Village de Liry

fig.1 – Armoiries de Liry

Histoire cents paroles

Lirius ou Lerius est un personnage légendaire, propriétaire et fondateur de la villa romaine de Liriacum en place actuelle du village de Liry, situé à une cinquantaine de kilomètres de Reims.

Village de Liry vu du ciel

Les documents sur la toponymie rapportent en 1205 la localité à une villa Lereii, probablement d’après un nom propre romain Hilarius. Cet avis ne diffère guère de la légende. Hilarius est à l’origine du prénom français Hilaire et signifie « gai ». Le prénom était très fréquent au moment de l’Antiquité. La forme Lery dérive du latin populaire alors que Liry provient du latin classique. De là on trouve deux séries parallèles de toponymes dérivés de Liriacus : Léry (Nièvre, Côte d’Or, Loir et Cher, Eure, Puy de Dôme), Léré (Cher), Liry (Ardennes), Liré (Maine et Loire), Lirey (Aube). Le suffixe -acus est formateur de toponymes typiques de zones géographiques sous influence d’un ancien peuplement de langue celtique. Il se distingue d’-anum qui est d’origine latine. A l’origine c’est un suffixe « adjectivant » avec une dimension localisante : qui a rapport au lieu de… Il s’est perpétué en brittonique ou en gaélique avec une évolution phonétique sous -og en gallois, -oc en vieux breton, -euc ou -eg en breton, -ach en irlandais. La terminaison en -y est acquise pour des localités comme Sévigny, Massy, Vitry… et Liry. Néanmoins dans le sud, l’origine n’est pas toujours -acum mais diffère comme dans Artuby par exemple.

Village de Liry

Nous avons vérifié que le toponyme Liry, figurant dans le roman de Zola (1892) ne correspond pas à notre village, mais à des lieux situés vers Sedan.

Préhistoire sur le site de Liry

On trouve sur la commune de Liry, un site préhistorique remarquable des Ardennes. Il a été fouillé dès 1881 par Aldophe Henrot. Un puits funéraire a une profondeur de 4,25 m et une dimension à sa base de 2,50 m. On y découvre les ossements en son fond. Le site est rattaché à la civilisation de la Tène. Deux principales périodes sont distingués : l’âge de la Pierre polie et la période celte. Ce lieu est connu des préhistoriens par la découverte en 1881, au nord du village, d’un ossuaire de l’âge de la Pierre polie (7000 BP). C’est la plus importante station néolithique découverte dans les Ardennes. Une fosse creusée dans la craie contenait une vingtaine de squelettes de différents âges avec un mobilier funéraire assez riche : haches en silex poli et emmanchées, grattoirs, polissoirs. Ces Hommes succèdent aux Hommes de Cro Magnon.

Liriacum

Il s’agit selon la légende familiale du nom d’un villa romaine située sur l’actuel emplacement de Liry qui aurait été fondée par Lirius.

Le nom de Liriacum convient à d’autres localités en France, notamment celle du village de Liré pour lequel Liriacum est attesté au XIIe siècle. Liré se trouve vers Beaupréau, Angers. Le prieuré de Liré a été fondé par Archambaud de Liré et par son fils Budic vers 1075. Cette ancienne commune française a été intégrée dans la nouvelle commune d’Orée d’Anjou. Cette localité est celle d’origine de Joachim du Bellay.

Période celte à Liry

Une autre découverte a été faite en 1928 : celle d’un cimetière celtique à 150 m de l’ossuaire néolithique. Dans 24 tombes creusées dans la craie, on a trouvé des squelettes, des débris de bases, fers de lance, épées en fer, anneaux, fibules, boucliers et bracelets. Ces objets sont déposés au musée de St Germain en Laye (réf. 78220 à 78229 et 78231 à 78240).

Le fief de Liry des XIIe au XVe siècles

Les premiers seigneurs de Liry sont de puissants possesseurs terriens comme le montrent de nombreuses donations faites en 1190, 1218 1220, 1221… à des moines, aux Templiers ou à l’Abbaye de St Denis. Sans en connaître l’époque une possession des Templiers se trouvait à Liry. Vaucher de Liry, en tant que suzerain confirme en 1220 une charte liée à des dîmes. Le même chevalier confirme de nouveau comme suzerain la donation faite aux nonnes de Longueau de la dime de Ste Vaubourg par messire Gerard de Mont-de-Jeu, chevalier, et Guise, son épouse Au XIIIe siècle le village de Liry est indiqué en latin sous Lyreium en 1221 ou Lireium en 1223. Plus tard on trouve encore en latin, Lireyum (1346). Il semble qu’en français ce soit la forme Lirey qui ait été utilisée au début. Dans un même acte en 1322 on trouve à la fois Lirey et Liry. Liry, Lirey sont attestés ainsi en 1322, Liré en 1331. La famille qui tire son nom du village se disait tantôt de Lire, tantôt de Liry. En 1345 il y a à Liry près de 300 habitants. Le seigneur est de Bertrand de Cernay. L’église date du XIVe siècle. Comme de nombreux villages de la région, Liry a périclité en 1449 suite à la guerre de 100 ans. Le château est alors en ruines. Un titre en parle ainsi « moitié de masure sur laquelle voulait avoir une maison seigneuriale laquelle est détruite ». Les ruines du château étaient encore visibles à l’est des habitations avant la guerre de 1914-1918.

Bonne de Launoy, dame de Liry apporte ce fief en 1495 qui entre dans la maison d’Averhoult pour près de deux siècles, lors de son mariage avec Aleaume d’Averhoult. La terre de Liry est vendue vers la fin du XVIIIe siècle.

Bonne de Launoy, dite Dame de Liry

Elle est la fille de Barthélémy de Launoy (1457-x) (voir plus bas) et de Françoise de Noirfontaine (1472-x). Elle est descendante en onzième génération de Guillaume IX d’Aquitaine (Le Troubadour) (1071-1126) par le biais de la fille adultérine de ce dernier Mathilde d’Aquitaine qui mariée à Aimery VI de Thouars (x-1139) a une fille Marguerite de Thouars (1127-x), mère de Giraut de Montreuil, père d’Agnès de Montreuil-Bellay (1190-1238), Dame de Montreuil, mère d’Adam III de Melun (1210-1250), connu pour sa participation à la Bataille de Bouvines en 1214, père de Jean I de Melun (1247-1311), père de Simon I de Melun (1280-1333), père de Jean II de Melun (1320-1386), père d’Agnès de Melun (x-1415), Dame d’Esperennes en Brie, mère de Jeanne des Forges (1410-x) qui se marie avec Olivier de Launoy (1442-x) et qui a deux garçons dont Barthélémy de Launoy (1467-x) qui est le père de Bonne de Launoy, Dame de Liry. Elle se marie en 1469 avec Aléaume d’Averhoult (1444-x) alors âgée de 25 ans et a deux enfants qui sont Christophe d’Averhoult et Jacqueline d’Averhoult. En 1495 elle apporte le fief de Liry à son mari Aléaume d’Averhoult, à une date très différée par rapport au mariage, ce qui est probablement associé à un héritage tardif de ce fief.

Liry est dans la maison d’Averhoult du XVIe au XVIIIe siècles

Le 18 septembre 1692, un temblement de terre est enregistré à Liry

Le 18 septembre 1692 un tremblement de terre touche les Ardennes, si bien que les voûtes de l’église de Liry en souffrirent. Le doyen de Béyhieniville, dressa procès-verbal de ce fait ma même année.

La terre de Liry est vendue vers la fin du XVIIIe siècle

En 1773 la terre de Liry est en vente. Elle est acheté par J.B. Gilbert de Savigny, trésorier aux écuries du Roi. En 1791 une nouvelle mise en vente révèle que la propriété comprend une belle maison bourgeoise, 321 arpents de terre, 37 de terre d’avoine, 68 en prés et un moulin à eau. Elle est louée 4800 livres. On doit envisager qu’une fois la Révolution, les lieux sont une propriété et que la commune de Liry est fondée. Les ruines du château médiéval étaient encore visibles à l’est des habitations avant la Guerre de 1914-1918, la rue du Château subsiste. Pendant la première Guerre les lieux sont une zone des combat et a été notamment une position d’artillerie lourde allemande, cible des artilleurs français. La IVe Armée française est lors des phases décisives un lieu de l’offensive franco-américaine entre la Meuse et la Suippe entre le 26 septembre et le 3 octobre 1918. C’est du secteur de Vaulx-les-Moussons aux abords de Liry que partira l’offensive le 4 octobre 1918 à la poursuite de ennemie en retraite vers l’Aisne. Tout est détruit… ensuite tout est reconstruit, l’église est restaurée en 1924. De quelques 500 habitats en 1800, il y en a moins de 300 dès 1880, moins de 200 à la fin des années 1930 et seulement près d’une centaine depuis les années 1990. Il semble y en avoir eu plus de 2400 au début du XVIIe siècle en 1726.

Jean-Baptiste Henrot (1791-1868)

Jean-Baptiste Henrot est né à Liry le 19 février 1791 et mort à Reims le 11 mars 1868, âgé de 77 ans. Il est docteur en médecine à Liry puis à Reims. Conseiller municipal de Reims en 1830. Ses parents sont Henri Henrot et Marie Petit. Il s’est marié le 30 janvier 1818 à Reims avec Euphrosine Leclerc (1795-1873) et eut sept enfants (5 garçons et 2 filles).

21 août 1853 – Pluies diluviennes à Liry

Le 21 août 1853 à 5 heure du soir, un ouragan épouvantable dévaste l’arrondissement de Vouziers dans les Ardennes. Les grêlons qu’il répand pèsent jusqu’à 200 grammes. Aussi la toiture de l’église de Mont-St-Martin est-elle enfoncée. Une pluie diluvienne inonde les environs de Liry, St Morel, Sémide, St Martin et Termes.

10 octobre 1918 – Prise de Liry par l’armée française

Localité voisine de Montois après les combats
  • Meurgy & Nivoit 1873 – Statistique agronomique de l’arrondissement de Vouzier. Département des Ardennes. – Jolly, Charleville. – ONLINE
  • Zola E. 1892 – La débâcle. – Les Rougons-Macquart, 18e vol. – Charpentier, Paris.

Barthélémy de Launoy est né en 1467 à Rethel (Ardennes). Il est le fils d’Olivier de Launoy (1442-x) et de Jeanne de Forges (1410-x). Comte et seigneur de Launoy et Seigneur de Gendun. Il marie sa fille Bonne de Launoy, Dame de Liry avec le seigneur de la Lobbe et de Tourteron en Champagne, Aléaume d’Averhoult. Cette dernière va se remarier ensuite avec le Seigneur Nicolas de Villemeront en Brie. Barthélémy de Launou se marie en 1490, âgé de 23 ans avec Françoise de Noirfontaine (1472-x) qui a alors environ 18 ans dont il aura trois enfants, Alleaume de Launoy (1493-x), Jean de Launoy (1495) et Bonne de Launoy Dame de Liry. Son épouse Jeanne de Forges serait née vers 1410, et probablement bien plus tard puisque son mariage a lieu en 1466 (théoriquement âgée de 56 ans) et elle a alors des enfants. Elle est fille de Colard des Forges (1370-x) et d’Agnès de Melun (x-1415). De son mariage avec Olivier de Launoy (1442-x), elle a deux garçons qui sont Barthélémy de Launoy (1467-x) et Jean de Launoy (1468- [>1529]).

Nous en savons plus sur Agnès de Melun (x-1415). Elle décède à Courtenay (Isère) en 1415. Elle est la fille de Jean II de Melun (1320-1386) et d’Isabelle de Guerchy (1345-1385). Elle est Dame d’Esperennes en Brie. Mariée comme nous l’avons vu à Colard des Forges (1370-x), sa fille est Jeanne des Forges (1410-x).

Son père Jean II de Melun est né vers 1320 et mort âgé de près de 66 ans vers 1386. Il est le fils de Simon I de Melun (1280-1333) et de Marie de Courtenay (1290-1367). On le dit Chevalier [?], Seigneur de la Borde et Vicomte et Seigneur d’Espérennes en Brie. Alors qu’il a près de 45 ans, il se marie avec Isabelle de Guechy (1345-1386) avec qui il a une fille qui est Agnès de Melun (x-1415).

Son père est Simon I de Melun né vers 1280 et mort, âgé de près de 53 ans vers 1333. Ce dernier est fils de Jean I de Melun (1247-1311) et d’Isabelle de Montgny (x-1297). Il est Seigneur de La Borde le Vicomte et Seigneur de La Chapelle Gautier, Coseigneur de la Vicomté de Melun. Il se marie avec Marie de Courtenay (1290-1367) à Sivry-Courtry (Seine-et-Marne). Leur garçon est Jean II de Melun (1320-1386).

Son père est Jean I de Melun est né vers 1247 et mort en 1311, âgé de près de 64 ans. Il est fils d’Adam III de Melun (1210-1250) et de Constance de Sancerre (1216-1275). Il est Vicomte de Melun, Seigneur de La Borde le Vicomte, Seigneur d’Espérennes en Brie. Vers 1266, alors âgé d’environ 19 ans, il se marie avec Isabeau de Montigny (x-1297) et leur garçon est Simon I de Melun (1280-1333).

fig.2 – Armoirie de la lignée de Melun

Son père est Adam III de Melun (x-1250). Sa naissance est très antérieure à 1210 car nous savons qu’il a participé le 27 juillet 1214 à la Bataille de Bouvines (Nord) dont la portée est la naissance de la France sous le règne de Philippe II Auguste, dernier roi Franc et premier roi de France. Il est le fils de Guillaume II de Melun et d’Agnès de Montreuil-Bellay. Il est Vicomte de Melun. Âgé d’environ 25 ans il se marie à Gertrude (décédée en 1239) avec qui il a une fille, Aliénor de Melun vers 1235. Veuf, il se marie de nouveau vers 1239 à Sancerre (Cher) à Constance de Sancerre. On leur connaît sept enfants qui sont Adam IV de Melun vers 1240, Robert de Melun vers 1242, Simon de Melun vers 1245, Philippe de Melun vers 1246, Jean I de Melun, présenté plus haut et né vers 1247, Jeanne de Melun vers 1248 et la Comtesse de Melun vers 1248 aussi. En juillet 1249, sur le point de partir pour la septième Croisade, il fait son testament où il lègue plusieurs biens à l’abbaye de Barbeaux. Adam III de Melun décède le 16 février 1250. Ses armoiries sont reproduites ci-contre (fig.2). Plus de détails sont disponibles à son sujet dans l’Histoire de l’Europe et de la Méditerranée ➚,en ligne.

Son père Guillaume II de Melun est né vers 1190 à Melun (Seine-et-Marne) et mort le 11 mai 1221 dans la même ville, âgé d’environ 31 ans. Il se marie, alors âgé d’une quinzaine d’années, à Agnès de Montreuil-Bellay. Nous avons vu leur fils, Adam III de Melun (x-1250) plus haut. La mère de ce dernier est née vers 1190 et décède, âgée de près de 48 ans, vers 1238. Elle est la fille de Giraut de Montreuil et de Marguerite d’Avant. Elle est Dame de Montreuil. Comme son époux, elle est âgée d’une quinzaine d’année lorsqu’elle se marie vers 1205. Leur garçon est Adam III de Melun dont il est question plus haut. En deuxième mariage elle est liée à Etienne de Sancerre (1180-1252).

Agnès de Montreuil-Bellay, Dame de Montreuil est la fille de Giraut de Montreuil (fils de Berlay de Montreuil : x-1208 et de Marguerite de Thouars : 1127-x) et de Marguerite d’Avant. Sa mère, Marguerite de Thouars née vers 1127 est elle-même fille d’Aimery de Thouars (x-1139) et de Mathilde d’Aquitaine. Or, Mathilde d’Aquitaine est la fille adultérine de Guillaume IX d’Aquitaine, le Troubadour (1071-1126) et d’Armauberge de L’Isle Bouchard (1085-x).