
Hymenoptera Linnaeus, 1758
Ordre des Orthoptères
Cet ordre d’Insectes comprend près de 130.000 espèces décrites dans le Monde, ce qui selon les estimations correspond entre 2 et 10% de la réalité. De nombreux taxons restent donc à décrire. Ils se caractérisent par leurs quatre ailes membraneuses, couplées en vol et par leur pièces buccales de type broyeur-lécheur, la séparation de la tête par un cou très mince. Chez les espèces actuelle la différenciation sexuelle est d’ordre chromosomique. En effet les mâles sont haploïdes (N) alors que les femelles sont diploïdes (2N). Leur diversité va de paire avec leurs fonctions dans les écosystèmes où ils sont phytophages, pollinisateurs ou prédateurs, voire parasites d’autres Insectes. Les plus anciens fossiles datent du début de l’aire secondaire (~ 250 Ma) et on connaît des espèces coloniales dès le Crétacé (~ 150 Ma). Les Insectes ailés ou Ptérygotes comprennent les Paléoptères (Ephémères et Odonates) et les Néoptères. Chez ces derniers les Holométaboles se distinguent par leur développement accompagné de métamorphoses complètes passant de l’œuf à une larve active (chenilles ou asticots par exemple), une nymphe immobile (chrysalide ou pupe…) et un imago généralement volant. Les larves et les imagos occupent souvent des niches écologiques contrastées. Au sein des Holométaboles ou Oligonéoptères (Oligoneoptera), les Hyménoptères présentent un branche phylogénétique particulière apposée à tous les autres groupes (Aparaglossata) où on trouve des ordres aussi divers que les Lépidoptères, les Trichoptères, les Diptères, les Mécoptères, les Coléoptères ou les Névroptères pour ne citer que les mieux connus, rassemblées dans leur branche particulière. Pour être complets nous pouvons citer les deux autres ensembles de Néoptères qui sont les Polynéoptères (Polyneoptera : Blattes, Dermaptères, Mantes, Orthoptères, Phasmes, Plécoptères…) et les Paranéoptères (Paraneoptera : Psoques, Hémiptères, Thysanoures…).
Deux sous-ordres sont distingués : les Symphytes dont l’abdomen fait suite au thorax sans étranglement et les Apocrites où une séparation nette existe entre les deux parties du corps. Les Symphytes (ou Mouches à scie) comprennent la majorité des Hyménoptères phytophages. Il s’agit d’un ensemble paraphylétique, menant en escalier aux Apocrites. Les Apocrites sont monophylétiques et comprennent les Térébrants dont l’abdomen est terminé par une tarière, souvent très longue, nommée oviscapte ayant une fonction pour la ponte et les Aculéates dont l’oviscapte est transformée en un aiguillon peu visible, ayant perdu sa fonction première. Les Térébrants sont régulièrement parasites d’autres Insectes alors que les Aculéates sont essentiellement prédateurs. C’est dans ce dernier groupe qu’on trouve les Abeilles et les Bourdons (superfamille des Apoïdes) et les Guêpes et les Fourmis (Vespoïdes). C’est chez les Vespoïdes qu’on trouve de nombreuses espèces pollinisatrices dont certaines se nourrissent essentiellement de pollen et de nectar est sont étroitement associés à des phénomènes de co-évolution avec les Végétaux supérieurs.
- Bellmann H. 1999 – Guide des abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe. – Del. & Niestl.
- Berland L. 1925-1938 – Hyménoptères Vespiformes. I+II+III. – Faune de France n°10, n°19 & n°34.
- Bitch J. & al. 1993-1997 – Hyménoptères Sphecidae d’Europe occidentale. Vol. 1 et 2. – Faune de France n°79 & 82.
- Deliry C. 2021 – Abeilles mellifères et suicide de l’humanité. – Nature Life n°11, 15 septembre 2021. – PDF
- Michener C.D. 2000 – The Bees of the World. – Hopkins, Univ. Press, Baltimore : 913 pp.
- Michez D. & al. 2019 – Abeilles d’Europe. – Hyménoptères d’Europe, 1 : 547 pp.
- Michez D. & al. 2026 – Liste Rouge européenne des Abeilles. – Comm. européenne & col. : 176 pp. – PDF traduit en français
- Nieto A. & al. 2014 – European Red List of Bees. – Publ. Office of the Europ. Union, Luxembourg : 98 pp.
- Atlas Hymenoptera ➚
Liste Rouge (→ 2027) et Atlas (→ 2030) des Abeilles en AuRA (Arthropologia ➚)
Après l’Atlas des bourdons d’Auvergne-Rhônes-Alpes dont la parution a dû avoir lieu en 2025, Arthropologia se lance dans la réalisation d’un Atlas des abeilles sauvages d’AuRA et à l’établissement d’une Liste Rouge de ces abeilles.
Histoires de Bourdons (Bombus) – Famille des Apidae
Les Bourdons sont des Hyménoptères Apocrites de la sous-famille des Apoïdes. Il y a en France, 46 espèces dont deux sont endémiques de Corse. Il s’agit le plus souvent d’espèce sociales composées d’une reine fondatrice, d’ouvrières et lors de la période de reproduction, de mâles. Les colonies sont souvent installés dans des cavités du sol, d’anciens terriers de micromammifères, mais d’autres espèces, les Bourdons-coucous, sont cleptoparasites, à savoir que leurs larves sont prises en charge par d’autres Bourdons qui les élèvent à leur insu. La durée de vie est brève et ne dépasse pas quelques semaines, sauf pour les fondatrices qui assurent la pérennité qui hivernent à l’abri et sont les premières à se montrer en vol dès le début du printemps. Ce sont des espèces pollinisatrices essentielles qui sont actives très tôt alors que les autres Insectes ne volent pas encore, car leur résistance aux condition météorologiques est importante malgré les derniers frimas. Leur activité en dehors du gîte est une différence particulière en regard des Abeilles à miel (Apis mellifica) chez qui la reine ne sort généralement pas de la ruche. Leur nourriture est composé de nectar et de pollen et les populations recherchent les milieux ouverts comme les prairies ou les pelouses fleuries. En Europe occidentale les Bourdons sont en déclin, ce qui n’est pas sans conséquences sur leur fonction écosystémique essentielle, avec un effet sur les autres éléments de la Faune et de la Flore, ainsi que sur le dynamisme des Habitats et de régions entières. Ce phénomène est tangible depuis le milieu du XXe siècle et est aisément associé à la disparition des milieux herbacés, à la diminution des populations d’espèces de plantes à fleurs, à la mutation des surfaces en zones urbanisées ou en cultures, une artificialisation des paysages, la fragmentation et l’isolement des sites favorables et par l’exposition des individus aux pesticides, ce qui est un élément intervenant dans la fragilisation des populations de Bourdons, moins résistantes vis à vis des agents pathogènes. Les changements climatiques viennent s’ajouter dans les mutations de leur diversité et de l’état de leurs colonies ou populations. Ainsi outre des disparitions, on constate une diminution des effectifs. La compétition avec les espèces subventionnées par l’Homme telles les Abeilles domestiques a aussi un impact négatif d’origine artificiel direct ou indirect (en influençant les espèces florales) sur l’état naturel des populations de Bourdons.
Liste Rouge des Bourdons d’Auvergne Rhône-Alpes (2025)
La dimension particulière de cette grande région qui s’étend sur quatre domaines biogéographiques (atlantique, continental, méditerranéen et alpin) donne à cette Liste Rouge une dimension «politique» basée sur une organisation qui n’est pas naturelle. Aussi sera-t-il nécessaire, outre son intérêt d’application selon un raisonnement administratif pour la conservation efficace de la Biodiversité du territoire, de savoir nuancer au cas par cas selon les réalités et les fonctionnements de l’environnement et d’adapter les actions en regard de la réalité biologique des espèces.
CR (RE?) – Bombus brodmannicus delmasi, Bombus cullumanus, Bombus laesus mocsary, Bombus distinguendus – EN – Bombus inexspectatus – VU – Bombus alpinus, Bombus flavidus, Bombus gerstaeckerii – VU en Europe (statut AuRA ajoouté) – Bombus confusus (NT), Bombus muscorum (DD), Bombus pomorus (LC)
Givord-Coupeau B. & al. 2025 – Liste rouge des bourdons d’Auvergne-Rhône-Alpes. – Arthropologia, Lyon : 20 pp.
Bombus alpinus (Linnaeus, 1758) – Bourdon alpin
- Cette espèce occupe les habitats supérieurs de l’étage alpin aux zones fleuries du nival où elle fréquente des sites escarpés comme des éboulis et des pelouses fleuries. Elle est menacée en Europe (VU 2014) et les changements climatiques se traduisent par un déplacement altitudinal de 500 m de ses stations les plus basses depuis 1984. Elle n’est pas en-dessous de 2000 m dans les Alpes françaises et la grande majorité des observations se font même au-dessus de 2500 m d’altitude, en Savoie, Haute-Savoie et en Isère. Son déclin est annoncé suite aux modifications du climat et a d’ores et déjà été constaté sur ses stations les plus basses (VU 2025 AuRA).
Bombus brodmanicus delmasi Tkalců,1973 – Bourdon de Delmas
- C’est une espèce discrète associée à des Boraginacées (Cerinthe). Elle est classée EN (2014) en Europe, on ne la trouve en France que dans le Sud des Alpes. Il n’y a pas eu de capture en Rhône-Alpes depuis 1965 (Maurienne, Savoie), mais la flore associée y étant toujours abondante, l’espoir de le retrouver est envisagé par des recherches spécifiques (CR (RE?) 2025 AuRA).
Bombus confusus Schenck, 1859 – Bourdon velouté
- Cette espèce thermophile s’observe dans des paysages agricoles extensifs ouverts et secs, proche de lisières fleuries. C’est une espèce menacée en Europe (VU 2014) en raison de son déclin. L’abandon des cultures de Légumineuses est mis en question. En Auvergne Rhône-Alpes elle a disparu de l’essentiel de l’Est de la région et elle se trouve en populations isolées du Massif Central, notamment dans le Cantal (NT 2025 AuRA).
Bombus magnus Vogt, 1911 – Grand Bourdon des Landes
- À ne pas confondre avec Bombus jonellus nommé «Bourdon des Landes». C’est une espèces des Landes à Callune ou à Bruyère, particulièrement commune sur de tels habitats sur la façade Atlantique et en Europe du Nord. Elle est bien présente en Auvergne Rhône-Alpes dans le Massif Central depuis les étages collinéens à montagnard. Ses affinités avec le climat océanique présage de menaces dans la région (NT 2025 AuRA).
Bombus mudicus Gerstaecker, 1869 – Bourdon moisi
- C’est une espèce en déclin modéré en Europe, qui n’apparaît pas menacée, mais dont les changements climatiques sont susceptible de l’amener à plus de difficultés. Il s’agit d’une espèce rare en Auvergne Rhône-Alpes, vue en faible nombre et de moins en moins souvent, le surpâturage agissant (NT 2025 AuRA).
Bombus pratorum (Linnaeus, 1761) – Bourdon des prés
Espèce bien distincte des autres Bourdons et facile à identifier. Il s’agit d’une petite espèce. Elle combine un collier jaune, suivi d’un anneau jaune en avant de l’abdomen et une zones terminales orangée-rousse. La seconde bande jaune peut s’estomper ou manquer chez les ouvrières. Les mâles sont jaunes de la tête entières au collier thoracique. Elle est connue en quelques points de la Vendée (Mahé 2016), mais elle est probablement commune. Le Bourdon des prés fréquente les terrains dégagés. Il ne vole pas avant mars pour les jeunes reines qui butinent les premières fleurs comme celles des Saules. Les derniers individus sont vus en juillet. Le nid, situé dans un terrier de Rongeurs ou parmi la végétation de surface, est fondé dès le milieu du mois de mars. Celui-ci peut compter jusqu’à 120 individus, mais il y en a généralement moins de 100 (Bellmann 1999 et compléments). Les premiers mâles sont visibles en mai. Les individus volent jusqu’en août.
Bombus vestalis (de Fourcroy, 1785) – Bourdon-coucou terrestre [2021]
- Bourdon parasite du Bourdon terrestre
- Espèce difficile à distinguer d’autres espèces et notamment de Bombus terrestris qui est son hôte privilégié. Les femelles présentent un collier thoracique jaune à verdâtre, mais celui-ci est parfois absent. Un anneau jaune se trouve en amont de la zone terminale de l’abdomen qui est blanche avec des linéations de poils noirs au niveau de la limite des segments. Chez les Bourdons-coucous, il n’y a pas d’ouvrières évidemment. Les mâles ont localement des poils très courts qui donnent un aspect velouté à certaines parties de leur corps. Il s’agit de ne pas confondre cette espèce avec Bombus bohemicus. Chez cette dernière, le noir est moins profond, comme pâle, le collier thoracique paraît plus jaune, la pilosité des mâles est plus longue.
- Largement répandue en Europe, cette espèce manque dans les secteurs septentrionaux. Localisée presque partout. Présente en France et indiquée très localement en Vendée (Mahé 2016), probablement commune. Les femelles ayant hiberné volent dès avril et s’observe en activité jusqu’en septembre. On voit les autres individus dès juillet et ce, jusqu’en septembre. Les femelles s’introduisent dans le nid d’autres Bourdons, généralement celui de Bombus terrestris, fait qui paraît efficace si l’introduction a lieu au début de la fondation de la colonie hôte. La femelle forme alors ses propres loges et y pond ses œufs. Son hôte se nourrit alors de sa progéniture (Bellmann 1999).
Références et liens Internet
- Bellmann H. 1999 – Guide des abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe. – Del. & Niestlé.
- Givord-Coupeau B. & al. 2025 – Liste rouge des bourdons d’Auvergne-Rhône-Alpes. – Arthropologia, Lyon : 20 pp.
- Mahé G. 2016 – Atlas des bourdons armoricains. – En ligne. – ONLINE
- Rasmont P. 1984 – Les bourdons du genre Bombus Latreille sensu stricto en Europe Occidentale et Centrale. – Spixiana, 7 (2) : 135-160. – PDF LINK
- Rasmont P. 1988 – Monographie écologique et zoogéographique des bourdons de France et de Belgique (Hymenoptera, Apidae, Bombinae). – Thèse de Doctorat, Fac. des S. agronomiques de Gembloux, Belgique : 309 pp.
- Rasmont P. & Iserbyt I. 2010-13 – Atlas of the European Bees : genus Bombus. 3d Edition. – STEP Project, Atlas Hymenoptera, Mons, Gembloux.
- Rasmont P. & al. 2015 – Climatic Risk and Distribution Atlas of European Bumbleebees. – Biorisk n°10 (spécial) : 246 pp.
- Rasmont P., Ghisbain G. & Terzo M. 2021 – Bourdons d’Europe et des contrées voisines. – Hyménoptères d’Europe, NAP éd. : 631 pp.
- Vyghen F. & al. 2025 – Atlas des bourdons de la région Auvergne Rhône-Alpes. – Arthropologia, Lyon : 244 pp.
- Observatoire national des Bourdons ➚



