Alouettes de France

Oiseaux

Neuf espèces d’Alaudidés sont connus par au moins une citation en France. L’ensemble des espèce tend à décliner, parfois de façon tout à fait critique.

  1. Alouette calandre (Melanocorypha calandra) – Rare (Plan National)
  2. Alouette calandrelle (Calandrella brachydactyla) – Rare
  3. Alouette des champs (Alauda arvensis) – Décimée
  4. Alouette haussecol (Eremophila alpestris) – Migratrice rare
  5. Alouette lulu (Lullula arborea) – En déclin
  6. Alouette pispolette (Calandrella rufescens) – Accidentelle
  7. Cochevis de Thékla (Galerida theklae) – Rare et localisée
  8. Cochevis huppé (Galerida cristata) – Décimée
  9. Sirli ricoti (Chersophilus duponti)  – Accidentelle

Clot & Mourer-Chauviré (1986) font un inventaire des oiseaux fossiles du Quaternaire des Pyrénées françaises et y signalent de manière « régulière » dans les ossements, l’Alouette lulu (depuis le Ris), l’Alouette des champs (depuis le Würm) et le Cochevis huppé (depuis le Ris), ainsi que plus ponctuellement notamment au début du Würm, les Alouettes calandre et calandrelle. Seuls l’Alouette des champs et le Cochevis huppés ont été repérés depuis la déglaciation du Würm au cours de l’Holocène. L’Alouette des champs est signalée au Dryas en Savoie (Bintz 1994 : Grottes… Saint-Thibaud-de-Couz).

Aristote (IIIe s. av. JC) précise que l’Alouette fait partie des oiseaux qui se retirent à la mauvaise saison, elle est donc bien comprise comme migratrice. Elle est réputée voler les œufs du Héron, ce qui doit correspondre à de quelconques anciennes légendes. Son nid se trouve au sol, ce qui est vrai.

Divers toponymes en France révèle l’attachement aux Alouettes avec Aloe, Calandre (Poitou), Cantelaude (chante-alouette) en Gironde, avec les variantes Cantalauze ou Cantelauzette dites en Occitan, Lauséto vers Toulouse, Lauvèto en Dordogne ou Lerche en Alsace (Pégorier 2006).


syn. : Alauda calandra Linnaeus, 1766 – Calandre ordinaire

Alauda calandra selon Vieillot qui la connait aussi sous le nom de Grosse Alouette ou de Calandre (selon Buffon) et les noms vulgaires suivants : Coulassade, Alouette des bruyères. On la trouve alors en Provence ou en Languedoc et elle n’est pas connue dans la plupart des autres provinces de France. Degland & Gerbe (1867) la disent commune dans certaines localités du Var, de l’Hérault, des Bouches-du-Rhône, ces auteurs citant Lesson qui dit qu’elle apparaît parfois dans les Deux-Sèvres et en Charente-Maritime. Paris (1921) nomme cette espèce la Calandre ordinaire, un nom qui qualifie donc une espèce « ordinaire » alors. Cette dernière niche selon lui dans les endroits découverts et secs. Elle est sédentaire ou estivale dans le Sud de la France, accidentelle dans le Centre. On la rencontre depuis le Sud de l’Europe à l’Asie mineure et au Nord de l’Afrique.

L’Alouette calandre présente des affinités méditerranéennes, présente en nidification depuis le Maghreb jusqu’aux steppes de l’Asie centrale et la Mongolie, en passant par le Sud de l’Europe. En Europe elle est essentiellement nicheuse depuis la Péninsule ibérique à l’Italie, les Balkans, la Roumanie, l’Ukraine et la Turquie. On la trouve également au Moyen Orient. Sa nidification en France est très localisée : dans le Var, sur l’aérodrome de Vinon-sur-Verdon (en déclin continu et peut-être éteinte depuis les années 2000) et en plaine de Crau dans les Bouches-du-Rhône ainsi que dans le Causse Méjean en Lozère. Elle hiverne sur place, au moins en Crau qui reste le seul bastion viable pour l’espèce en France dans l’hypothèse d’une conservation efficace si elle est menée. On peut voir cette Alouette en erratisme exceptionnel jusqu’en Bretagne, dans la Somme, en Haute-Saône, en Isère ou le Centre de la France, mais ceci de moins en moins régulièrement. Sa nidification exceptionnelle a été rapportée dans le sud de la Drôme (Tricastin), notamment en 2008 (voir ci-dessous). Il s’agit d’un oiseau sédentaire, capable d’erratisme sur d’assez grandes distances puisque depuis le domaine méditerranéen elle a été vue jusque dans le Nord de la France ou la Bretagne par exemple.

Au XIXe siècle cette espèce était dite abondante et commune en Provence et dans le Languedoc-Roussillon. Elle était régulièrement nicheuse en Camargue au XIXe et début du XXe siècle et les mentions récentes sont devenues très rares (29 juillet 1960, 26 juin 1968, automne 1970 par exemple). Elle nichait alors dans le Sud de la Drôme où elle a pu se montrer depuis sporadiquement en période de reproduction. Ses populations ont été notoirement décimées depuis. Dès les années 1990, un déclin (modéré) de l’espèce a été signalé pour l’Europe, un peu plus tard côté Russie. On estimait ses populations entre 10 et 24 millions de couples sur le continent en 2004, celles-ci étant toujours en déclin. Pour la France, deux localités concentrent les quelques 50 couples connus qui sont un héritage très relictuel d’effectifs nettement plus abondants autrefois. Le déclin dépasse très nettement les 50% depuis les années 1970. Dans les années 1970-80 on comptait encore une vingtaine de localités dans le pays avec une population estimée à 400 couples. Il n’en restait plus qu’entre 50 et 150 au début des années 1990. Elle a disparu du Languedoc-Roussillon la fin des années 1990, dans le Gard puis dans l’Aude. Les effectifs sont en augmentation significative en Crau à la fin des années 2000 puisqu’il passent d’une quarantaine de couples à 82-93 en 2008 (Seynes 2009 : Ornithos, 16 (3) : 178). Il convient de souligner que la quasi totalité des populations relictuelles en France sont « préservées » par le fait qu’elles se trouvent en ZPS dans le cadre de la Directive Oiseaux et Natura 2000.

Elle est considérée comme une espèce nicheuse disparue en Rhône-Alpes (RE 2008), occasionnelles en période en déplacement (NAm 2008). 2 à 5 individus ont été repérés sur plusieurs dates entre les 23 et 27 mai 2005 en Plaine de Bièvre (38) (rapport non publié du CHR). Un individu le 25 avril 2007 à Metz-Tessy (74 – D.Rey & al.). Sa reproduction est authentifiée et certaine dans le sud du département de la Drôme en 2008, avec mentions jusqu’à 4 individus et transport de nourriture, suivis entre le 16 mai et le 29 août à Rochegude, par J.N.Héron. La même année des stationnements prolongés ont été rapportés en Suisse selon Schweizer & al. (2009 : Nos Oiseaux, 56). J.N.Héron suit un couple en juin 2010 à La Baume-de-Transit (26), sans pouvoir prouver la nidification. En 2011 plusieurs mentions sont rapportées de Haute-Savoie (22 avril, Domancy ; 4 mai, Sciez ; 7 mai, Margencel).

Autrefois, l’espèce nichait en France dans les zones à végétation halophile, les jachères et les pelouses sèches pâturées près du littoral méditerranéen. On ne la trouve plus que sur quelques aérodromes au pelouses rases ainsi que dans le coussou en Crau. Dans le cœur de l’Asie il s’agit typiquement d’une espèce des steppes, mais en Espagne ou en Turquie elle habite aussi des espaces cultivés. La présence de buissons épars ne lui est pas défavorable. L’oiseau chante, perchée (fait inhabituel tant pour l’Alouette des champs ou la Calandrelle) ou en vol, dès la fin du mois de février. Elle est grégaire en hiver, avec des bandes de 200 individus enregistrés en Crau en 1985, mais seulement 110 en 2000. Son déclin a une dimension séculaire, les pelouses xériques que l’espèce préfère ont quasiment toutes disparu. À ceci s’ajoute l’abandon des jachère, l’irrigation pour la mise en culture, l’extension de la viticulture, l’urbanisation diffuse, la régression du pastoralisme dans les plaines du Midi et la fermeture du milieu. La contribution de l’ensemble de ces contraintes viennent expliquer la quasi disparition de l’espèce en France.

  • Flitti A. 2004 – L’Alouette calandre Melanocorypha calandra en France : état de conservation et enjeux. – Ornithos, 11 (3) : 126-131.
  • Olioso G. & al. 1983 – Les passereaux nicheurs des coussous de la Crau. – Biologie-Ecologie méditerranéenne, 10 : 107-118.
  • Subra N. 1999 – L’Alouette calandre nicheuse sur l’aérodrome de Lézignan-Corbières en 1997. Etat des lieux et identification des besoins de l’espèce. Recommandation de gestion de son habitat. – Meridionalis, 1 : 58-73.

syn. : Alauda brachydactyla Leisler, 1814, Alauda arenaria Vieillot, 1816, Melanocorhypha itala Brehm, 1831, Melanocorhypha brachydactyla, Phileremos brachydactyla, Calandritis brachydactyla – Calandrelle brachydactyle

C’est peut-être l’Alouette calandrelle que Bewick (1797) présente sous le nom d’Alauda campestris (The Field Lark ou La Spipolette selon Buffon). Il ne donne que la description et quelques éléments de comportement, tant du vol chanté que du cri hivernal, ce qui laisse penser qu’elle est présente en Angleterre. Mais il ne précise pas ce fait de manière explicite. Alauda arenaria selon Vieillot. L’auteur la dit présente en Champagne, Provence et dans la Guyenne (Aquitaine) dans les endroits sablonneux. Elle ne reste pas en France, migre en Espagne ou au Portugal pendant l’hiver. Degland & Gerbe (1867) la donnent commune en Provence, dans le Languedoc et dans presque tout le Midi de l’Europe. Il y en a alors aussi en Champagne et en Bourgogne. Paris (1921) dit qu’elle préfère les lieux secs. Elle est estivale en France, sédentaire ou de passage. Présente dans le Centre et surtout dans le Sud du pays ; accidentalle dans le Nord. Elle vit en Europe méridionale et Moyenne, au Maghreb et en Asie Mineure.

L’Alouette calandrelle niche de manière plus ou moins continue depuis le sud du Maroc jusqu’au Lac Baïkal dans la zone Paléarctique, essentiellement occidentale et centrale. Elle atteint la Mongolie occidentale puis est remplacée par l’Alouette de Sykes (Calandrella dukhunensis (Sykes, 1832)) prend le relais dans le centre et l’est de ce pays. On la trouve régulièrement au Maroc et en Algérie, en Espagne, Turquie, Roumanie, Chypre, Ukraine ainsi qu’au sud de la Russie. Elle est plus rare et localisée en Tunisie, au Portugal, en France, en Italie, Dalmatie, Grèce, Bulgarie, Roumanie ainsi qu’au Moyen Orient, notamment en Syrie. C’est la sous-espèce type qui est rapportée een Europe occidentale. Les populations européennes sont migratrices pour l’essentiel, la majeure partie des oiseaux hivernant au Sahel, depuis le Sénégal à l’Éthiopie. Un hivernage régulier est connu aussi en Algérie et peut-être en Grèce. Les populations orientales hivernent au Sud de l’Himalaya et l’espèce paraît sédentaire au Moyen Orient. Considérée comme non menacée par l’UICN et en Europe (LC 2015, continent où on l’a mis un temps dans la catégorie Vulnérable, le déclin s’étend ensuite stabilisé sur les populations les plus significatives, il s’agit ici dans contexte d’espèce décimée dans certains pays). L’Espagne abrite 85% de la population européenne, avec 2,5 millions de couples et un déclin supérieur à 20% y avait été enregistré entre les années 1970 et 1990. Initialement A surveiller en France, cette Alouette est finalement classée En Danger (EN 2016). Elle s’y reproduit principalement dans le Midi depuis les Pyrénées-Orientales au Var, n’étant assez commune qu’en Crau (Bouches-du-Rhône). La population ne semble pas dépasser les 5000 couples, mais aucun recensement complet n’a (d’abord) été effectué. Elle est dispersée sur quelques zones du littoral du Languedoc-Roussillon, trouvée encore sur quelques garrigues des collines ou certains aérodromes. Elle est relictuelle dans la Vallée de la Durance (Var), en Camargue, sur le littoral Atlantique au niveau de dunes comme en Vendée (Pointe de l’Aiguillon) ou au sud du Morbihan. On la trouve aussi dans les terres en Lozère, Aveyron, dans la Vienne et la Beauce. Elle est nicheuse aussi en Corse. On la trouve jusqu’à 1000 m d’altitude dans les Causses. Lors des passages on la voit aussi sur la façade Atlantique, ainsi qu’en Provence méridionale. Elle fréquente des habitats chauds, généralement secs avec une végétation herbacée basse laissant par place des sols dénudés, autant sur des substrats sablonneux comme les dunes que formés de galets comme en Crau. En Languedoc-Roussillon elle occupe aussi des garrigues dégradées des collines et Camargue elle est sur des sansouires, des dunes étant occupées par ailleurs sur ces secteurs. On a vu aussi l’espèce coloniser provisoirement des remblais de galets suite aux chantiers de la CNR sur la Vallée du Rhône, disparaissant dès que la végétation s’était développée. Des zones de vignobles installées sur d’ancienne garrigues peuvent aussi convenir comme habitat résilient, dans le Roussillon notamment. Enfin des pelouses rases d’aérodrome lui conviennent aussi, ainsi que des lavandaies et même des bassins de décantation entretenus en herbes courtes comme dans l’Orléanais. Elle préfère ces habitats ouverts et à la végétation rase lors de ses déplacements migratoires.

Le déclin continu de cette Alouette en France est connu depuis le début du XIXe siècle. Elle a d’abord disparu de Bourgogne, Champagne et de Beauce où seuls quelques sites relictuels ont été redécouverts sur les rives de bassins de décantation notamment. Sa nidification dans le Sud de la Drôme étaient alors signalée et quelques nicheurs « fantômes » ont été indiqués récemment. Son déclin est massif sur le littoral Atlantique et il se poursuit. Ainsi il n’y en a plus depuis le début des années 1970, sur Hoëdic (Morbihan), en Maine-et-Loire, Loire-Atlantique, l’île de Nourmoutier, en Charente, Charente-Maritime, Gironde ou dans les Landes. Elle disparaît du Vaucluse au début des années 2000. Enfin autant en Camargue qu’en Crau (Bouches-du-Rhône) les populations qui concernent 30% des effectifs français semblent bien s’éroder. Les causes du déclin sont l’intensification de l’agriculture, l’irrigation de zones autrefois incultes, la régression du pâturage ovin à basse altitude, l’urbanisation du littoral, le dérangement de l’espèce dans les dunes désormais surfréquentés par la pression touristique. Les traitements phytosanitaires des vignes affectent les quelques populations concernées par ces habitats. Enfin, les sécheresses récurrentes dans la zone sahéliennes affectent sans doute l’état des populations. La restauration d’habitats rajeunis pourraient convenir à reconstruire les effectifs de cette espèce qui présente des tendances pionnières. Un état des lieux de l’état précis des populations relictuelles en France demanderait des recherches et études spécifiques.

Elle est classée en Grave Danger en Pays-de-Loire (CR 2018) et en Poitou-Charente (CR 2018). Dans la région Rhône-Alpes ses mentions sont occasionnelles et valorisées par les rapports du CHR publiés ou non (5 juin 1999, Le Montelier – 26 ; 21 septembre 2003, Les Conches – 01 ; 26 juin 2005, Chalain-le-Comtal – 42 ; 26 juin 2005, Boisset-les-Montrond – 42 ; 1er mai 2007, Chêne-en-Semine – 74 ; 14 et 15 septembre 2008, Chêne-en-Semine – 74 ; jusqu’à 3 individus du 16 au 29 avril 2009, Metz-Tessy – 74 ; 4 mai 2009, Challonges – 74 ; 23 septembre 2009, Sciez – 74 ; 5 mai 2011, Chambéon – 42 ; jusqu’à 3 individus entre le 17 avril et le 11 mai 2011, Sciez – 74 ; 24 avril 2011 et 14 avril 2012, Passy – 74 ; 19 et 25 avril 2012, Epagny – 74 ; 5 mai 2012, Saint-Paul-lès-Romans – 26), indiquée sur deux stations à Château-Gaillard en 2001, un site qui avait fourni d’anciennes mentions régulières jusqu’en 1996. Deux cantonnées entre le 3 mai et le 19 juin 2004 à Gillonay (38 – R.Rufer), à rapprocher de données similaires rapportées en Plaine de Bièvre (38) pour l’Atlas régional des oiseaux niveaux en 1997 ; l’espèce y est confirmée entre le 4 et le 27 mai 2005 de nouveau en Plaine de Bièvre (38). La nidification de l’espèce est prouvée sur la base d’un couple installée à La Baume-de-Transit contacté entre le 6 et le 28 juin 2010 (26 – J.N.Héron). Dans ce contexte, l’espèce est considérée comme une nicheuse disparue en Rhône-Alpes (RE 2008), occasionnelle en migration (NAm 2008).

En France, l’espèce arrive en mars, parfois tôt (rare fin février) et repart entre septembre et fin octobre. J’ai noté en 2007 qu’elle était présente en Camargue entre la mi-mars et septembre. Elle se déplace de préférence en groupes pouvant atteindre plusieurs dizaines d’individus. Elle a été rapportée en hivers en Crau et dans le Roussillon, sans qu’on sache si un hivernage régulier a lieu, dans cette hypothèse l’espèce serait alors très discrète.

  • Gilot F. 2003 – L’Alouette calandrelle Calandrella brachydactyla dans le vignoble de l’Aude. Premiers résultats. – Méridionalis, 3/4 : 60-63.
  • Guichard G. 1960 – Sur la biologie de l’Alouette calandrelle (Calandrella brachydactyla Leis.). – L’Oiseau et R.F.O., 30 : 239-245.
  • Olioso G. 1974 – L’avifaune nicheuse d’un remblai. – Alauda, 42 : 226-230.
  • Olioso G. & al. 1983 – Les passereaux nicheurs des coussous de la Crau. – Biologie-Ecologie méditerranéenne, 10 : 107-118.

syn. : Alauda agrestis Brehm, Alauda vulgaris Leach, 1816, Alauda coelipetta Pallas, Alauda cantarella Bonaparte, 1838, Alauda montana Crespon, 1844

Le champ de l’Alouette commence tôt au printemps et s’entend tout au long de la journée (Bewick 1797). Bewick précise que cette espèce est universellement répandue dans toute l’Europe, étant partout extrêmement prolifique. Dans certains endroits les nombres qui sont capturés sont vraiment impressionnants. Dans le secteur de Dunstable, connu pour le grand nombre d’oiseaux qu’on y rencontre, est susceptible de fournir près de 50000 Alouettes (4000 douzaines) entre septembre et février, rien que pour les marchés de Londres. L’hiver est la meilleure saison pour les captures alors qu’elles se rassemblent en bandes. C’est l’Alouette selon Buffon, l’Alouette commune selon Vieillot. Ce dernier ajoute les noms vulgaires suivants : Coutelou, Mauviette, Alou, Lavette, Layette. Il dit qu’elle est très commune en France et que chacun connaît son chant. Selon Degland & Gerbe (1867) on la trouve en si grande quantité sur nos côtes maritimes qu’on en prend des milliers au collet, au moment des neiges. À cette époque les marchés de Paris et des villes du Nord de la France en sont très abondamment pourvus. Il semblerait qu’une pareille destruction, qui se renouvelle tous les ans, devrait occasionner, non pas l’anéantissement de l’espèce, mais au moins la diminution du nombre d’individus qui la compose, or, il n’est rien et nous la voyons annuellement en quantité aussi prodigieuse que par le passé. Paris (1921) distingue les sous-espèce Alauda arvensis subalpina Ehmeke, des Alpes de Savoie, A. a. cantarela Bonaparte de Corse, Sardaigne, sud de l’Italie, Dalmatie, Grèce Turquie et Sud de la Russie et A. a. cinerea Ehmeke, qui est signalée en période internuptiale de manière commune en France, en particulier dans l’Est du pays. Cette dernière nicher au Nord de la Sibérie, descendant en hiver jusqu’au Maghreb. Le type est ailleurs dans le pays, considérée selon des statuts variées : sédentaire, estivale ou de passage, dans les champs et les prairies, commun dans toute la France et présent depuis le Cercle Arctique au Nord de l’Italie par l’Europe.

L’Alouette des champs niche sur tout l’hémisphère nord de la zone Paléarctique où elle dépasse la limite du Cercle arctique. Elle s’est installée dans les années 1990 en Alaska. Elle a de plus été introduite sur quelques îles : Hawaï, Australie, Nouvelle Zélande, Vancouver, Kermadec ou Chatham. Sur près d’une quinzaine de sous-espèces envisagées, huit sont rapportés dans le Paléactique ouest, mais les variations sont considérées comme mineures entre chacun de ces ensembles taxonomiques. C’est une espèce jugée très commune dans toute l’Europe. Considérée comme non menacée par l’UICN et en Europe (LC 2015 ; 40-80 millions de couples), cette espèce est en déclin alarmant en France, mais simplement classée en catégorie Quasi-menacée (NT 2015) dans le pays. C’est une espèce migratrice à peu près partout en Europe, sauf sur les îles Britanniques et peut-être dans le sud de la France. Les passages postnuptiaux sont orientés vers le Sud-Ouest en direction de la Péninsule Ibérique, entamés dès le mois de septembre, ils sont optimaux en octobre. Les oiseaux se déplacent généralement à plus de 2000 km de leur site d’origine, le record étant de plus de 3600 km. La migration printanière se déroule entre début février et début avril. Ce sont des déplacements essentiellement nocturnes, mais il y a aussi des déplacement importants en journée. Elle peut se déplacer au dessus de la mer. Si en automne, les femelles tendent à partir les premières, au printemps ce sont les mâles qui rejoignent les territoires de nidification en premier. En période hivernal l’espèce est grégaire et montre des bandes de plusieurs centaines d’individus dans les chaumes et les jachères notamment. Il y a généralement deux couvées, la reproduction ayant lieu entre la mi mars et la mi août en France. Le couvées présentant le plus grand nombre d’œufs sont celles qui réussissent le mieux. Ainsi le nombre d’œufs pondu passant de 3 à 4, se soldent par une réussite d’élevage passant de 32 à 50 %, soit le tiers (un jeune) à la moitié (deux jeunes).

Elle est présente sur l’ensemble de la France, ne se trouvant en altitude qu’en période de reproduction, elle descend sous les 1000 m en période hivernale. Le déclin de l’espèce est estimé à 30% depuis 2001, en Pays-de-Loire, si bien qu’elle est classée en catégorie NT (2018). Ses populations en déclin régulier en Poitou-Charente font qu’elle est classée comme Vulnérable (VU 2018) sur cette région. Un hivernage qualifié d’assez faible est rapporté dès le début des années 1980 en Rhône-Alpes, elle c’est une espèce classée Vulnérable en nidification (VU 2008) et aux passages (VUm 2008) ainsi qu’en hivernage (VUw 2008). Les résultats STOC sur deux décennies rapportés en 2018, rendent compte d’un déclin de l’ordre de 15% dans la région AuRA, l’espèce montrant une certaine stabilité dès les étages collinéens, au-dessus de 500 m d’altitude. Dans le département de la Drôme, l’Alouette des champs régresse de manière inquiétante selon Faton (Histoire Naturelle de la rivière Drôme [2020]). Je soulignais en 2007, que pour l’Isle Crémieu (38), l’espèce était désormais devenue une nicheuse assez rare suite à un fort déclin, notée par ailleurs aux passages et en hivernage. Je notais pour la Camargue en 2007, une espèce abondante, chantant dès janvier-février. En Grande Provence un déclin de 28% dans les années 2000 (STOC) est jugé mathématiquement non significatif en raison de fluctuations. Il convient toutefois de noter que les populations au nord du Var en en Crau sont en augmentation, alors que celles présentes dans les montagnes notamment dans les Hautes-Alpes et à l’est des Alpes-de-Haute-Provence montrent des éléments de déclin, qui en raison des convergences écologiques demanderaient attention.

Il apparaît très probable que le défrichement des forêts en Gaule suite à la révolution néolithique agricole s’est traduite par une augmentation des habitats favorables à l’espèce. On considère encore que l’extension des cultures, des prairies et des alpages encore active au cours du XIXe siècle a continué à favoriser le développement de ses populations dans le pays. Les conditions sont plus naturelles, avec plus de régularité des paysages ouverts à mesure qu’on dépasse le Cercle Arctique dans le nord de l’Europe. Cet oiseau est néanmoins très sensibles aux changements modernes des pratiques agricoles s’intensifiant, ce qui se traduit par un déclin des populations au cours des dernières décennies. La production augmentée de céréales d’hiver, le broyage des jachères en période de reproduction, l’urbanisation périphérique des villes, l’utilisation de pesticides et de produits phytosanitaires plus agressifs ont désormais des conséquences critiques sur les effectifs nicheurs. En période d’hivernage le retournement des chaumes, notamment dans le cadre de la maïsiculture, a des conséquences sur les populations stationnant dans le pays à cette époque de l’année. Les différents modes de chasse (tir, miroirs aux alouettes…) prélèvent un tribu de plus d’un million d’oiseaux pour le pays, ce qui approche voire dépasse les quatre millions sur l’aire méridionale de l’Europe. On considère que près de 6% des migrateurs sont prélevés par la chasse. En Grande-Bretagne où l’espèce est sédentaire et peu chassée (moins de 500 oiseaux tués par an), le déclin est critique puisqu’il est supérieur à 50% depuis les années 1970, ce qui reporte la responsabilité de la disparition des populations aux modifications des agrosystèmes et à l’intensification de l’urbanisation. Dans ce pays, l’expérimentation de petits carrés (4×4 m) non semés donne des résultats encourageants car ils se traduisent par un renforcement des effectifs nicheurs. En absence d’éléments démographiques suffisamment précis, il est impossible de juger de l’impact des prélèvements cynégétiques avec rigueur, ceux-ci ayant possiblement un impact sur les équilibres populationnels plus significatif qu’il ne le semble. Par ailleurs l’impact sur les migrations nocturnes de l’accroissement des lumières artificielles dans un contexte d’urbanisation et de modernisation ne semble pas avoir été éprouvé. Malgré la fragilisation évidente de ses populations cette espèce reste chassable en France, Grèce et Italie, seuls pays de la Communauté européenne permettant le prélèvement d’oiseaux, les autres pays concernés en premier chef par les flux migratoires méridionaux pour le retour de leurs oiseaux ne chassent pas l’Alouette des champs.

On a noté un déclin significatif de l’espèce en France dès la fin des années 1970. Les oiseaux migrateurs passant par le pays ont des effectifs très supérieurs au nombre de nicheurs (0,8-3,0 millions de couples), puisqu’ils sont estimés à entre (17) 24-71 (105) millions d’oiseaux en automne. Malgré une reprise des populations nicheuses en France au milieu des années 2000, la tendance au passage est au déclin entre les années 1990 et 2000, selon les informations cynégétiques. Il n’y pas plus de 400000 hivernants dans le pays. Au milieu des années 2000, les programmes standardisés de recensement (STOC) du MNHN, confirment une lente érosion des populations nicheuses, estimée à 16% entre 1989 et 2003. Au milieu des années 2000 on ne craignait pas l’extinction de l’espèce à long terme dans le pays.

Dans les massifs, elle quitte les alpages chassée par la neige. Elles semblent déserter l’ensemble du Massif du Beaufortain (Savoie), dans les Alpes interne. Elle arrivent selon Blanchemain & Blanchemain (1993 : Le Bièvre, 13) dès la fin février – début mars et repartent en novembre. Un chanteur ayant été noté par ces auteurs, très tôt aux Saisies à l’altitude 1800 m le 16 mars 1991.

Elle recherche des paysages ouverts, à végétation relativement basse (souvent moins de 25 cm) et s’observe sous tous les climats de l’ouest de l’Europe. Sa reproduction a lieu jusque dans les alpages à 2500 m d’altitude par exemple dans les Pyrénées-Orientales. Elle aime tout particulièrement les prairies et les jachères. En migration les zones de chaumes ou de jachères riches en source de nourriture sont recherchées, évitant les chaumes trop hautes (supérieures à 10 cm) et les sites trop dénudés. Les grandes prairies céréalières lui conviennent, mais la qualité des habitats y sont fortement affectées par l’utilisation massive de produit phytosanitaires ce qui tend à réduire significativement la densité des populations.

  • Chiron F. 2002Variations de la pression de chasse sur un oiseau migrateur en déclin : l’Alouette des champs Alauda arvensis. – Rapport DEA Environnement : milieux, techniques, sociétés : 57 pp.
  • Donald P.F. 2004 The Skylark. – Black Publ., London : 256 pp.
  • James D. 1997 Influence des conditions atmosphériques et du degré d’éclairement de la lune sur les caractéristiques de la migration automnale nocturne de l’Alouette des champs (Alauda arvensis) en France. – DEA Temps Espace Société : 135 pp.
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  • Spaepen J.F. & van Cauteren F. 1967 – Migration of the skylark (Alauda arvensis). – Alauda, 58 : 25-77.

syn. : Alauda alpestris Linnaeus, 1758, Alauda virginiana Brisson, 1760, Alauda flava Gmelin, 1788, Alauda alpina Pallas, Eremophila cornuta Boie, 1828, Phileremos alpestris, Otocoris alpestris – Érémophile alpestre, Otocoris alpestre, Alouette de Sibérie, Alouette ordinaire (Québec), Alouette de Virginie (Québec), Alouette des prairies (Québec), Ortolan (nom donné au Québec)

Buffon la dénomme Alouette de Sibérie. Paris (1921) la dénomme d’abord l’Érémophile alpestre. Il la dit de passage accidentel en France, l’espèce vivant dans le Nord de l’Europe et migrant jusqu’en Italie. Elle est aussi en Sibérie et dans le Nord de la Chine selon cet auteur.

De nombreuses sous-espèces ont été proposées pour cette Alouette. Elle se trouve depuis l’Alaska, l’Amérique du Nord, le Mexique, l’est des Andes en Colombie, nord et centre de l’Europe, Afrique du Nord (Alouette bilophe ?), Moyen-Orient et depuis la Turquie à la Chine par l’Asie centrale, l’Himalaya et le nord de l’Inde. Selon Dionne (1889), au Québec, on la désigne sous le nom d’Alouette ordinaire ou d’Ortolan. Les oiseaux qui passent en nombre dans cette province proviennent des secteurs de la Baie d’Hudson et du Labrador et descendent jusque dans les Carolines et l’Illinois. La sous-espèce Eremophila alpestris pratincola de la région des Grands Lacs vient jusqu’à l’ouest de Montréal et migre jusqu’en Virginie et au Texas. La sous-espèce Eremophila alpestris flava est attribuée à l’Europe. En France on la découvre en hiver où elle est rare. Les oiseaux proviennent probablement de Scandinavie et peut-être de Russie. De petits groupes sont vus dans le pays, dans le Nord, le littoral Picard notamment, ainsi que plus sporadiquement en Baie des Veys, au Mont-Saint-Michel. Elle est très rare au-delà sur le littoral Atlantique notamment en Bretagne ou en Vendée. Occasionnelle dans les terres. J’ai noté dans mes archives une mention rapportée du 16 mars 1943 pour la Camargue (Bouches-du-Rhône). On a envisagé une baisse de sa fréquentation hivernale en France en raison des hivers devenus moins froids et cette option semble bien se confirmer (Dubois 2007 : Avifaune française et changements climatiques).

Elle n’est pas considérée comme menacée en Europe où plusieurs millions de couples nichent, essentiellement en Anatolie. En Scandinavie les effectifs sont nettement plus réduit (1000-6000 couples seulement) et l’espèce est très nettement présente en Norvège, alors qu’elle rare en Suède et irrégulière à absente en Finlande. On considère qu’elle est Vulnérable en hivernage en France où les effectifs sont passés par un optimum, suite à une augmentation, de près de 400 individus lors des hivers à la fin des années 1990, avant de déclin (fluctuations inter-décennales possibles). Son statut est donné en Rhône-Alpes comme espèce occassionelle en transit (NAm 2008) avec un individu probable par exemple le 13 avril 1988 à Dardilly (69).

  • Michelat D. 1998 – Hivernage de l’Alouette hausse-col Eremophila alpestris en France continentale. – Ornithos, 5 (2): 88- 89.
  • Mouton J. & Triplet P. 1984 – Notes sur les stationnements de l’Alouette haussecol Eremophila alpestris, du Bruant des neiges Plectrophenax nivalis et de la Linotte à bec jaune Acanthis flavirostris sur le littoral picard (Somme). – Picardie Ecologie, 2 (1) : 54-58.

syn. : Alauda arborea Linnaeus, 1758, Alauda nemorosa Gmelin, 1788 Alauda cristatella Latham, 1790, Galerida nemorosa, Galerida arborea – Lulu des arbres

Bewick (1797) donne quelques éléments du comportement de cette espèce qui est plus associée aux habitats boisés que l’Alouette des champs et précise que chantant durant la nuit, elle est parfois prise pour un Rossignol. Il donne d’autres précisions qui laissent penser que l’espèce est bien présente en Angleterre, mais il ne le dit pas de manière explicite. Alauda nemorosa selon Vieillot connue sous les noms d’Alouette lulu, Lulu, la Petite Alouette huppée (selon Buffon qui la nommerait aussi l’Alouette des bois) et présente divers noms vulgaires : Cotrelus, Courtriaux, Courtriou, Alouette des bois, Flulutoire, Flutteru, Cocheterieu, Cochetivier, Cochevier, Piaute, Pitouot, Lououzeto, Turlut, Turlutoire, Trelus, Cotralus. Elle est assez commune en France. Elle change d’habitat en hiver (coteaux demi arides près des bois en été, champ pierreux, en bandes assez nombreuses en période internuptiale). Selon Degland & Gerbe (1867) elle est sédentaire dans quelques contrées comme les Landes ou le Var et n’est que de passages dans d’autres comme les environs de Paris ou quelques autres départements du Nord de la France. Paris (1921) nomme en premier chef cette espèce la Lulu des arbres. La sous-espèce type est présente selon cet auteur, sédentaire, estivale ou de passage, répandue dans presque toute la France. Cette dernière est en Europe depuis le centre de la Scandinavie à la Méditerranée, atteignant en Asie vers l’Est, la Perse. Il distingue la sous-espèce Lullula arborea familiaris Parrot qui serait en Corse et Sardaigne. D’autres sources ne donnent que deux sous-espèce : Lullula arborea arborea, qui est celle présente en France et Lullula arborea pallida.

L’Alouette lulu est un oiseau Paléarctique. Ses populations sont clairsemées depuis le Sud de la Scandinavie et de la Grande-Bretagne à l’essentiel de la zone Paléarctique. Ses densités sont les plus fortes en Allemagne, dans le Nord de l’Italie, en Russie, en Ukraine, au Nord des Balkans et… tout particulièrement dans la Péninsule ibérique qui détient plus de la moitié des oiseaux nicheurs européens. Elle a niché sur tous les départements de France, au moins temporairement au cours du XXe siècle. Ses densités sont les plus faibles dans le Bassin Parisien et le Nord-Est du pays. Elle est particulièrement rare dans la moitié Nord du pays en hiver, mais au Sud les oiseaux tendent à être sédentaires.

Considérée comme non menacée par l’UICN, en Europe (0,9-3,0 millions de couples en 1990, déclin localement inquiétant comme aux Pays-Bas ; LC 2015) et en France (LC 2016). Les populations du Nord de la France sont réduites : très localisée dans le Nord et le Pas-de-Calais, disparue de la Somme, 13 chanteurs seulement en Normandie, quasi-disparue des Côtes-d’Armor ; en fort déclin depuis les années 1970 dans le Nord-Est du Pas. Seule la moitié Sud du pays est densément peuplée. Il y a jusqu’à 10000 couples en Grand Provence par exemple. Elle est en déclin en Poitou-Charente où la catégorie Quasi-menacée (NT 2018) lui est appliquée. En Rhône-Alpes elle est considérée comme une nicheuse Vulnérable (VU 2008). En Isère où elle était considérée comme menacée selon la Liste Rouge de 1995, elle est déclassée en catégorie LC en 2007. Dans l’Isle Crémieu (38), je notais en 2007 que l’espèce était bien représentée, en augmentation, soulignant que l’essentiel des populations n’hivernait pas. Elle semble avoir disparu des bords du Léman en nidification dès les années 1960, mais je note encore qu’il y a encore quelques cas d’hivernages dans un document que j’avais réalisé en 2007. Sur la région AuRA, le bilan STOC sur deux décennies rapporté en 2018, rendent compte d’un déclin de l’ordre de 15%, comme pour l’Alouette des champs, mais un déficit plus net tant dans le Massif Central qu’à des altitudes inférieures à 500 m où les indicateurs passent à près de 30% de déclin ! L’espèce est néanmoins stable dès l’étage collinéen au-dessu de 500 m. En Grande Provence, l’espèce est dite bien représentée et jugée plutôt stable sur les années 2000 (STOC), elle tend toutefois à montrer des variations locales, en augmentation dans les massifs reculés, en déclin vers les zones urbanisées et le Sud. J’ai dans mes notes de 2007, que cette espèce n’était que de passage et hivernante en Camargue (Bouches-du-Rhône), indiquée entre octobre et mars seulement.

L’espèce est une rare hivernante en Rhône-Alpes, au moins dans le Nord de la région qu’elle semble déserter pour des secteurs plus méridionaux. Dans le Massif du Beaufortain (Savoie), elle ne se montre apparemment qu’aux passages, ce jusqu’à des altitudes de 2300 m (Blanchemain & Blanchemain (1993 : Le Bièvre, 13). Elle a été jusqu’à des altitudes dépassant les 1000 m, avec une donnée d’oiseau chanteur à 1100 m le 18 mai 1982 dans le Valromey (Ain).

Les localités sont quittés par les migrateurs, s’ils elles sont concernées par ce phénomène à la fin de l’été et les retours s’effectuent dès la fin février. Des oiseaux de passage originaires du nord du continent s’observent entre septembre et novembre et leur retour a lieu discrètement entre fin février à début avril. Les oiseaux se déplacent pour ceux du Bénélux et du Nord jusqu’au niveau de la Bretagne ou du cours de la Loire, ceux du Centre de l’Europe (de l’Allemagne à la Russie) vont jusqu’aux sud du cours de la Loire. Des individus quittent les montagnes françaises et réalisent une transhumance depuis les hauteurs du Jura et des Alpes, jusqu’aux coteaux rhodaniens, en Provence et au Languedoc-Roussillon.

L’espèce choisit des secteurs secs, dégagés sur les flancs ou les pentes douces de reliefs rapidement ressuyés, à savoir aux substrat drainé, sur des coteaux sableux ou calcaires. Ses habitats présentent une strate herbacée courte avec des plages nues, mais aussi des landes pauvres avec des arbustes dispersés. Quelques coupes forestières rases peuvent lui convenir pendant quelques années. Elle se trouve plus volontiers sous 1000 m d’altitude et ne s’installe qu’exceptionnellement près des 2000 m.


Autres sources

  • Archives du CHR rhônalpin, Cahiers d’Habitats « Oiseaux » (MEEDAT, MNHN).
  • Bewick T. 1797 – History of British Birds. Vol.1 (Land birds). – Hodgson, Newcastel : 335 pp. – ONLINE
  • Clot A. & Mourer-Chauviré C. 1986 – Inventaire systématiques des oiseaux quaternaires des Pyrénées Françaises. – Munibe, Anthropología y Arqueología, 38 : 171-184.
  • Degland C.D. & Gerbe Z. 1867 Ornithologie européenne. Tome 1. – Baillière, Paris : 610 pp.
  • Dionne C.E. 1889 Catalogue des oiseaux de la Province de Québec avec des notes sur leur distribution géographique. – Dussault impr., Québec : 119 pp.
  • Pégorier A. 2006 Les noms de lieux en France. Glossaire de termes lexicaux. – 3ème éd. revue et complétée par S.Lejeune et É.Calvarin, Commission de toponymie (2006) : 518 pp.