commissaire enquêteur. Il porte sur les anciennes gravières de l’Étournel, dans l’Ain, alors menacées par une reprise de l’extraction27. Ce document visait à exprimer, de manière claire et argumentée, les enjeux de conservation liés aux odonates et, plus largement, aux zones humides. La démarche reposait sur une question centrale : comment agir efficacement pour la préservation de ces milieux avec des moyens humains limités ? Le « Dossier rouge » constitue une réponse opérationnelle, sous la forme d’un document synthétique, fondé sur les connaissances disponibles et conçu pour être directement mobilisable dans les procédures décisionnelles. Une fois rédigés — certains en une demi-journée — ces dossiers étaient diffusés auprès de la communauté naturaliste, des décideurs et des acteurs de l’environnement. Leur impact, bien que difficile à quantifier précisément, s’est souvent traduit par des effets concrets ou, à tout le moins, par un renforcement des argumentaires et de la mobilisation des partenaires notamment associatifs. Le cas de l’Étournel, objet du premier Dossier rouge, en constitue une illustration notable : un arrêté de protection de biotope a été pris rapidement à la suite de cette alerte, et le site bénéficie encore aujourd’hui de mesures de préservation spécifiques. Il s’agit aujourd’hui d’un Espace Naturel sensible28 préservé. Les quatre dossiers les plus récents ont été publiés en 2023 et 2024 sous les numéros 65 à 68 et concernent des sites en Haute-Savoie et dans la Drôme. Ils mobilisent cinq rédacteurs différents, Marie Lamouille-Hébert, David Leclerc, Macha Joanin, Jean-Michel Faton et Roger Mathieu. Les équipes locales s’investissent activement dans la protection des sites odonatologiques remarquables de la région29.

De trois (1986) à huit départements rhônalpins (1989) : à quand le jour de la grande région à la douzaine ?

Dès les premières années de l’association, une dynamique d’élargissement territorial se met en place. En 1988, Christine et Pierre Juliand, figures importantes de l’odonatologie grenobloise, s’installent en Ardèche. Leur collaboration avec Alain Ladet et l’appui de la Frapna Ardèche, déjà bien structurée dans l’étude des odonates, contribuent à poser les bases d’une odonatologie départementale solide30. Le département de l’Ardèche se distingue rapidement par sa richesse spécifique et figure longtemps parmi les territoires français les plus diversifiés en odonates. Il est toutefois progressivement dépassé par l’Isère, qui occupe depuis plusieurs années la première place nationale. En 2026, l’Isère compte 78 espèces31, contre 73 pour l’Ardèche32, confirmant un écart significatif. Dès 1997, l’Ardèche était néanmoins décrite comme un territoire d’importance majeure à l’échelle européenne pour l’étude des odonates. Face aux limites d’un périmètre initial restreint aux trois départements nord-alpins, la nécessité d’élargir le champ d’action s’impose rapidement. Dès 1988, l’extension à l’ensemble de la région Rhône-Alpes est envisagée, avant d’être actée en décembre 1989. Le GRPLS inscrit dès lors ses activités à l’échelle régionale.

Parallèlement, une structuration nationale de l’odonatologie se dessine. En août 1990, lors des premières rencontres odonatologiques nationales à Bonnevaux (Doubs), organisées notamment autour de Jean-Louis Dommanget, l’idée de créer une association nationale est affirmée et nous savons que David Loose, présent avait souligné les avantages à constituer une telle structure associative. Cette initiative aboutit à la fondation de la Société française d’Odonatologie (SfO)33 le 6 avril 1991 à Bois-d’Arcy (Yvelines). Ce projet s’inscrit dans une dynamique engagée dès 1982, à la suite de collaborations entre François de Beaufort, Hervé Maurin et Jean-Louis Dommanget. Dix-huit membres fondateurs participent à cette création. Parmi eux figure Daniel Grand, membre du GRPLS. Par la suite, les liens entre le GRPLS et la SfO demeurent étroits, notamment dans le cadre de la transmission de données nécessaires à l’élaboration d’un atlas national. Ce travail implique une harmonisation progressive des formats et une attention accrue à la qualité des données et à la reconnaissance des observateurs. Les contraintes techniques de l’époque rendent ces échanges complexes : la compatibilité entre systèmes informatiques reste limitée et les transferts de données s’effectuent notamment par envoi de disquettes par voie postale. Parmi les événements marquants figure la sixième édition des rencontres odonatologiques nationales, les 20 et 21 octobre 2017 dans le Morvan (Nièvre), organisée conjointement avec les quatorzièmes rencontres Bourgogne-Nature34. Cette manifestation, particulièrement réussie, constitue la dernière rencontre nationale tenue dans le cadre de la SfO.

Sixième édition des rencontres odonatologiques nationales

Après plusieurs décennies d’activités, la SfO est dissoute le 10 mars 2019. Une partie de ses missions est reprise par l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie), qui assure notamment la continuité de la revue Martinia35 et du projet d’atlas national36, tous deux engagés dès les années 1980 et depuis modernisés. Les rencontres nationales se poursuivent sous une nouvelle forme, avec les Journées odonatologiques de l’Opie-odonates (JOO) qui se dérouleront en 2026 près de la Forêt de Fontainebleau37. Ce sont les JOO qui prennent le relais des réunions nationales organisées par la SfO mais à un rythme plus régulier.

De l’Auvergne à Auvergne Rhône-Alpes : structuration, révisions et mise en œuvre des listes rouges régionales38

À l’échelle de la grande région Auvergne–Rhône-Alpes, l’Auvergne fait figure de territoire pionnier avec la publication, dès 200439, de l’une des premières listes rouges régionales d’odonates en France, révisée ensuite en 201740. Du côté de Rhône-Alpes, une liste rouge est annoncée très tôt, dès 199741, dans le numéro 10 de la revue Sympetrum (« Bientôt dans vos journaux, une Liste Rouge régionale »)42, elle est amorcée de manière discrète dans un support synthétique publié en 1995 (poster rassemblant les photographies de toutes les espèces de Rhône-Alpes en quatre panneaux43). Elle est ensuite et publiée sous forme de rapport en 200644, tout en étant déjà esquissée en parallèle des listes départementales dans l’atlas des odonates du nord des Alpes françaises (1997). Dans ce contexte, il s’agit de l’une des premières démarches françaises structurées de liste rouge à une échelle régionale.

Résumé des actions et études sur les Odonates en Rhône-Alpes en 1997 (extrait de la revue Sympetrum n°10)

L’atlas régional publié en 200845 permet d’affiner et de formaliser cette liste rouge rhônalpine, en l’accompagnant d’un tableau récapitulatif des listes départementales de la région. Toutefois, le projet est déjà largement amorcé en 2003, avec la publication d’un livret d’une vingtaine de pages, réalisé en collaboration avec le Muséum de Grenoble dans le cadre du lancement du projet d’atlas régional, mettant en valeur les Libellules remarquables de Rhône-Alpes46. Une logique d’actualisation progressive s’installe ensuite, avec un intervalle d’environ cinq ans entre les révisions, conforme au principe selon lequel une liste rouge doit être réévaluée régulièrement (généralement tous les 5 à 10 ans). La liste rouge rhônalpine est ainsi révisée en 201447, après une version de travail en 2013 accompagnée des déclinaisons départementales48. L’édition finale est réalisée en collaboration avec UICN France et les structures partenaires (notamment Histoires naturelles), avec validation par le CSRPN le 25 février 2014 et par l’UICN France le 21 mars 2014. Cette liste concerne 84 espèces et repose sur environ 180 000 données naturalistes, issues du travail de terrain de 730 observateurs principaux. J’en ai mené la coordination scientifique qui a mobilisé une dizaine d’experts, issus notamment des structures départementales du Groupe Sympetrum, ainsi que de partenaires associatifs tels que la FNE, la LPO et l’UICN France. L’ensemble du dispositif repose sur un engagement bénévole, sans financement spécifique dédié.

PRAO 2015 – PDF

Le 25 juin 2015, la déclinaison du Plan régional d’actions en faveur des odonates49 est présentée et validée dans les locaux de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes à Lyon. Ce plan consolide la hiérarchisation des espèces en termes de priorités de conservation et marque une étape importante dans la transition entre production de connaissances et actions opérationnelles. L’objectif affiché est alors de favoriser la mise en œuvre d’au moins une action de protection sur un site naturel significatif par département. En 2019, ce plan est étendu à l’ensemble de la grande région Auvergne–Rhône-Alpes. Il évolue toutefois vers une approche davantage centrée sur des espèces emblématiques, au détriment d’actions locales directement ciblées50. Cette extension complexifie la coordination à l’échelle régionale. À ce jour, aucune synthèse régionale complète n’a été produite dans le cadre du Plan national d’action en faveur des libellules en AuRA.

Nous étions trois présents à l’atelier du 25 mars 2021
De haut en bas : Cyrille Deliry, Marie Lamouille-Hébert et Jean-Michel Faton

Face à l’ancienneté des données disponibles et au principe d’actualisation périodique des Listes Rouges, une révision à l’échelle de la grande région est engagée à partir de 2020. Le 25 mars 2021, un premier atelier réunit, à la demande du conseil d’administration du Groupe Sympetrum, Jean-Michel Faton, Marie Lamouille-Hébert et moi-même. L’idée d’une structuration par domaines biogéographiques s’impose sur le plan scientifique, tout en restant compatible avec une synthèse à l’échelle administrative régionale. Le programme était de produire en 2022 une Liste Rouge pour le domaine méditerranéen, en 2023 pour la plaine rhodanienne, en 2024 pour le domaine alpin (dans l’attente notamment des résultats du CIMaE), et enfin 2025 pour le Massif central, incluant l’Auvergne ; une révision complète devant être entamée dès 2030. Consulté sur la question, l’UICN France recommande toutefois de privilégier une structuration conforme aux découpages administratifs, plutôt qu’aux zonages biogéographiques. La nécessité d’une coordination élargie, notamment avec le Groupe Odonat’Auvergne, est identifiée, même si l’urgence de révision est moindre côté auvergnat, la liste y étant plus récente (2017).

Programmation envisagée de listes rouges par secteurs biogéographiques en Auvergne Rhône-Alpes sous la coordination du Groupe Sympetrum et le Groupe Odonat’ Auvergne. La révision suivante serait à programmer pour 2030
1. Zone méditerranéenne – 2. Plaine rhodanienne (Z.continentale est) – 3. Z. alpine – 4. Massif central (Z. continentale ouest)

Une réunion conjointe entre le Groupe Sympetrum et le groupe Odonat’Auvergne se tient le 5 avril 2022, avec une recommandation de mutualisation des bases de données nécessaires à la révision de la liste rouge régionale. Plusieurs contraintes techniques et scientifiques apparaissent également, notamment l’insuffisance de connaissances pour certaines espèces (par exemple Coenagrion pulchellum), la nécessité de renforcer les données disponibles, ainsi que les difficultés d’harmonisation à l’échelle de la grande région. Finalement, un communiqué daté du 24 juin 2025 ➚ indique enfin que la coordination technique du projet a été reprise par FNE Haute-Savoie, sous pilotage de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes ➚. Les résultats de cette nouvelle phase restent à suivre et une réunion de présentation a eu lieu récemment.

Je partage ici mon expérience odonatologique rhônalpine. Quarante années après sa création, le GRPLS apparaît comme un laboratoire d’idées autant qu’un acteur de terrain. À travers une démarche fondamentalement expérimentale — qu’il s’agisse des fiches papier des débuts, des listes rouges départementales, des Dossiers rouges ou encore de la structuration progressive des données — l’association a constamment cherché à relier connaissance et action. Cette histoire montre que l’innovation ne réside pas uniquement dans les outils, mais dans les principes : rigueur des données, acceptation de l’incertitude, exigence d’analyse avant diffusion, et volonté constante de rendre l’information utile à la décision, partage et coordination des compétences. C’est sans doute cette articulation entre science naturaliste, engagement bénévole et pragmatisme qui a permis d’inscrire durablement les odonates dans les politiques de conservation, à des échelles de plus en plus larges. Aujourd’hui, alors que les dispositifs se complexifient et que les échelles d’intervention s’élargissent, un enjeu demeure : conserver cette capacité d’initiative locale et cette liberté d’expérimentation qui ont fait la force des débuts. Car si les cadres institutionnels structurent l’action, ce sont souvent les dynamiques de terrain qui en assurent la pertinence et l’efficacité. À l’heure des grandes bases de données, des modèles et de nouvelles synthèses régionales, une question reste ouverte : comment préserver la finesse du regard naturaliste, la qualité des observations et la réactivité des acteurs locaux ? Autrement dit, comment continuer à innover pour connaître — et ainsi mieux protéger — dans un contexte où les enjeux de Biodiversité n’ont jamais été aussi pressants alors que des enjeux économiques se distinguent ? En effet étudier les Libellules désormais rapporte et les enjeux ne sont plus seulement scientifiques ou intellectuels.

Cyrille Deliry, Niort le 23 avril 2026

#Sympetrum40ans – Ambiance d’un développement : des cartes à améliorer dans le cadre d’une démarche d’expérimentation – Y’ADo!

  1. Sélection libre de référencesDegrange C. & Seassau M.D. 1968. – Odonates des Alpes-Maritimes. – Travaux du Laboratoire d’Hydrobiologie et de Pisciculture de l’Université de Grenoble, 59/60 : 65-82 + 1 fig. – Degrange C. & Seassau M.D. 1969 – Odonates des eaux à sphaignes en Dauphiné. Résumé des communications. – Annals Stat. Biol. Besse en Chandesse, 4. – Degrange C. & Seassau M.D. 1970 – Première capture en Europe de la larve de Hemaniax ephippiger (Burmeister), 1839 (Odonata, Anisoptera, Aeschnidae). – Travaux du Laboratoire d’Hydrobiologie et de Pisciculture de l’Université de Grenoble, 61 : 77-87. – Degrange C. & Seassau M.D. 1970 – Odonates de quelques hautes tourbières à sphaignes du Dauphiné. – Travaux du Laboratoire d’Hydrobiologie et de Pisciculture de l’Université de Grenoble, 61 : 89-106. – Degrange C. & Seassau M.D. 1974 – Odonates Corduliidae de Savoie et du Dauphiné. – Travaux du Laboratoire d’Hydrobiologie et de Pisciculture de l’Université de Grenoble, 64-65 : 289-308. – Degrange C., Vaillant F., Serra-Tosio B. 1976 – Inventaire faunistique des milieux humides du plateau d’Emparis, du col du Lautaret, du plan du Lac (Saint-Christophe- en-Oisans), de la plaine de Bourg-d’Oisans et du massif du Taillefer. – Rapport du contrat de recherche n°12.5/76 : 34 pp. – Degrange C. 1981 – Les milieux aquatiques de lisière dans la Vallée du Rhône en amont de Lyon. – Comité Faune/ Flore, Univ. Grenoble. – Degrange C. 1990 – Origine et évolution de quelques éléments de l’entomofaune d’un lac-tourbière de haute-montagne : le Lac du Lait (2180 m). Parc National de la Vanoise. – Trav. Sc. Parc nation. Vanoise, XVII (1989) : 167-192. – Degrange C. & Martinot J.P. 1995 – Entomofaune du Lac du Lait (2180 m). Parc National de la Vanoise. (seconde partie). – Trav. sci. Parc nation. Vanoise, XIX : 255-277. ↩︎
  2. Sowa R. & Degrange C. & Sartori M. 1986 – Rhithrogena gratianopolitana sp. n. du groupe hybrida (Ephemeroptera, Heptageniidae) des Alpes françaises et helvetiques. – Bull. Soc. Vaud. Sei. Nat., 78 : 215-223. – ONLINE ↩︎
  3. Site Internet du Groupe Sympetrum (GRPLS) consulté le 23 avril 2026↩︎
  4. Page dédiée à la SfO sur les Histoires Naturelles ↩︎
  5. Site Internet de la SLO consulté le 23 avril 2026↩︎
  6. Site Internet du Groupe Odonat’Auvergne consulté le 23 avril 2026↩︎
  7. Communiqué du 1er janvier 2019 sur le site FNE Haute-Savoie↩︎
  8. Site Internet du Groupe Odonates Bourgogne (archives) consulté le 23 avril 2026↩︎
  9. Page de présentation des quatre groupes de travail et deux groupes locaux de l’Opie consultée le 23 avril 2026 ↩︎
  10. Site Internet de La Selysienne, consulté le 23 avril 2026↩︎
  11. Voir détails et références in Loose D. & Deliry C. 1996Les Listes Rouges de Vertébrés du département de l’Isère. Présentation de la méthodologie et des résultats. – Document numérique du CORA Isère : 19 pp. – PDF ↩︎
  12. Loose D. 1987 – Première liste commentée des Odonates en Isère. – Sympetrum, 1. – PDF ↩︎
  13. Deliry C. 1987 – Bilan et perspectives des observations d’Odonates en Savoie et Haute-Savoie. – Sympetrum, 1. – PDF ↩︎
  14. Deliry C. 1997 – Atlas des Libellules rhônalpines. Premier volet espèces rares et menacées dans le nord des Alpes françaises. – Sympetrum, 11, 12 et 13 : 62+48+73 pp. ↩︎
  15. Deliry C. 1995 – Bilan des connaissances sur les Odonates de l’Ain. Eléments pour l’élaboration d’une Liste Rouge départementale. Liste Rouge des Libellules de l’Ain. – In : Deliry C. – Libellules de la Chute de Brégnier-Cordon. CNR. – Dossier d’Etude du GRPLS. ↩︎
  16. Deliry C. 1998 – Matériel pour une Liste Rouge des Libellules du département de l’Ain. – Sympetrum, 11. – PDF ↩︎
  17. Deliry C. (coord.) 2008Atlas illustré des libellules de la région Rhône-Alpes. – Direction du Groupe Sympetrum et Muséum d’Histoire Naturelle de Grenoble, édition Biotope, Mèze (collection Parthénope) : 408 pp. ↩︎
  18. Deliry C. & le Groupe Sympetrum 2011 Nouvelles Listes Rouges des Odonates en Rhône-Alpes & Dauphiné. – Collection Concepts & Méthodes, Histoires Naturelles n°25. ↩︎
  19. Deliry C. & le Groupe Sympetrum 2013 Nouvelles Listes Rouges des Odonates en Rhône-Alpes & Dauphiné. – Collection Concepts & Méthodes, Histoires Naturelles n°25. – PDF ↩︎
  20. Deliry C. & le Groupe Sympetrum 2013 – Liste d’alerte des Odonates de Savoie. 2013. – PNAO (2011-2015). – Doc. GRPLS. ↩︎
  21. Sthème de Jubécourt J., Boeglin Y., Deliry C. & le Groupe Sympetrum 2015 – Liste d’alerte des Odonates de la Loire. 2015. – PNAO (2011-2015). – Doc. GRPLS – PDF ↩︎
  22. Deliry C., Noally L., Ulmer A. (coord.) 2022 – Libellules et Demoiselles de la Loire. Atlas des Odonates du département de la Loire. – Groupe Sympetrum et FNE Loire : 256 pp. ↩︎
  23. David G., Deliry C. & le Groupe Sympetrum 2016 – Liste d’Alerte des Odonates du Rhône – 2016. – Doc. GRPLS. – PDF ↩︎
  24. Lamouille-Hébert M. (coord.) 2020 – Atlas des Odonates de Haute-Savoie. – FNE Haute-Savoie, Groupe Sympetrum, Aster, LPO Haute-Savoie, Département. ↩︎
  25. Faton J.M. (coord.) & Deliry C. 2024 – Liste rouge des Libellules de la Drôme – Liste des sites remarquables pour les libellules et leur évolution depuis 40 ans. Premiers éléments de réflexion. – Dossier Vert : Concepts & Méthodes, Editions « Histoires Naturelles » n°67 : 23 pp. + annexes. ↩︎
  26. Faton J.M. & Deliry C. 2026Liste rouge des zones humides de la Drôme révélées par les Odonates.Histoires Naturelles n°67 (dernières relectures). ↩︎
  27. Deliry C. 1988 L’Etournel (01 / 74). – Dossier Rouge n°1, GRPLS. ↩︎
  28. Marais de l’Etournel à Pougny et Collonges – Présentation sur Internet consulté le 23 avril 2026↩︎
  29. Lamouille-Hébert M., Leclerc D. & Joanin M. 2023 – Tourbière de la Colombière, plateau de Beauregard (Haute-Savoie). – Dossier Rouge n°65 : 11 pp. – Faton J.M. 2023 – Étude des libellules du site Natura 2000 du Roubion (Drôme). – Dossier Rouge n°66, Groupe Sympetrum, octobre 2023. – PDFFaton J.M. 2024 – Les tufières des Vauthières à Gruffy (Haute-Savoie, Massif des Bauges). – Dossier Rouge du GRPLS, n°67, réalisé dans le cadre d’une étude pilotée par l’Ifreemis. – PDFFaton J.M. & Mathieu R. 2024 – Le ruisseau tufeux du Ravin de la Pissarotte à Establet (Drôme, Haut-Diois). – Dossier Rouge n°68, décembre 2024, financement DDT 26 : 45 pp. – PDF. ➚ ↩︎
  30. Juliand C. & Juliand P. 1989 – Il y a bien des Libellules en Ardèche ! (07). – Martinia, 5 (3) : 79-80. – [47 espèces connues à l’époque]. ### ↩︎
  31. Isère (38), Odonates en France consulté le 23 avril 2026↩︎
  32. Ardèche (07), Odonates en France consulté le 23 avril 2026↩︎
  33. Page dédiée à la SfO sur les Histoires Naturelles ↩︎
  34. Vendredi 20 et Samedi 21 octobre 2017 à la Maison du Parc Naturel régional du Morvan, Saint-Brisson (Nièvre). Les Libellules le juste milieu ? Entre naturalité et intervention (programme PDF)↩︎
  35. Martinia, Revue scientifique de l’odonatologie française (en ligne)↩︎
  36. Atlas dynamique des Odonates de France (Opie) (en ligne : 98 espèces, 2.947.946 observartions), consulté le 23 avril 2026↩︎
  37. Journées Opie-odonates en 2026 les 13 et 14 juin 2026, (cinquièmes JOO) près de la forêt de Fontainebleau avec l’Association des naturalistes de la vallée du Loing et de la Forêt de Fontainebleau (inscription en ligne) ↩︎
  38. Listes Rouges des Odonates en Auvergne Rhône-Alpes : historique – Sur les Histoires Naturelles ↩︎
  39. Gilard B. & Villepoux O. (coord.) 2004 – Liste des Odonates déterminants ZNIEFF. [Avec Liste Rouge] – DIREN. ↩︎
  40. Groupe Odonat’Auvergne 2017 – Liste rouge des odonates d’Auvergne. – Groupe Odonat’Auvergne, DREAL Auvergne Rhône-Alpes : 23 pp. – PDF ↩︎
  41. Deliry C. 1997 – Atlas des Libellules rhônalpines. Premier volet espèces rares et menacées dans le nord des Alpes françaises. – Sympetrum, 11, 12 et 13 : 62+48+73 pp. – PDF (n°12) – PDF (n°13) – PDF (n°14) ↩︎
  42. Funkiewiez K. & Deliry C. 1997 – Sympetrum, Spécial 10 ans. – Sympetrum, 10 : 40 pp. – PDF ↩︎
  43. Voir : Dommanget J.L. 1995 – Secondes rencontres odonatologiques de France. Oulche (Inde), 16, 17, 18 et 19 juin 1995. Compte-rendu et premier bilan. – Martinia, 11 (3à : 51-69. ↩︎
  44. Deliry C. (coord.) 2006 Liste rouge des Libellules de la région Rhône-Alpes. – Collection Concepts & Méthodes, Groupe Sympetrum : 35 pp. ↩︎
  45. Deliry C. (coord.) 2008Atlas illustré des libellules de la région Rhône-Alpes. – Direction du Groupe Sympetrum et Muséum d’Histoire Naturelle de Grenoble, édition Biotope, Mèze (collection Parthénope) : 408 pp. ↩︎
  46. Deliry C., Faton J.M. & Pissavin S. 2003 Libellules remarquables de Rhône-Alpes. – Muséum de Grenoble et groupe Sympetrum : livret (20 pp.) et poster grand format. ↩︎
  47. Deliry C. & le Groupe Sympetrum 2014 Liste Rouge des Odonates de Rhône-Alpes 2014. – Collection Concepts & Méthodes, Groupe Sympetrum, Histoires Naturelles n°25. – PDF ↩︎
  48. Deliry C. & le Groupe Sympetrum 2013 Nouvelles Listes Rouges des Odonates en Rhône-Alpes & Dauphiné. – Collection Concepts & Méthodes, Histoires Naturelles n°25. – PDF ↩︎
  49. Deliry C. (coord.) 2015 – Plan Régional d’Action en faveur des Odonates de Rhône-Alpes. Déclinaison régionale du PNAO en Rhône-Alpes. – Groupe Sympetrum : 124 pp. – PDF ↩︎
  50. Soissons A. & Lamouille-Hébert M. (coord.) 2019 – Agir pour les Odonates. Etat des lieux des espèces du plan d’actions odonates en Auvergne Rhône-Alpes. – CEN Auvergne, FNE Haute-Savoie. – PDF ↩︎