Chromoalvéolés

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Protozoaires

Les Chromoalvéolés sont un des quatre ensembles importants des Eucaryotes de type « Bicontes », à savoir que leurs cellules flagellées ont deux flagelles (biflagellées). Ils ont pour ensembles frères, la Lignée verte, les Rhizariens et les Excavobiontes.

On y trouve [1] les Ciliés, [2] les Apicomplexés (dont les Sporozoaires avec l’Agent du Paludisme) et [3] les Dinophytes, soit à la fois des « Protozoaires » pour les deux premiers et des « Protophytes » pour le dernier associés dans un même ensemble nommé Alvéolobiontes ([1-2-3]), ainsi que deux ensembles supplémentaires de «Protophytes» (teinte végétale) qui sont [4] les Coccolithes ou Haptophytes et [5] les Cryptophytes ainsi qu’un groupe d' »Algues » isolé dans l’arbre du vivant, [6] les Staménopiles ou Phéophycées(Algues brunes).

Les cellules des Chromoalvéolées sont compartimentées et tout se passe comme si elles avaient ingéré une cellule Eucaryote autotrophe qui s’est maintenue en place : les chloroplastes et le réticulum endoplasmiques sont entourés d’une paire de membranes plasmiques supplémentaire qui les isolent du hyaloplasme. La membrane additionnelle externe est alors en continuité à l’enveloppe nucléaire qui vient en quelque sorte se greffer sur l’ensemble. Ce complexe est interprété comme un phagosome non achevé (membrane additionnelle externe) d’une cellule Eucaryote (membrane additionnelle interne).


Les Alvéolobiontes comprennent [1] les Ciliés, [2] les Apicomplexés et [3] les  Dinophytes. Ce dernier ensemble correspond aux Sporozoaires auxquels sont associés quelques Flagellés exclus des Excavobiontes comme l’Agent du Paludisme. Chez les Alvéolonbiontes, la membrane cytoplasmique est doublée par des vésicules sous-membranaires ou alvéoles qui peuvent servir de réservoir calcique. Chez les Dinophytes ces alvéoles contiennent des plaques thécales. Cet ensemble présente aussi des convergences au niveau de l’ARNr.


Braarudosphaera bigelowii
Extrait d’une planche de Hagino & al. Wikimedia commons
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Il s’agit d’une espèce de coccolithophore côtière qui présente des plaques à symétrie pentagonales organisées en dodécaèdre. Elle appartient au phytoplancton marin. Cette espèce présente une double endosymbiose stabilisée de deux Cyanobactéries, toutes deux photosynthétiques, mais la seconde capable de fixer l’azote. Ces « organites » ajoutés sont assimilables à des « chloroplastes », le second étant désigné sous le nom de  » nitroplaste « . Le nitroplaste est désigné sous le nom d’Atelocyanobacterium thalassa Thompson & al. 2012.

L’endosymbiose est bien stabilisée car lors de ses divisions cellulaires ce coccolithe se fait de manière synchronisée pour ses « chloroplastes » et ses « nitroplastes ». Les « nitroplastes » présentent un déficit génétique qui ne permet pas leur « autonomie ». En effet ils dépendants de gènes présents dans le noyau ainsi que dans les chloroplastes qui produisent des protéines nécessaires à leur bon fonctionnement. Ainsi les « nitroplastes » ne fixent l’azote qu’en présence de lumière.

Ce déficit génétique « fondamental » chez Atelocyanobacterium thalassa font de cette Cyanobactérie un être vivant dont la symbiose est obligatoire. On parle de « photohétérotrophie ». Elle ne vit jamais de manière autonome et indépendante.

  • Deflandre G. 1947 – Braarudosphaera nov. gen., type d’une famille nouvelle de Coccolithophoridés actuels à éléments composites. – Compte Rendu Hebdomadaire des Séances de l’Académie des Sciences, Paris. 225: 439-441.
  • Gran H.H. & Braarud T. 1935 – A qualitative study of the phytoplankton in the Bay of Fundy and the Gulf of Maine (including observations on hydrography, chemistry and turbidity). – Journal of the Biological Board of Canada, 1: 279-467.
  • [Singer A. 2025] – Une algue et une bactérie ont fusionné pour créer une nouvelle forme de vie inédite. – AmphiSciences, 13 décembre 2025. – ONLINE