Abramis brama (Linnaeus, 1758)
Famille des Cyprinidae
[EN ?] France (cf. Poulet & al. 2013)
On trouve ce Poisson en Irlande, Angleterre, Europe depuis les Pyrénées, le nord de l’Italie ou de la Grèce, jusqu’au nord-ouest de la Turquie et la Sibérie. Elle occupe une part importante de la Scandinavie en outre.
Autochtone. Répandue en France, particulièrement bien connue sur les grandes vallées alluviales, en particulier sur l’axe Rhône-Saône. Plus rare et disséminée dans la pointe de Bretagne et évitant les zones d’altitude, dans le Massif Central et les Alpes. Manque en Corse. En déclin significatif de près de 50% sur les années 1990-2000 (Poulet & al. 2013). L’espèce était initialement présente sur le Bassin du Rhône, le Bassin Parisien, le Bassin de la Loire, en Normandie et dans les Pays de la Loire. De là elle a colonisé la Bretagne et le Sud-Ouest, mais évite le Massif Central, les Alpes et les Vosges. Introductions ponctuelles en divers endroits des Alpes et du Massif Central notamment (Keith & al. 2020).

Grand Poitou – En Poitou-Charentes, elle était peut-être initialement présente dans le Nord de la Vendée et de la Vienne, l’espèce a colonisé l’ensemble de la région, mais manque sur les îles charentaises et paraît rare ou absente vers les côtes (Keith & al. 2020).
Rhône-Alpes – On l’appelle Brame à Lyon ou Montluçon). En Rhône-Alpes, elle est commune dans les plaines et vallées des bassins du Rhône et de la Loire. Elle a été introduite sur le Léman au XXe siècle (Deliry 2017).
Rondelet (1558) connaît ce Poisson sous le nom français de Brame. C’est la Scardola ou Scarda des Italiens, appelée en latin Cyprinus latus car elles semblable à la Carpe. Le nom « confus » d’Abramis lui est aussi donné (il s’agit d’Aloses par ailleurs). On trouve la Brame dans les lacs et les rivières. Il atteint de grandes tailles dans les lacs d’Auvergne. Elle n’est que dans des rivières paisibles comme la Saône.
Dans la zone à Brèmes, depuis l’estuaire des fleuves aux rivières de plaine. Aussi en eaux stagnantes. Préfère les fonds vaseux ou limoneux. Se déplace en bancs serrées d’individus de la même génération. Au printemps, elles se nourrissent de jeunes pousses de végétaux aquatiques et rejoignent des eaux plus courantes en été. Elles se réfugient en groupes très importants, parfois de plusieurs centaines, dans des zones profondes en hiver. Les jeunes se nourrissent essentiellement de plancton. Les adultes sont omnivores, mais ont une certaine prédilection pour les végétaux ; ils fouilles les fonds vaseux à la recherche de petits animaux ou de débris végétaux. La maturité sexuelle est atteinte au bout de 3 ans pour les mâles et de 4-5 ans pour les femelles. La reproduction, tumultueuse, se déroule au printemps lorsque les eaux atteignent et dépassent entre 12 et 16°C, à faible profondeur, au sein des herbiers aquatiques ou dans les graviers du fond. Les pontes sont très abondantes et passent plusieurs dizaines de milliers d’œufs. L’incubation dure environ 6 jours. Les alevins sont la proie de nombreux carnassiers et leur nombre diminue rapidement.
- Keith P. & Allardi J. 2001 – Atlas des poissons d’eau douce de France. – Min. de l’Ecologie, MNHN, Paris.
- Poulet N., Beaulaton L. & Dembski S. (réd.) 2013 – Tendances évolutives des populations de Poissons de 1990 à 2009. – Les Synthèses, 7.
- Rondelet G. 1558 – L’Histoire entière des Poissons. – Bonhome, Lion.


